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Bellecroix, Commanderie

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix

Située au levant de Chagny, la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Bellecroix (1) est l’une des plus anciennes de Bourgogne. Cet établissement avait été fondé dans le courant du XIIe siècle, car son existence est attestée dès l’an 1200 avec une certaine importance, lorsque, cette année-là, le 13 février, les Hospitalarii de Bella Cruce associent le duc de Bourgogne Eudes III à leurs revenus d’Escoutot et d’Essartines (2).

Ils ont alors à leur tête un maître du nom de Pierre, comme le montre un acte conservé aux archives départementales de Saône-et-Loire, publié dans le Cartulaire des Hospitaliers par Delaville Le Roulx. L’historien de l’Ordre cite un autre texte, de la même année, d’Alexandre, frère du duc Eudes III (3) qui certifie que Girard de Morteuil a donné à l’Ordre de l’Hôpital divers biens à charge de rente annuelle, le même Petrus de Bella Cruce figurant parmi les témoins cités. A cette date, cet établissement était déjà notable dans la mesure où il possédait alors un commandeur, le frère Pierre déjà cité, mais aussi un cellérier et également un chapelain, frère Etienne. Ceci prouve donc qu’existait déjà à Bellecroix, à l’aube du xine siècle, une chapelle et que l’établissement était déjà important.
Le chartrier de la commanderie n’existe plus, mais nombre d’actes, conservés à Maçon, à Dijon et à Paris, permettent de connaître une liste assez complète de noms de commandeurs (4) dès le XIIIe siècle, cette maison ayant ainsi à sa tête, en 1300, Jean, chapelain de l’ordre qui était alors curé et commandeur de Bellecroix : frater Johannes, curatus ecclesie beati Johannis Belle Crucis et commendator (5).

Pour le XIVe siècle, les noms de plusieurs commandeurs sont connus (6), certains à la tête de cet établissement durant de longues périodes, comme frère Etienne de Dampierre (7), de 1319 à 1342 au moins, ou son successeur frère Jean de Saint-Boin (8), attesté de manière certaine de 1347 à 1367.

Ceci étant, cette brève communication souhaite simplement attirer l’attention sur l’histoire de certains des bâtiments de la commanderie et mettre l’accent sur un aspect particulier de leur construction (9). Pour tout dire, ceux-ci ont été considérablement remaniés au cours des deux derniers siècles et ne reflètent plus que très partiellement l’état général de l’établissement durant la période médiévale, le logis du commandeur, les granges et les annexes ayant été, en grande partie, modifiés et reconstruits par les occupants successifs, notamment à la fin du XIXe siècle, mais il ne faut pas s’arrêter à la première impression, fâcheuse, comme ce fut le cas pour moi lorsque je l’ai découverte, le 2 novembre 1961, grâce à Louis Armand-Calliat (10) que j’y avais accompagné. J’ai, depuis, recueilli nombre de pièces sur cette commanderie et ses titulaires et, ces dernières années, incité la propriétaire, avec les conseils de notre confrère Philippe Plagnieux, professeur à l’Ecole nationale des chartes et à l’Université de Besançon, à entreprendre une restauration de certains de ses éléments et en particulier de sa chapelle, initiative qu’elle a réalisée très heureusement (11).

Pour comprendre l’importance des modifications intervenues au cours de la période moderne, il faut se reporter au cadastre napoléonien (FIG 1), qui permet de constater disparitions, ajouts, reconstruction ou subsistance de corps de bâtiments, l’examen de la structure de ces derniers permettant de nuancer cette première approche.

Plan cadastral de Bellecroix
Plan cadastral de Bellecroix
FIG 1. — PLAN DE BEELECROIX D’APRÈS LE CADASTRE DE 1827.

Les bâtiments s’ordonnent autour d’une cour centrale (la section 272 sur ce plan (12), dans laquelle on ne pouvait pénétrer que par une poterne, au nord, permettant l’accès à un passage situé dans le corps septentrional de l’ensemble (et situé sur la partie gauche du plan).
A l’époque médiévale, la commanderie devait être entourée par un fossé en eau (remblayé, mais discernable sur le plan (sections cotées 269 et 274).

Le corps occidental actuel est en grande partie une réfection du XIXe siècle, et c’est notamment le cas des deux tourelles sur la façade du couchant, mais il subsiste cependant des éléments anciens qui montrent qu’une campagne de travaux importants y fut menée à la fin du XVe siècle. Ainsi, dans l’actuelle cuisine de ce logis subsiste une porte au linteau en accolade reposant sur des piédroits à talon. La muraille qui joignait ce corps ouest au corps sud a disparu et il n’en subsiste que des traces d’arrachements au midi de l’aile méridionale. Cette dernière est d’abord défendue, à l’angle, par une tour ronde à demi engagée, la façade extérieure du corps central ayant été repercée à diverses époques de plusieurs baies. Le corps de bâtiment, plus élevé qui lui fait immédiatement suite abrite, au niveau inférieur, la chapelle, éclairée par une baie presque flamboyante à mouchettes (fig. 2).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 2. — BELLECROIX. CORPS DE BÂTIMENT SUD (cliché. J.B.V).

La façade extérieure, au levant, est aveugle au niveau inférieur et étayée par des contreforts ; elle a été, au début du xxe siècle, percée de quelques fenêtres en hauteur (fig. 3).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 3. — BELLECROIX FLANC NORD DU CORPS ORIENTAL DE LA COMMANERIE (cliché. J.B.V).

Le corps de bâtiment nord, assez notablement remanié, était précédé par des défenses extérieures, aujourd’hui disparues. Protégé par un fossé en eau, l’accès s’effectuait par une poterne percée d’un pont-levis dont le logement des bras est encore bien visible (fig. 4).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 4. — BELLECROIX, LA POTERNE AU NORD (cliché. J.B.V).

