Olargues (34)
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Saint-Vincent-d'Olargues - 34

Domus Hospitalis Olargues
Les droits du Commandeur se trouveront ici en contact avec ceux du principal seigneur du lieu ; encore ses droits s'exerceront ils sur une portion bien déterminée du territoire d'Olargues.
Aujourd'hui, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Pons, bâtie sur les bords du Jaur, traversée par la route de Bédarieux, Olargues était, autrefois, l'un des sept villes du diocèse de Saint-Pons qui envoyaient, par tour un député aux Etats de Languedoc. Entourée de solides murailles, Olargues possédait, en dehors de l'enceinte un château, que l'on appelait le Fort. Tout est ruiné aujourd'hui et des maisons bourgeoises se sont élevées sur les vieux pans de mur qui subsistaient encore.
Dans le lieu d'Olargues, le Commandeur possédait, depuis 1424, une maison qui lui avait été donnée par Guillaume Emeric, prêtre (1) ; en 1429, Jean Rodery vendit au Commandeur « une autre maison dans ledit lieu à la rue dite des Pilles Antiques, confrontant la maison de la vicairie, au prix de soixante-cinq moutons d'or (2).
Dans le fort, le Commandeur possédait aussi « une maison achetée, en 1436, à Jacques Amal au prix de dix moutons d'or : plus un cazal situé à la rue dite carrière méjanne » (3).
Mais le plus constant, comme le plus ancien et le plus fort droit de directe du Commandeur était celui qu'il possédait à la Coste de Beaucy (4). Ce terroir, qui fut plus lard appelé del Baux, faubourg del Baux, moulin de Baux, était situé « dernier le château, confrontant la rivière du Jaur »
En 1297, le Commandeur percevait une censive de demi-quartière d'avoine sur un jardin de la Coste de Beaucy.
En 1343, il ballait à cens « une maison et cazal sise au lieu « d'Olargues derrière l'église au faubourg de Beaucy, avec un jardin et patus contigus », sous la censive d'une quartière d'avoine (5).
En 1344, Vidal et Etienne Salvatge reconnaissaient tenir du Commandeur « tout le mazage de Beaux sous la censive de deux gélines, six œufs, deux journées d'homme, deux fromages, une pille d'avoine et neuf sols tournois, la dîme et la tasque de tous les fruits » (6).
1. Saint-Vincent, I. 14.
2. Saint-Vincent, I. 17.
— Le mouton d'or est une ancienne monnaie sur laquelle était gravé un agneau avec ces mots : ecce Agnus Dei.
— C'est Saint-Louis qui fit faire des deniers d'or à l'aignel, qu'on nomma depuis moutons d'or.
— Cette monnaie valait 16 sols, 6 deniers tournois, ce qu'il faut entendre des sous de ce temps-là qui étaient d'argent fin.
3. Saint-Vincent, 15 et 16.
4. Saint-Vincent, III. 3 ; IV. 19.
5. Saint-Vincent, II. 18.
6. Saint-Vincent, IV. 5.
En 1374. Bertrand de Aysié reconnaît « tout le mazage de Baucio avec les terres en dépendant sous la censive d'une demi quartière d'avoine (2).
En 1620, André et Pierre Bascouls, Jacques Four passent encore reconnaissance, en faveur du Commandeur, de plusieurs vignes situées dans le terroir del Baux, sous diverses censives d'avoine ou de vin (3).
Il est à présumer que ces propriétés, inféodées de bonne heure, provenaient de la donation que fit par testament Bligérius (1179). Il léguait dans Olargues « tout ce qui lui était parvenu du chef de Bernard Adémar ou qu'il possédait de sa propre maison usque ad flumen de Icluro (?) » (4).
2. Saint-Vincent, IV. 11.
3. Saint-Vincent, IV. 18 et 19.
4. Saint-Vincent, I. 7.
— On lit très bien Icluro ; l'auteur de l'inventaire a écrit Tar. Cette identification est évidemment inacceptable et erronée. Il ne saurait être question du Jaur, plusieurs fois nommé et qui baigne Olargues. Faut-il y voir l'Orb ? Dans ce cas, la donation comprendrait les terroirs de Fous, Fenouillède, Lisson, Courbou et autres au S. Ouest d'Olargues.
Sources : Abbé Sabarthès. Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, tome VII. Carcassonne 1894. - BNF
Olloix (63)
Maison du Temple dOlloixDépartement: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Orcines - 63

