Département du Jura
Arbois (39)
Arbois, commanderieDépartement: Jura, Arrondissement: Dole, Canton: Poligny - 39

Domus Hospitalis Arbois
1252.
Le prieur Guillaume cède aux Templiers une menade quil possédait sur leur maison, en échange dune vigne, dite en Prohé. Le Templier contractant est désigné sous le nom de frère Pontius, dit Busuus, précepteur des maisons des Frères de la milice du Temple, établis dans toute la Bourgogne.
1303.
Un nommé Gauthier, habitant dArbois, étant décédé, les religieux du couvent de Saint-Jean-de-Jérusalem semparent du corps et linhument dans leur chapelle. Le prieur de Saint-Just leur en conteste le droit, observant que cest une infraction aux conventions faites depuis longtemps, et confirmées par lordinaire. Une sentence arbitrale reconnaît la justice de ses réclamations, et ordonne que le corps soit exhumé et placé dans le cimetière commun.
1312.
Abolition de lordre des Templiers. Ces chevaliers possédaient, à Arbois, une grande quantité de terres et de vignes. Outre des maisons et des jardins situés au-dessus de la rue du Cournot, toute la vaste plaine qui sétend de Changin à Villette, leur appartenait. De là vient que cette partie du territoire a conservé le nom de Champ du Temple.
1314, 29 novembre.
Mort de Philippe-le-Bel, roi de France. Une révolte générale, excitée et soutenue par toute la noblesse du pays, était sur le point déclater, causée, et par une contribution extraordinaire levée sur la province, dont les seigneurs nétaient point exempts, et par lhorrible et injuste supplice dun des plus illustres enfants du comté, Jacques de Molay, grand-maître des Templiers, qui, membre de la maison de Longwy, comme le prouve le testament de Jean de Longwy, son père, était allié à la plupart des plus nobles familles. Philippe ayant, à ses derniers moments, révoqué son édit, linsurrection fut calmée.
1341.
Samedi après la fête de la Madelaine. Lettres écrites en la maison de Saint-Jean de Jérusalem, jadis du Temple, par lesquelles il est reconnu aux habitants dArbois droit de pâturage et dusage au bois de Cépoy ou Glénon.
1358.
Le cardinal Audouin Alberti, évêque de Maguelonne, est nommé prieur de Saint-Just. A peine a-t-il pris possession de son bénéfice, que sélève un débat entre lui et les religieux de lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, au sujet des dîmes de vin et de blé, dues suivant le procureur du prieuré, sur toutes les vignes et terres possédées par ces religieux. Par transaction conclue entre le prieur et le religieux Estienne Gros, dArbois, il est convenu quà lavenir sera perçue la dîme des champs et vignes appartenant à lordre, à lexception de ceux que les religieux de Saint-Jean cultivent de leurs propres mains.
Nota. On ne sait à quelle époque les religieux de Saint-Jean, successeurs des Templiers, abandonnèrent leur couvent dArbois. Longtemps avant 1789, il ne restait de leur vaste maison, située dans les prés de Saint-Jean, à droite de lancienne route de Poligny, quune chapelle, démolie en 1778, et dont les matériaux même ont été enlevés.
1430.
Lettres patentes du duc Philippe, par lesquelles sont confirmés les priviléges et immunités accordés par Marguerite de Flandre au chapitre de Notre-Dame.
— Les prudhommes, Estevenin Barthod, Jehan de la Tespe, Perrin Retondeur et Jehan de Fraisans, sont ajournés au parlement de Dole par Jehan de Villersexel, chevalier de Saint-Jehan-de-Jérusalem et commandeur du Temple-lez-Dole, à raison dun jet où il a été compris pour la somme de 18 gros.
1460, 6 décembre.
Arrêt du Parlement de Dole, qui condamne messire Jacques de Sarre, commandeur du Temple, successeur de Jean de Villersexel (Voyez année 1430), à payer les dix-huit gros auxquels il avait été imposé pour sa maison et ses terres, sises à Changin.
Par cet arrêt, il est déclaré en outre que ledit commandeur et ses successeurs devront à lavenir contribuer aux jets mis pour le remparement des fortifications.
1530, 5 juin.
Mercurin dArbois meurt à Inspruck, âgé de 65 ans ; son corps, transporté à Gatinara, est inhumé dans léglise des chanoines réguliers de cette ville, où il lui est érigé un mausolée, surmonté de sa statue en marbre. Il laisse une fille qui épouse le comte de Liguana, et un fils nommé Charles, qui hérite du comté de Gatinara, et vient passer quelques jours à Arbois, berceau de sa famille.
Dans le siècle suivant, un de ses descendants est élu Grand-Maître de lordre de Malte.
1593, 8 avril.
Grand conseil, où sont appelés les députés du bailliage, du prieuré, du chapitre, de la familiarité, de la commanderie de Malte, de la grande confrérie, etc., pour aviser aux moyens de remédier à la misère qui règne dans la ville.
Il est résolu que, jusquà la fin du mois, il sera donné par jour trois blancs à chaque pauvre, ce qui fera une dépense de sept-vingts et dix francs (150 francs), et quà cet effet, aura lieu une cotisation de tout habitant en état dy contribuer, ceux qui sy refuseraient devant y être contraints par toute voie de droit.
1597, 8 avril.
Grand conseil, où sont appelés les députés du bailliage, du prieuré, du chapitre, de la familiarité, de la commanderie de Malte, de la grande confrérie, etc., pour aviser aux moyens de remédier à la misère qui règne dans la ville. Il est résolu que, jusquà la fin du mois, il sera donné par jour trois blancs à chaque pauvre, ce qui fera une dépense de sept-vingts et dix francs (150 francs), et quà cet effet, aura lieu une cotisation de tout habitant en état dy contribuer, ceux qui sy refuseraient devant y être contraints par toute voie de droit.
1599, 1 juillet.
Arrêt du Parlement, qui condamne le commandeur du Temple-lez-Dole, à payer 60 écus dor sol, auxquels, en raison des biens de la commanderie situés à Arbois, il avait été imposé pour le paiement de la rançon de 7,000 écus.
Avant 1789, Arbois renfermait un grand nombre détablissements religieux dont la plupart ont été supprimés depuis cette époque, ou dont on a changé la destination.
Outre le Prieuré, auquel était attachée léglise paroissiale de Saint-Just, on y remarquait, en établissements consacrés au culte, le chapitre de Notre-Dame, deux couvents dhommes, les Minimes et les Capucins, et trois de femmes, les Tiercelines, les Carmélites et les Ursulines, qui chacun possédaient leur maison et leur église particulière. A ces églises se joignaient plusieurs chapelles, celles de la Croix, Saint-Jean-de-Jérusalem, du Temple, de la Maladrerie, de Saint-Roch et de Changin. Cette dernière, jusquau XVIIe siècle, forma une paroisse séparée.
Les chapelles de la Croix, de Saint-Roch et de Changin sont aujourdhui des maisons particulières ; celle du Temple et celle de Saint-Jean de Jérusalem ont été démolies.
Sources : Bousson de Mairet, Emmanuel. Annales historiques et chronologiques de la ville dArbois, département du Jura, depuis son origine jusquen 1830. Arbois 1856 BNF
Maisons ou Hôpitaux