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Saint-Amand, commanderie
Département: Marne, Commune: Saint-Amand-sur-Fion - 51

Saint-Amand
Domus Hospitalis Saint-Amand

Le cartulaire de la commanderie de Saint-Amand
A partir de 1189, une commanderie des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem s’y installa. Le moulin de l’Hôpité, vendu par un seigneur partant pour la troisième croisade en 1189 aux Hospitaliers d’où son nom.

Ce texte est conservé aux Archives du département de la Marne ; il porte le titre de : « Registre antique de plusieurs Chartres et titres touchant la Commanderie de Saint-Amand et commence dès l’an 1189 et commence In nomine sancte, etc. »
Le manuscrit haut de 0,30, grand de 0,22, écrit à la fin du XIVe siècle, se compose de 26 feuillets de papier dans le filigrane dont on voit une ancre. Son véritable titre, contemporain de la transcription, est : Manuel de la Commanderie de Saint-Amand.

Un autre cahier, du XVIe siècle, contient la traduction en français, plus ou moins correct, de tous les actes relatifs dans le Manuel. Celui-ci est d’autant plus précieux que dans le fonds de Saint-Amand, un assez grand nombre des chartes originales sont absentes ou dans un très mauvais état de conservation.
Comme partout, l’établissement, à Saint-Amand, des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem est enveloppé d’incertitude ; nous ne savons pas, jusqu’à ce jour, comment ils furent appelés dans le voisinage de Vitry ; il est permis de penser que la commanderie fut fondée par les libéralités soit des châtelains de Vitry, soit des seigneurs de Possesse qui furent pressentis dans les guerres de Terre-Sainte, par plusieurs membres de leurs familles.

Au XIIIe siècle, les comtes de Dampierre-en-Astenois enrichissent singulièrement Tour de Saint -Jean de Jérusalem en fondant la maison d’Autrecourt, aujourd’hui Haute-Cour paroisse d’Epense ; cette la maison fut presque aussitôt réunie à Saint-Amand. En agissant ainsi, les seigneurs de Dampierre, qui eurent un moment la châtellenie de Vitry, s’acquittèrent d’un devoir de reconnaissance. Les chevaliers de Saint-Jean avaient puissamment contribué à faire sortir l’un d’eux d’une très longue captivité en Palestine.

Dans le Cartulaire, on remarque un certain nombre d’actes qui sont étrangers à la commanderie ; ils furent probablement laissés dans les archives de Saint-Amand par divers commandeurs qui, avant d’y être nommés, avaient occupé d’autres bénéfices.

On remarquera, parmi les dons, celles d’un assez grand nombre d’hommes de corps. D’autres bienfaiteurs, de toute classe, abandonnaient leurs biens, en conservant l’usufruit leur vie durant.

Pour compléter le Cartulaire, j’avais espéré trouver quelques documents aux archives de la Côte-d’Or, dans le fonds du Grand Prieuré de Chani le pagne ne relève pas Saint-Amand ; mais, d’après les renseignements fournis par M. J. Garnier, mon savant et très obligeant confrère, j’ai eu l’assurance que les recherches, de ce côté, seraient sans résultat. Les commanderies formaient autant de groupes distincts sur lesquels le grand prieur n’avait qu’un droit de contrôle et de visite, de môme que l’évoque sur les paroisses de son diocèse. D’après le procès-verbal de visite faite en 1779 au nom de M. de Marbeuf, grand prieur de Champagne, Saint-Amand avait : l’église d’Ancerville, des maisons à Châlons-sur-Marne des biens à Hautecourt en Epense ; des terres à Tilloy, Somme bionne, Vitry-le-Brulé, Merlaut, Poithion, Villiers-en-Lieu, Saint-Eulien, Saint-Lumier, Ablancourt, Saint-Martin-aux-Champs, Soulanges, Pringy, Coole, Saint-Amand, Saint-Germain-la- Ville, Poigny, La Chaussée, Montigny, Aulnay, Coupéville, Vitry-en-Perthois, Courtémont, Saint-Hilairemont, Tournizet. Ces biens, divisés en quatre fermes, alors, produisaient 4008 livres de revenus ; les charges s’élevaient à 204 livres. La commanderie de Saint-Amedé était généralement donné à des religieux.

J’ai classé les chartes par ordre chronologique en ayant soin d’indiquer le numéro que l’acte porte dans le manuscrit ; il m’a semblé qu’en donnant ainsi une idée exacte du texte, je présenterais les actes d’une manière plus utile pour l’étude.
Édouard de Barthélemy.