Il subsiste d’ailleurs les tourillons destinés à recevoir l’axe de rotation du tablier qui, lorsqu’il était remonté, prenait place dans la feuillure de la face nord de cette poterne étayée par deux solides contreforts. Ce dispositif était par ailleurs doublé par une grille qui pouvait descendre dans des rainures depuis la salle située au-dessus du passage. On accédait à cette dernière par un escalier en vis situé dans une tourelle circulaire, antérieure (13) à la construction de la poterne, et dont un pan, percé d’archères, est visible à l’extérieur, mais aussi dans le passage (fig. 5).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 5. — BEEEECROIX. LE PASSAGE (cliché. J.B.V).

Si des assaillants parvenaient cependant à pénétrer par cette voie, il était possible de les arrêter grâce à un poste de garde pratiqué dans le flanc est du bâtiment. Deux archères, y sont percées, en biais, pour des hommes d’armes postés là (fig. 6). Au-dessus du passage, la salle chauffée par une cheminée au manteau en faible saillie, est éclairée vers le sud par une double baie trilobée décorée à l’extérieur de deux visages de pierre se faisant face.

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 6. — L’INTERIEUR DU POSTE DE GARDE PERCÉ DE DEUX ARCHÈRES (cliché JBV)

Les baies en plein centre de la chapelle, au niveau inférieur, ont été obturées lors de la surélévation de la fin du XIVe siècle.

La présente communication se bornera à apporter un éclairage sur les campagnes de travaux conduites aux XIVe et XVe siècles par plusieurs commandeurs qui ont apporté des modifications aux bâtiments primitifs, mais un bref exposé de quelques faits marquants s’impose.

On distingue, à gauche, le parement externe de la tourelle d’escalier et, complètement à droite, les fentes des archères du poste de garde.

Il exista très tôt à Bellecroix des bâtiments d’exploitation pour le domaine, un logis et une chapelle. Cette dernière, aujourd’hui dans ce qui constitue l’aile orientale, n’était, curieusement, pas orientée. Les éléments qui en subsistent sont les plus anciens de la commanderie (14).

Les dévastations des campagnes, à la fin du XIVe siècle, avaient entraîné la fortification de nombreuses places, détenues par de grands ou petits seigneurs, et les commanderies de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem n’avaient pas échappé à ce mouvement. Ainsi, la commanderie d’Epailly (15) fut-elle fortifiée en 1360 et Voulaines, dont il ne reste hélas plus qu’une des sept tours, le fut deux ans plus tard, en 1362.

En cette fin du XIVe siècle, le commandeur de Bellecroix était frère Girard de Bretenère, en charge de cet établissement (16) au moins depuis 1384 (17) jusqu’à 1410 (18).

C’est lui qui reconstruisit une grande partie du logis (que les textes contemporains appellent « forteresse » et d’autres, postérieurs, le « château ») et modifia complètement la chapelle primitive, près d’une génération cependant après les travaux de nature militaire menés dans les deux établissements précités d’Epailly et de Voulaines.
Le chantier de Bellecroix à peine ébauché, fut nommé au siège épiscopal de Chalon, tout proche, un prélat qui y a laissé une réputation détestable, Olivier (19) de Martreuil (20). Dès la première année de son épiscopat, il se lança dans de nombreuses querelles, notamment avec des clercs, comme les moines de Saint-Pierre. Claude Perry rapporte dans son Histoire de Chalon de 1659, que cet évêque : « avoit un esprit violent et plein d’intrigues. Il avoit une mine sévère, un entretien sec et une parole extrêmement rude » (21).

Ayant succédé à Guillaume de Saligny, l’évêque Olivier de Martreuil s’attaqua au commandeur de Bellecroix qui avait fortifié la commanderie. On connaît les développements de cette histoire par le texte de l’accord (22) qui fut finalement conclu, laissant intactes les fortifications édifiées, mais infligeant au commandeur le paiement d’une forte somme à l’évêque et l’obligeant à la construction d’une nouvelle église pour les paroissiens de Bellecroix.

L’évêque de Chalon avait en effet fait valoir que la chapelle de Bellecroix était église paroissiale, et ce de toute antiquité et que donc frère Girard avait de sa propre autorité et sans avoir sollicité ni obtenu d’autorisation, fait édifier de nouvelles constructions englobant l’église paroissiale de murs et d’autres dispositifs et ce aussi bien autour qu’au-dessus (sua auctoritate, nulla petitia licencia vel obtenta a dicto reverendo pâtre, certa fecerat edifficia nova circunquaque dictam ecclesiam parrochialem, muralia et alia, adeo quod ipsa parrochialis ecclesia tam in cicuitu suo quam tectis suprapositis).
On voit bien ici que, comme ce fut le cas pour la chapelle de Chauliac en Auvergne (23), on intégra ultérieurement la chapelle primitive dans une construction plus vaste, et surélevée (24). Ces travaux rendaient donc la chapelle moins facilement atteignable pour les paroissiens, d’autant, faisait préciser l’évêque, que portam principalem ipsius ecclesie parrochialis obstruxerat et luminaria antiqua eciam lapidibus obstruxerat, quod quodam modo ipsa ecclesia reddita erat obscura et quod divinum officium in eadem non poterat celebrari honeste. En d’autres termes, le commandeur avait fait fermer par un mur le portail de l’église paroissiale et, de la même manière, obturer de maçonnerie les baies anciennes, ce qui privait ainsi de la lumière du jour cet édifice religieux, le service divin ne pouvant plus y être, selon lui, célébré honnêtement
Et les griefs ne s’arrêtaient pas là : le clocher ayant été démoli, ajoutait-t-il, les cloches qui y étaient placées en avaient été ôtée et transportées dans des lieux privés (campanile dicte ecclesie parrochialis demolitum erat et componas pendentes in eodem moverat et in locis privatis).
Plus encore, non content d’avoir ainsi modifié l’église, le commandeur s’était attaqué au cimetière, les courtines nouvellement élevées l’ayant englobé en partie. Les constructions nouvelles avaient donc complètement modifié l’aspect du site : ulterius sua edifficia piivata desuper ipsam eclesiam parrochialem in magna altitudine construxerat, adeo quod visio ipsius ecclesie esset penitus amissa, et adicio ipsius ecclesie omnibus parrochianis totaliter interdicta, preterquam de quadam porta privata ad alterum latus ipsius ecclesie, per eundem fratrem Girardum noviter constructa
Le commandeur avait ensuite fait édifier au-dessus de l’église paroissiale une haute construction, l’aspect de l’église initiale ayant ainsi totalement disparu et l’accès à l’église ainsi totalement interdit aux paroissiens, au profit d’une porte privée percée nouvellement, et de l’autre côté de l’église, par frère Girard. Tout ceci constituait, à ce que prétendait le prélat, une offense grave à l’évêque comme au siège épiscopal. C’est la raison pour laquelle il avait conclu que toutes les constructions nouvelles édifiées récemment devaient être retirées et détruites (omnia et singula edifficia noviter extructa et constructa (...) esse diluenda, extirpanda et amovenda).
L’église paroissiale devait en effet être et rester libre d’accès comme elle l’avait toujours été.

