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Commanderies de l’Ordre de Malte
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Commanderie de Morterolles
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Bessines-sur-Gartempe - 87

Domus Hospitalis Morterolles
Domus Hospitalis Morterolles

La commanderie de Morterolles était située dans la partie nord du diocèse de Limoges ; son chef-lieu est aujourd’hui compris dans le canton de Bessines et dans l’arrondissement de Bellac, et ses membres, qui étaient Foulventour, le Pin, la Bussière-Rapyet Saint-Amand, se rencontrent dans le voisinage.
A Morterolles, se trouvait une église paroissiale dont le commandeur était seigneur temporel et spirituel, « prieur primitif et dixmier general, et le vray collateur de la cure ou vicairie d’icelle, laquelle doit estre conferée à un religieux d’obediance. » Cette église était desservie, en 1615, par Me André Marquet, prêtre séculier, que les habitants tenaient « pour homme de bien. » Ils lui reprochaient, toutefois, d’avoir « desbauché la chambrière d’Etienne Laurent, de laquelle il avoit heu un enfant bastard, » et de fréquenter « les tavernes d’ordinaire, ne leur voullant prescher la parolle de Dieu, ny moingz leur voulloir donner et faire venir autre en sa place pour la leur annoncer ; et que passant quelque estranger audit lieu désirant entendre la messe les dimanches et autres festes de commandement, que ledit curé, pour gaigner de l’argent, dict la messe de grand matin et laisse ses paroissiens sans ouyr la messe, à leur grand scandalle, et qu’il marchande ce qu’on luy donnera devant que d’administrer les sacrements de mariage, et autres choses indécentes à sa qualité. » Les visiteurs chargèrent les curés voisins d’informer sur ces faits.

Ce curé recevait du commandeur une pension de vingt-cinq setiers de seigle, « les deux setiers et demie faisant la charge, à la mesure de Morterolles, et rien autre que les baisemains et offrandes de ladite église. » Il n’était pas logé, « la maison presbytérale étant tombée et ruinée il y a longtemps. »

L’église était assez vaste ; elle était entièrement voûtée et l’on y voyait plusieurs reliquaires, en parculier « ung de cuivre doré, ung crucifix au-dessus eslevé, à l’usage des Templiers, ayant quatre clous en icelluy, dans lequel reliquaire y a une croix de bois où il y a cinq pierres de cristal, et enrichie de lames d’argent, et en icelle du bois de la vraye croix. »

Le saint sacrement était conservé dans une petite custode de cuivre doré « mise dans une colombe aussy de cuivre doré, eslevée en hault à l’antique, soubz un pavillon de sarge verte. »

A côté de l’église était le château de la commanderie, « consistant en une maison forte quarrée, flanquée de trois tours, entourée de fossés remplis d’eau, à fond de cuve, et d’une palissade tout autour dudit château, un pont dormant et un pont levys à l’entrée d’icelluy, garny de ses chaisnes, fermant avec une porte de bois et un verroul, et des murailles ou faulces brayes à l’entour ledit château, hors lesdits fossez, où il y a un portal de pierre de taille rond fermant avec sa porte de bois. » Ces bâtiments étaient très vastes, mais ils étaient fort mal entretenus, les commandeurs ayant depuis longtemps cessé de les habiter.

« Proche duquel château et au-devant icelluy, dans l’enclos du fort dudit bourg de Morterolz », étaient une grange et un beau jardin entouré de murailles, « de présent en friche. »

A une portée de mousquet, sur la petite rivière appelée la Semme, se trouvait un moulin banal, qui était affermé quatre-vingts setiers de seigle et quatre chapons.

Les autres immeubles appartenant au chef-lieu étaient les étangs de la Pille et de Nege-Veau, le bois de la Grande-Garenne, la terre de la Petite-Garenne, la pêcherie de Montchavon, l’étang du Prévôt, le bois de la Villatte, etc. Tous ces, biens étaient « nobles, francs et exempts de dimes, terrages, tailles, cens, rentes et autres charges et subsides.

Des rentes féodales, possédées « avec toute directe seigneurie », étaient levées sur les villages suivants :
Bourg de Morterolles, vingt-six setiers de seigle, dix quartes de froment, soixante-douze setiers d’avoine, soixante-cinq gélines.
Paroisse de Châteauponsac, soixante-dix-neuf setiers de seigle, quatre-vingt-deux setiers d’avoine, dix setiers de froment, cinquante-cinq gélines, vingt-six « biaus », c’est-à-dire une redevance sur vingt-six paires de bœufs.
Paroisse de Bessines, cinquante-quatre setiers de seigle, trente setiers d’avoine, six quartes de froment, vingt-quatre gélines, onze biaus, une livre de cire, une vinade, un mouton.
Razès, cinq setiers de seigle, six setiers d’avoine, deux gélines, un biau, un quartier de mouton.
Bersac, six boisseaux de froment, six setiers de seigle, huit setiers d’avoine, trois gélines, une livre de cire, un mouton.
La Bussière-Rapy, onze setiers de froment, trente-neuf setiers de seigle, vingt-sept setiers d’avoine, vingt-une poules.
A cette liste, qu’il serait trop long de donner complète, il faut ajouter plusieurs villages des paroisses de Fromental, de Saint-Maurice, de la Souterraine, de Saint-Sulpice, de Vareilles, de Vercillat, de Saint-Amand, de Saint-Sornin, d’Arnac, de Saint-Hilaire et de Dompierre. Les dîmes de Morterolles étaient affermées cent quatre-vingts setiers de seigle.
Le commandeur avait la justice haute, moyenne et basse sur le bourg de Morterolles et il la faisait exercer par des officiers particuliers.

Foulventour
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Bessines-sur-Gartempe - 87

Domus Hospitalis Foulventour
Domus Hospitalis Foulventour

Foulventour, aujourd’hui hameau de Saint-Hilaire-la-Treille, possédait une église paroissiale dédiée à saint Georges, qui était desservie, en 1615, par un prêtre séculier résidant au lieu d’Arnac, « lequel negligeoit de faire le service, ne disant la messe en ladite esglise que de quinze en quinze jours à Les dîmes de la paroisse produisaient, par communes années, » environ quarante setiers de seigle, et ce membre était affermé trois cents livres. Il comprenait une métairie contiguë à l’église, et des terres « pour y semencer chascune année quinze setiers de bled, faisant le contenu d’environ quarante à cinquante sesterées de terre avec environ seize journaux de pré; » un grand bois de haute futaie, appelé le bois de Morterolles ; un moulin banal, situé près du château de Dompierre, et un autre moulin, appelé le moulin de Grassavau.

Le Pin
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Bessines-sur-Gartempe - 87

Domus Hospitalis Le Pin
Domus Hospitalis Le Pin

Ce membre, ou plutôt cette annexe, comprenait deux métairies, situées dans la paroisse de Morterolles, auxquelles étaient attachés environ deux cents séterés de terres labourables, et soixante journaux de prés un moulin, où les habitants de plusieurs villages de la paroisse de Saint-Amand-Magnazeix étaient tenus de venir moudre leurs grains, et enfin des dîmes sur la paroisse de Châteauponsac. La justice du Pin, bien que distincte de celle de Morterolles, était exercée par les mêmes officiers.

La Bussiere Rapy
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Saint-Amand-Magnazeix - 87

Domus Hospitalis Bussiere Rapy
Domus Hospitalis Bussiere Rapy

« Ce membre consiste en une église paroissiale desdiée soubz le tiltre de Nostre-Dame, en deux mestairies et deux moulins, en dimes, cens, rentes et toute jurisdiction. » L’église était assez grande, mais elle tombait en ruine. En 1615, la voûte de la nef n’existait plus, et l’on jugeait utile de faire abattre celle du chœur pour prévenir les accidents. Le desservant jouissait de quelques petits immeubles et recevait une pension de dix-huit setiers de blé. La cure était « toute ruynée et en mazures. » L’une des deux métairies était située dans la paroisse de Saint-Maurice, et le plus important des moulins s’appelait le moulin du Temple.
Saint-Amand-Magnazeix
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Saint-Amand-Magnazeix - 87

Domus Hospitalis Saint-Amand
Domus Hospitalis Saint-Amand

Les visiteurs de 1615 constatent que l’église de Saint-Amand était en bon état et qu’elle était pourvue de tous les objets nécessaires à l’exercice du culte.
Le curé était logé et jouissait de plusieurs terres et prés. Il prenait les novales de la paroisse, qui pouvaient valoir quinze setiers de blé, et partageait, avec les prêtres d’Arnac, le quart des dîmes. Sa part lui donnait environ vingt-cinq setiers de grains. Il avait encore la moitié de la dîme des agneaux et quelques menus droits. Le reste des dîmes appartenait au commandeur et aux religieux de Mortemart. Quant à la justice, elle était exercée au profit du baron de Magnac. Les habitants déclarèrent que le curé tenait « une guerce dans ledit village, ne saichant toutes-fois s’il en abbuse, » et demandèrent aux visiteurs « de luy voulloir enjoindre de la chasser pour éviter le scandalle. »

Aux biens qui viennent d’être mentionnés, il faut ajouter le moulin de « Chabranes, » qui était situé dans la paroisse de Vareilles et auquel les habitants de plusieurs villages des paroisses dudit Vareilles, d’Arnac et de la Souterraine étaient tenus de venir moudre leurs grains.