1156-1163
Boson, évêque de Châlons fait savoir que Guermundus de Castellione (1), avec le consentement de Haavidis, sa mère, et celui de Sibilla, sa femme, a donnée à l’hôpital de Jérusalem 5 sous annuels de cens qui lui étaient dus à Bussy-le-Château, au terme de Saint-Martin d’août.
Les témoins sont : Gui, Baudoin. Me Robert et Gui, archidiacres ; Rainaud, chantre ; Arrandus, prêtre ; Jacques de Faignon ; Raginerus, prévôt ; Adam, sénéchal ; l’acte écrit par Hugues, chancelier (n° 3).
1. Germons, châtelain de Bussy, figure parmi les vassaux du comté de Champagne dans la dernière moitié du XIIe siècle, (Longnon, livre des vassaux page 128). Voyer aussi Diocèse ancienne de Châlons, I, page 396.

1164-1163
En présence de Gui, évêque de Châlons, Aubry Graverius, sa femme, son frère et sa belle-sœur donnent à l’hôpital 100 arpents de terre juxta prata Riverole.
Les témoins sont : Gui de Provins, Baudouin, Gui de Roucy, Me Robert, archidiacres ; Rovon, doyen ; Me Jacques, Hugues de Morampont ; Hugues de Breneio, Scotus de Fagnières ; Gui, sénéchal ; Hugues, notaire ; Girard, chancelier (n° 10).

1165
Henri, comte de Troyes, fait savoir que Jean de Possesse, avec l’assentiment de Hugues, son frère, a donné deux hommes à l’hôpital ; si ces hommes se marient à des femmes du fief de Possesse,? celles-ci seront affranchies du seigneur. Jean donne en outre 40 sous de rente, à Vitry, sur le péage et le tonlieu, aux octaves de Noël.
Les témoins sont : Guillaume, frère du comte de Champagne ; Anselme de Trainel ; Eudes de Pougy ; Hugues de Plancy, Drogon de Provins et Pierre, son frère ; Pierre Bursaudus ; Guillaume, maréchal ; Daimbert de Ternant ; Thibaud de Mutry ; Hugues Truncus, de Possesse ; Artaud, Chambellan.
L’acte est écrit, à Troyes, par Guillaume, chancelier (n° 16).

1169
Henri, châtelain de Vitry, pour racheter ses fautes et celles de son père et de sa mère, donne Gérard de Soudron à l’hôpital de Jérusalem.
Les témoins sont : Girard de Chauseio ; Gérald, frère de l’hôpital et Herbert, fils clerc : Adam de Cousances, Gui de Marnay, André de Tagnon, touss chevalier ; Henri de Heltz, Adam, Robert Gula, serviteurs du châtelain ; Eudes de Chausei ; Dreux de Merlaut ; Pierre de Monte (n° 37).

1186
Manassès, évêque de Langres, fait savoir que Richard Allevardus, avec l’assentiment de Guyota, sa femme, de Gui, Geltrude, Materia, leurs enfants et de Girard Allevardus, père du donateur, donne et N.-D. de Giré ? un journal de terre situé à Campo Bello qui relevait de Guyota (n° 54).

1189
Gui, évêque de Châlons, fait savoir que Gautier Corbel, croisé, avec l’assentiment de sa femme, de ses fils, de ses héritiers, du prélat et de Gui Barate, seigneur supérieur, donne à l’hôpital de Jérusalem, par l’entremise de M. Robert, procureur de l’ordre dans le diocèse de Châlons, un moulin qu’il possédait à Saint-Amand. Me Robert, pour lui procurer les moyens de subsistance et de faire le voyage de Jérusalem, lui donne 25 livres.
Les témoins sont à Guillaume, Gautier, Etienne Létard et Jacques, frère de l’hôpital ; Herbert, clerc de Saint-Mard ; Marc, prêtre ; Albert, Morisius, Gales, Heoraudus, Pierre, maréchal (n° 1).

1177
En présence de Gui, évêque de Châlons, Richer Flæaus, avec l’assentiment de sa femme et de Albert, son frère, donne à l’hôpital une rente d’une mine de froment, à percevoir à la Saint-Remy, sur sa part des moulins de Vitry.
Les témoins sont : Robert de Reims ; Raoul, doyen de Vitry ; Roger, prêtre de Saint-Lumier ; Gauthier, chevalier, de Saint-Lumier ; Pierre, maréchal ; Chanterelle Dudon ; Herbert, clerc de l’hôpital.
L’acte est écrit par Girard, chancelier (1). (n° 21).
1. La charte originale a été publiée par M. Edouard de Barthélémy.