À cela, frère Girard de Bretenère répondit qu’il avait obtenu de très haut prince Philippe, duc de Bourgogne, l’autorisation de fortifier Bellecroix, que les dispositifs défensifs mis en place l’avaient été conformément aux instructions ducales et que toutes ces fortifications avaient été élevées sur les terres de l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. Le renforcement de la commanderie ne pouvait en effet être mené, en raison de sa situation topographique, sans y comprendre la chapelle, notamment en ce qui concerne le portait principal et les autres baies, à l’exception de l’une se trouvant dans la partie antérieure (25) de l’église (videlicet in principali porta et in aliis fenestris, excepta una in anteriori parte ipsius ecclesie formata).
Et s’il avait surélevé la chapelle en y superposant des défenses, parce que le clocher et d’autres éléments caractéristiques de l’église paroissiale pouvaient être moins visibles (adeo quod campanile et alla signe ecclesie parrochialis minime poterant apparere), ce n’était qu’en raison d’impératifs militaires et non point par mépris pour la majesté divine. L’absence de demande d’autorisation à l’évêque ne saurait non plus avoir constitué de sa part un manque de considération à son endroit. Le commandeur n’avait en effet pas cru mal faire et ce dans la mesure où le droit de patronage et de présentation pour cette paroisse appartenait — et ce de toute antiquité — à l’Ordre, la maison de Bellecroix ayant obtenu le privilège canonique de gouvernement, que possédait également le frère Girard (ad dictum Hospitale Sancti Johannis Jherosolomitani ad causam ipsius domus Bellecrucis, cujus canonice regimen obtinuit et obtinet dictus frater Girardus).

Ceci étant, pour apporter une solution à la situation nouvelle créée par ces fortifications, le commandeur promettait de faire construire, pour la nécessité de la chose publique, une nouvelle église sur le finage de Bellecroix, dans un autre lieu décent et approprié (alio loco decenti et ydoneo) avec un cimetière qui serait également consacré par l’évêque, les habitants de Bellecroix pouvant, jusqu’à l’achèvement de la nouvelle, se rendre dans l’ancienne église où, en outre, le commandeur n’était plus autorisé à apporter la moindre modification.

La future église devrait avoir les mêmes dimensions que la première, si ce n’est, poursuit le texte, quod licet ipsa ecclesia occupata per eundem fratrem Girardum esset in longitudine desuper volata, la chapelle de Bellecroix occupée par frère Girard étant entièrement voûtée dans sa longueur, ipse tamen frater Girardus ipsam ecclesiam construendam votarifaciet de super cancellum, videlicet a loco ubi consueverunt fieri oblationes usque ad extremam partem ipsius ecclesie, pars vero anterior, que consuevit nuncupari navis ecclesie, si illam votarifacere non valeat dictusfrater Girardus, saltem illam navem faciet condecenter feri de bonis lignis et sufficientibus pro edifficacione dicte ecclesie camerari, gallice chambrillier, honneste et condecenter, de bono ligno
Autrement dit, le commandeur parvint à obtenir que cette nouvelle église, qu’il devait faire édifier sur ses biens (cum bonis suis), ne devait pas être entièrement voûtée, seul le chœur devant l’être obligatoirement, la nef pouvant être simplement couverte en charpente, de bon bois, et chambrilliée, nous dirions aujourd’hui lambrissée.

La chapelle édifiée vers l’an 1200 par les Hospitaliers fut donc englobée à la fin du XIVe siècle, comme ce fut le cas, en Auvergne, de la chapelle hospitalière de Chauliac, dans un bâtiment massif et plus élevé, le clocher primitif disparaissant tandis que les baies latérales étaient obturées. Le chœur de cette chapelle primitive, marqué par une influence, fréquente en Bourgogne, des Cisterciens, était plus étroit que la nef, pourtant contemporaine (26) (fig. 7).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 7. — INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE. AVEC SON CHŒUR PLUS ÉTROIT QUE LA NEF (cliché JBV).

Si, en raison de leurs proportions respectives, on pourrait en douter, le style des chapiteaux qui subsistent au sommet des colonnes engagées au milieu de la nef, permet de se convaincre que la chapelle primitive de la commanderie a bien été édifiée vers 1200 : Les chapiteaux, oriental (fig. 8) et occidental, de l’arc doubleau de la nef sont à crochets, avec encore peu d’enroulements, un tailloir à modénature très simple, d’un type que l’on rencontre à compter du dernier quart du XIIe siècle dans ces régions, ce qui cadre bien avec la datation proposée.