Les revenus ordinaires de la commanderie de Morterolles s’élevaient, en 1615, à 3,300 livres.
Les charges ordinaires atteignaient. 1,090 livres.
Il restait donc au commandeur. 2,200 livres.

Commanderie de Pauliat
Pauliat (ou Paulhac) est un hameau important de la commune de Saint-Etienne-de-Fursac, situé sur la Gartempe, à une très petite distance de l’endroit où cette rivière sort du département de la Creuse pour entrer dans celui de la Haute-Vienne. C’était le chef-lieu d’une commanderie à laquelle étaient rattachés les membres de Sauvagnac et de Lascroux.

On y voyait une grande église paroissiale complètement voûtée et dominée par une grosse tour carrée où étaient deux cloches, « l’une desquelles avoit esté desrobée, que ledit sieur commandeur de Saint-Hirié] recouvra, [vers 1616], par arrest de la cour du parlement de Bourdeaux. » Cette église était dédiée à saint Jean-Baptiste, et dans sa nef se trouvaient les autels de sainte Catherine et de sainte Radegonde. Le saint sacrement y reposait dans un tabernacle de bois placé sur le maître autel.

Le curé chargé de desservir la paroisse recevait une pension de douze livres et de sept setiers de seigle, mesure de Pauliat, les trois faisant la charge. Il percevait, en outre, quelques dîmes rapportant six ou sept setiers de seigle, tantôt sur Saint-Etienne-de-Fursac, tantôt sur Folles, et jouissait de différents immeubles et d’une vicairie fondée dans une chapelle dédiée à saint Fiacre, qui était voisine de l’église de la commanderie. A cette vicairie étaient attachés une maison, un jardin et une rente de onze setiers de seigle.

Le château de la commanderie de Pauliat comprenait « ung grand corps de logis faict en façon et forme carrée, une basse-cour au milieu, et une autre grande basse-cour » sur laquelle s’élevaient plusieurs bâtiments de service. On y entrait « en passant par un ravelin de murailles... et par un grand portail en forme ronde. » Il était flanqué, à l’intérieur, de grosses tours carrées qui avaient été partiellement démantelées en 1576, probablement par les Protestants.

Il serait trop long de donner le détail de tous les immeubles qui dépendaient de la métairie. Je mentionnerai le pré du Mas, de quatorze ou quinze journaux le « pastural » de « las Rebeiras, » de onze séterés ; une terre de dix-huit séterés, située sur le chemin conduisant de Pauliat à Laurière ; une autre terre de quinze sétérées, sise entre les chemins tendant de Pauliat à Fursac et de Bellac à Bénevent l’étang de la Plau et l’étang Neuf ; un pré de vingt-cinq journaux et une garenne sur le chemin allant de Pauliat à la Cheirade « ung bois de haulte fustaye de vieux arbres, tous ruinés de longue main, lequel peut contenir environ cent arpens, » confrontant à la forêt de Laurière et au chemin allant de Pauliat à Limoges ; l’étang de « la Verayte ; » le moulin du Temple, assis sur la Gartempe, à une demi-lieue de Pauhac, « consistant en trois moulins soubz ung mesme couvert, l’ung pour le seigle, l’autre pour fouller les draptz, l’autre pour les carder », affermé vingt livres, quarante-cinq setiers de seigle, mesure de Pauliat, et quatre livres de cire ung autre moulin, appellé de Côte-Plane, affermé quarante setiers de seigle ; un troisième moulin et ung étang « appelles de la Brousse, » affermés quinze setiers de seigle, et « plusieurs champs communs, fonds en landes, sur lesquelz ledit sieur commandeur prend le droit de terrage de trois gerbes l’une quand on y sepme, estans scitués en plusieurs endroits autour dudit bourg, et lesquelz peuvent contenir environ trois à quatre centz séterés de terre. »
« Et est ledit commandeur seigneur hault, et justicier en toute justice haulte, aussi moyenne et basse, dudit lieu et bourg de Paulhac, sur le village de Chastenet, de la Roberterie, de Beaunoys, de la Chieze ; aussy a justice haulte, moyenne et basse sur les villages de la Chastanede, et de Ville-Chabrolle, peïs de Poitou. »
Il percevait les dîmes de ces villages et de quelques autres, et ces dimes produisaient environ deux cent quatre-vingt-trois setiers de seigle, soixante ou quatre-vingts agneaux et « ung plein sac de layne. »
Les rentes de la commanderie de Pauliat étaient considérables.
A Pauliat, il était levé, sur trente-quatre « tenues » ou tenures, seize livres argent, trente-sept setiers de froment, six setiers de seigle, soixante-douze setiers d’avoine, cent-vingt-cinq poules, soixante-quatre corvées, dix sols pour chaque paire de boeufs, cinq sols sur les feux n’ayant pas d’attelage et sept sols et demi « pour chasque hoste, à cause du fournage ».
À Beaunois, qui était compris dans la paroisse de Pauliac, quatre livres, quatre poules, seize setiers de seigle, quatre setiers d’avoine et deux corvées par chaque tenure.
À Saint-Etienne-de-Fursac, sur les villages de Crépiat, des Vergnes d’Ansannes, de La Chaise, de Maufromage, de Belleville, des Meydes, etc., trente livres, cinquante-deux poules, seize setiers de froment, dix setiers de seigle, cinquante-trois setiers d’avoine, des corvées pour le bois, et, dans quelques tenures, trois sols par feu pour le guet.
À Folles, trois livres, deux setiers de froment, quinze setiers de seigle, neuf setiers d’avoine et deux corvées.
À Saint-Michel-Laurière, sur les villages de la Courière, de Baugiraud, de « Volouda, » du Mas-Crozier, etc., onze livres, douze setiers de froment, trente-quatre setiers de seigle, trente-un setiers d’avoine, vingt-six poules et huit corvées.
À Marsac, vingt livres, onze setiers de froment, quarante-un setiers de seigle, cinquante setiers d’avoine, trente-cinq poules, six corvées et quatre quartes de vin.
À Chamborand, dont l’église était en Poitou, sur les villages du Mont, du Grand-Nérat, de « la Faye-Parricault, » et de Belivier, qui appartenaient au Limousin, six livres, un setier de froment, trente-six setiers de seigle, vingt-sept setiers d’avoine, deux poules et deux corvées.
À Arrênes, vingt-trois livres, dix-huit setiers de froment, quarante-sept setiers de seigle, cinquante-cinq setiers d’avoine, cinquante-une poules et seize corvées.
À Saint-Sulpice-Laurière, quarante-deux livres, douze setiers de seigle, cinq setiers d’avoine, deux setiers de châtaignes et une poule ; au Bourg, quatre livres, trois setiers de froment, sept setiers de seigle, treize setiers d’avoine et sept poules.
À Jabreilles, quatre livres, six setiers de seigle, onze setiers d’avoine, neuf poules, deux corvées et une vinade.
À Bersac, quatre livres, trois setiers de froment, quarante-quatre setiers de seigle, vingt-neuf setiers d’avoine, dix poules, cinquante sols pour vinades, deux corvées et la dîme des agneaux.
À Saint-Pierre-de-Fursac, en Poitou, seize sols, un setier de froment, quatre setiers de seigle et deux setiers d’avoine.
À Saint-Priest-la-Feuille, huit sols, sept setiers de seigle et deux quartes de froment.
À Saint-Dizier, dix livres, douze sols, quinze setiers de froment, vingt-deux setiers de seigle, quarante-cinq setiers d’avoine et trente-sept poules.
À Mourioux, dix-huit livres, treize setiers de froment, cinquante-sept setiers de seigle, soixante-huit setiers d’avoine, quatre poules et dix corvées.
À Châtelus, quatorze livres, un setier de froment, quatre-vingt-trois setiers de seigle, quarante-sept setiers d’avoine, trente-neuf poules, douze corvées et un droit de guet au village de Chabrolle, qui était possédé en fondalité et justice haute, moyenne et basse.
À Saint-Goussaud, dix livres, dix setiers de froment, cinquante-trois setiers de seigle et quarante-huit setiers d’avoine.

