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Hiérarchie des Ordres Hospitaliers, Rhodes et Malte
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Les couvents de Soeurs Hospitalières de l'Ordre

L'énumération, que nous avons faite des diverses personnes qui composaient l'Ordre, ne serait pas complète (1) si nous ne signalions ici, à côté des frères, l'existence des Soeurs hospitalières, constituées en couvent de femmes sous la même discipline que ceux-ci. Cette double organisation se retrouve à l'origine de la plupart des institutions religieuses; on a de nombreux exemples de fidèles, mari et femme, s'affiliant en même temps au même institut. On conçoit l'intérêt qui s'attachait à accueillir ces femmes, et à s'assurer des libéralités souvent considérables, dont les donateurs subordonnaient la réalisation à la possibilité de s'engager ensemble dans les mêmes liens religieux. L'Hôpital ne fait pas exception à cette règle presque générale, et la création des soeurs Hospitalières fut parallèle à celle des Hospitaliers.

L'institution des Soeurs semble remonter à l'origine même de l'Ordre; on l'attribue à une dame romaine, appelée Alix ou Agnès, qui, venue en Terre Sainte au moment de la première croisade, établit à Jérusalem, sous le vocable de S. Marie Madeleine, un hôpital destiné à soigner les femmes pauvres et malades, dont la fondation fut approuvée par le patriarche de Jérusalem. L'exemple donné en Terre Sainte fut suivi dans les diverses contrées de l'Europe dans lesquelles l'Hôpital était constitué. Si, après la prise de Jérusalem par Saladin (1187), les Hospitalières se réfugièrent en Occident, elles trouvèrent, dans presque tous les prieurés, un asile dans des monastères de femmes déjà constitués, ou au moins dans des maisons qui abritaient concurremment des soeurs et des frères de leur ordre.

C'est ainsi qu'en Angleterre, avant 1180, les commanderies de Hampton, de Standon, de Swingfield, de Gosford étaient mixtes, et qu'à cette date Henri II, roi d'Angleterre donna Buckland à l'Ordre, à condition qu'on y grouperait toutes les Soeurs hospitalières anglaises (2). L'état nominatif de celles-ci, qui nous est parvenu, montre qu'à chaque maison était attachée une ou au plus deux Hospitalières (3). Y remplissaient-elles les fonctions de lingères, d'infirmières, etc., dont l'exercice est plus particulièrement du ressort des femmes ? Cela paraît infiniment probable.

Les Hospitalières, soumises à la règle de S. Augustin et aux Statuts des Hospitaliers, reçurent un règlement, dont le type nous est donné par celui auquel furent astreintes les religieuses de Sigena en 1188, et qui resta toujours, malgré des modifications plus ou moins importantes et des réformes spéciales à tel ou tel monastère, la base fondamentale des maisons de femmes de l'Ordre. Les Soeurs, qui, comme le voulait leur nom, s'étaient adonnées à l'origine, de même que les chevaliers, au soin des malades, renoncèrent, en quittant la Terre Sainte, à ces fonctions et se consacrèrent exclusivement à la prière et aux oeuvres de piété. Chanoinesses régulières de S. Augustin, elles vivaient cloîtrées, élisaient leur prieure, s'administraient elles-mêmes, et relevaient soit directement du grand-maître, soit du prieur; mais, dans ce dernier cas, cette subordination fut l'occasion de contestations et de réclamations incessantes (4).

Parmi les couvents d'Hospitalières les plus anciens et les plus considérables, il convient de citer d'abord : en Espagne les maisons de Sigena et d'Alguayre, fondées respectivement en 1187 et 1250, qui subsistent encore aujourd'hui, et celle de Crisen, instituée en 1177 par une donation du roi d'Aragon ; en France l'hôpital de Beaulieu en Quercy, établi dans la première moitié du XIIIe siècle, donné à l'Ordre en 1259, qui s'honore d'avoir eu parmi ses religieuses sainte Flore (mort en 1299), celui de Martel, créé vers 1200 par les consuls de cette ville et annexé à Beaulieu en 1298, et celui de Fieux, dont la fondation remonte à 1297; en Angleterre le couvent de Buckland, dans lequel en 1180 le roi Henri II concentra les Hospitalières anglaises, et celui d'Acornbury, qui n'appartint que temporairement à l'Ordre dans le premier tiers du XIIIe siècle ; en Bohême la maison de Manetin, confirmée par bulle du pape Lucius III du 23 octobre 1183, et l'église N. D. de Prague, instituée avant 1188. En Italie, Gênes dès le premier tiers du XIIIe siècle, et Pise, illustrée par sainte Ubaldesca (mort en 1206), possédaient des établissements d'Hospitalières. On voit par ces quelques exemples que partout l'Hôpital entretenait des Hospitalières. Leur admission était prononcée par les prieurs, qui avaient seuls qualité pour apprécier si le refus d'admission des postulantes serait plus préjudiciable à l'Ordre que les avantages que leur réception lui procurerait (5).
Sources : Joseph Delaville Le Roulx. Les Hospitaliers en Terre Sainte et à Chypre (1100-1310). Paris, E. Leroux, 1904. In-8º, XIII-440 pages.
— Vous pouvez voir le livre dans son intégralité à cette adresse : Archives.Org

 

Les Notes

1. Pour tout ce qui concerne les Hospitalières, voir Cartulaire, I, les pages CCXXI-XXX.
2. Dugdale, Monast. Anglic, VI, 802-4. A l'origine les Hospitalières étaient toujours mêlées aux Hospitaliers dans les commanderies. Cette situation subsistait encore en 1194 à Schleswig (Danemark), à Hohenrain et à Tobel (Suisse) au XIIIe siècle, à Borken (Hanovre) en 1296.
3. Dugdale (Monast. Anglic, VI, 837) donne la liste suivante des soeurs transférées à Buckland : de Standon, Mélisende ; de Hampton, Jeanne ; de Carbroke, Basilia ; de Shengay, Amable et Amicie de Malketon ; d'Hogshaw, Christine ; de Gosford, Pétronille ; de Clanfield, Agnès.
4. A la fin du XIIIe siècle, Sigena lutta longtemps pour échapper à l'autorité du châtelain d'Amposte. Les phases de ces démêlés dominèrent pendant une quinzaine d'années l'histoire de ce monastère (entre 1293 et 1308).
5. Statuts de 1262, article 22 (Cartulaire, III, nº 3039).


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