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 8. — CHAPITEAU ORIENTAL DE LA NEF ET L’UNE DES BAIES EN PLEIN CINTRE (cliché JBV).

En outre, invisibles depuis des siècles, des baies en plein cintre ont été, au début de l’année 2009, dégagées dans l’épaisseur des murs, tant du chœur que de la nef, du côté de l’Epitre et de l’Evangile. La baie occidentale du chœur, toujours en plein cintre, dégagée récemment, jouxte une niche, presque carrée, mais beaucoup plus tardive et qui se trouve à sa droite. Son rôle n’est pas défini : il n’est pas certain, compte tenu de son orientation, que ce soit un hagioscope, comme on en voit à la fin du XVe dans certaines chapelles de Bourgogne. La plupart de ces fenêtres en plein cintre sont encore revêtues de faux joints ocre, primitifs.
Deux autels secondaires étaient placés à la jonction de la nef et du chœur.
Aussi la niche que l’on distingue encore à sa droite n’est-elle pas celle d’un bénitier, mais un lavabo, qui devait être utilisé par le desservant pour l’autel secondaire occidental, dont on distingue les traces au sol et sur le mur.
Les croix de consécration que l’on observe dans la nef sont plus récentes que la construction primitive, sans doute de la fin du xv1- siècle après des restaurations anciennes. Au fond de la nef, ont été mis à jour des restes du dallage primitif, carreaux vernissés, ocre ou vert d’eau.

Parmi les modifications qui furent apportées à l’édifice primitif, une porte, aujourd’hui murée, au chevet, du côté de l’Évangile, fut percée pour des raisons de commodité à la fin du XVe siècle, comme l’atteste le linteau en accolade (27).
C’est probablement au même moment que fut agrandie la baie méridionale presque flamboyante, à la demande du même commandeur. A une époque indéterminée, mais probablement légèrement postérieure, fut percée dans le mur oriental de la nef une ouverture rectangulaire de nature à apporter davantage de lumière à l’intérieur de l’édifice.

On accédait initialement à l’intérieur de cette chapelle de la commanderie par un portail, situé dans le mur pignon (fig. 9). Obstrué par le commandeur de Bretenère à la fin du XIVe siècle, il a été dégagé à l’occasion de plusieurs campagnes contemporaines. Il est en plein cintre, très simple, uniquement mouluré d’un tore et de quelques cavets. Les chapiteaux sont soutenus par des colonnes baguées. Si l’on observe la colonne de droite, on note qu’elle est formée de deux colonnettes indépendantes. Celle du haut est posée sur la bague et placée sous le chapiteau. L’autre a été introduite en tiroir sous la bague, taillée dans la pierre ancrée dans la maçonnerie. Les bases en sont très simples.

Commanderie de Bellecroix
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FIG. 9. — PORTAIL DE LA CHAPELLE (cliché JBV).

Le chapiteau oriental du portail est bien conservé, avec ses crochets intacts, mais à peine épanouis avec ses deux feuilles de fougères très stylisées (fig. 10).


Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 10. — CHAPITEAU ORIENTAI. DU PORTAIL (cliché JBV).

Il y a lieu de relever particulièrement le détail de la bague de la colonne orientale. On distingue sur le mur les traces d’une bretture, hache à percussion directe constituée de deux tranchants droits et parallèles au manche, munis de dents plates. Le tout incline à voir dans les éléments de la chapelle primitive de Bellecroix une construction de la fin du XIIe siècle, construite un peu avant ou autour de l’an 1200, ce qui est en parfait accord avec les textes de cette année-là, date à laquelle on connaît le nom du commandeur, du cellérier et du chapelain. Ce portail fut donc muré lors de la fortification de la fin du XIVe siècle et une petite porte fut alors percée, dans le très épais mur occidental de la nef, pour permettre de pénétrer dans l’édifice depuis la cour intérieure de la commanderie.
La chapelle initiale de la commanderie de Bellecroix ayant été, lors d’une campagne de travaux commencée vers 1390, englobée dans une construction massive et plus élevée, ne fut donc pas, en dépit des récriminations de l’évêque Olivier de Martreuil, remise dans sa situation initiale par le commandeur frère Girard de Bretenère. Il ne fait cependant nul doute que ce dernier fut contraint de mettre à la disposition des paroissiens une autre église.

Les bouleversements intervenus à Bellecroix à la Révolution, puis à l’époque contemporaine, n’ont malheureusement pas permis de conserver tous les édifices qui entouraient la commanderie au Moyen Age, voire sous l’Ancien régime. Le village moderne de Bellecroix ne ressemble plus guère à celui d’il y a six siècles, ni même à celui vu il y a cinquante ans. Il existe pourtant, au levant des actuels bâtiments de la commanderie, une construction qui conserve des éléments de cette église paroissiale qui fut édifiée par les soins de frère Girard de Bretenère, autour de l’an 1400, c’est-à-dire deux siècles après la chapelle initiale des premiers Hospitaliers.

Au bout de la prairie qui borde le mur oriental de l’ancienne chapelle, s’observe encore un bâtiment de plan barlong, paraissant constitué de deux parties, au toit en bâtière couvert de tuiles (28) (fig. 11). Les murs en sont aveugles, à l’exception, sur le corps septentrional, d’une baie très étroite, au linteau trilobé. Quant à la porte, en anse de panier, ouvrant sur le même côté, elle est d’une date nettement postérieure, son style accusant le début du XVIe siècle (29).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 11.- L’EGLISE PAROISSIALE CONSTRUITE PAR LE COMMANDEUR GIRARD DE BRETENÈRE (cliché JBV).