Cet ensemble de revenus était grevé de diverses charges. Chaque dimanche, depuis un temps immémorial, il était distribué en aumône un setier de seigle, il était dû au baron de Laurière, vingt-cinq setiers de blé, quatre setiers d’avoine et quarante sols ; aux religieuses de la Ronde, quatre setiers de seigle ; au curé, six setiers de seigle et quatre écus, et, enfin, au curé de Fursac, douze setiers de seigle pour la vicairie de Saint-Barthélemy de Bénévent.
Les droits de lods et ventes se payaient à raison de vingt deniers par livre dans les possessions du Limousin et de la Marche, et de trois sols quatre deniers dans celles de Poitou.

Sauvagnac
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Limoges, Canton: Saint-Léger-la-Montagne - 87

Domus Hospitalis Sauvagnac
Domus Hospitalis Sauvagnac

Sauvagnac est aujourd’hui un petit hameau de la commune de Saint-Léger-la-Montagne, où l’on voit plusieurs vieilles constructions et qui est le but d’un pèlerinage encore très fréquenté. Ce membre de Pauhat consistait « en une église ou chapelle dediée soubs le tiltre de Nostre-Dame de Sauvagnat, laquelle n’est paroisse, ains une chapelle et oratoire de dévotion. » Cette chapelle était desservie par un chapelain séculier, « sans aulcuns gages, ains au contraire ledit chapelain afferme les oblations et dévotions de ladite chapelle, du sieur commandeur ou ses fermiers, à la somme de deux cent vingt livres par an, pour le présent (1616). »

A cette chapelle étaient en outre attachés sept ou huit prêtres natifs de la paroisse, qui vivaient des profits du pèlerinage. Ces prêtres se plaignaient de confrères du dehors, qui venaient à Sauvagnac les jours où le concours des fidèles était considérable et leur enlevaient une partie de la recette de ces jours-là.
Les commandeurs de Naberat et de Chantelot-la-Cheze firent à ce sujet un règlement dont on trouvera plus loin le texte (1).
1. Documents, n° XI.

L’église mesurait dix cannes sur deux et demie elle était flanquée de deux chapelles formant transept, était complètement voûtée et possédait une statue de la Vierge placée sur le grand autel, une grande croix d’argent, une vieille croix processionnelle « faicte du temps des Templiers, » un reliquaire de cuivre, etc.

Le commandeur était haut, moyen et bas justicier de Sauvagnac et de plusieurs villages voisins, et faisait exercer sa juridiction par des hommes de lois de Limoges. Il prenait toutes les dîmes du lieu et celles des villages de la Serre, des Gorses et de Mas-Vedrenoix, et en tirait environ cent soixante setiers de seigle, mesure de Pauliat. Il possédait un petit moulin situé sous un étang et appelé le moulm du Temple.

Il levait des rentes sur les villages :
De Sauvagnac, des Gorses, de la Serre, du Mazeaud, de Mallety (paroisse de Saint-Pierre-la-Montagne).
Du Mont, de Trenoux, du Mas-Vénedrains, de Bouilleras (paroisse d’Ambazac).
De la Bonassardy, de Chabanne (paroisse de Saint-Sylvestre).
De Bruyères, des Adoux (paroisse de Jabreilles).
De la Combe, de Cressac (paroisse de Saint-Sulpice-Laurière).
De Besassade, de Chanteloube (paroisse de Razès).
Des Faugières, de Champour, du Mas (paroisse de Bersac).
Du Grand-Joubre, de Baubiat, de Pierrefiche (paroisse de Bessines).
De Châtenet, de Vaucouze, de Jalinieux, de Puymonchet, de la Roche-Coquely, du Grand-Magnieux (paroisse de Saint-Pardoux).
De Nepoux (paroisse de Compreignac).
De Villebert, etc., etc.
Ces rentes produisaient quarante-huit livres, quarante setiers de froment, deux cent trente-six setiers de seigle, cent soixante-seize setiers d’avoine et cent quatre-vingts poules.
Le membre de Sauvagnac était affermé huit cents livres.

Lascroux
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Fleurat - 23

Domus Hospitalis Lascroux
Domus Hospitalis Lascroux

Le membre de Lascroux consistait « en une eglise parrochialle dediée soubs le tiltre de saint Michel, seize au bourg de Fleurat, de laquel le seigneur commandeur est le seigneur spirituel et temporel, dixmier general, et le collateur de la cure... aussy en en une petite chappelle dediée soubs le tiltre saint Jehan-Baptiste, audit lieu de Lascrous, et en vieilles mazures, où soulloit avoir une maison et chasteau pour ladite commenderie, et en une mesterie, domaines, dixmes, cens, rentes et autres choses. »
L’église de Fleurat (canton du Grand-Bourg, Creuse) mesurait douze cannes sur quatre ; elle était en bon état et on y voyait plusieurs reliquaires et une paix émaillée. Le curé jouissait de divers immeubles et recevait une pension de douze setiers de seigle et de douze livres.
La chapelle de Lascroux mesurait sept cannes sur trois et demie. Les habitants du village, qui dépendaient de la paroisse de Salagnac, y faisaient « cellebrer la messe les dimanches et festes de commandement, à leurs despens. Proche de laquelle chapelle y a les muralhes et mazures d’une maison forte pour l’abitation des commandeurs, laquelle concister en ung grand pavillon, quatre tours aux coings, et ung advis de marches de pierre de tailhe, et y avoir trois ou quatre estages l’ung sur l’aultre, n’y ayant rien que des muralhes. Et hors dudit logis, avoir d’autres logis, le tout ayant bruslé par les guerres passées, en l’an mil Vc IIIIxx »

Près de la chapelle se trouvait un grand étang, et, sous l’étang, un moulin banal rapportant soixante-dix setiers de seigle, mesure de Salagnac.
Il serait trop long d’énumérer tous les immeubles.
La plupart avaient été donnés en emphytéose, et des rentes foncières sur Fleurat et la Grange avaient fait l’objet d’un échange avec madame Ysabeau de Pompadour, dame de Saint-Germain.
Le commandeur levait sur Lascroux, cinquante-quatre sols, onze gelines, quatre setiers de froment, neuf setiers de seigle et sept setiers d’avoine.
Sur Chantereine, quarante-huit sols, treize poules, cinq sotiers de froment, neuf setiers de seigle et huit setiers d’avoine.
Sur « Badoualhe, » la Forge, Bariassoux, Besse, Vergnioux, Fougères, la Grange, Fleurat, Bressenty, la Bachelerie, etc., etc., vingt-six livres, trente-huit setiers de froment, cent quatre-vingts setiers de seigle, quatre-vingt-douze setiers d’avoine et quatre-vingts poules.
Ces rentes étaient chargées de redevances envers l’abbé de Bénévent, les chanoines de Saint-Etienne de Limoges, le seigneur de Salagnac et le sieur de Sauzet.
Les dîmes de Lascroux, la Forge, les Loges, la Badaurche et Chantereine, levées de moitié avec les chanoines de Saint-Etienne, rapportaient trente setiers de grains, et celles de Fleurat, cent trente-six setiers.
En résumé, les revenus de la commanderie de Pauliat montaient, en 1616, à 3,750 livres.
Les charges, à 978 livres.
Il restait donc au commandeur. 2,772 livres.

Commanderie de Puy-de-Noix
Département: Corrèze, Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Beynat - 19

Domus Hospitalis Puy-de-Noix
Domus Hospitalis Puy-de-Noix

Le chef-lieu de la commanderie de Puy-de-Noix est un village de la commune de Beynat ; mais le lieu qu’occupaient ses bâtiments est compris aujourd’hui dans le canton d’Argentat et dans la commune d’Albussac. L’ordre de Malte y possédait une chapelle, « une chasteau rompu », un étang, un moulin, un « bonage » ou domaine, des rentes et la justice haute, moyenne et basse.

La chapelle était placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste ; c’était une annexe de la paroisse de Beynat. On y célébrait la messe les lundis, à l’intention des trépassés, et les jours de fêtes. En 1616, le chapelain jouissait d’une pension de vingt setiers de seigle, de deux setiers de froment et de trois livres. Autour de cette chapelle, s’étendait un petit cimetière.