1192
Renard (de Dampierre), châtelain de Vitry, Helvis, sa femme, et Hugues (de Rhetel), fils de celle-ci, approuvant, comme seigneurs supérieurs, la vente faite aux frères de l’hôpital, par Gautier, Hersendis, femme de celui-ci, Helvis, leur fille et Pierre, leur gendre, de ce qu’ils possédaient dans les moulins à eau de Montigny.
Les témoins sont : Guillaume, prêtre et frère de l’hôpital ; Guillaume, également frère de l’hôpital ; Me Gervais, de Vienne, et Roger Grossos, tous chevaliers ; Isembrun, bourgeois de Châlons (n° 26).

1192
Donation des susmentionnés, constatée en présence de Rotrou, évêque élu de Châlons, dans un acte dressé par Mathieu, Archidiacre et chancelier. Les frères de l’hôpital assurent 55 livres aux donateurs pour leur subsistance.
Les témoins sont : Deiamicus, abbé de Monthiers-en-Argonne ; l’abbé du Reclus ; Girard de Boulancourt ; Paien, doyen de Saint-Alpin ; Miles, doyen de Vitry ; Ebrard, frère de l’hôpital ; frère Lambert de Liège ; frère Guillaume de Saint-Amand ; Jacques, chevalier de Coole ; Hugues de Coole, Morel, chevaliers ; Simon de Porte Marne (n° 18).

Sans date, fin du XIIe siècle
Lettre de P., archiprêtre de Châlons, aux frères de l’hôpital de Jérusalem, leur notifiant qu’il leur donne sa maison et son jardin à la condition que si le prêtre Milon, son neveu, lui survit, il pourra posséder cette maison sa vie durant ; de plus, que si le donateur en témoigne le désir, il sera reçu dans l’ordre (1). (n° 4).
1. Nous avons ici la preuve de l’existence, à Chalons, d’un archiprêtre : une autre charte publiée par M. Edouard de Barthélémy (Evêché de Chalons, I, I, page 384), signale le même personnage, avec la même qualification. C’est un acte par lequel il fait connaître un accord passé entre les frères de l’hôpital et les lépreux de Châlons, au sujet d’une vigne ; à cet acte paraissent comme témoins : Robert, camérier, frère de l’hôpital ; Guerrin, échevin ; Pierre Collas, Pierre de Joi.
Ces deux chartes, sont les seules, à ma connaissance, qui mentionne un archiprêtre, à Châlons, à une date aussi ancienne. Il semble qu’à cette époque l’Archiprêtre de Châlons fut en quelque sorte, un vicaire général de l’évêque, mais que l’usage n’en persista pas.


1202
Simon, seigneur de Commercy, donne à l’hôpital la maison de Roger de Nuisement ainsi que la terre labourable que celui-ci tenait sous son fief. Il pose pour condition que les frères n’achèteront rien, sans sa permission, de ce qui relève de lui dans ce village et que chaque année, ils lui donneront, sa vie durant, un bonnet de coton (n° 4).

1203.
Mars, 1203. Hugues, vidame de Châlons, donne à l’hôpital M. fille de Robert de Marson et ses enfants.
Les témoins sont : M., chevalier ; M., de Ortis ; Constant, Aubert (n° 29).

1205.
Octobre, 1205. Etienne, seigneur du Buisson, et Emeline, sa femme, donner à l’hôpital Aubry et Jean Le Gouz, leurs femmes et leurs héritiers (n° 19).

1211
Devant la cour de Morel de Vitry, seigneur supérieur, et par l’arbitrage de Christophe et Herbert, frères de l’hôpital, de Jean, chevalier, de Tournai et de Morel, Pierre Privatus renonce aux Prétentions qu’il avait sur une maison sise à Vitry, paroisse Saint-Menge, que Miles et les frères de l’hôpital disaient lui avoir acheté.
Les cautions de Pierre Privatus sont : Morel, chevalier, de Vitry ; Bertrand, chevalier, de Ponthion ; Aubri de Barra. Les témoins sont : Pierre de Saint-Lumier ; Pierre de Saint-Jacques ; Jean, prieur de Sainte-Geneviève ; Etienne, chapelain et Nicolas Ningans ? prêtres ; Me Dodes, Etienne, chancelier ; Nicolas, fils de Leutard, Guillaume Filliolus, clercs ; Gautier, de Vanault, Jean de Tornaco, Guillaume, son frère, Herbert Capet, Pierre de Saint Vrain, Bertrand de Ponthion, tous chevaliers ; Nicolas Chementarius ; Nicolas Budellus, Maheus, Thibaud son frère, Gautier de Graneria, Louis privinus Milonis, Louis de Châlons, gendre de Pierre Salicis ; Pierre le Diable (n° 11).

1221.
Septembre, 1221. Renard, seigneur de Luxémont, Alde, sa femme, Robert, son frère et ses sœurs, donnent à Saint-Amand Guerric et Jean, fils de Arnoul Carnifex (n° 24).