On accédait à ce nouvel édifice religieux par un portail percé dans le mur pignon (30) nord (fig. 12). Bien que considérablement dégradé, on peut encore observer que ce portail était en plein cintre, comme d’ailleurs la baie supérieure, destinée à éclairer un peu la nef, et maladroitement posée sur la voussure du portail.

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 12. — MUR PIGNON DE L’ÉGLISE PAROISSIALE (cliché JBV).

Le style de ce portail est très surprenant. Il semble qu’il s’agisse d’un pastiche de celui de la chapelle de la commanderie, et assez maladroit. Il n’en subsiste plus que la partie occidentale. Il comportait, comme à Bellecroix, une colonne, également dotée d’une bague, comme celles de la chapelle de la commanderie, mais d’un style mou, peu affirmé (fig. 13).

Commanderie de Bellecroix
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FIG. 13. — RESTES DES VOUSSURES DU PORTAIT DE L’ÉGLISE PAROISSIALE ET DE LA COLONNE À BAGUE OUEST (cliché JBV).

Le chapiteau est encore plus maladroit, avec des sortes de feuilles de choux. La base de la colonne accuse cependant, quant à elle, plutôt le début du XVe siècle. Il est donc manifeste que l’on a voulu copier avec la voussure plein cintre, la bague des colonnes et les chapiteaux, tous les éléments du décor de la chapelle de la commanderie.
Un élément est surprenant : la baie occidentale précitée ; vu de l’extérieur, le linteau trifolié est monolithe et il semble bien que, plus qu’un pastiche, ce soit simplement un remploi d’un bâtiment plus ancien. Il en est d’ailleurs de même de la baie orientale, pas totalement dégagée, mais qui paraît être aussi un élément plus ancien que le reste, sans doute aussi récupération d’un édifice des XIIe XIIIe siècles. Lorsque l’on pénètre à l’intérieur, qui a été très malmené, on observe que le vaisseau de la nef était lambrissé et probablement peint (fig. 14).

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 14. - LE VAISSEAU DE LA NEF LAMBRISSÉE (cliché J.B.V).

Il apparaît donc bien que le commandeur de Girard de Bretenère se soit exécuté pour éviter de plus amples conflits avec l’évêque de Chalon. Il aura sans doute fait construire la nouvelle église paroissiale à l’économie, s’efforçant, conformément d’ailleurs aux termes de l’accord, de respecter l’engagement de livrer un édifice le plus semblable possible au précédent. Dans la mesure où certains éléments de la nouvelle construction paraissent cependant très anachroniques, il n’est pas exclu que l’on ait également utilisé des pierres provenant d’anciennes chapelles des Templiers (31), il, comme celle qui devait se trouver dans le village proche de Demigny (32) et qui a disparu très tôt.

D’autres commandeurs contribuèrent aux constructions de Bellecroix (33). Dans le cours de la troisième décennie du XVe siècle, ce fut le cas de frère Erard de Bauffremont. Il était fils d’Henri de Bauffremont et neveu de Pierre, commandeur de Beaune et grand prieur de Champagne (34). Erard est cité avec ses deux frères, Jean et Guillaume, dans une charte du 22 avril 1429 (35). L’année suivante, il passe plusieurs actes à Bellecroix et, en 1431 figure comme chevalier banneret à la montre d’armes de Semur pour la 16e chambre avec douze gens d’armes, un trompette et dix hommes de traits (36). Puis, toujours la même année, il donne, comme commandeur de Saint-Marc, procuration à frère Robert de Bures, commandeur de Marchesoif pour passer un bail (37).
Dans une cherche de feux pour le bailliage de Chalon, en 1431, il est dit « Bellecroix est à frère Herard de Bauffremont, commandeur dudit lieu, où y a forteresse (38) »
En 1442, lors d’une autre cherche de feux, « Bellecroix est à frère Herard de Bauffremont, chevalier de Rodes, et commandeur dudit lieu et y a une petite forteresse, sans foire ni marché par le rapport d’Antoine d’Angolevant, écuyer, capitaine dudit lieu »
Durant l’époque où il eut la commanderie de Bellecroix, c’est-à-dire jusqu’en novembre 1454, date de sa mort, il y fit exécuter des travaux, notamment par André du Vernoy (39), sans doute parent de frère Jean du Vernoy qui avait été commandeur, de 1370 à 1378 (40), avant Girard de Bretenère.
C’est sans doute frère Erard de Bauffremont qui fit ajouter la tour ronde engagée dans le corps sud.
Le linteau (fig. 15) de la fenêtre de cette tour y est orné de trois écus en fort relief (41) : L’écu central est à la croix de la Religion, celui situé à dextre — c’est-à-dire à gauche pour l’observateur — est au vairé, armes de frère Erard de Bauffremont.

Commanderie de Bellecroix
Commanderie de Bellecroix
FIG. 15. — LE LINTEAU DE LA TOUR MÉRIDIONALE (cliché J.B.V.).

Pour se différencier de ses frères, Erard brisait ses armes d’un petit annelet au canton dextre de l’écu (42).
Le dernier écu, à la face, doit être celui du grand maître Antoine Fluvià.