« Les vieilles mazures du chasteau de la commanderie sont sur une petite colline, où n’y a rien que les vestiges et quelques murailles toutes rompues, et n’y a aucuns aultres bastimentz, granges, estables, ledit chasteau et autres [édifices] ayant esté ruynés par ceux de la pretendue religion, en l’année mil cinq cens octante-six. (1) »
1. Les protestants qui occupaient Puy-de-Noix, l’avaient abandonné à la suite de la prise du château de Beynat par M. de Hautefort, lieutenant général du haut et bas Limousin. C’est sans doute par les soldats catholiques que le fort de la commanderie fut démoli.

Le moulin rapportait huit setiers de seigle, mesure de Brive, et le domaine pouvait en produire vingt-cinq.
Le commandeur possédait encore un pré « de douze hommes à faucher, » appelé le pré du Temple, et un bois de haute futaie que les guerres passées avaient « ruiné. »
Il levait des rentes féodales sur les villages suivants Bouteyre, Chavelaubre, La Bauverie, Sceaulx, Lescoloubie, Nigresse, la Veyle, Aubiat, Chabrier, Audebal, Chantarel, Puy-de-Noix, la Brande, la Fage, la Chapelle, Chappol, le Mas-Marie, Tiebefont, le Mas-doulx-Ortz, le Perrier, Espagnagol, Fontorsy, le Pargadiel et la Jaubertye. A ces rentes s’ajoutaient des dîmes et le tout produisait, chaque année, cent quatre-vingts setiers de seigle, cinquante-cinq setiers de froment, cent huit setiers d’avoine, vingt-une livres et quatre-vingt-six poules.

Ajoutons que le commandeur jouissait de la justice haute, moyenne et basse sur tous les villages qui viennent d’être mentionnés, et sur plusieurs autres dont il va être parlé ; il possédait un second moulin, situé à Chantarel, qui lui rapportait trois setiers de seigle, et un étang donnant environ quinze livres chaque année.

Sérilhac
Département: Corrèze, Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Beynat - 19
Le membre de Sérilhac comprenait les villages du Bos, de Fouilloux, d’Antignac, du Peuch et de Cheyssol, sur lesquels le commandeur possédait, « avec toute justice, fondalité et directité, droit d’investizon et d’investir », des dîmes et des rentes produisant dix-neuf setiers de seigle, onze setiers de froment, quatorze setiers d’avoine, cinquante-six livres, huit poules et trois charges de vin.

Malpeyre et Blavignac
Département: Corrèze, Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Beynat - 19
Ces deux villages sont compris dans la commune de Lostanges. Le commandeur de Puy-de-Noix y possédait un moulin, la justice haute, moyenne et basse et quelques rentes.

Cornil
Département: Corrèze, Arrondissement et Canton: Tulle - 19
De la commanderie de Puy-de-Noix dépendait un village de la paroisse de Cornil appelé « Perchacornil. » Ce village ne figure ni sur la carte de Cassini ni sur celle de l’état-major. Le commandeur y levait quelques rentes et y possédait la justice haute, moyenne et basse.

Bousseyroux
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Saint-Sylvain - 19
Ce membre était compris dans la paroisse de Saint-Sylvain. Il consistait en droits de justice et en rentes levées sur les villages de Bousseyroux et de « La Plancye. »

Montaignac
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Montaignac-Saint-Hippolyte - 19
Le membre de Montaignac, situé sur la route d’Egletons à Tulle, comprenait les villages de la Rebeyrote ou de la Roubeyrie, de la Brue, de Treins et de la Serre.
Ces villages étaient possédés en toute justice et acquittaient rentes montant chaque année à quatre-vingt-trois setiers de seigle, mesure de Tulle, quarante-sept setiers d’avoine et trois livres en espèces.

Le Temple
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Monceaux-sur-Dordogne - 19
Ce membre, qui était situé dans la paroisse de Monceaux, avait été aliéné en faveur du sieur de Saint-Chamans, en 1565.

Champeaux
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Gajoubert - 87

Domus Hospitalis Champeaux
Domus Hospitalis Champeaux

Le membre de Champeaux était le plus important de la commanderie de Puy-de-Noix ; il comprenait le hameau de ce nom, qui appartient aujourd’hui à la commune de Gajoubert.
L’ordre de Malte y possédait une église paroissiale, une vieille tour, quelques terres, des dîmes, des rentes féodales et des droits de justice.

L’église était placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste et était desservie par un prêtre séculier. Au bout de cette eglise, « y a, dit le procès-verbal de la visite de 1616, une tour carrée toute en mazures, proche de laquelle y a aussy des mazures de plusieurs autres bastimentz, maisons et estables, et autres, et ung plassage ou enclos d’un jardin entourné de basses murailles. »

Parmi les autres immeubles, il suflit de mentionner le pré de la commanderie, la vigne du commandeur et une « grande campagne de terres incultes, où estoit anciennement le bois d’haulte fustaye de la commanderie, de la contenance d’environ six ou sept vingtz arpens... ; lequel bois ou terre servant de pascage, sont usurpés par les sieurs de la Vaulx, de la Vigerie et autres gentilshommes voisins. »

Le commandeur avait droit aux dîmes de la paroisse et à celles de plusieurs villages voisins dépendant d’Oradour-Fanais, de Brillac et de Mézières. Ces dîmes avaient été en partie usurpées. Il existait dans la paroisse de Brillac, une chapelle ou oratoire dédié à saint Jean-Baptiste.

Les rentes étaient assises sur divers tènements des mêmes paroisses et de celles de Gajoubert, de Bussière-Boffy, de Saint-Christophe, de Morterolles, de Nouie, etc.

De la visite de 1616, il résulte que ladite commanderie avait été fort mal administrée depuis longtemps par suite de l’éloignement des commandeurs, qui ne possédaient aucune habitation dans l’étendue de leur bénéfice.
Pour remédier à cet état de choses, qui était de nature à entraîner une ruine complète, les visiteurs ordonnèrent la construction d’une maison à Puy-de-Noix.
Les revenus nets ne montaient qu’à 474 livres.

Commanderie de Tortebesse
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Riom, Canton: Herment - 63

Domus Hospitalis Tortebesse
Domus Hospitalis Tortebesse

Tortebesse, chef-lieu de la commanderie de ce nom, était situé en Auvergne et dans le diocèse de Clermont ; c’est aujourd’hui une commune du canton d’Herment. Un de ses membres, appelé Courleix ou Corleix, était compris dans le diocèse de Limoges et appartenait à la Combraille. Il était situé entre le Cher et la Pampeluze, à un quart de lieue d’Auzances, et consistait en une église paroissiale, dédiée à saint Eustache, dont le commandeur de Tortebesse avait la collation, et en une petite chapelle, placée sous le vocable de saint Jean.

L’église était couverte en chaume il y pleuvait partout. Elle était desservie par un curé moyennant une maigre pension de cinq setiers de seigle, mesure d’Auzances. Le commandeur ne percevait que le quart des dîmes ; il en tirait quatre setiers de seigle et huit setiers d’avoine. Les rentes produisaient dix livres, dix-neuf setiers de seigle, treize setiers d’avoine, etc.
Elles se levaient sur les villages de Courleix, de la Chaumette, de Courdemange, du Replat, etc. La haute justice de Courleix appartenait à Mlle de Montpensier.
Ce membre rapportait, en 1617, quatre-vingt-quatre livres.

La Mazière-aux-Bons-Hommes
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Crocq - 23

La Mazière-aux-Bons-Hommes
Domus Hospitalis Mazière-aux-Bons-Hommes

De la commanderie de Tortebesse dépendait également le membre de La Mazière-aux-Bons-Hommes, qui était alors compris dans le diocèse de Clermont, mais qui appartient aujourd’hui à la Creuse et par conséquent au diocèse de Limoges.
L’ordre de Malte possédait là une église paroissiale, trois étangs, une métairie, la justice haute, moyenne et basse et des cens et des rentes.

Commanderie de Lavaufranche
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Boussac-Bourg - 23

Domus Hospitalis Lavaufranche
Domus Hospitalis Lavaufranche

Lavaufranche est une commune du canton de Boussac. Son église était dédiée à saint Jean-Baptiste ; elle ne mesurait plus que huit cannes sur trois à la suite de la transformation en écurie d’une partie de sa nef, dont la voûte était probablement tombée. Près du maître autel, du côté de l’Evangile, « se voyait ung beau sepulture d’un commandeur rellevé en bosse, où y a une epitafïe escripte :
CY GIST FRERE IEHAN GRIMEAU, CHEVALLIER, DUDIT ORDRE, COMMANDEUR DE LA VAULTFRANCHE, MAISONNISSES, CHAMBERAU, LA CROIX-AU-BAUD, SALINS, BLODEIX ET CHASTEAUROUX, EDIFFICATEUR DES DEUX MAISONS DE LA VAULT-FRANCHE ET DE BLODEIX, EN L’ANNÉE QUATRE CENTZ (1).
1. Je donne cette inscription d’après le procès-verbal de la visite de 1616. Il est évident qu’elle a été inexactement transcrite.