1224.
Septembre, 1224. Guillaume, évêque de Châlons, comte du Perche, fait savoir que Pierre de Chaumuzy, chevalier, a donné à l’hôpital, Mathieu Trésorin, Pentecôte, sa sœur, femme de Thibaut, Dominique, Maniscaud et Marie enfants de ceux-ci et leur postérité. L’évêque eu investit Nicolas, commandeur de Saint-Amand qui donne à Pierre de Chaumuzy 28 livres de provenisiens. Cet acte sera ratifié par Guillaume et Sybille, feu et sœur du donateur (n° 2).

1230
Devant H., official de Châlons, Jean, chevalier, de Marson, donne à l’hôpital Agnès la Coque, Colet et Perrot ses fils, Marie et Meinitndis, femme de ceux-ci et leur descendance (n° 31).

1231.
Avril, 1231. Simon Pied-de-Loup et Raoul de Chartres, officiaux à Reims, font savoir que Gui, chevalier, de Courlancy, et Maude, sa femme, ont donné à l’hôpital Etienne Coquet, bourgeois de Châlons, homme de corps de dite Maude (n° 13).

1231.
Février (1232, n. st). Devant le même official, Prioletus de Fons, a reconnu être homme de corps de l’hôpital de Saint-Amand et promet de ne pas chercher à être sous un autre seigneur (n° 35).

1233.
Juin, 1233. Thibaut, comte de Champagne, ratifie une charte de mars 1232 par laquelle Renard, comte de Dampierre, donne aux frères de Saint-Amand, près Vitry, en reconnaissance de ce qu’ils l’ont racheté de sa longue captivité en Palestine, sa maison d’Autrecourt, avec une charruée de terre ; le droit d’usage dans ses bois non clos ; 60 setiers de blé, moitié froment, moitié avoine, sur ses dîmes de Varimont : le droit de pâturage et de passage sur sa terre ; si les chiens de la commanderie prends du gibier, il n’y aura ni délit ni amende : le commandeur et son bailli pourra chasser dans toutes les garennes du seigneur. Cette donation est consentie par Anselme, fils du seigneur de Dampierre (n° 8).

1233.
Décembre, 1233. Philippe, évêque de Châlons, fait savoir qu’Anselme, seigneur de Dampierre, a vendu 103 arpents de pré et de marais et 75 arpents de terre contiguë, au prieur et aux frères d’Autrecourt, ainsi que le domaine et la justice. La délimitation en a été faite par Rauffin de Notavilla ad Cort, Herbert, forestier de Castello, Vincent de Remicourt, frère Jean de Tronc, frère Garnier de Saint-Amand, prêtres, Jean du Bois, arpenteur du roi, Thomas son frère, Colin de Coupeville : cette vente est consentie au prix de 268 livres de provenisiens forts.
Anselme vend, en outre, deux parties de la dîme d’Épense en exceptant 18 setiers de blé dus, savoir : 4 à l’abbaye et la Chalade, 6 aux religieuses de Vanault et 8 à l’abbaye de Monthiers-en-Argonne ; est exceptée aussi la dîme du charuage de ce village qui appartient à Monthiers. Cette dîme, obtenir à un revenu de 100 setiers de blé est vendu au prix de 400 livres de forts ; en agissant ainsi, Anselme déclare qu’il entend faire une aumône à l’hôpital en reconnaissance de la part prise au rachat de son père, prisonnier des infidèles à Alep. L’acte est ratifié par Aufelix, femme d’Anselme et leurs enfants (1) (n° 40).
1. Voyez Diocèse ancien de Châlons, 1. 1, page 382, sous la date de 1236.

1234.
Février (1235, n. st). Boves, abbé de Saint-Paul de Verdun, fait savoir qu’il abandonne à l’hôpital les deux parts de la grosse et de la petite dîme d’Épense achetées par l’abbaye à Anselme de Dampierre, et vendues par lui audit hôpital, (n° 57).

1248.
Février, lendemain des Brandons. Marguerite de Pringy, veuve de Jocelin d’Avalon, fonde un anniversaire à Saint-Amand et donne à l’hôpital un demi muid de blé de rente, mesure de Vitry, moitié seigle, moitié avoine, sur le terrage de Sommessous (n° 34).
1. La date de cet acte n’est pas facile à fixer ; en 1248, Pâques tombait le 19 avril, et le dimanche des Brandons, le 18 mars ; pour admettre la date de février, il faudrait que Pâques tombât le 5 avril au plus tard. Il y a probablement erreur dans la transcription au millésime.

