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Templiers et Hospitaliers à Douai

Templiers ou frères de la Sainte-Milice du Temple ; Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; chevaliers de Rhodes et de Malte (1).

Commanderie de Douai
Département: Nord, Arrondissement et Canton: Douai - 59

Commanderie de Douai
Commanderie de Douai

L’ordre religieux et militaire des Templiers, ou frères de la Sainte Milice du Temple, ainsi appelé parce que leur première maison à Jérusalem était située auprès de l’emplacement du Temple de Salomon, fut établi en 1118 et confirmé par le concile de Troyes en 1128. Geoffroy de Saint-Omer et plusieurs autres chevaliers qui prirent part à sa fondation, appartenaient à la Flandre par la naissance. Geoffroy possédait à Ypres un vaste enclos qu’il donna « aux pauvres frères de la Milice du temple de Salomon » et qui fut le berceau de l’ordre en Europe (2).

Les templiers comptèrent bientôt un grand nombre de maisons dans nos provinces. Au moment de leur suppression, ils en avaient dit-on, deux à Douai. Malheureusement elles ont laissé peu de traces dans l’histoire. De ces deux maisons, l’une était un modeste hôpital que les frères du Temple possédèrent au plus quelques années ; l’autre, bien que plus importante, ne forma jamais qu’une succursale faiblement dotée, annexée à d’autres établissements plus considérables et destinée seulement à recevoir les membres de l’ordre dans leurs voyages ou à servir d’asile à ceux d’entre eux que leur âge ou leurs infirmités empêchaient de guerroyer.

Les Templiers s’entendaient mieux à manier l’épée que la plume, et si quelques-uns d’entre eux... Les autres avaient pris part à la fondation de la maison qui leur servait de retraite.

Ces mémoires auront été perdus à l’époque de la suppression. « C’est donc que par hasard et à l’occasion des relations d’intérêts de nos Templiers avec des particuliers ou d’autres communautés que se sont conservés, isolément et sans liaison, certains faits concernant les deux établissements de Douai (3). »

La plus ancienne et la plus considérable de ces deux maisons est celle de Notre-Dame. Thierry d’Alsace, comte de Flandre, la fonda, au mois d’octobre 1155, au-delà de la porte des Wetz, en des marécages formés par le débordement de la Scarpe et du ruisseau du Boulenrieu, et que l’industrieuse activité des religieux ne devait pas tarder à transformer (4). Il lui donna comme dot une charrue de terre (c’est-à-dire trente-six rasières), située à Sin-le-Noble, village de son domaine, et beaucoup de rentes foncières sur les courtils du marais douaisien, restés longtemps sous l’eau, et que des travaux récents avaient rendus productifs.
Les premiers chevaliers du Temple de Douai vinrent, sans doute, de la maison d’Arras, dont il paraît être toujours resté dépendant. Philippe d’Alsace, fils et successeur de Thierry, fut le second bienfaiteur de la maison de Notre-Dame. A la demande de Bauduin de Gand, son neveu (il était fils de Laurette, sa sœur aînée), commandeur de la baillie des maisons du Temple en Flandre, il lui donna tous les reliefs des fiefs qui dépendaient du château de Douai (chaque fief payait alors, pour droit de relief, dix livres parisis et le dixième denier de sa valeur à la vente), des terres à Dourges sur le Boulenrieu et le dixième de la dîme du Forest.

Plusieurs bourgeois joignirent leurs libéralités à celles des princes. En 1227, la veuve d’un chevalier ayant vendu à deux habitants de Douai des terres qu’elle tenait du seigneur de Lambres, celui-ci les déchargea de tout service de fief en faveur des chevaliers et à condition que les deux bourgeois leur paieraient une rente annuelle de cinq sols parisis (5).

Une fille dévote, nommée Marie de Férin, leur laissa en 1293, par son testament, une somme de quarante livres pour acheter, chaque année, dix-huit rasières de blé, et une autre de cent pour fonder trois messes à dire chaque semaine dans leur église, vingt sols au chapelain du Temple et dix à son clerc pour un oblit annuel. De plus, elle laissait au commandeur de la baillie du Temple une certaine somme d’argent avec laquelle il devait acheter une rente d’un demi-marc pour cet obit (6).