Cette église renfermait un grand reliquaire de cuivre èmaillé « faict en forme de coffre », dans lequel il y avait « ung petit reliquaire de cuivre, où y a de la vraye croix ; et y a escript sancti Georgii. »
Elle était desservie par un curé ou vicaire, qui était logé, jouissait de plusieurs immeubles et recevait une pension de quatre setiers de seigle, mesure de Boussac « ung et demy faisant la charge, » et d’un tonneau de vin.
En outre, « les baise-mains et offrandes de la chappelle de Darnat, servie par ledit curé, » lui appartenaient ; mais le curé de Saint-Silvain-Bas-le-Roc avait « usurpé la moitié des offrandes de devotion de ladite chappelle, sans y faire aucun service, bien qu’il n’y ayt que veoir ne que cognoistre. »

Le château de la commanderie était assez considérable ; mais il avait souffert pendant les guerres de religion. Ses bâtiments enveloppaient une première cour, où se trouvait un grand pigeonnier « faict en façon de tour ronde. » La construction principale renfermait une seconde cour dans laquelle on pénétrait par un « ravelin de pierre ; » elle était flanquée « de tours et guérites en cul de lampe, » et possédait un donjon ou grosse tour carrée. Une autre grosse tour ronde, renfermant quatre étages, protégeait l’entrée et servait de prison. Des mâchicoulis couronnaient les murs extérieurs.

A côté du château était un étang, et sous cet étang, un moulin banal, qui rapportait cinquante-un setiers de seigle, mesure de Boussac, et auquel les habitants de Lavaufranche, de la Clavière, de Darnac, de Beauregard, de Bardesoule de la Roussille et de Chazeix étaient tenus d’apporter leurs grains.

La maison de la métairie était située à l’extrémité opposée du bourg de Lavaufranche.
Le commandeur possédait dans le voisinage, outre l’étang déjà mentionné, ceux de la Clavière et de Darnat ou des Landes, et un taillis.
Il jouissait de la justice haute, moyenne et basse, « jusques à l’exécution des malfacteurs, laquelle exécution » était « faicte, apprès la sentence, par les executeurs de la justice de Boussac. »
Il avait le privilége exclusif de la vente du vin en détail, dans toute l’étendue de sa juridiction, depuis la Toussaint jusqu’à la Purification Notre-Dame ; « et, en oultre, a ledit commandeur droict et coustume de jaulger ou faire jaulger les vins des hostelleries ou de ceux qui vendent vin en détail. » Enfin, il percevait, sur les villages de Bardesoule et de Chazeix, le « droict de messement.... lequel droit est que les laboureurs et embladeurs sont tenus de paier audit sieur la moitié des semances qu’ils sepment ausdites terres ; et y sepmant deux sestiers, en doibvent ung. »
Il est sans doute inutile de donner le détail des terres et prés qui dépendaient de la métairie.

Les cinq huitièmes des dîmes de Lavaufranche appartenaient au seigneur de Boussac. La part du commandeur valait vingt-huit à trente setiers de seigle. Les rentes produisaient, en 1616, quarante-huit livres, treize setiers de froment, cent deux setiers de seigle, sept cents boisseaux d’avoine, quarante-quatre gélines, cent arbans et quatre-vingt-quatre vinades.
Ces revenus étaient grevés des charges suivantes pension du curé de Lavaufranche, quatre setiers de seigle ; gages des officiers de justice, neuf livres ; rente aux religieux du Chambon, trois sols, vingt setiers de seigle, vingt-quatre boisseaux d’avoine, etc.
A un demi-quart de lieue de Lavaufranche, près du village de la Clavière, s’élevait une chapelle, placée sous le vocable de sainte Marie-Madeleine, « et ne servant que pour la dévotion du peuple et pour y aller en procession le jour de la feste sainte Magdeleine. »

Une seconde chapelle, dédiée à saint Martial et située dans le village de ce nom, dépendait, avec le titre d’annexe ou de filleule, de l’église Saint-Jean de Lavaufranche. Elle mesurait vingt-deux pas sur six, était très bien entretenue et possédait trois autels, deux cloches et des fonts baptismaux. Pendant les guerres de la fin du XVIe siècle, les habitants de Saint-Martial, pour éviter les vexations des soldats tenant garnison dans le château, avaient cessé de fréquenter leur église paroissiale. A la longue, ils avaient fini par se croire complètement indépendants de Lavaufranche. Les visiteurs de 1616 réprimèrent ces tendances.
Une troisième chapelle existait dans le village de Darnat. Elle était dédiée à saint Jean-Baptiste et « le jour de la decolation dudit saint, y avoit ung grand apport de gens et devotion. Il y avoit une confrerie en la ville de Boussac, dédiée soubz le tiltre de ladite chapelle, y venant en procession » Le curé de Lavaufranche y célébrait la messe toutes les fois « que la devotion du peuple » et ses intérêts le demandaient.

Bussières
Bussières est une commune du canton de Montaigut, qui appartenait autrefois à la Combraille et au diocèse de Bourges. Son église paroissiale était placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste, de saint Pardoux et de saint Cloud.
Le curé chargé de la desservir recevait, à titre de gages, douze setiers de seigle, deux poinçons de vin et sept livres.
Le commandeur de Lavaufranche possédait dans ce lieu de nombreux immeubles il y levait des rentes et la moitié des dîmes.
Le tout produisait deux cent vingt livres.
Peut-être Buxières-sous-Montaigut - 63

La chapelle du Temple
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Boussac-Bourg - 23
Cette annexe était située à une grande lieue de Lavaufranche. On y voyait un oratoire de dévotion dédié à saint Jean-Baptiste, où la messe n’était célébrée que le jour de la fête du saint ; « et y avoit grand peupple. »
L’ordre y possédait deux moulins banaux. Le premier, appelé le moulin des Bourdelles, était compris dans la paroisse de Bord-Saint-Georges et rapportait dix-huit à vingt setiers de seigle, mesure de Gouzon.
L’autre se nommait le moulin de Vantenat ; il appartenait à la paroisse de Toulx-Sainte-Croix, et donnait également un revenu d’une vingtaine de setiers de grains. Près de la chapelle, s’élevaient les bâtiments d’une importante métairie. Vantenat
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Boussac-Bourg - 23
L’annexe de Vantenat était comprise dans la paroisse de Toulx-Sainte-Croix. Elle possédait une chapelle « champestre » entourée d’un petit cimetière servant pour les habitants du village. Ceux-ci prétendaient même que Vantenat avait formé de tout temps une paroisse et de fait, la chapelle renfermait des fonts baptismaux et l’on y conservait le saint sacrement (1). On y voyait un vieux reliquaire fait en forme de coure. 1. Je crois volontiers que les prétentions des habitants de Vantenat étaient fondées. Les commandeurs avaient intérêt à amener la suppression des petites paroisses, ce qui les dispensait de fournir la portion congrue aux malheureux prêtres chargés de les desservir. Cette tendance, d’ailleurs, n’était pas spéciale à l’ordre de Malte. Jurigny
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Boussac-Bourg - 23
La « petite annexe et filleule nommée Jurignet, distant dudit lieu de La Vault-Franche d’environ une lieue, du costée de Boussac, » consistait « en quelque petit dixme et en rantes, et en quelques vestiges et ruynes d’une antienne chappelle, qui a esté ruynée y a longtemps. » Les dîmes donnaient dix-huit à vingt setiers de seigle, mesure de Boussac, et les rentes rapportaient seize livres et trois écus d’or, trois setiers de froment, vingt-deux setiers de seigle, trois cent trente-six boisseaux d’avoine, quarante-trois poules et quatre vinades. Jurigny est aujourd’hui un hameau de la commune de Saint-Marien.

Lamaids
Département: Allier, Arrondissement et Canton: Montluçon - 03

Domus Hospitalis Lamaids
Domus Hospitalis Lamaids

Lamaids est un village du canton de Montluçon situé sur la limite des départements de la Creuse et de l’Allier. Son église, placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste, était desservie par un curé qui recevait une pension de trois poinçons de vin, de douze setiers de seigle et de six livres, était logé et jouissait de plusieurs terres. Les bâtiments de la métairie du commandeur étaient ruinés « y a longues années, » et les terres qui en dépendaient avaient été affermées en détail. Des dîmes et des rentes étaient levées sur une partie de la paroisse, et le tout rapportait quatre cent quatre-vingt-quinze livres.