De nouvelles modifications furent apportées à Bellecroix plus tard, dans le cours du XVe siècle. A frère Erard de Bauffremont, succéda d’abord frère Etienne de Busseul de 1454 à 1463, puis frère Amé de Croisy, depuis le 1er avril de cette dernière année (43). C’est de son temps que fut fondue pour Bellecroix une cloche portant la date de 1475 (44). Ce commandeur fut à Rhodes durant le siège de 1480 et il y trouva la mort (45).
Il fut remplacé à Bellecroix par frère Régnier Pot, personnage important, auquel a été consacrée une brève étude sur sa vie et sa magnifique dalle tumulaire à Rhodes (46). Outre Bellecroix, il fut aussi commandeur de Chalon et d’Avalleur (47) et, dans des lettres qu’il donna en 1489, il écrivait : « comme à la commanderie de Troyes (...) les commandeurs de ladite commanderie se sont tenus par aucun temps audit lieu de Rhodes, où ils ont été occupés à continuellement à batailler contre les infidèles en soubztenant la foy, la plupart des gagnages sont venus à totale destruction, friche et ruyne (48). »

C’est à frère Régnier Pot que l’on doit les aménagements de plusieurs salles de l’aile occidentale comme de l’aile méridionale, avec des portes à linteau en accolade, piédroits à boudin reposant sur de triples talons. A lui aussi le percement d’une porte dans le chœur de la chapelle. C’est lui qui fit apposer en plusieurs sites des domaines de la commanderie, des calvaires, fort bien sculptés. À commencer par la croix dite de Bellecroix qui n’est devant la commanderie que depuis cent ans, car elle était initialement à Demigny, paroisse proche de Bellecroix et où l’ordre avait hérité les domaines de l’Ordre du Temple, lors de la suppression de ce dernier. Il subsiste d’ailleurs une autre croix analogue à Demigny même, également déplacée (49) et qui a souffert. Ces calvaires sont d’un type très proche. Sur un piètement sculpté à talons, le fût comporte des consoles et la croix porte, d’un côté, le Christ, de l’autre une Vierge à l’Enfant.
Entre Bellecroix et Demigny subsiste enfin un troisième calvaire, à Creteuil (50), et qui doit être attribuée au même atelier.
La très grande similitude de la porte percée dans le mur occidental de l’église paroissiale neuve avec plusieurs portes de la commanderie de Morment où frère Pierre de Bosredon fit de considérables travaux laisse penser que ce dernier qui cumula un temps Bellecroix (51) avec plusieurs autres établissements pourrait avoir, lui aussi, apporté sa part de modifications aux bâtiments de Bellecroix.

Ainsi l’important établissement de Bellecroix, qui fut toujours à l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem — contrairement à d’autres comme Epailly, initialement aux Templiers — conserve-t-il encore aujourd’hui, malgré les apparences, plusieurs témoignages des constructions de ses commandeurs, notamment la chapelle, édifiée autour de l’an 1200, difficilement discernable de l’extérieur car intégrée dès la fin du XIVe siècle dans un ensemble défensif construit par frère Girard de Bretenère, qui fut contraint d’élever à ses frais une église paroissiale pour les habitants du village.

— Melle Françoise Baron, Présidente, salue le beau sauvetage des bâtiments réalisé par la propriétaire avec les conseils de M. Plagnieux. Elle demande combien de membres de l’Ordre occupaient une commanderie.
— M. de Vaivre répond qu’au XVe siècle il pouvait y en avoir jusqu’à trois mais qu’une commanderie était avant tout une exploitation agricole destinée à alimenter les caisses du « commun trésor » au service du maintien de l’Ordre à Chypre ou à Rhodes et, habituellement, un seul membre de l’Ordre pouvait résider, lorsqu’il n’était pas appelé à Rhodes.
— M. Alain Erlande-Brandenburg, m.r., demande si les portails à bagues sont exceptionnels en Bourgogne.
— M. Philippe Plagnieux, m.r., en signale dans la vallée de la Saône, dans la partie est du duché. Ils sont employés et véhiculés par les cisterciens jusqu’à la fin du XIVe siècle.
— M. Erlande-Brandenburg s’interroge sur l’usage de la chapelle comme église paroissiale. M. de Vaivre précise que la chapelle se situait sur le territoire de la commanderie et relevait donc du commandeur, mais que les conflits entre l’évêque et ce dernier ont été permanents à diverses époques.
— M. Jean-Loup Lemaître, m.r., précise qu’il pouvait y avoir des fonts baptismaux dans une chapelle et que l’usage d’une chapelle comme église de la communauté dépendait, en réalité, de la cartographie paroissiale.
— M. Philippe Palasi, m.r., et M. de Vaivre s’entretiennent des restaurations héraldiques réalisées par M. Brunot, propriétaire des lieux entre 1880 et 1920. M. de Vaivre précise que Charles Brunot fit resculpter de nombreux éléments du décor, notamment des fenêtres, qu’il fit parfois orner d’écus aux armes de commandeurs dont il avait, au cours de ses recherches, retrouvé le blason, voire copier des éléments du décor héraldique qui subsistait alors en mauvais état. Il signale ainsi l’existence d’une série de tôles peintes aux armes des commandeurs, restitutions souvent malhabiles que Charles Brunot avait fait exécuter sur la base d’indications recueillies dans les archives ou auprès de correspondants, conservateurs d’archives ou érudits locaux. Les panneaux en question ont été placés plus tard au-dessous des noms des commandeurs dont Charles Brunot avait reconstitué une liste assez complète, mais un mélange de ces panneaux de tôle étant intervenu plus tard, il n’y a pas lieu d’en tenir compte. Ceci étant, il faut saluer les efforts de restauration que mène, depuis quelques années, Madame Delphine Gautier pour rendre à Bellecroix son aspect d’antan.