Différends avec l’échevinage
Plusieurs difficultés relatives à la juridiction eurent lieu, vers cette époque, entre la maison de Notre-Dame et l’échevinage. « Le précepteur (c’était le nom que prenaient les supérieurs des Templiers) de Notre-Dame prétendait exercer toute justice tant haute que basse, les droits de domaine et de juridiction sur les hôtes, pensionnaires et habitants qui occupaient des fonds de sa censive, entre les portes de la ville et la maison du Temple, ainsi que sur les fonds qui lui appartenaient dans la ville. Suivant les échevins, au contraire, toute justice, juridiction et domaine appartenaient, de plein droit, aux comtes de Flandre, et subsidiairement à eux, sur toutes les possessions du Temple, comme sur tous les autres héritages compris dans l’échevinage ; et ils s’appuyaient, pour soutenir leurs prétentions, sur un précédent qui pouvait toutefois, nous semble-t-il, recevoir une autre interprétation.

Cependant, « pour mettre fin à des querelles fâcheuses, nuisibles et fraïeuses entre voisins et amys », une transaction intervint entre le magistrat, d’une part, et, de l’autre, Frère Hugues de Pérault, précepteur, et les frères de la Milice du Temple d’Arras, capitulairement assemblés et agissant en tant que possesseurs de la maison de Douai qui n’est même pas mentionnée dans l’acte. Par cette transaction, les propriétés du Temple demeuraient soumises à la juridiction de l’échevinage, à l’exception de la maison et de ses dépendances, contenant en totalité un peu plus de six rasières, laquelle devait rester libre et indépendante à perpétuité, sauf les droits de haut domaine, de garde et de ressort. Comme compensation et indemnité des droits auxquels ils renonçaient dans l’intérêt de la paix, les frères du Temple reçurent une somme de cinquante livres parisis, avec laquelle ils achetèrent une rente à leur profit.
Les échevins promirent avec serment d’observer fidèlement ces conventions ; elles furent ratifiées par une lettre du comte Guy de Dampierre, du mois de janvier 1291 (7).
Comme le fait observer M. Guilmot, ce concordat ne dit rien du droit d’asile ; peut-être n’en est-il pas fait mention, parce que l’usage l’accordait alors à toutes les maisons religieuses. La chapelle du Temple jouissait de grands privilèges : ainsi l’interdit qui frappait le pays où la ville ne l’atteignait pas à moins qu’elle ne fût spécialement désignée (8).

En 1282, un combat eut lieu, dans l’enclos du Temple, entre Pierre de Douai, chevalier, et Jean de Wattines d’une part, et, de l’autre, les frères de la maison. Jean de Wattines fut tué. L’information de cette affaire fut confiée par le comte de Flandre, avec l’agrément des religieux, aux échevins de Douai, qui entendirent les témoins dans la maison du Temple d’Arras. Frère Raoul, templier de Douai, fut reconnu quitte de la mort de Jean de Wattines, qu’il n’avait tué qu’à son corps défendant, et le chevalier Pierre de Douai, pour avoir tiré son épée et poursuivi l’un des frères, fut condamné à dix livres d’amende (9).

Les bourgeois de Douai, qui voyageaient en Terre-Sainte, recevaient des frères du Temple toute espèce de bons offices. Les religieux les protégeaient, les assistaient dans leurs besoins et recevaient leurs dernières volontés qui étaient ensuite exécutées par les soins des frères de la maison de Notre-Dame. Ainsi, un Douaisien, Jean Legros, dit le Croisé, ayant fait son testament en Palestine, frère Jean du Temple délivra l’argent aux enfants du défunt, en présence des échevins, qui en donnèrent acte (10).

En 1281, frère Michel, chapelain des chevaliers du Temple, fut délégué par l’official de Reims à l’effet de révoquer des lettres accordées par la cour épiscopale d’Arras aux curés des paroisses du patronat de Saint-Pierre et contraires aux droits et privilèges des ordres mendiants (11).

Suivant une tradition rapportée par Gramaye, ce furent les Templiers qui facilitèrent l’établissement, à Douai, des Trinitaires qu’ils avaient peut-être connus en Terre-Sainte (12).

Peu après l’établissement de la maison de Notre-Dame, une grande partie du marais douaisien avait été entouré de palissades depuis cette maison, sur la ligne des fossés qui baignent actuellement le pied des remparts, jusqu’à une grosse tour, au pied de laquelle passait le canal qui coule derrière la rue St-Jean ; et ce marais avait pris, dès lors, le nom de Neuve-Ville. Les échevins ayant résolu de substituer des murs à cette clôture et de supprimer, pour n’en faire qu’une — la porte Morelle, qu’on appela d’abord la Porte-Neuve-du-Temple — les deux portes de Rieulay et du Temple (celle-ci se trouvait contre les fossés de la maison), achetèrent tous les terrains intermédiaires et prolongèrent la grande rue St-Jacques jusqu’à la porte, après que les Templiers eurent consenti à céder à la ville les rentes qu’ils avaient sur ces propriétés. Nous n’avons pas le traité passé à cette occasion entre les frères et les échevins ; mais nous voyons que, en 1311, il y avait déjà quatre ans que la ville avait aliéné ces rentes (13).
Cet acte fut probablement le dernier de ce genre que firent les Templiers de Douai.