Saint-Jean-lès-Montluçon
Département: Allier, Arrondissement et Canton: Montluçon - 03
Ce membre, situé à un quart de lieue de Montluçon, consistait « en une chapelle de devotion... dediée soubz le tiltre de saint Jehan-Baptiste, en une maison et mesterie de terres, prés, bois, vignes, et en deux petites annexes nommées Richemont et Magniet. »
La chapelle mesurait huit cannes sur quatre ; elle était complètement voûtée et l’on y conservait le saint sacrement. « N’y a aulcune obligation de faire le service, sy ce n’est le jour de la Saint-Jehan-Baptiste ; neantmoing y a grande dévotion, pour cause de quoy se cellebre la messe les dimanches, de quinze en quinze. »
Un moulin banal, situé sur le ruisseau de Néris, rapportait quarante setiers de seigle. La maison du commandeur était une bâtisse moderne assez bien entretenue et autour de laquelle s’élevaient de nombreuses dépendances. Le domaine se composait d’une centaine de séterés de terres, prés ou bois, et comprenait deux vignes, l’une de trente journaux et l’autre de soixante-treize.
Le commandeur avait la justice de Richement et de Magnet ; celle de Saint-Jean appartenait au roi.
Les dîmes, cens et rentes qu’il levait dans ces trois lieux, formaient un revenu annuel de huit cents livres.
Les revenus de toute la commanderie s’élevaient, en 1616, à 2,870 livres.
Les charges ordinaires, à 772 livres.
Il restait donc au commandeur. 2, 098 livres.

Commanderie de Villejésus
Département: Charente, Arrondissement: Angoulême, Canton: Aigre — 16

Domus Hospitalis Villejésus
Domus Hospitalis Villejésus

La commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Villejésus devait être contemporaine de l’établissement des Templiers de Fouqueure. Sa chapelle, à l’origine très simple, ne comprenait qu’une seule nef. Le sanctuaire, légèrement surélevé, est précédé d’une travée en avant de laquelle s’élèvent des pilastres supportant deux arcs très aplatis.
Un cul-de-four brisé couvre le choeur semi-circulaire, qui présente, à l’extérieur, une disposition polygonale. Très certainement, les proportions modestes de l’abside correspondaient à celles de la nef primitive.
L’architecture du choeur n’offre donc aucun lien de parenté avec le tracé rigide des sanctuaires des Templiers, mais, si le triplet n’apparaît pas au chevet, il se retrouve à la façade. Refait aujourd’hui, on ne peut douter de son origine (templière). Le portail, bien conservé, a pour ornement deux rouleaux peu brisés, dépourvus de sculptures; celles-ci font d’ailleurs totalement défaut tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’édifice.

Au XVIIe siècle, à l’époque où l’église de Fouqueure fut restaurée, des bas-côtés furent ajoutés à la nef, et un clocher fut érigé sur la travée du choeur. Ces travaux eurent pour effet de transformer l’architecture de ce monument empreint jadis de la plus grande austérité.
Les bâtiments occupés par les Hospitaliers, actuellement disparus, avaient été édifiés dans le voisinage de la chapelle, au lieu dit La Cour. Selon l’usage, la maladrerie était située hors du village; son emplacement est dénommé Le Redour.
Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles Charles Daras S.A.H.C.

Commanderie de Villejésus
Département: Charente, Arrondissement: Confolens, Canton: Aigre - 16
La commanderie de Villejésus était située dans le diocèse d’Angoulême, dans la sénéchaussée de Poitiers et dans la principauté de Marcillac.
Son église et son château avaient été brùlés et démolis par les Protestants.
De cette commanderie dépendait le membre de l’Hôpital-de- « l’Expardelière, » qui était compris dans le diocèse de Limoges.

Expardelière
Département: Haute-Vienne, Arrondissement et Canton: Bellac, Commune: Lussac-les-Eglises - 87

Domus Hospitalis Expardelière
Domus Hospitalis Expardelière

L’Hôpital de L’Expardelière (ou des Perdillères)
Ce membre était situé dans la paroisse de Lussac-les-Eglises. Il consistait « en une chapelle dédiée sous le titre de saint Jean-Porte-Latine et de saint Leobon, laquelle ne est paroisse ; s’y bien le saint sacrement y repose, et y a un cimetière pour enterrer ceux du village. » Il comprenait aussi « une belle maison pour la demeure du commandeur, une métairie joignant ladite chapelle et maison pour la demeure du métayer, granges et étables, le tout ayant le labourage de trois paires de bœufs ; des terres labourables et beaucoup d’autres terres incultes, brandes, taillis, garennes, prés, pêcheries, rivières, moulins, dimes, censes, rentes, directe, juridiction et autres choses. »

Dans la chapelle, se voyait « ung grand reliquaire de cuivre esmaillé, fait en forme de bahut, avec les images de saint Jean et de saint Leobon » un autre reliquaire fait « en forme de ciboire ; » une « vieille croix du temps des Templiers, avec son crucifix, où il y a deux clous aux deux piedz, et une petite paix de cuivre « avec son crucifix en champ entre semé de fleurs de lys et d’étoiles. » Cette chapelle était desservie par un vicaire chargé d’y célébrer la messe les dimanches et les jours de fêtes, et dont la pension, en 1615, était fixée à six setiers de blé, « mesure de l’Esperdillere, de huit boisseaux le setier. »
Les bâtiments de la commanderie formaient, avec la chapelle, un vaste carré enfermant une cour. L’un des angles de ces bâtiments était flanqué d’une grosse tour ronde, et un autre supportait une tourelle en encorbellement où se plaçait le guetteur.

Les rentes produisaient onze setiers de froment, trente-cinq setiers de seigle, cinquante setiers d’avoine, treize livres, douze biaus, douze vinades, treize poules et deux chapons ; les dîmes donnaient vingt setiers de grains la métairie de l’Expardelière en rapportait cinquante, deux porcs, douze poules et quatre chapons ; enfin, le moulin banal était affermé neuf setiers de seigle. De ce membre dépendait l’annexe de Rançon, qui ne produisait rien.

Le commandeur avait la haute, la moyenne et la basse justice ; il jouissait d’un droit « de péage et plassaige au lieu de l’Esperdillere, le jour de la Saint-Jean-Porte-Latine et de Saint-Leobon, où il y a deux belles assemblées en forme de petites foires ; et prend de chasque place de mercier ou autre marchand, de quelque denrée ou marchandise que ce soit, la somme de quatre deniers de droit de layde.

« En outre, ledit commandeur a tout droit de chasse et de pesche sur son terroir et juridiction, et sur la rivière de l’Asse, depuis le gau de la Charbonniere jusques au bas de Villeneufve, de long en long du bois de l’Hospital, et des deux costez de la rivière. »

Commanderie de La Vinadière
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Chamberet, Commun: Soudaine-Lavinadière - 19

Domus Hospitalis Vinadière
Domus Hospitalis Vinadière

La Vinadière était, à l’origine, un établissement de l’ordre du Saint-Sépulcre, auquel les procès-verbaux de visites donnent le titre de prieuré-commanderie chef dudit ordre dans le royaume.
Elle est située entre Treignac et Chamberet, à égale distance de ces deux bourgs, dans la commune appelée aujourd’hui Soudaine-Lavinadière, et c’était le chef-lieu d’une paroisse.
Derrière son église, qui était placée sous les vocables de saint Biaise et de saint Cloud, se voyaient les vestiges d’une grande et belle habitation. Au XVIIe siècle, le commandeur de Pradal avait fait construire sur son emplacement une maison plus modeste et d’un entretien moins coûteux.