NOTES
1. — Bellecroix est situé en Saône-et-Loire, arrondissement de Chalon-sur-Saône, canton et commune de Chagny.
2. — J. Delaville Le Roulx, Cartulaire général de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1100-1310), Paris, 1894, tome I, n° 1111, page 688 : Noverint tam futuri quam pressentes quod Hospitalarii de Bella Cruce, in terragio d’Escotot et d’Essartines, eorum que propria errant ducem Burgondie constituerunt participem (...). Hoc quidem statutum est [donc] existente duce Burgundie, Renaudo vicerio Edue, P quidem domus Hospitalis magistro ; Stephano Capellano ; A. Celerario ; Actum anno ab incarancione Domini MCXCIX, primo idus februarii d’après les Archives départementales de Saône-et-Loire — abrévié ASI H 463 n° 2.
3. — Ce texte, contrairement à celui précédemment cité, n’est pas très précisément daté mais l’éditeur du Cartulaire général (n° 1104, page 686) qui le site d’après les Archives départementales de la Côte d’Or — abrévié ACO — (H 1218, original) en donne le texte qui précise notamment : Ego Alexander frater ducis Burgundie, notum facio presentibus et futuris quod Girardus, dominus de Mortuies, dedit in elemosinam fratribus Jerosolomitani Hospitalis pratum quod partitur cum Petro, filio Guidonis de Pomarco et casamentum (...).
4. — Ce n’est pas lieu d’en donner ici, faute de place, une liste exhaustive, mais on signalera qu’en mars 1235, Hugues IV, duc de Bourgogne, partage avec les Hospitaliers de Bellecroix les revenus de la ville de Nuits, sous certaines exceptions, et s’engage à les protéger (Cartulaire général, tome II, n° 2101, page 480).
En novembre 1240 (ACO H 1221, avril 1242, et ASL, H 464 n° 6), mars 1258 (ACO H 1260 bis) décembre 1260 (ACO H 1221 et Cartulaire général, tome II, n° 2969) le commandeur est un frère Girard.
5. — Archives de Saône-et-Loire, fonds Bellecroix, non classé n° 12.
6. — Au début du XXe siècle, le propriétaire de Bellecroix, Charles Brunot, né à Lyon le 27 février 1856, décédé à Saint-Mandé le 22 avril 1931, polytechnicien qui acheva sa carrière comme inspecteur général des services administratifs du Ministère de l’Intérieur en 1916, effectua des recherches assez poussées sur l’histoire de la commanderie, mais ses notes restèrent manuscrites. Il publia cependant une étude : Bellecroix tire-t-il son nom de la vision de Constantin ? Dans Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Chalon-sur-Saône, tome XX, 1924, page 275-286.
7. — ASL H 467 n° 25 pour un acte de 1319 et ASL 468 n° 1 pour la mention de 1342.
8. — ASL H 467 n° 34 et H 468 n° 30.
9. — Lors de la communication, soixante-cinq photographies en couleurs ont été présentées pour appuyer l’exposé. Une quinzaine ont été ici retenues pour éclairer, autant que faire se pouvait, ce texte.
10. — Conservateur, durant des décennies, du musée Denon de Chalon-sur-Saône et président de la Société de l’histoire et d’archéologie de Chalon-sur-Saône, décédé en juin 1966. Il était un excellent connaisseur tant des témoignages de l’époque antique que des monuments et des objets médiévaux.
11. — Cette initiative a été saluée par la distinction obtenue de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres qui a décerné a Mme Delphine Gautier le prix Garnier-Lestamy pour cette restauration.
12. — Ce plan n’est pas orienté, mais il faut préciser que le Nord se situe sur la droite de l’image.
13. — Au niveau inférieur, le linteau d’accès à l’escalier est orne d’une tête sculptée probablement contemporaine des plus anciennes constructions de la commanderie.
14. — Cette chapelle n’a, depuis la Révolution, pas été signalée dans la mesure où, or la baie flamboyante méridionale longtemps occultée, elle ne se distinguait plus de l’extérieur et où les volumes intérieurs, utilisés à des fins profanes avant d’être morcelés, n’étaient aucunement accessibles.
15. — M. Jean-Bernard de Vaivre, La commanderie d’Epailly et sa chapelle templière durant la période médiévale, Paris 2005 page 52, 80.
— M. Jean-Bernard de Vaivre, La commanderie de Morment
16. — D’abord commandeur de Dijon, Girard de Bretenère était, dès 1374, commandeur de Beaune (ACO H 1217) ; une de ses quittances, en date du 12 décembre 1376, est mentionnée dans l’un des recueils de Peincédé (ACO, Peincédé, tome XXIII, page 205). L’acte était scellé d’un sceau où figurait une brebis. Dans le même recueil (page 370), figure une autre quittance, du 1er octobre 1405, du même frère Girard de Bretenère, commandeur de Saint-Jean de Jérusalem en la ville de Chalon, pour rente à lui due sur la foire chaude de Chalon (ACO B 11174). Cette seconde quittance était authentiquée, comme la précédente, par un sceau de cire portant une brebis. Il n’est donc pas exclu qu’un écu à la brebis, sculpté sur une pierre, aujourd’hui disparue, à Rhodes, ait été aux armes de ce commandeur.
17. — ASL H 470, 17, 19. La date de 1384 est d’ailleurs mentionnée par G. Jeanton, Les commanderies du temple Sainte-Catherine de Montbellet et de Rouge pont. Maçon, 1918, page 74.
18. — Girard de Bretenère est encore mentionné comme commandeur de Bellecroix le 18 décembre 1410 (ASL H 472 n° 6).
19. — Il est appelé dans certains textes Olivier de Poitiers. Il était originaire de Martreuil, hameau sur la commune de La Trimouille, Vienne, arrondissement Montmorillon, chef-lieu de canton.