Maison du Temple dOlloix
Cest à louest du Puy de Saint-Sandoux, un ancien établissement des Templiers dOlloix, qui passera sous lautorité des Hospitaliers.
La Commanderie dOlloix, cest une propriété privée, elle ne se visite pas

Olloix, Tour circulaire

Olloix, Tour carrée
La vue de lArmorial est prise depuis les hauteurs situées à louest-sud-ouest de la localité. Le chemin montant à la commanderie dOlloix se voit au premier plan. Une enceinte quadrangulaire et crénelée entoure la commanderie. Elle est étroite et flanquée de tours, lune est circulaire à droite (et subsisteà et lautre est carrée à gauche. A lintérieur, le haut logis domine lensemble,il est quadrangulaire et comporte plusieurs parties. La plus haute munie dune cheminée sur la gauche. On aperçoit à ce niveau le clocher percé dans la façade avec ses deux cloches. Le tout est surmonté dun grenier pour conserver le grain. Perpendiculairement à cette partie en forme de tour, une autre aile crénelée, comportait une prison au rez-de-chaussée, un colombier au premier étage et un grenier (derrière les créneaux) avec une pièce donnant dans la chapelle doù le commandeur pouvait écouter la messe sans descendre.Actuellement, on retrouve une bonne partie de lambiance de cette illustration: la tour carrée munie dun porche (sur la gauche du dessin), des peintures murales du XVe siècle (non visibles) dans le logis du commandeur et léglise, édifice roman dont il reste la hauteur primitive, divisée en deux étages, même si lédifice a été remanié par les Hospitaliers.
La Basse Auvergne médiévale: Georges Bernage, Anne Courtillé, Marc Mégemont - Heimdal (Bayeux) - 2002
Maison du Temple dOlloix
A 820 mètres daltitude, en dessous du Puy dOlloix (1002 mètres), les Templiers ont fondé une commanderie au XIIe siècle, dans un terrain rude. De là, ils rayonnaient sur leurs commanderies dAydat (au nord-ouest) et de Chaynat (à lest).
Eglise dOlloix

Eglise dOlloix
La vue de lArmorial (1) est prise depuis le sud-ouest et nous montre la haute enceinte de la commanderie flanquée ici dau moins quatre tours (il y en avait cinq). Tours et courtines sont en grande partie crénelées. Certains merlons sont percés par des archères. Une enceinte basse, sur la droite est percée dune porte double et abrite la chapelle quon distingue ici. Cette enceinte se prolonge par un mur plus bas au pied de la commanderie. A lintérieur de lenceinte haute, les bâtiments entouraient la cour sur les quatre côtés, avec des galeries et un puits au centre de la cour.
1. Pour les vues de lArmorial, je vous renvoie à louvrage La Basse Auvergne médiévale
Face à nous, nous distinguons le logis situé à louest qui est éclairé par des fenêtres à meneaux. Il était composé dun rez-de-chaussée avec une cuisine et une grande salle basse et dun premier étage avec trois salles (correspondant probablement aux trois fenêtres) dont deux disposant de cheminées. Lune était le logement du commandeur, lautre donnant dans lune des tours était la prison. La façade sud présente un décrochement: trois pièces et une « boutelherie » au rez-de-chaussée, deux grandes salles, dont une disposant dune cheminée au premier étage. Au nord, deux pièces voûtées dont une munie dun four au rez-de-chaussée et deux greniers voûtés à létage. Le batîment oriental abritait une écurie pour 8 chevaux et une cave au rez-de-chaussée et deux chambres disposant de cheminées et une grande salle donnant sur une tour servant de garde-robe à létage.
Actuellement, il ne reste plus que les vestiges de la tour nord-ouest et du mur occidental. Léglise a été reconstruite au XVIIIe sièce, il nen reste plus dorigine quune petite tour munie dun escalier à vis. La commanderie sera détruite vers 1700 lorsque le commandeur de la Tour-Maubourg rejoindra la commanderie de Chaynat, plus confortable.
La Basse Auvergne médiévale: Georges Bernage, Anne Courtillé, Marc Mégemont - Heimdal (Bayeux) - 2002
1. Chef. Olloix
Olloix (1), en Auvergne, diocèse de Clermont, parlement de Paris, à 4 lieues de Clermont, à une lieue de Saint-Amand, consiste en un château, four banal, prés, montagnes, terres, dîmes, cens, rentes, bois, église paroissiale, justice.
1. Olloix, chef-lieu de commune ancienne commanderie des Templiers cédée aux Hospitaliers en 1312. En 1609, ses membres étaient: Chaynat, La Sauvetat, Paulagnat près Veyre et Aydat.
1. Membre - Chaynat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Le Sancy, Commune: Ludesse - 63