Bientôt, en effet, éclata l’orage dans lequel ils devaient disparaître avec l’ordre tout entier. Avant de reproduire les détails trop rares et trop peu certains qui nous sont parvenus sur le procès de nos Templiers, nous devons dire quelques mots de l’autre maison qu’ils occupèrent, dit-on, à Douai, de l’hôpital Saint-Samson.

Hôpital Saint-Samson
Département: Nord, Arrondissement et Canton: Douai - 59

Douai possédait, depuis un temps considérable (14), un hôpital situé sur la paroisse Saint-Albin. Il fut réorganisé, au commencement du treizième siècle, par un enfant de Douai, Garin, ancien chanoine de Saint-Amé qui, par un singulier concours de circonstances, était devenu archevêque de Thessalonique (15). Il appela dans cet hôpital les frères de Saint-Samson de Constantinople (16), qui lui communiquèrent leur nom, et donna, soit à l’hôpital soit aux frères, la maison qu’il occupait alors qu’il était chanoine de Saint-Amé, — elle était située à l’entrée de la première porte d’Arras, proche la maison de Wagon Mahon (17), — plusieurs autres en différents quartiers de la ville, des terres dans les environs et des rentes foncières. Le fondateur avait, paraît-il, décidé que l’hôpital demeurerait toujours, au spirituel comme au temporel, soumis au chapitre de Saint-Amé.

A la même époque ou peu après, les chanoines de Saint-Amé, pour donner un nouveau développement à l’hôpital, achetèrent, le long de la rivière, un terrain sur lequel ils firent bâtir une maison spacieuse, où l’on entretint un certain nombre de malades (18).

Procès avec Saint-Amé
Malgré cela, les hospitaliers de Saint-Samson ne tardèrent pas à vouloir se soustraire à l’autorité du chapitre, en raison de leurs privilèges ; ils allèrent même jusqu’à refuser de rendre au curé de Saint-Albin les oblations qu’ils percevaient dans leurs chapelles, et de payer au chapitre de Saint-Amé la dîme de leurs terres. L’affaire alla si loin qu’elle fut portée au tribunal du souverain pontife : Grégoire IX, par un bref du 6 novembre 1236, chargea le doyen de l’église de Cambrai d’informer et de prononcer sur ce différend. Le chapitre présenta son Mémoire le 8 décembre de la même année (19). Le 14 novembre 1237.

Roger, doyen de la métropole de Cambrai, déclara que le Maître et les frères hospitaliers de Saint-Samson avaient restitué, en sa présence, les dîmes et les oblations réclamées par le chapitre et par le curé de Saint-Albin, et qu’ils avaient reconnu le patronat de Saint-Amé (20).

De nouveaux différends ne tardèrent pas à se produire, puisque nous trouvons une sentence, en date du lendemain de l’Epiphanie 1244 (7 janvier 1245), rendue par le même doyen de l’église cathédrale de Cambrai, qui relate et confirme la promesse faite par le Maître du même hôpital de ne plus placer cloche ni grosse ni petite dans sa maison, de ne plus enterrer de personne étrangère, enfin de ne plus recevoir ni dîmes ni offrandes dans les paroisses de Saint-Amé et de Saint-Albin (21).

Décadence de l’hôpital.
Les frères de Constantinople possédèrent et administrèrent paisiblement l’hôpital Saint-Samson pendant un certain laps de temps (22). Mais, vers 1300, cet établissement souffrit des ravages de la guerre qui désolait la Flandre. Ses revenus furent en grande partie absorbés par des dettes que l’on avait dû contracter : on ne pouvait plus trouver les moyens de subsister et de donner l’hospitalité aux pauvres selon les règles de la maison. En outre, les frères se trouvaient privés de tout secours du côté de leur grand-maître par suite du renversement de l’empire latin de Constantinople et de l’interruption des communications avec cette ville (23).