De nombreuses propriétés étaient attachées à cet établissement.
Le domaine de la Vinadière comprenait un vaste jardin.
Le pré Laffond, de la contenance de six journaux.
Le pré de Glaton, de trois journaux.
Le pré du Pont, de cinq journaux.
Le pré de la Glasve, de deux journaux.
La terre du Colombier, de vingt-cinq sétérées.
Le taillis de la Bessade, de trente sétérées, etc.
Le commandeur possédait, en outre, dans la paroisse, un moulin banal et deux domaines situés dans la paroisse de Coulognie. Il jouissait de la justice haute, moyenne et basse de moitié avec le seigneur de Treignac, et levait des rentes foncières et féodales. Il était dîmier général de la Vinadière et des villages de Coulognie, de la Borie et de la Geneste, où il percevait la dîme des grains, des agneaux et de la laine ; il prenait le quart de la dime dans plusieurs villages de la paroisse de Soudaine et dans celui de la Gorse, situé dans la paroisse de Chamberet. Proche de ce dernier village, au lieu-dit le Sugardier, dans la paroisse de la Vinadière, s’élevait une chapelle de dévotion où les habitants de la région venaient en pèlerinage pour les enfants, à Pâques et à la Pentecôte.
De la commanderie de la Vinadière dépendait, au XVIIIe siècle, le prieuré de la Rodde et la chapelle des Combes, son annexe.
Jean-Louis Darche, religieux de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ayant été pourvu de ces bénéfices par le commandeur Léon Druille, fit dresser, le 20 avril 1708, un état des lieux par Béronnie, notaire à Tulle (1).
1. Archives de la Corrèze, E. 467.

La chapelle de la Rodde, qui s’élevait dans la paroisse de Saint-Clément, était alors presque privée de toiture, et celle des Combes, qui appartenait à la paroisse de Seilhac, était pareillement en très mauvais état. Les habitants demandaient que la messe y fût célébrée plus souvent.

Fournoux
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Saint-Merd-les-Oussines - 19

Domus Hospitalis Fournoux
Domus Hospitalis Fournoux

Fournoux, carte de Cassini - Fournol, carte IGN
Ce membre du prieuré-commanderie de la Vinadière est situé sur la Vézère. C’est aujourd’hui un petit village de la paroisse de Saint-Merd-les-Oussines.
Il formait autrefois le chef-lieu d’une paroisse comprenant trois ou quatre maisons, qui étaient habitées par des fermiers des bourgeois de Treignac, et son église, qui était placée sous le vocable de la Nativité de la Vierge, était desservie par le curé de Pérols moyennant une pension annuelle de quarante setiers de seigle et de cinq setiers d’avoine.
Le commandeur retirait des dîmes cinquante setiers de grains et douze ou quinze livres.
Il percevait, d’autre part, quelques rentes produisant cinquante setiers de seigle, vingt setiers d’avoine, six livres et six poules. Les habitants devaient quelques corvées et des charrois.

Orluc
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Pérols-sur-Vézère - 19

Domus Hospitalis Orluc
Domus Hospitalis Orluc

Orluc est situé à mi-chemin entre Meymac et Treignac. L’ordre de Malte y possédait une chapelle paroissiale dédiée à saint Pierre. C’était un pauvre petit édifice couvert en chaume, mais qui était d’ailleurs plus que suffisant pour les habitants des quatre maisons formant la paroisse. On y voyait un « reliquaire en forme de caisse, de cuivre émaillé, avec plusieurs reliques. » Le prieur commandeur était dimier général du lieu.

Au prieuré-commanderie de la Vinadière appartenaient encore plusieurs rentes foncières assises dans les paroisses de Voutezac, d’Objat et d’Allassac ; une vigne de quarante journaux, appelée la Méjounie, située à Voutezac, au-dessus du Saillant, et le quart de la vendange récoltée dans divers vignobles d’une étendue d’environ cent cinquante journaux. Le commandeur avait fait construire dans ce lieu une maison pour son fermier et un pressoir.
En résumé, les revenus du prieuré-commanderie de la Vinadière s’élevaient, en 1684, toutes charges payées, à deux mille six cent soixante-dix livres.

Commanderie Le Viviers
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Tercillat - 23

Domus Hospitalis Viviers
Domus Hospitalis Viviers

Le Viviers est situé dans la partie du département de la Creuse qui appartenait au Berry c’est aujourd’hui un hameau de la commune de Tercillat. La commanderie dont il était le chef-lieu, avait beaucoup souffert pendant les guerres de religion. Une partie de ses terres avaient été usurpées par des voisins peu scrupuleux ; les droits de justice, qui appartenaient primitivement aux commandeurs, étaient passés à des séculiers ; les terriers avaient été emportés et détruits, et les rentes n’étaient plus payées.

Conformément aux usages de l’ordre de Malte, l’église du Viviers était placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste. Elle mesurait treize cannes sur trois et demie, avait la qualité d’église paroissiale et était desservie par un curé nommé par le commandeur et nourri aux « frais et despens » du fermier de la commanderie, qui lui payait, en outre, une pension de quatre setiers de seigle, mesure de Saint-Sévere, et de trente livres.

Le château était contigu et formait avec elle une vaste construction carrée, qui était entourée de fossés et dans laquelle on pénétrait par un pont-levis et par un grand portail percé dans une grosse tour. C’est dans cette tour que logeait le curé.

Une grange en partie ruinée, un moulin banal construit sur la chaussée d’un étang, un grand jardin planté d’arbres fruitiers, deux prés, trois ou quatre terres et une forêt de haute futaie : tels étaient les principaux immeubles appartenant à ce chef-lieu. Le commandeur tirait seize setiers de grains des dimes du Viviers, vingt-sept de la moitié de celles de Bétête, et une quarantaine de celles de plusieurs villages du voisinage. Les rentes avaient été réduites à douze setiers de froment, cent cinquante boisseaux de seigle et quinze livres par suite de la perte des terriers.
Le commandeur avait la justice haute, moyenne et basse sur le Viviers, et la faisait exercer par ses officiers.

Le Temple de Villard
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Villard, Commune: La Celle-Dunoise - 23

Domus Hospitalis Temple-Villard
Domus Hospitalis Temple-Villard

Villard est une commune du canton de Dun, située sur la Creuse ; un peu en amont de la Celle-Dunoise. Ce membre du Viviers consistait « en une chappelle dédiée soubz le tiltre de saint Jehan-Baptiste, laquelle n’est parroisse, ains ung oratoire de devotion. » Des dimes levées sur les villages de l’Hôpital, du Quartier et de la Franchise, rapportaient trente setiers de grains, mesure de Châteauclos ; les rentes produisaient sept ou huit setiers de seigle, et le tout était affermé trente-six livres. Le fermier était tenu de fournir au curé une pension de dix-huit livres et d’acquitter quelques autres petites charges.
La justice appartenait à M. de Châteauclos.

Cordonna
« Item, souloit estre aultre annexe deppendant de ladite commanderie, appellée Corbonna, pres Saint-Severe, consistant en ung petit estang et molin rompu, et ung petit dixme vallant trois setiers de bled, mesure de Saint-Sévère, et en rentes sur ung tenement, appelle le Gasvallune, de douze setiers de seigle, mesure de Perassay, cinq sols et deux chapons. »

La Forêt-du-Temple
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Bonnat - 23

La Forêt-du-Temple
Domus Hospitalis Forêt-du-Temple

La Foret-du-Temple est un gros hameau de la commune de Mortroux. Ce membre consistait en une église paroissiale, dédiée à saint Blaise, dont le commandeur du Viviers était dîmier général, curé primitif et collateur en une métairie du labourage de quatre bœufs en granges, prés, terres, bois, moulin, étangs, dîmes, cens et rentes. La justice du lieu avait été usurpée par le sieur d’Estignère.

L’église mesurait neuf cannes sur trois ; elle avait été voûtée, mais sa voûte s’était écroulée. Le curé qui la desservait, recevait, à titre de gages, huit setiers de blé, mesure d’Aigurande, et trente livres ; il percevait en outre la dîme des chanvres, qui lui rapportait dix à douze aunes de toile.

Le commandeur possédait dans ce lieu une maison, une grange, des terres, une forêt, un étang, appelé l’étang du Viviers, et le moulin de la Forêt, qui rapportait trente setiers de grains. Les dimes de la paroisse, levées à raison de treize gerbes une, produisaient dix-neuf setiers de blé, mesure de Malval, et celle des Marches, vingt-trois setiers, mesure d’Aigurande. D’autres dîmes se percevaient « hors de la franchise de ladite paroisse. » Les rentes donnaient vingt-sept livres, cinquante boisseaux de froment, quatre-vingt-dix boisseaux de seigle, deux cent quarante boisseaux d’avoine et trente poules.

Ces produits étaient grevés d’une redevance de vingt-quatre boisseaux de seigle et de quarante boisseaux d’avoine au profit du prieur de Malval, et d’une autre redevance de neuf boisseaux de seigle due au sieur de Bois-Lamy.