Maison du Temple de Chaynat
Chaynat (2), à demi-lieue du chef, à une de Saint-Amand, chapelle, château, prés, terres, bois, dîmes et justice.
2. Chaynat, commune de Ludesse, avec château fort, démoli.
3. Membre - Paulagnat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Orcines, Commune: Saint-Bonnet-près-Orcival - 63

Domaine du Temple de Paulagnat
Paulagnat, dans la Limagne, justice de Saint-Sandoux, à une lieue et demie du chef, chapelle, maison, granges, dîmes, cens.
« Revenus 930 livres
4. Membre - La Sauvetat-Rossille
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Vic-le-Comte, Commune: Plauzat - 63

Hôpital de La Sauvetat-Rossille
La Sauvetat-Rossille (4), dans la Limagne, paroisse dHautezat, à 2 lieues du chef, à un quart de lieue dAnzat, chapelle, vieux château, four et moulin banaux, garenne, prés, cens, justice, pensions.
4. La Sauvetat, commune dAuthezat, avec château fort remarquable. La Sauvetat était appelé « Villa de Salvitate » en 1324, La ville de Saulvetas en 1331. Las Sauvetact en 1339, La Sauvetat-Rossille, en 1413, Aujourdhui La Sauvetat-Rossille.
La Sauvetat-Rossille
Le village de La Sauvetat est situé dans la plaine qui longe lAllier, au pied du Puy de Corent. Dès les premiers temps de la monarchie française, La Sauvetat fut un lieu où les criminels avaient droit dasile, ainsi que lindique son nom.
Linstallation des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem a fortement marqué son histoire. Son aspect architectural est particulièrement remarquable. Au centre du village, se trouve le fort appelé également la commanderie. Il sagit dun ensemble de diverses constructions.
Une chapelle romane, une tour carrée et un château en constituent le coeur, complété par un imposant donjon. Un mur de plus dun mètre dépaisseur lentoure, flanqué à distancerégulière de huit tours rondes aujourdhui pratiquement détruites. Protégés par ce mur denceinte, cent vingt-deux forts abritaient les propriétaires les plus privilégiés du bourg, riches cultivateurs, hommes de loi, marchands ou bourgeois. Outre les caves qui avaient parfois plusieurs niveaux, certains forts possédaient un grenier. Les ruelles, les passages, les souterrains font de ce village un labyrinthe silencieux et désert qui semble conduire hors du temps.
Abbé Pierre-François Guélon, Histoire de La Sauvetat-Rossille, page 3. 1882 Clermont-Ferrand
5. Membre - Aydat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Orcines - 63

Maison du Temple dAydat
Aydat, à une lieue et demie du chef, à 2 lieues de Montredon, prés, terres, cens, pensions et justice.
« revenus 400 livres »
6. Membre. - Clemensat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Issoire, Canton: Le Sancy - 63

Domaine du Temple ou de lHôpital ?
Clemensat, justice de Montaigu-le-Blanc, à 2 lieues du chef, à demi-lieue du dit Montaigu et de Saint-Floret, prés, terres, dîmes, cens.
« revenus 70 livres »
7. Membre ou Annexe. - Pailloux
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Le Sancy, Commune: Mont-Dore - 63

Domaine du Temple ou de lHôpital ?
La métairie et domaine Du Pailloux, paroisse du Mont-Dore, à 4 lieues du chef, domaine en toute justice.
« revenus 233 livres »
Annexe. - Saint-Amand
Au faubourg de Saint-Amand ?, il y a une chapelle, un jardin et une chènevière.
« Charges de la commanderie 955 livres »
Etat de la commanderie en 1745.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré dAuvergne - Lyon, 1883
Commandeur de Saint-Aulaire
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Ayen - 63