Cession de l’hôpital
En raison de tous ces embarras et sur l’avis de personnes prudentes qu’ils consultèrent, les Maître et frères de l’hôpital Saint-Samson comprirent que, pour ne pas compromettre les intérêts de la maison, ils devaient s’unir à une autre société religieuse, qui les aidât de ses ressources et leur permit de se recruter. Si nous tenions compte uniquement de la tradition et des documents relatifs au procès des Templiers qui nous occupera bientôt, tradition et documents qui placent les Templiers dans la maison de Saint-Samson à l’époque de l’abolition de l’ordre, nous dirions que la société religieuse à laquelle ils s’agrégèrent est celle de la sainte Milice du Temple : mais des pièces consultées par l’abbé Canquelain et dont rien ne nous permet de suspecter l’authenticité, nous interdisent cette supposition. Il résulte de ces pièces que les frères de Saint-Samson traitèrent, non pas avec les Templiers, mais avec les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (24). Ils conférèrent à l’ordre la possession de leurs biens, avec promesse d’obéir toujours au grand-maître, tant au temporel qu’au spirituel, de changer leur habit religieux, et de faire des vœux perpétuels, conformément aux statuts de ceux auxquels ils s’agrégeaient. Le 7 mars 1300, le frère Jacques de Calonne, procureur général de l’ordre, consentit à cette union par acte passé devant Adam de Valugon, notaire apostolique au diocèse de Thérouanne (25). Cette union fut confirmée par lettres patentes de Philippe-le-Bel, datées du même mois, et par une bulle de Clément V, du 10 mai 1310 (26).
Peu de temps après la conclusion de cette union éclata l’orage qui planait sur les Templiers.

Procès des Templiers
A cette époque, l’ordre de la sainte Milice du Temple avait atteint une prospérité extraordinaire. Il possédait, en Occident, neuf mille commanderies qui lui rapportaient environ 8.000.000 de livres, c’est-à-dire 112.000 millions de notre monnaie. Chassés de la Palestine, les Templiers se trouvèrent dans l’impossibilité de remplir les devoirs de leur vocation et furent exposés à toutes les conséquences d’une vie facile et inoccupée. De ces habitudes d’oisiveté à une décadence morale complète, il n’y avait qu’un pas. Ce pas fut-il franchi ? Tout semble l’indiquer. « Mais les accusations portées contre eux furent si diverses et la preuve en fut faite par des moyens si iniques, qu’on hésite à croire les faits les mieux démontrés (27) » Au reste, comme on l’a dit avec raison, il ne faut pas se flatter de résoudre les difficultés qui se présentent dans l’étude de cette grave affaire, et de trouver une réponse à toutes les objections qu’elle provoque. Le procès des Templiers aura toujours ceci de commun avec plusieurs autres grands procès inscrits dans l’histoire, d’être débattu selon deux systèmes extrêmes et beaucoup de systèmes intermédiaires (28). La seule chose parfaitement claire au milieu de tant d’obscurités, c’est que la cupidité fut le grand mobile du zèle que Philippe-le-Bel déploya dans cette affaire. Hâtons-nous d’ajouter que, même en regardant comme démontrée la corruption générale des Templiers, on ne serait pas obligé d’en conclure la culpabilité des frères qui habitaient dans nos murs. Leur éloignement du centre de l’ordre et leur pauvreté les plaçaient dans des conditions plus favorables à la moralité et à la vie religieuse.

On sait que, en vertu des ordres donnés par le roi, tous les Templiers furent arrêtés le même jour. Le procès s’instruisit lentement. Le pape qui, d’abord, avait suspendu les pouvoirs des archevêques, évêques, prélats et inquisiteurs, et avait évoqué l’affaire à son tribunal, finit par lever cette défense et par permettre aux ordinaires de procéder en toute diligence contre les religieux en se réservant néanmoins le droit de faire le procès au grand-maître et aux autres principaux officiers. Bientôt il adressa des bulles aux prélats français, désignant ceux qui devaient les assister dans l’instruction en chaque diocèse : deux chanoines, deux dominicains, deux frères mineurs (29).

Procès de Douai
Voici les détails qui nous sont donnés, sur le procès de nos Templiers par un document auquel nous avons déjà fait allusion et dont nous discuterons plus loin l’authenticité.

Le 13 octobre 1307, dans la matinée, le bruit se répandit à Douai, que les Templiers, tant de la maison de Notre-Dame que celle de Saint-Sanson, avaient été arrêtés par le bailli de la ville, son lieutenant et ses sergents, et qu’ils avaient été jetés dans la Vieille Tour. On apprit, quelques jours après, que tous les Templiers avaient été arrêtés le même jour dans toute la France.