1234.
Mars, 1234. Robert, doyen de la chrétienté de Vitry, fait savoir que Villana de Ponthion, avec le consentement de ses enfants : Raoul, Oudard, Jean, Guillaume, Huguette, Marguerite et Marie, a vendu aux frères de Saint-Amand, au prix de 65 sous de pirovenisiens forts, ce qu’elle possédait par indivis avec eux dans les prés appelles Rogianpre (n° 22).

1257.
Jeudi après la Trinité (7 juin). Par devant Odes, doyen, et Dommenges, prévôt de Vitry, Poinces, de Vitry, ancien prévôt, reconnaît devoir à son gendre Robert de Gehanne, 35 livres de provenisions forts et de tournois que ce dernier lui a prêtées à Troyes ; il doit rembourser 10 livres à la Saint-Jean, 10 livres à la Saint-Jean suivante et 100 Sous à la Saint-Martin ; comme garantie, il engage sa grange sise au Jornadois, près de celle de Jean de Belleville, chevalier. Colette, femme de Poinces, intervient dans l’acte (n° 48).

1266.
Mardi avant Sainte-Marie Madeleine (20 juillet). Devant l’official de Troyes, Raoul de l’Hôpital prend à ferme, viagèrement, au prix de 20 sous tournois de pension, de Jean de Villiers (1) maître de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, un pré situé près de Insulas castrum, provenant du legs de feue Emelinne, femme de Jacques, monnayer, bourgeois de Troyes ; cette vente payable à la Nativité de saint- Jean-Baptiste (n° 52).
1. Jean de Villers est indiqué dans les listes publiées jusqu’à ce jour comme n’ayant été élu qu’en 1289, après la mort de Nicolas Lorgue.

1260.
Mense primo (sic) ; Saint-Barnabé, juin. Mr Geoffroi de Beaumont, chanoine de Beauvais, reconnait devoir 150 livres tournois, à lui prêtées par Jean d’Arcis, chevalier et sénéchal de Venaissin (1) ; il doit les rendre à la Saint-Denis prochaine (n° 51).
1. Jean d’Arcis, d’abord sénéchal de Rouergue puis de Venaissin de 1253 à 1267, date de sa mort (Boutaric : Saint-Louis et Alphonse de Poitiers, page 170).

1261.
Février, 1262, n. st. Jean de Fagnières, archidiacre de Châlons, fait savoir que Marie de Coole veuve de Laurent, barbier à Châlons, a abandonné à l’ordre une maison qu’elle tenait sous le fief de celui-ci dans la rue Ligaus Champberaus ; plus an arpent de terre sis à Montes coveiz, tenu avant elle par Pierre du Moulin (n° 42).

1264.
2e férie après Saint-Barthélemy, 26 août 1265, n. st.
Marie, fille de Droyn de Coolie, demeurant à Saint-Dizier, donne à l’ordre, en présence de l’official de Châlons, tous ses biens, s’en réservant l’usufruit sa vie durant (n° 12).

1265.
2e férie après Saint-Remy, 3 octobre. Frère Jean Taupins, commandeur de Saint-Amand, baille à titre de cens, moyennant une redevance de 40 sous, à Dominique de Marson et à Marguerite sa femme, la maison dite Maison de l’Hôpital, sise à Châlons, dans la rue de La Haisete juxta Ulmum, entre celle de feu Pierre Gros-Partout et celle de Hugues de Marson ; cet accensement continuera en faveur de Terric et de Marguerite, enfants des preneurs (n° 6).

1265.
Décembre, 1265. Anseau de Garlande, seigneur de Ternant, donne une rente de 5 livres à l’hôpital, Oudi Tognei, Jaquet, fils de Hueron de Possesse, et Milet son sergent de Chaumont, ainsi que leur postérité, dans le cas où lui-même n’aurait pas d’héritier direct. Ces hommes pourront résider librement sur sa terre de Possesse, s’il vient à mourir « au service nostre Seigneur en la saincte terre d’outremeir. » — Charte française. (n° 9).

1266
2e férie après les octaves de la Trinité, 2 juin. Perreçon, fils de feu Garin de Coupeville, chevalier, donne à l’hôpital, en présence de l’official de Châlons, tout ce qu’il possède dans le village et le territoire de Coupeville (n° 33).

1266.
Le lendemain de la conversion de Saint-Paul, 26 janvier 1267, n. st. Par-devant l’official de Châlons, Hélote, fille de feu Adam, chevalier, de Saint-Germain-la-Ville, avec le consentement de Gilet, homme de corps de la commanderie, se donne à l’hôpital ; elle s’engage à payer chaque année, 6 deniers pour son chievage ; s’il lui naît des enfants, les garçons devront 12 deniers et les filles 6 livres lorsqu’ils seront arrivés à leur majorité (n° 20).