Les revenus de la commanderie du Viviers s’élevaient, en 1616, à 525 livres. Les charges, à 244 livres.
Il ne restait donc au commandeur que 281 livres.
Sources : A. Vayssière. Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze. Tulle 1884. BNF

Additions - Commanderie de Bourganeuf
Le nombre des prêtres attachés à la desserte de l’église de Bourganeuf est fixé à sept dans un procès-verbal de visite de 1680. La prébende de chacun de ces prêtres valait alors cent soixante livres. Le curé ou pater était tenu de les inviter à sa table, de leur donner à paston, quatre fois par an, aux principales fêtes.

M. l’abbé Legros, dans un article publié dans le Mémorial administratif département de la Creuse (1), nous apprend que les vicairies suivantes, ou commissions de messes, avaient été fondées à Bourganeuf :
1° Dans la sacristie, le 20 février 1461, par Pierre de Grand-Rieu, commandeur de Palluel et de la Maziére et curé dudit Bourganeuf. 2° A l’autel de saint Eutrope, le 27 septembre 1510, par Guillaume Aubusson, bachelier en décrets.
3° A l’autel de saint Sébastien, par N. Aubusson de Gorses.
On y comptait également la confrérie du Saint-Sacrement, qui était entretenue par les fabriciens.
Celle du Roraire, qui jouissait d’une rente de quinze livres donnée par le pater Borde.
Celles des marchands et des cordonniers, qui étaient desservies à l’autel de sainte Valérie.
Celle des menuisiers, qui était placée sous le patronage de sainte Anne et enfin celle des tailleurs, qui fêtaient sainte Luce.
1. Deuxième année, n° 11, 16 mars 1811. Je dois la communication de de cet article à M. P. de Cessac, président de la Société des sciences naturelles de la Creuse, qui m’a fourni, en outre, avec beaucoup d’obligeance, de nombreux renseignements sur la commanderie de Bourganeuf.

M. de Cessac pense que l’église paroissiale actuelle est de la seconde moitié du XIIe siècle. « En plaçant sa construction entre 1160 et 1190, nous croyons, dit-il, qu’on approche de la date véritable. Elle doit donc être attribuée aux Templiers. On remarque, en effet, dans sa troisième travée, un écusson chargé de leur croix. Au XVe siècle, des collatéraux tronqués ont été soudés à l’édifice primitif ; les voûtes ont été en partie refaites et l’on a percé la grande fenêtre gothique dont il est question dans l’inscription rapportée plus haut.
La chapelle de Larrier ou de l’Arrial avait été, à l’origine, une église paroissiale. Elle était située dans le cimetière, et dans ce même cimetière se voyait une autre chapelle qui était dédiée à saint Jacques le Majeur.
La chapelle de Notre-Dame de Pitié se nommait aussi l’Ermitage. Les bâtiments affectés à l’ermite étaient déjà inoccupés depuis longtemps, en 1681.

Je dois encore mentionner la chapelle de Notre-Dame du Puy, qui s’élevait sur la route de Bourganeuf à Aubusson, près des Moucheix ; celle de Saint-James, dédiée à saint Philippe et saint Jacques et bâtie au bout du pont de la Chassagne, à la croisée des routes de Saint-Dizier et de Guéret ; celle de Saint-Jérôme, voisine de l’hôpital et occupée par les pénitents bleus, et enfin celle dudit hôpital.

Beaucoup d’autres additions devraient trouver place ici, et comme ce travail a dû être établi un peu hâtivement, il y aurait lieu, sans doute, de corriger bien des erreurs (1). Malheureusement, on ne m’en donne pas le loisir.
1. Je relèverai celle-ci page 108, ligne 19, au lieu de sénéchaussée de Mortemart, lisez sénéchaussée de Montmorillon.
Sources : A. Vayssière. Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze. Tulle 1884. - BNF

Documents et chartes
8 - 9 juin 1233
Vente, par Philippe des Moulins, chevalier d’Aixe, à frère Gautier, précepteur du Temple de Puybonnieux, du bois de « Lapauzadia de Fanhac », situé dans la paroisse de Flavignac.
Omnibus has litteras inspecturis, magister Willelmus officialis curie Lemovicensis salutem in Domino.
Noveritis quod Philippus de Motendinis, miles de Axia, in nostra presentia constitutus, dedit et concessit in perpetuam helemosinam Deo et Templo, et specialiter domui templi de Podio-Bonio, nemus de Lapauzadia de Fanhac, et fundum dicti nemoris situm in parrochia de Flavinhac, et promisit se contra donationem et concessionem istam, per se vel per alium, de cetero non venturum, et secundum quod de jure fuerit, ab omni homine gariturum et defensurum domui antedicte ; et devestivit se de dicto nemore et dilectum in Christo fratrem Gauterium, protempore preceptorem domus predicte, investivit et in recompensationem predictorum, dictus frater dedit eidem militi novem libras Lemovicensis monete, de quibus recognovit se habuisse gratum suum ab ipso preceptore.
Et nos super hoc, ad petitionem utriusque partis, litteras nostras concessimus testimoniales sine prejudicio juris alieni.
Actum anno Domini M°. CC°. XXX° tercio, V idus junii.
Original sur parchemin. Archives du Rhône, fonds de Malte, Limoges
BNF

9 - 21 août 1233
Donation, par P. Barthélemy, curé de Saint-Martin-le-Vieux, à l’Hôpital de Chennevières, de tout ce qu’il possédait dans la terre de Chalus, dans l’alleu de la Valette.
Omnibus has litteras visuris, magister Willelmus officialis curie Lemovicensis, salutem in Domino.
Noveritis quod P. Bartholomei, parrochus de Sancto-Martino-Veteri, in nostra presentia constitutus, dedit, concessit et etiam quittavit in perpetuam elemosinam, pro salute anime sue parentumque suorum, Deo et Hospitali Hierosolimitano, et specialiter domui dicti Hospitalis de las Chanabeiras, totum jus quodcumque habebat vel habere poterat, sive hereditario jure sive alio modo, in omni honore de Chasluz et en l’alode Valeta, retentis sibi et heredibus suis duodecim denarios renduales in omnibus premissis.
Et hanc donationem fecit eidem domui pro se et heredibus suis, et promisit, fide data, se contra omnia premissa, par se vel per alium, de cetero non venturum. Promisit etiam quod omnia predicta garentiret se dedisse domui antedicte in qualibet curia competenti, et de omni jure quod habebat in premissis, exceptis dictis XII d. rendualibus, se devestivit, et P. Barthel, presbiterum, fratrem dicte domus, investivit loco preceptoris domus predicte.
Et super hoc, nos concessimus litteras nostras testimoniales sine prejudicio juris alieni.
Actum anno domni M° CC° XXX° tercio, XII° kal. sept.
Original sur parchemin. Archives du Rhône, fonds de Malte, Limoges
BNF

3 - 22 août 1258
Vente par Raymond de Cancer, de Martel, à Frère Guillaume de Noalhac, précepteur de l’hôpital de Belveyre, de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de plusieurs rentes.
BNF

10 - Février 1266
Confirmation, par Rannulphe de Lastour, écolatre de Périgueux, et Gouffier, chanoine de Saint-Yriex, son frère, d’une donation faite à l’Hôpital de Chennevières par Rannuphle, leur neveu.
BNF

2 - Février 1275
Donation, par Raymond, vicomte de Turenne, et Pierre de Malemort, seigneurs dudit lieu et de Brive, maison de Langlade, de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de tous les droits qu’ils avaient sur la forêt de Bikartz.
BNF

4 - 20 octobre 1311
Mise sous la sauvegarde du vicomte de Turenne d’un moulin appartenant aux maisons de Belveyre et de Langlade et appelé « lo Moli-Soba »
BNF

1 - 8 mai 1506
Statuts de la communauté des prêtres de Bourganeuf arrêtés entre lesdits prêtres et le grand prieur Guy de Blanchefort.
BNF

5 - 24 juillet 1587
Lettre du roi Henri III à Jean de Montaignac, renfermant des ordres pour la démolition du château de Bellechassagne.
BNF

7 - 12 octobre 1587
« Attestation de la prinse de la maison et commanderie de Brelhoufa et de la perte des titres d’icelle. »
BNF

6 - 19 juin 1607
« Extraict des informations et procedures criminelles de la jurisdiction et commanderie de Bellechassagne, membres en deppendant. »
Informations contre le sieur Séringour, « de ce qu’il avoit faict bastir et ediffier une maison audit Bellechassagne de la ruyne et pierre du chasteau et chef, les plus beaux cartiers de pierre de talhe que fussent de la ruyne dudit chasteau. »
BNF

11 - 12 octobre 1616
Règlement pour la Chapelle Notre-Dame de Sauvagnac.
BNF

Table des lieux
BNF
Sources : A. Vayssière. Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze. Tulle 1884. BNF

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