La veille de la Saint-Amé, de l’an 1309, c’est-à-dire le 18 octobre, l’évêque d’Arras, Gérard, arriva à Douai pour officier, suivant l’usage, le jour de la fête, et alla loger dans le cloître, chez Jean de Marigny, prévôt de Saint-Amé, chanoine et chantre de l’église de Paris (30). Le même jour, après souper, il manda deux dominicains, les plus savants du couvent de Douai, le R. Robert, lecteur en théologie (31), et le P. Wauthier, inquisiteur de la foi (32). Ils trouvèrent auprès de lui Jean Mulet, chanoine de Saint-Pierre et de Saint-Amé et prévôt de Béthune, frère Venant de Dechy, gardien des frères mineurs de Douai et Henri Lanoris, clerc du diocèse d’Arras, notaire impérial. Quand ils furent réunis, il leur annonça qu’il s’était rendu à Douai pour informer contre les frères de la Milice du Temple, et que, d’après les pouvoirs qu’il avait reçus, il les choisissait pour l’assister et le suppléer au besoin : il ajouta que l’instruction de l’affaire se ferait le 20 du même mois à une heure, dans la basse-cour du château.

Le 20, à l’heure marquée, l’évêque produisit des lettres de Clément V qui lui ordonnaient d’informer, avec les hommes pieux qu’il avait choisis, touchant les dérèglements (pravitate) des Templiers, dans toute l’étendue de son diocèse. On exhiba ensuite aux commissaires une longue série d’articles sur lesquels ils devaient interroger les frères.

Bientôt les sergents du bailli de Douai amenèrent devant le tribunal, les Templiers retenus en prison depuis deux années entières : c’étaient Pierre de Montigny, du pays d’Artois ; Jean de Wasquehal, du pays de Pevèle ; Simon Godin du Cambresis ; Jean Dupont, de l’Ostrevent ; Melin Delpire du Tournaisis, tous quatre de la maison de Notre-Dame, et Henri Meerstraet, de la maison de Bruges, qui, au moment de son arrestation, était de passage à Douai, et se dirigeait vers la mer. Quatre frères avaient été arrêtés dans la maison de Saint-Samson : c’étaient Hugues de Coligny, bourguignon, Jean Piau et Jean Potin, l’un et l’autre de l’Artois, et Jacques le Felon, de la banlieue de Douai.

Après lecture des lettres apostoliques et des articles ci-dessus mentionnés, l’évêque d’Arras fit aux accusés un discours sur la conduite qu’ils avaient à tenir : il insista en particulier sur l’obligation de dire la vérité, puis il les renvoya en prison.

Le lendemain, 21 octobre, le tribunal fit venir frère Hugues de Coligny, maître de la maison du Temple de Saint-Samson, lequel, après avoir prêté serment, interrogé sur les quatre premiers articles relatifs au reniement du Christ, nia tout leur contenu.

Relation du P. Wauthier
Voilà les seuls détails qui nous aient été transmis sur le procès de trois Templiers. Ils sont empruntés à une Relation qui fut, dit-on, écrite plusieurs années après l’événement par le P. W. (Wauthier), dominicain, l’un des commissaires nommés par l’évêque Gérard, et envoyés par le P. R. (Robert ?), Prieur des Dominicains de Douai, à Pierre de Capis, évêque d’Arras, qui l’avait demandée (33). Le prieur, dit la lettre d’envoi jointe à la pièce, avait eu une peine extrême à déterminer le P. Wauthier à écrire cette Relation ; il lui semblait que c’était violer un secret ou du moins renouveler la douleur de plusieurs (34). Cependant il avait fini par accéder au désir manifesté par l’évêque, mais à condition que celui-ci ne communiquerait à personne son Mémoire.

La lettre d’envoi et le fragment contenant les détails que nous avons reproduits plus haut auraient été retrouvés, à la fin du siècle dernier, par un P. Dominicain qu’on ne nomme point, chargé, après l’incendie de 1775, de mettre en ordre les Archives du couvent et communiqués par lui à M. Guilmot, qui les fit entrer dans son intéressant Mémoire sur les Templiers. Ces documents doivent-ils être acceptés comme authentiqués, ou faut-il y avoir l’œuvre de quelque amateur, qui aura voulu suppléer au silence de l’histoire sur la destinée de nos Templiers ?