1267.
Mai, 1267. Anseric, abbé de Rebais, donne à Pierre, commandeur de Saint-Amand, Jeanne, fille Garnot, Insurat et Émeline, sa femme. Le commandeur donne, en échange de Jeanne, Émeline, fille de Jean Bartisien, de Media curia et d’Eremburge (n° 17).
1. Il semble qu’il s’agit ici d’une fille noble qui, ayant épousé un serf, était devenue femme de corps.

1270
B., abbé de Trois-Fontaines, amodie à Etienne, curé de Saint-Eulien, tout ce que l’abbaye possède dans cette paroisse : le tiers de deux portions de dîme, en exceptant ce que les habitants de Villers-en-Lieu doivent sur leurs terres cultivées dans le finage de Saint-Eulien ; deux setiers de froment, mesure de Saint-Disier sur le charuage aumoné par feu Hugues de Vanault, écuyer. Etienne jouira de cette amodiation tant qui aura la cure de Villers et de Saint-Eulien ; il abandonne, en échange, 12, setiers de blé, moitié froment, moitié avoine, mesure de Saint-Dizier, sur les 24 qu’il avait sur la dîme de Villers, pro cantuario (n° 53).

1272.
Mars, 1272. Charte française par laquelle l’abbé de Monthiers abandonne aux frères d’Autrecourt la grosse dîme et le charuage d’Autrecourt moyennant que ceux-ci paieront à l’abbaye 25 setiers de blé, moitié froment et moitié avoine, et qu’ils ne pourront « mettre ne traire à gueaignage » plus de 10 arpents de blé sans payer la dîme du surplus. Monthiers cède aux frères la terre et le pré de Wadonru et reçoit en échange les terres que la commanderie avaient, enclavées dans celles de l’abbaye, au Champ Lietaut, ainsi que des deux côtés de la voie de la Serre (n° 49).

1272.
Septembre, 1272. Dudes, abbé de Montiers, constate que frère Jean d’Arcis, commandeur de Saint-Amand et d’Autrecourt, s’est engagé devant le bailli de Vitry, à fournir avant la Madeleine prochaine, trois actes scellés par le grand prieur de France : le premier relatif aux échanges précédemment conclus ; le second notifiant la libération des frères de la rente des 10 setiers de blé lorsqu’ils auront livré leurs terres de la Serre ; le troisième portant que l’abbaye sera indemnisée de la dîme et du charuage d’Autrecourt par les 25 setiers, mesure d’Epense (n° 50).

Voici plusieurs actes relatifs à ces arrangements :
1262, lundi avant l’Ascension ; Jean de Chevry, lieutenant du grand prieur de France, autorise Jean d’Arcis, bailli de l’ordre à Châlons, à traiter avec l’abbaye de Monthiers au sujet d’un échange de terres à Epensival (Cartulaire de Monthiers folio 50).
1270, avril ; Thibaut, roi de Navarre, fait savoir que l’abbaye a fait un échange avec Jean d’Arcis, son trésorier et bailli d’Autrecourt ; il s’agit des terres à Epensival contre des terres sises à Antre ; le bailli paiera une rente de 10 setiers, moitié froment moitié avoine sur le gaignage d’Autrecourt, tant qu’il n’aura pas affranchi la dîme (Cartulaire de Monthiers folio 57).

1272.
Octobre, 1272. Pierre de la Malemaison, bailli de Vitry, relate l’échange des terres de la Serre contre celle de Wadonru.
Lundi avant Saint-André. Ratification de cet échange par Jean de Chevry, grand prieur de France (Cartulaire de Monthiers pages 58 et 59).
1392, mercredi après Saints Pierre et Paul, Pierre Disier, commandeur de Saint-Amand, reconnaît devoir à Montiers, 25 setiers, mesure d’Epense, en la grange d’Autrecourt. L’abbaye de Trois-Fontaines devait à Saint-Amand une rente égale sur la dîme de Villiers-en-Lieu ; mais comme elle la devait à la mesure de Vitry, inférieure à celle d’Epense, le commandeur s’engage à donner 6 setiers de plus, sur la dîme d’Epense, pour compléter la différence. Cet acte fut confirmé par Guillaume de Fontenay, grand prieur de Champagne. (Cartulaire de Monthiers folio 72).
1426, 11 avril après Pâques, Jean Avril, commandeur de Saint-Amand, reconnaît devoir à Monthiers, 6 setiers, mesure d’Epense ; Monthiers devait à la commanderie 9 setiers de froment, mesure de Saint-Mard-sur-le-Mont (Cartulaire de Monthiers folio 74).