Domus Hospitalis Saint-Aulaire
1662-1663
— Pièces relatives à la dépouille de Foucaud de Saint-Aulaire, commandeur dOloix et de Tortebesse, mort le 28 octobre à labbaye de N.-D. de Ligueux en Périgord : réclamation des médecins, enquête au sujet dun détournement ; inventaires : « un godet dantimoyne, propre à faire du vin éméthique, avec sa boite de cuir noir » ; paiements divers ; procédures pour la levée des scellés à Lyon ; procès verbaux dadjudication.
1662-1664
— (F° 40) Pièces relatives à la dépouille de Foucaud de Saint-Aulaire, commandeur dOlloix et Tortebesse, démêlés avec le fermier Garnaud, inventaires, etc.
1467-1725
— 39-40. Accord entre frère Foucaud de Saint-Aulaire, commandeur dOlloix et de Tortebesse, et Jean de Chalus, écuyer, au sujet de la dîme de Tralaigues (1652).
1690-1691
— Suite des dépouilles et dépouilles « du maréchal de Larfeuillère, commandeur des Bordes ; du commandeur de Saint-Aulaire, du bailli de Gerlandes, du commandeur du Vivier ; de Crémeaux, commandeur de Mâcon et de Chanonat ; du grand prieur de Forsat ; des Escures, commandeur de Carlat ; du chevalier de La Richardie, du commandeur de Montjouvent ; de Léon de Fonjean, commandeur de La Tourette ; du grand bailli dévieux ; des commandeurs de Barmontet, de Magouttière, de Maubourg, de Taney, du chevalier de Nantiny, du commandeur de Pusignan ; détienne de Pradal, commandeur du Temple dAyen et de La Vinadière ; du commandeur de Fay-Gerlande ; de François Laurent, commandeur de Lieudieu ; de Léon Desgoutte, commandeur de Tortebesse ; de Colombière, commandeur dOlloix ; de Ste-Jay, commandeur de Charrières ; de Louis Garnaud, commandeur de La Tourette, mort le 8 août 1689 ; du commandeur de Cany ; de Génetines, commandeur de Bugney, mort le 21 février 1690 ; de Fogerolle, commandeur de Villedieu en Fontenette ; de Jacques Challu, » commandeur dArbois, mort le 20 août 1690 » (ff. 30-61).
1467-1725
— 39-40. Accord entre frère Foucaud de Saint-Aulaire, commandeur dOlloix et de Tortebesse, et Jean de Chalus, écuyer, au sujet de la dîme de Tralaigues (1652).
Sources : Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon Ordre de Malte. 48 H 1-48 H 3432 1113-1793 Sources
Orgueil et Reynies (82)
Commanderie dOrgueil, et la seigneurie de ReynièsDépartement: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Grisolles — 82