Il semble qu’un faussaire qui se serait donné la peine de fabriquer ces documents ne serait pas arrêté si tôt en chemin, et qu’il nous aurait fourni des renseignements précis sur le cours et l’issue du procès. D’autre part, le dominicain, auteur de la découverte, n’est pas nommé ; on ne dit pas où les deux pièces étaient conservées, ni ce qu’elles sont devenues ; en outre, on a relevé une ou plusieurs erreurs dans les noms attribués aux membres de la commission épiscopale (35) ; la composition de cette commission n’est pas entièrement conforme aux instructions pontificales, puisqu’on n’y voit figurer qu’un frère-mineur au lieu de deux ; enfin, ce qui est à nos yeux un argument beaucoup plus grave que les précédents, le document que nous examinons suppose la présence à l’hôpital Saint-Samson des frères du Temple que les pièces vues et citées par l’abbé Canquelain ne nous permettent pas d’y placer. Malgré cette difficulté sérieuse, nous ne voulons émettre qu’un doute, et nous n’avons pas la prétention d’infirmer la valeur des documents, d’ailleurs intéressants, qui nous ont été transmis par M. Guilmot.

Issue du procès
Quel fut le sort de nos Templiers ? Plouvain, dans ses Souvenirs, dit que, malgré les efforts de Jean de Marigny, qui sans doute, avait reçu, en courtisan docile, les instructions de Philippe-le-Bel, l’inquisiteur le P. Wauthier, secondé par les intentions bienveillantes de l’évêque Gérard, parvint, en mai 1309, à faire mettre en liberté les prisonniers qui furent ainsi à l’abri des tortures et du bucher réservés à un grand nombre de leurs confrères (36). Ces dires de M. Plouvain, qu’il n’est malheureusement pas possible de contrôler, doivent être acceptés comme vraisemblables. Ainsi que M. Guilmot le fait observer avec raison, le supplice des Templiers, s’ils avaient été condamnés, aurait laissé des traces dans les Registres de l’Hôtel-de-Ville et dans le Codex Argenteus de Saint-Amé, où l’on notait les événements les plus remarquables arrivés en la ville et surtout ceux qui se rattachaient à l’ordre religieux (37).

Outre les membres de l’ordre qui se trouvaient à Douai à l’époque où les poursuites commencèrent, il en est quelques autres dont nous devons parler en raison des rapports qu’ils avaient avec notre ville. Nous trouvons parmi les Templiers qui furent jugés à Paris un frère Philippe, de Douai, (de Duaco), au diocèse d’Arras, ainsi nommé sans aucun doute parce qu’il était enfant de notre cité. Il n’était que frère servant. Il comparut devant la commission épiscopale le lundi 9 février 1310, avec un certain nombre de frères des diocèses de Tournai, de Cambrai et d’Amiens. Interrogé tant séparément qu’avec ses frères, il répondit qu’il voulait défendre son ordre tel qu’il était lorsqu’il y avait été reçu, et qu’il en avait toujours observé les règles, et demanda qu’on lui permît de recevoir les sacrements de la sainte Eglise, comme bon et fidèle chrétien (38). Au mois de mars, il comparut de nouveau devant la commission. Le jeudi 2 avril, on lui demanda s’il consentait à ce que des procureurs fussent nommés pour la défense de son ordre : il s’y refusa conjointement avec un certain nombre de ses frères qui comparaissaient en même temps que lui, et déclara qu’il réclamait le droit de la défendre par lui-même en personne et par tous moyens, tel qu’il l’avait embrassé et que le Saint-Siège apostolique l’avait approuvé (39). Voilà tout ce que les documents actuellement publiés par M. Michelet nous apprennent sur le compte de notre compatriote.

L’ordre des Templiers fut supprimé dans le concile de Vienne, le 3 avril 1312. On sait que le pape s’était réservé le jugement des principaux officiers de l’ordre ; parmi eux, il en est un que nous connaissons : nous voulons parler d’Hugues Péraud, qui avait pris part, en qualité de précepteur de la maison d’Arras, à la convention passée en 1290 avec les échevins de Douai, et qui était, à l’époque où il fut arrêté, visiteur du prieuré de France. Ayant persisté dans ses aveux, il échappa à la mort, et fut condamné à une prison perpétuelle (40).

Biens des templiers
Le pape, par la bulle qui supprimait l’ordre des Templiers (elle ne fut expédiée que le 2 mai 1312), attribuait ses biens à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Malgré l’interdit porté contre tous ceux qui auraient osé s’en emparer, ces religieux durent faire de grands efforts pour les recouvrer (41).