1272.
Février, 1272. Charte, en français, par laquelle Etienne de Ponthion, prévôt de Vitry, fait savoir que Pierre de Chainsi et Mares, sa femme, ont loué à frère Jean d’Arcis, commandeur de Saint-Amand, au prix de 5 livres tournois, une maison et une grange sises à Vitry, entre Nicolas Maitret, les héritiers de Lescuyer du Bourg et les murs du Roi. Les preneurs devront, dans deux ans, améliorer la maison de 20 livres ; ils ne sont pas responsables des cas d’incendie ni autre « commune meschiance ». Le commandeur et les frères pourront y descendre lorsqu’ils viendront à Vitry et les preneurs seront tenus de leur fournir le logement meublé. Comme garantie, ils engagent tous leurs biens et particulièrement 5 fauchées de pré à Merlaut (n° 44).

1272.
3e férie avant Saint-Laurent, 7 août. Par-devant l’official de l’archidiacre de Châlons, frère Jean de Chevry, grand prieur de France, accense moyennant une rente annuelle de 30 sous, à Jean Pycard, clerc, Aelis, sa femme, et Raoussin, clerc, leur fils, une maison, sise à Châlons, à la Porte-Marne, près de la Chaussée, sur le chemin qui conduit à saint-Michel, contre la maison de Terric Le Saane (n° 25).

1272.
Acte incomplet et non daté par lequel le chapitre de Châlons règle avec Jean de Chevry, grand-prieur de France, ses droits et ceux de l’ordre dans le village de Saint-Amand (n° 55).

1275.
Mars 1272. Guillaume de Charmisiaco, chevalier, approuve la donation faite à l’hôpital, par Pierre, son frère, d’une femme nommé Maceline (1) (n° 47).
1. La copie semble défectueuse ; je lis : Macelina uxore dna carpentarii de Matoga excepta Wiala qui vir est contra de coptet.

1275.
Dimanche avant l’Ascension, 19 mai. Gautier de la Chambre, prévôt de Vitry, fait savoir que Jaquerée, bourgeois de cette ville, et Ysabeau, sa femme, ont vendu, au prix de 10 livres de provenisiens forts, à Jean d’Arcis, commandeur de Saint-Amand, la moitié d’une grange relevant de l’hôpital, située près de la maison des héritiers de Lescuyer de Loise, devant celle qui était tenue par Pierre de Chainsi (n° 46).

1277.
Février ; 1278, n. st. Par devant l’official de Châlons, Comtruclus, pelletier, et Harjs, sa femme, abandonnent leurs biens à Jean d’Arcis, jadis bailli de Saint-Amand, en se réservant l’usufruit viager (n° 23).

1277.
Même acte consenti par Renaud de Moncets et Mahaut, sa femme ; Jean d’Arcis est qualifié bailli de Sacy, au diocèse d’Auxerre (n° 7).

1278.
Mai, 1278. Par devant l’official de Châlons, et avec l’autorisation de Jean de Chevry, grand prieur de France, frère Gilon de Granchelis, bailli de Saint-Amand, accense, moyennant un cens annuel de 20 sous de forts tournois, à Raoul de Vertus et Odeline, sa femme, une maison sise à Châlons, près de la Fontaine (n° 5).

1278.
Septembre, 3e férie après l’Exaltation de la Sainte-Croix, 17 septembre.
Même acte par Pierre Fermogerius ou li Formagiers et Emeline, sa femme (n° 15 et 27).

1278.
Octobre, lendemain de la Saint-Denis, 10 octobre.
Par devant l’official de Châlons, Pierre, pelletier, et Marguerite, sa femme, donnent tous leurs biens à l’hôpital, entre les mains de Jean, prieur de Saint-Amand, se réservant l’usufruit viager, et une vigne déjà donnée à leurs neveux. Ils choisissent leur lieu de sépulture à Saint-Amand (n° 43).

1281.
4e férie après la nativité de Saints Pierre et Paul, 5 juin.
Accensement viager fait par devant l’official de Châlons, avec l’autorisation de Thomas Rati, lieutenant du grand prieur de France, par frère G., bailli de Saint-Amand, à Jean de Marson et Jaquete, sa femme, moyennant 48 sous par an ; il s’agit d’une maison située rue Saint-Jean, jadis tenue par Hugues de Marson, bourgeois de Châlons. (n° 28).