Commanderie dOrgueil
Vers 1135 la paroisse est donnée aux Hospitaliers de Fronton qui en font une sauveté. A lépoque le Tarn est une rivière navigable et Orgueil est un asile sûr construit sur les bords du Tarn, en bas de la colline où il est situé actuellement.
Une charte qui nest pas datée, mais que les divers caractères font attribuer à la première partie du XIIe siècle, nous apprend que Pierre-Raymond de Saint-Audard, donna au Saint-Sépulcre, à lhôpital de Jérusalem, à ses seigneurs et à Bernard de Gaujag le fief dOrgueil avec tous ses droits.
Ce parchemin porte avec la signature de Pierre-Raymond, celles de Bonne de Saint-Audard et dAymar de Saint-Léofari son neveu.
A cette donation vint sajouter celle que fit à lhôpital de Fronton le seigneur Sicard de Villemur de tous ses droits sur la chaussée dOrgueil (1196).
En 1211 Simon de Montfort met à feu et à sang les terres occitanes, Orgueil appartient alors au Comté de Toulouse. Quand le Roi de France prend possession du Comté de Toulouse, Orgueil devient une bastide, le Comté de Toulouse est dotée dune charte de coutumes. Orgueil est cependant toujours la propriété des Chevaliers de Saint Jean, moines hospitaliers, il devient une commanderie de lordre.
Dans le courant de ce siècle, les Hospitaliers firent élever sur leurs fiefs dOrgueil une ville qui se peupla rapidement grâce à la proximité du Tarn, source de richesses pour ses habitants.
Le 8 mai 1268, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Féraud de Baras, tenant dans les salles du manoir de Fronton son chapitre provincial, reçut une députation composée des consuls et des principaux habitants dOrgueil, qui venaient lui demander de compléter la charte de commune octroyée à la ville lors de sa fondation. Le Grand-Prieur, après avoir reçu lassentiment de lassemblée, accéda à la requête des habitants dOrgueil et leur concéda les mêmes coutumes dont jouissait la ville de Fronton depuis lannée 1248.
Onze ans plus tard, le successeur de Féraud de Baras, Guillaume de Villaret, reçut également dans le château de Fronton une nouvelle députation des habitants dOrgueil, et à leur demande, il dressa la réglementation de la forge banale qui venait dêtre construite dans cette localité.
Une des principales sources de revenus pour la commanderie de Fronton, était la rivière du Tarn. A cette époque où les routes étaient peu nombreuses, peu sûres, et fort mal entretenues, le commerce se faisait surtout par eau; dès lors les seigneurs possédant quelque place forte sur les bords dune rivière bénéficiaient rapidement de cette situation. Dautre part, au moyen des moulins quils y construisaient dès que leurs ressources leur permettaient den augmenter le nombre, les Hospitaliers se procuraient dimmenses revenus des habitants de toute la contrée avoisinante.
En 1298 le sénéchal Eustache de Beaumarchais chargea Jean de Termes, « maître des oeuvres de lillustre seigneur, Roi de France, dans la sénéchaussée de Toulouse et dAlbi. » (Titre correspondant à celui de nos ingénieurs) daller faire une enquête sur le projet quavait le précepteur de Fronton de construire un moulin à Orgueil. Les Hospitaliers obtinrent en 1332, de Guillaume de Villars, conseiller du Roi, et maître des eaux et forêts, lautorisation détablir un port en cet endroit et de jouir du droit de passage, « en sobligeant à y entretenir pour les piétons une nef et pour les charrettes un bac. » Ce privilège dût être vu dassez mauvais oeil par les commerçants dont les bateaux descendaient ou remontaient fréquemment la rivière et qui craignaient de voir gêner par là la circulation. Cest pourquoi le Grand-Prieur Aycard de Miramont fut obligé de requérir le sergent, délégué par le Roi pour sauvegarder les prérogatives de lOrdre dans la contrée, à leffet délever sur le port dOrgueil, en signe de protection, « le panonceau royal avec les fleurs de lys » (1338).
Dès lors les commerçants se contentèrent de veiller à ce que les Hospitaliers entretinssent le passage dans les conditions prescrites, de manière à ne pas entraver la navigation; nous trouvons, par exemple, une vérification du niveau et du passage dOrgueil faite en 1507 par le « syndic de la bourse commune des marchands, fréquentant les rivières du Tarn et de la Garonne. Les produits de la pêche de cette rivière poissonneuse étaient aussi un des revenus des Hospitaliers, qui achetèrent au prix de 250 florins le monopole de la pêche, à la chaussée dOrgueil, des lamproies et des clauses (lampredas et colacos).
Les Hospitaliers venaient à peine de terminer leurs travaux de fortifications pour la ville de Fronton, que des soins analogues durent les occuper pour celle dOrgueil.