Des historiens prétendent que Philippe-le-Bel se contenta de retenir une partie des biens immeubles des Templiers pour couvrir les frais du procès. Toutefois, grâce sans doute à la connivence du vidame d’Amiens qu’il avait chargé de la garde des biens que l’ordre possédait en Flandre (42), il conserva d’abord la jouissance des revenus de la maison de N. Dame. On voit, en effet, que des bourgeois s’étant plaints aux chevaliers de St-Jean de Jérusalem de ce que leurs rentes foncières avaient été portées au-delà du taux ancien, il leur fut répondu que cela s’était fait à l’époque où les biens des Templiers étaient entre les mains du roi (43). Au reste, ils ne prirent possession de la maison de N. Dame qu’après la mort de Philippe-le-Bel, qui arriva le 29 novembre 1314 (44).

Les maisons de Notre-Dame et de Saint-Samson ayant continué, après la suppression des Templiers, à appartenir à une congrégation religieuse, nous nous sommes crus obligés de recueillir aussi les faits qui se rattachent à cette partie de leur histoire. Ici encore il nous suffira le plus souvent de de suivre pas à pas M. Guilmot.

Les chevaliers de St-Jean à Notre-Dame
L’importance de la maison de Notre-Dame ne fit que s’amoindrir sous les frères hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, qui prirent, en 1310, le nom de chevaliers de Rhodes et, en 1530, celui de chevaliers de, Malte.

Différends avec l’échevinage
Le premier siècle de leur résidence à Douai paraît n’avoir pas laissé de traces dans nos annales. En 1424, ils eurent une contestation avec les échevins à l’occasion d’une barrière fixe, nouvellement établie, qui les privait d’un droit de passage qu’il leur importait de conserver : cette affaire se termina par une transaction.

En 1430 et 1432, de nouvelles difficultés se produisirent au sujet de la juridiction : nous voyons intervenir, dans cette affaire et dans plusieurs du même genre, le frère Guillaume Caoursin, commandeur de l’ordre, dont il défendit courageusement les intérêts. Il mourut le 24 août 1455 et fut enterré dans la chapelle.

Le 5 juillet 1810, on retrouva sa pierre tumulaire : c’est une grande pierre bleue, sur laquelle il est représenté en habit de chœur et les mains jointes (45).

Les chevaliers paraissent avoir abandonné le Temple, comme maison d’habitation, sous Jean de Ladain, commandeur et procureur du Temple de Douai (il était commandeur en 1485). Ce fut probablement à cette époque que le Temple fut converti en ferme : antérieurement déjà, il paraît avoir été rattaché à la commanderie de Haut-Avsene (46).

« Le mauvais état dans lequel le Temple se trouvait après le départ des chevaliers de Rhodes détermina, sans doute, les échevins à exécuter le projet qu’ils avaient formé antérieurement, d’établir, sur une partie de leur terroir, les fortifications que réclamait la sûreté de la ville. En 1623, frère Nicolas de la Fontaine, surnommé Ognon, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (on lui donne encore ce nom), commandeur de Haut-Avesnes, adressa aux archiducs une requête par laquelle il réclamait une indemnité : cette requête fut communiquée aux échevins, le 26 mai 1613 (47). Le magistrat fit observer que Charles-Quint, en prescrivant les travaux des fortifications de Douai, avait expressément marqué qu’aucune indemnité ne serait accordée aux possesseurs des terrains expropriés. Les archiducs prononcèrent en ce sens ; mais ils dédommagèrent le commandeur de Haut-Avesnes par des privilèges particuliers (48).

De 1710 à 1712, pendant l’occupation de la ville par les armées alliées, la petite chapelle du Temple (49) servit aux protestants pour leur prêche : le peuple l’appela la chapelle des Huguenots (50). Après la délivrance de la ville, elle fut rendue au culte catholique, et on y dit la messe jusque vers 1762, époque à laquelle elle fut convertie en grange (51). Les biens de l’ordre de Malte ayant été confisqués en exécution de la loi du 19 septembre 1792, la maison du Temple fut aliénée vers 1795. L’acquéreur fit comprendre dans le contrat la petite place du Temple (52)

La maison de Notre-Dame-du-Temple avait une forme elliptique ; elle était entourée par un large fossé dont quelques parties se voient encore actuellement. A l’est du corps-de-logis se trouvait la petite église gothique, bâtie en grés taillés et couverte en pannes plates : à l’intérieur, les murs étaient couverts de peintures à fresque assez grossières, dont quelques fragments sont conservés au Musée de la ville (53).

La chapelle du Temple fut démolie en 1843. A cette époque, le Temple ayant été vendu, l’acquéreur de la partie occidentale qui comprenait l’ancienne porte d’entrée, la fit restaurer et y plaça, à l’intérieur, une pierre sculptée, aux armes de l’ordre de Malte, pour tenir lieu de celle qu’on y voyait antérieurement (54).