1281.
Lundi après le dimanche Reminiscere, 9 mars 1282, n. st.
Thomasse, dame de Châtillon, veuve de Gui de Laval, chevalier, reconnaît avoir reçu de frère Jean de Turno, trésorier du Temple de Paris, par la main de Guillaume de Roche, 200 livres de parisis par suite de conventions passées entre ledit trésorier et Aalipdis d’Attichy, au sujet du port de Conflans (1) (n° 56).
1. Il s’agit ici de Thomasse de Mathefelon, deuxième femme de Gui de Montmorency, seigneur de Laval, dont elle était veuve depuis 14 ans ; elle avait probablement en douaire le fief de Châtillon-en-Vendelais arrivé à Gui de Montmorency-Laval par Philippe de Vitré, sa première femme.
Je ne puis affirmer que d’Alix d’Attichy, mentionnée ici, soit la fille de Bouchard de Montmorency, femme de Simon IV de Montfort, qui, en 1218, donnait à l’abbaye du Val 10 livres de parisis sur le port de Conflans ; ou Alix, fille de Bouchard VI, seigneur d’Attichy et de Conflans, qui mourut, sans alliance, en 1301.


1281.
1e férie 1281, avant saint Mathieu. Par devant l’official de Châlons, Perrin d’Antre, fils de Lambert d’Antre, se donne, lui et tous ses biens, s’en réservant l’usufruit viager, à l’hôpital (n° 41).

1281.
3e férie 1281, après la quinzaine saints Pierre et Paul.
Par devant l’official de Châlons, Jean Rafues, d’Antre, donne à l’hôpital, par la main de frère Jacques : le tiers de sa maison de Charmontois, entre celles de Jean Noblet et de Jean La Teste ; le tiers d’un pré situé au lieu dit le Pré à Lormex et d’une pièce de terre attenante ; après la mort de sa mère, un journal de terre près du bois de Boncourt et de la terre de Perrin d’Antre, plus ce qu’il a dans une terre et une grange, à Antre, près de la maison de Jean Maior (n° 37).

1281.
4e férie 1281, après Saint-Pierre-aux-Liens.
L’official de Châlons fait savoir que frère Nicolas, jadis commandeur de Rosnay, accense, moyennant une rente de 8 livres, une maison sise à Arcis : ce cens doit durer pendant la vie de Girard Chipre, et de Demoiselle Aelis, sa femme. A leur mort, ils doivent laisser à l’hôpital 100 bêtes à laine, 2 chevaux de charrue, 3 lits de la valeur de 6 livres ; le reste du mobilier à leurs héritiers (n° 38).

1287, avril.
Accord fait par l’entremise de Jean, évêque de Châlons, de Dominique de Saint-Urbain, professeur es lois et du curé de Gigny, entre Pierre, abbé de Trois-Fontaines et le curé de Villiers-en-Lieu. IL s’agit de deux parts de menue dîme et de cens sur des maisons situées contre le cimetière de ce village et dont la propriété est confirmée à l’abbaye qui aura à payer une rente de 6 sous tournois forts au curé et à ses successeurs (n° 45).

1289.
Veille de saints Rémi et Hilaire, 30 septembre 1289.
Frère Jean, prieur d’Ulmoy, cède à l’hôpital, Amanegarde, fille de Henri le Monsine, de Heilz-le-Mauru ; frère Raoul d’Orléans, lieutenant du grand prieur de France, donne en échange Eremburge le Barisien, de Media Curte serve de la maison de Saint-Amand (n° 39).

1293.
Mercredi après saints Pierre et Paul, 29 juin 1293.
Thibaut, abbé de Saint-Pierre-aux-Monts, de Châlons, fait un échange par devant Jean de Melmeco notaire de l’official de Châlons, avec l’hôpital. Il donne Marie, fille de Jacques Bruy de Frignicourt, lui-même fils de feue Richarde Ville, serve de l’abbaye ; l’hôpital donne ledit Jacques Bruy qui était son homme (n° 14).

1293.
Mardi après Saint-Clément, 25 novembre 1293.
Par devant l’official de Châlons, frère Girard, commandeur de Saint-Amand, accense viagèrement, moyennant 2 sous de rente, à Rolland de Moncets, une pièce de terre située à Moncets, entre la terre presbiteri de Moncellis et celle de Pierre la Nasce (1) (n° 32).
1. Nous mentionnerons ici deux actes qui ne sont pas compris dans le Cartulaire.

1299.
Mercredi avril, Saint-Jean-Baptiste, 1er juillet 1299.
Guillaume de Vandelin, grand prieur, fait connaître un accord conclu entre l’ordre, le chapitre de Châlons et le seigneur de Hans, au sujet de leurs droits respectifs sur le tiers la dîme dou Ban lou conte, sur le territoire de Hans (Archives du chapitre de Châlons).
Sources : Édouard de Barthélemy. Le Cartulaire de La Commanderie de Saint-Amand. Le Cabinet historique : moniteur des bibliothèques et des archives par Louis Paris, Ulysse Robert. Paris 1882.

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