Vers la fin du XIVe siècle, le Commandeur, Arnaud de Ranulphe, adressa au sénéchal de Toulouse une requête, dans laquelle il lui représentait que cette localité, renfermant pourtant un assez grand nombre de feux, se trouvait par suite du manque absolu de fortifications exposée sans défense « à toutes les dévastations des gendarmes qui y faisaient séjour dans leurs marches militaires, » que ses habitants, réduits à la misère, après avoir inutilement tenté de ceindre leur ville de murailles, entreprise que leur pauvreté les avait empêché de conduire à bonne fin, se trouvaient dans limpossibilité de payer, non seulement les redevances à leurs seigneurs, mais même les aides dus au Roi. Un délégué du sénéchal se rendit sur les lieux, pour ouvrir une enquête à ce sujet. Les habitants interrogés ne répondirent quen montrant leur pays « naturellement agréable et fertile et maintenant désolé, dévasté, et abandonné par un grand nombre de paysans. » Le sénéchal sempressa daccorder lautorisation demandée et le Commandeur entra aussitôt en pourparlers avec les consuls dOrgueil pour régler les conditions de ce travail. Il leur concéda dans lintérieur de la ville et près de léglise lemplacement, sur lequel ils construiraient le fort, quils devaient entourer de murailles avec leurs hourds, leur chemin de ronde et leurs fossés; ils se chargeaient de la construction des murs et autres défenses autour du château des Hospitaliers. Les consuls devaient entretenir un certain nombre de sentinelles et de guetteurs, sous les ordres de capitaines, chargés par les Hospitaliers du commandement de la place.
La proximité du Tarn augmentait la force de cette citadelle, dont les fossés pouvaient être inondés, nous voyons en effet la défense faite aux habitants dy prendre des poissons.
Ce fort devait être construit dans lespace dune année (mai 1399). Malgré leurs promesses, les consuls dOrgueil, entravés sans doute par le peu de ressources dont ils pouvaient disposer, ne poussaient pas activement les travaux, puisque deux ans après, Raymond de Lescure, Grand-Prieur de Toulouse, délégua le chevalier Arnaud de Rivière, précepteur de Sarjac, pour les sommer de se conformer à laccord de 1399 (8 mai 1401).
Bien peu de temps après sa fortification, cette petite ville vit souvrir ses annales militaires. Cétait en 1426, profitant dune trêve, un de ces terribles capitaines de routiers, André de Ribes, qui, sous le nom de bâtard dArmagnac, était un des plus redoutables soutiens du parti anglais dans le Midi, sempara dun grand nombre de villes dans la Gascogne, le Toulousain et lAlbigeois, et entre autres, de la place dOrgueil qui ne tarda pas à être reprise par les milices françaises réunies en toute hâte pour arrêter cette insolente agression.
Mais ce fut surtout pendant les guerres religieuses que la place dOrgueil eut à souffrir. Aussi exposée aux entreprises des protestants que Fronton et possédant moins de moyens de défense, elle vit plus dune fois ses murs emportés dassaut. Nous avons déjà dit plus haut comment elle fut prise par les troupes de Montauban en lannée 1573. Dans la deuxième période des luttes au commencement du XVIIe siècle, cette petite ville eut beaucoup à souffrir et son nom revient souvent dans les annales de cette époque. Cest quen effet, sa position sur le Tarn à proximité de Montauban devait rendre sa possession excessivement précieuse pour la garnison de cette ville. Aussi cest vers Orgueil que se dirigent de préférence les sorties de cette dernière. En 1626 cest le capitaine Montbrun qui met toute cette contrée à feu et à sang, et se rend maître de la ville; nous voyons en effet, après la première pacification, les consuls envoyer une députation au Grand-Prieur, « pour le supplier davoir pitié des misères quils avaient souffertes pendant les derniers mouvements des rebelles delà ville de Montauban et autres lieux voysins, qui ont entièrement bruslé le bourg et village dOrgueil et causé la mort et perte de plus de la moytié des habitants, » et de leur accorder en conséquence, comme aux communautés de Fronton et de Nohic, la remise des paiements en retard et la réduction à 160 livres par an des droits décimaux qui lui étaient dus. Après la reprise des hostilités, la ville dOrgueil fut de nouveau brûlée et saccagée par le terrible capitaine Saint-Michel, gouverneur de Montauban.
Sur lautre rive du Tarn presque vis-à-vis Orgueil, sélevait le petit village de Reyniès dont les Hospitaliers possédaient la seigneurie spirituelle conjointement avec les évêques de Montauban qui partageaient avec eux les dîmes de cette paroisse.
Les archives ne nous fournissent aucun document important à signaler pour cette dépendance de Fronton. Nous nous contenterons de noter un procès soutenu par les chevaliers de Saint-Jean contre noble Gailhart de Grimoart, seigneur temporel de Reyniès qui voulait usurper quelques prérogatives de lhôpital (1338), et un arrêt du Parlement condamnant les habitants de cette localité à faire les charrois nécessaires pour la construction de leur église qui avait sans doute été brûlée lors du sac de la ville et du château en 1655 et que le Grand-Prieur était en train de relever de ses ruines.
Liste lies Commandeurs du membre dOrgueil.
1250. Dame Wuilhelme dAlfar, commanderesse.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Orient (Hôpital d) (10)
Commanderie dOrientDépartement: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Piney, Commune: Geraudot — 10