20. — D’abord évêque de Vivers en 1385, Olivier de Martreuil fut nommé au siège épiscopal de Chalon le 25 février 1387 et en prit possession le 9 septembre suivant. Il « fut homme de véhément, mais turbulent esprit et eut de grans differens contre le chapitre pour penser acquérir juridiction tant sur les chanoines que choriaux et habituez : ensemble pour penser tout administrer (...). Mais toutes les entreprinses luy ont si mal succédé que tousjours il a este condamné par arrests de la Cour de Paris. Dont il eut si grand despit qu’il defendit d’estre enterré en l’église de Chalon, ains esleut sa sépulture en l’abbaïe de Maisières, où il gît » (Pierre de Saint-Julien de Balleure, De l’origine des Bourgognons. et antiquitez des Estas de Bourgogne, Paris, 1581, page 474).
21. — Claude Perry ; Histoire civile et ecclésiastique, ancienne et moderne de la ville et cité de Chalon-sur-Saône, Chalon-sur-Saône, 1659, page 259.
22. — Trop long, cet acte n’a pu trouver sa place ici et sera donc publié ultérieurement.
23. — Chauliac, Puy-de-Dôme, commune de Le Broc, arrondissement et canton d’Issoire.
24. — J.-B. de Vaivre, Peintures murales disparues ou en péril d’anciennes chapelles de l’Ordre des Hospitaliers, dans CRAI, 2006, page 1038-1065.
25. — Sans doute une baie ouverte au chevet de l’église, notablement plus étroite que celle subsistant aujourd’hui, car cette dernière fut percée un bon siècle plus tard.
27. — Elle devait probablement donner sur une salle à destination de sacristie qui fut alors greffée sur le mur sud, laquelle fut, plus tard, supprimée, seule en subsistant la trace à l’intérieur.
26. — Jusqu’en 2009, le chœur avait été artificiellement séparé de la nef par une cloison, la nef elle-même fragmentée en quatre secteurs, séparés par un couloir central avec des galandages.
28. — Il y a quelques décennies, subsistaient encore sur la partie nord, en arase du gouttereau, plusieurs rangs de lave.
29. — Aussi bien le style que l’analogie du travail avec une porte pratiquée dans la courtine occidentale protégeant les bâtiments de la commanderie de Morment, construite sur les ordres de Pierre de Bosredon, laissent penser que c’est lui qui fit ouvrir cette issue dans la première décennie du XVIe siècle. J.-B. de Vaivre, La commanderie de Morment (Haute-Marne), BSNAF, 2003, page 145-159.
30. — Un appentis a été greffé postérieurement sur le flanc oriental de l’édifice.
31. — Il n’est pas exclu que l’on se trouve là en présence d’éléments de l’ancienne chapelle des templiers de Demigny, dont l’Hôpital hérita au début du XVIe siècle, sans doute tombée en ruine, vu certains de ses éléments récupérés pour la construction de la nouvelle église.
32. — Demigny, Saône-et-Loire, arrondissement Chalon-sur-Saône, canton Chagny.
33. — À commencer par frère Hugues d’Arcy, qui succéda à frère Girard de Bretenère (ASLH 472 n° 8 et 13).
34. — J.-B. de Vaivre, Pierre de Bauffremont, commandeur de Beaune, dans Société de l’histoire et du patrimoine de l’ordre de Malte, n° 20, 2008, page 57-67.
35. — Archives départementales de la Côte d’Or (abrévié ACO) B 11 403 et recueils de Peincédé XXV folio 105.
36. — ACO B 11 803.
37. — Archives départementales de l’Yonne H 2298.
38. — ACO, recueils de Peincédé, XVIII, page 705.
39. — ASL H 474 n° 34.
40. — ASL H 468 n° 36 et H 470 n° 1 7.
41. — L’une des tours de l’aile occidentale comporte aussi un linteau avec un trio portant les trois mêmes écus aux armes. Il n’y a de doute que ce sont là des éléments sculptés au début du XXe siècle, lors des très importantes reconstructions et restaurations entreprises par Charles Brunot. Il ne semble pas que le trio de la tour sud soit cependant de même nature.
42. — Si, en principe, les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem n’étaient pas tenus de briser les pleines armes de leur famille, on connaît cependant un certain nombre d’exceptions à cette règle, y compris pour Philibert de Naillac, durant une courte période après son élection au magistère.
43. — Archives de l’Ordre de Malte à la Bibliothèque nationale de La Valette — abrévié AOM — 374, folio 25 v.
44. — Cette cloche est mentionnée dans les notes de Charles Brunot.
45. — J. Bosio (Del’Istoria della sacra Religione et ill,ma militia di S. Gio. Gierosol,mo di lacomo Bosio. Parte seconda di nuovo ristampata e dal medesimo autore ampliata, et illustrata, Rome, 1629, tome II, page 422) cité parmi les commandeurs tués au cours de ce siège : « frat’Amadeo de Croisi, commendatore di Bellecrois, di Priorato di Ciampagna ». C’est à tort que d’autres auteurs, comme Goussancourt, le font mourir en 1522 !
46. — Jean-Bernard de Vaivre, « Régnier Pot, lieutenant du grand maître des Hospitaliers et sa dalle tumulaire à Rhodes », Mélanges offerts à Alain Erlande-Brandenburg, 2006, page 254-263.
47. — Avalleur, Aube, arr. Troyes, cant. et commune de Bar-sur-Seine.
48. — Cet acte, en date du 19 mai 1489, donné « en nostre hostel et commanderie de Bellecroix » a été cité par Auguste Pétel, Le Temple de Bonlieu et ses dépendances, Troyes, 1910 (Extrait des Mémoires de la Société académique de l’Aube avec titre différent, « Le Temple de Bonlieu et l’Hôpital d’Orient », tome LXXIII, 1909, page 257, 358 et tome LXXIV, 1910, page 11-350), page 287, d’après les Archives départementales de l’Aube H. 31, c. 7.
49. — Elle est aujourd’hui dans le cimetière de Demigny.
50. — Hameau de Chaudenay, arr. Chalon-sur-Saône, cant. Chagny.
51. — ACO H 1245.

Sources : Jean-Bernard de VAIVRE. Notes sur la commanderie de Bellecroix (Saône-et-Loire) du XIIIe au XVe siècle.
Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 2009, 2012, pages 376-399. Persée


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