Commanderie dOrient
Ancienne commanderie de lHôpital; laquelle avait tiré son nom de celui de la forêt dOrient, dont elle était voisine. La maison était située près dAillefol, paroisse de Géraudot.
Nous trouvons lorigine de cette maison dans une charte de Gauthier, comte de Brienne, de lannée 1231, au mois de juin, par laquelle ce seigneur déclare donner aux frères de lHôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, 500 arpents de bois dans sa forêt de Bateis (Le bois ou la forêt de Bateis se trouvait entre Geraudot, Piney et Brevonne) « nemus quod dicitur Bateiz », pour y bâtir des maisons pour eux et leurs gens, ainsi quune chapelle, afin dy célébrer le service divin.
Les 500 arpents étaient à prendre à lendroit que les frères jugeraient convenable, depuis Aillefol jusquà la grange de « Nachesi (Rachezy, commune de Piney, au nord de Sacey) », et de ladite grange jusquau Cardinet, « Cardinetum (commune de Rouilly-les-Sacey) » ; puis de là jusquau bois de « Nosou ou Noson », et de ce bois, jusquau Sart de Bernard de Montcuc, « de Montecuco ».
Il leur accordait en outre le droit de prendre chaque semaine, dans sa forêt dOrient, près dAillefol, quatre charretées de bois, pourvu que ce bois ne soit pas du hêtre, du tremble, du pommier ou du poirier.
Le comte se réservait la justice dans les 500 arpents quil venait de donner, et labandonnait entièrement aux Hospitaliers dans leur maison et pourpris, en leur accordant à perpétuité dans tous ses bois, le droit de faire paître leurs bestiaux, à lexception toutefois des chèvres.
La chapelle dOrient fut fondée par Jean de Brienne ; cela résulte des lettres de Hugues de Brienne, son frère, par lesquelles celui-ci approuve et confirme en 1270 cette fondation, pour laquelle Jean avait donné vingt livres de rente à prendre chaque année sur le péage ou sur les halles de Brienne.
La commanderie dOrient qui avait été dévastée pendant les guerres du XVe siècle, fut supprimée comme celle de Bonlieu, et réunie à la commanderie de Troyes.
En 1486, le commandeur de Troyes, qui était Pierre de Dinteville, afferma la commanderie dOrient pour 12 livres tournois par an ; mais à la charge de rebâtir la maison qui était en ruines, et de faire desservir la chapelle.
Le revenu du domaine dOrient était, en 1757, de 1,050 livres ; et en 1782, de 2,350 livres.
La maison nexistait plus au siècle dernier. Il y avait encore la chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, où le curé de Geraudot disait la messe un jour par semaine.
Les terres, au nombre de 402 arpents, étaient partagées presque également en deux fermes bâties près de la chapelle. Il en dépendait un moulin à vent, appelé « lHeurtebise », un bois de 102 arpents, et une dizaine détangs, dont les noms suivent:
Létang de Geraudot (6 arpents).
Létang des Souchères, au finage de Rosson (14 arpents).
Létang le Batard, touchant aux terres de Bonlieu (20 arpents).
Létang des Cinq-Deniers, au-dessus du précédent (15 arpents).
Létang Musse-Putain, au-dessus du Grand-Maurepaire (15 arpents).
Létang de Maurepaire, au-dessous de Musse-Putain.
Létang de Foeullade, tenant aux terres de Maurepaire (13 arpents).
Létang Amelie (10 arpents).
Létang Prompt, touchant aux terres de la Loge-Lionne, et.
Létang du Moulinet, bordant la Loge-Lionne.
Ces étangs, avec, ceux du Perchoir étaient affermés en 1757, 1,400 livres; et en 1782, 2,204 livres.
Anciens Commandeurs dOrient
1346. Frère Guy de Pringi.
1394. Frère Jehan le Chevron, dit de Bourgogne.
1404. Frère Ferry de La Ferté.
1409. Frère Jean de La Haye.
1425. Frère Aubert de Cors.
1458. Frère Oudin Mangot.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Ouarville (28)
Domus Hospitalis dOuarvilleDépartement: Eure-et-Loir, Arrondissement: Chartres, Canton: Voves — 28

Domus Hospitalis dOuarville
M. de Lespinois, dans son Histoire de Chartres, ne donne que quelques notes tirées de diverses sources, sur lexistence dans le Pays chartrain des Ordres du Temple et de lHôpital Saint-Jean-de-Jérusalem. Il cite les noms au XIVe siècle, de deux commandeurs de lHôpital dOuarville.
Nous doutons quOuarville ait été le siège dune commanderie. Il y avait bien à Ouarville comme à Ossonville et à Auneau, plusieurs domaines qui appartenaient alors aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Le domaine dOuarville était la métairie de la Maison-Rouge. Il ne paraît pas avoir eu jamais dautre commandeur que celui de Sours
Domus Hospitalis Sours.Les bâtiments de la Maison-Rouge nexistaient plus au XVe siècle, car nous voyons par le procès-verbal de visite de lannée 1495, que les terres qui en dépendaient, avaient été réunies, comme celles dOssonville, au domaine de Sours.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Ouveillan (11)
Département: Aude, Arrondissement et Cantons: Narbonne - 11

Domus Hospitalis Ouveillan
De bonne heure, la Commanderie de Narbonne posséda des biens dans ce lieu. Dès 1204, en effet, Pons d'Olargues confirmait aux frères de Saint Jean de Narbonne la donation qui leur avait été faite par Murviel, de quelques « directes, maisons et pièces de terre au lieu d'Ovilhan » (1).
En 1205, le Commandeur baillait à cens à Raymond Fornié « une maison sise au faubourg du lieu d'Oaillan..., plus la moitié d'une autre maison sise audit lieu près le chemin qui conduit aux Léprus » (2).
En 1256, trois pièces de terre, dont l'une était située à Vizairas, et l'autre à la fontaine dite Babolin, une vigne située au local dit al noyer, et un mas étaient baillés à cens à Jean et à Pierre Pelegry, sous la censive de deux sols, trois deniers tournois, payable à la Noël (3).
En 1379, nouvelle inféodation de ces terres à Hulard, fils de Guillaume, et à Guillaume Pélegry, sous l'oubli de seize deniers narbonnais (4).
Le Commandeur jouissait encore du droit de lauzime sur certaines maisons d'Ouveillan, que le nommé Arquiès lui avait vendues en 1276 (5), et que lui-même inféodait en 1326 (6).
1. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, I. 15. Les documents écrivent Ovelianum (1205), Oeillanum (1256) Ovilianum (1279).
2. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, III. 1.
— Cette léproserie existait et fut utilisée en 1348, lors de la peste noire qui décima cette localité ; cet hôpital n'a pas laissé de traces dans le pays, il est vrai qu'en 1355 le prince de Galles livra Ouveillan aux flammes et au pillage.
3. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, III. 9.
4. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, III. 12 et 13.
5. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, II 5.
6. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, V. 6.
Sources : Abbé Sabarthès. Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, tome VII. Carcassonne 1894. - BNF
Ouzenain (28)
Domus Hospitalis dOuzenainDépartement: Eure-et-Loir, Arrondissement: Châteaudun, Canton et Commune: Bonneval — 28

Domus Hospitalis dOuzenain
Il y avait à Ouzenain (sur la rivière de lOzane, au nord de Bonneval) une maison de lHôpital dont on ne connaît pas lépoque de la fondation. Cette maison nexistait plus au XVe siècle. Il restait seulement la chapelle qui était située sur le chemin conduisant dOuzenain au bois Pichart.
Des lettres de frère Jean du Bois, commandeur de Sours, du 18 mai 1453, concédèrent à un nommé Perin Loste, laboureur à Ermenonville-la-Grande, la jouissance viagère pour lui et ses enfants, « dune chappelle nommée lHôpital dOzenain, avec tout le lieu, cour, jardins, terres labourables et non labourables, appartenant audit Hospital dOzenain, près Bonneval, » au fermage annuel de 25 sols tournois, six conins et six poules, à la charge dentretenir et de faire desservir la chapelle, plus de rebâtir la maison en dedans quatre ans.
La maison reconstruite ne dura pas longtemps ; elle avait disparu au commencement du XVIe siècle. La commandeine retirait en 1504, des terres et de la chapelle dOuzenain, un revenu de 7 livres 40 sols tournois, déduction faite de toutes charges. La chapelle était appelée alors, chapelle Saint-Jean-dAigrefin.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Ozouer-le-Voulgis (77)
Domus Hospitalis Ozouer-le-VoulgisDépartement: Seine-et-Marne, Arrondissement: Melun, Canton: Tournan-en-Brie — 77

Domus Hospitalis Ozouer-le-Voulgis
Cette maison eut pour origine une grange avec des terres, que les frères de lHôpital acquirent au commencement du XIVe siècle. Des lettres du mois davril 1303, du prévôt de Melun, portent que Rely dOzouer, écuyer, a amorti, comme mouvant de son fief, à religieux homme frère Ithier de Nanteuil, Grand-Prieur de France, et à ses frères, une grange avec ses dépendances ; laquelle avait appartenu auparavant à Etienne Le Judin, sise à Ozouer-le-Voulgis, frontant au chemin dOzouer à Melun.
Par suite daméliorations et dagrandissements successifs, cette grange devint une ferme qui comptait, au siècle dernier, une centaine darpents de terre.
Une déclaration du 12 mars 1686, fournie à la Chambre des Comptes par le chevalier Adrien de Vignacourt, trésorier de lOrdre et commandeur de Corbeil, nous montre que cette ferme, connue sous le nom de lHopitau, était le siège de la seigneurie du lieu ; que le Commandeur y avait la haute, moyenne et basse justice, avec droit de pêche dans la rivière. Cette déclaration est faite sous les protestations de droit, quelle ne pourra tirer à conséquence ni servir dacte dérogeant aux privilèges et exemptions de lOrdre de Malte.
Le revenu de la terre et seigneurie dOzouer-Le-Voulgis était, en 1757, de 400 livres. Il montait, en 1783, à 1,500 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Maisons ou Hôpitaux