Destinées de l’hôpital Saint-Samson
L’histoire de l’hôpital de Saint-Samson, sous les chevaliers de Saint-Jean, ne présente guère plus d’intérêt que celle de la maison de Notre-Dame-du-Temple : aussi nous nous bornerons à indiquer rapidement les faits principaux.

Les frères de Saint-Jean de Jérusalem de la maison de Saint-Samson eurent, à plusieurs reprises, des contestations avec les échevins. En vertu des privilèges particuliers de leur ordre ou des privilèges que possédaient, à cette époque, tous les corps religieux, ils aspirèrent à former une seigneurie et une juridiction indépendantes. Pour y arriver, ils suscitèrent aux échevins de nombreuses difficultés, ainsi qu’on les obligea d’en convenir dans le préambule d’une transaction qui intervint entre les parties, le 17 février 1427, et qui leur faisait de larges concessions (55).
En 1524, le 16 février, un incendie dévora la grange de l’hôpital (56).

L’hôpital de Saint-Samson avait été destiné, dans le principe, à recevoir des malades. On l’affecta ensuite aux pèlerins ; puis, les pèlerinages diminuants, on y reçut les voyageurs pauvres. Chaque soir, huit pauvres étaient admis a y passer la nuit. La veille des jours de réjouissance, de la saint Martin, de la nouvelle Année, des Rois, du Carnaval, on leur permettait d’aller de par la ville demander l’aumône, en sonnant de la clochette et en criant : « Donnez l’aumône aux pauvres de l’hôpital Saint-Samson. » Cet usage, qui entraînait après lui de graves inconvénients, déplut à un nouveau commandeur de l’ordre, le frère Lenepveur, qui arriva à Douai en 1563. Il en prit prétexte pour fermer l’hôpital, vendre les meubles et changer la disposition de la maison. Les échevins la firent rouvrir par un huissier, et le frère Lenepveur finit par rétablir les choses dans l’ancien état (57).

Difficultés avec les échevins
En 1574, de nouvelles difficultés eurent lieu entre l’échevinage et l’ordre de Malte au sujet de la juridiction sur la maison de Saint-Samson. Le nommé Claude Legois, servant d’armes de l’ordre et commandeur de Saint-Samson, ayant été accusé de crimes abominables, le grand prieur de France demanda qu’il lui fût remis, en vertu des privilèges de l’ordre, pour être jugé par les chevaliers. Les échevins refusèrent et firent sanctionner leur refus par le prince. Jean Legois fut jugé par les échevins et les officiers de la Gouvernance réunis, et condamné au dernier supplice. Après sa condamnation, il fut remis aux officiers de l’ordre pour être exécuté (58).

Suivant M. Guilmot, la commanderie de Saint-Samson fut réunie, vers 1586, à celle de Haut-Avesne, à laquelle était déjà annexée la maison de Notre-Dame (59). Au contraire, si nous en croyons l’abbé Canquelain, elle subsista indépendante jusqu’en 1598 ; à cette époque, les revenus de la maison se trouvant considérablement diminués, on fut hors d’état de payer les redevances ordinaires au trésor général de l’ordre, et le grand-maître, frère Martin de Garzes, annexa cette commanderie à celle de Laigneville, pour n’en faire qu’une désormais avec le membre de Soignies, en Brie (60).

Le 4 septembre 1593, le magistrat, conformément à une sentence rendue le 2 septembre 1566, ordonna au fermier ou amodiateur de la commanderie de Saint-Samson de prendre les dispositions nécessaires pour remplir les intentions du fondateur. Voici les termes mêmes de l’ordonnance : « At esté ordonné à M. Nicolas Lombart, fermier et admodiateur de Saint-Sampson, de, en dedans huit jours, faire raccomoder, en l’hôpital dudit Saint-Sampson, quatre lits bien et suffisamment estofés pour le logement des passants, en leur administrant potage, feu, lumière et aultres choses anciennement fondées (61) et, au surplus, entretenir la fondation dudict hospital, en tous ses poincts, en suyvant la sentence signifiée, en date du 2 septembre 1568, par...., du depuis mise à exécution par...., à peine qu’il y sera pourveu par telle voye de justice, comme il se trouvera convenir. (62) »

Fermeture de l’hôpital
L’abbé Canquelain doute que cette ordonnance du Magistrat ait reçu son exécution. M. Guilmot suppose, au contraire, que l’hôpital subsista longtemps encore, et qu’il ne fut supprimé que par l’effet des déclarations d’août 1671 et janvier 1686, qui défendaient les pèlerinages hors du royaume (63). Nous croyons devoir donner, sous ce rapport, raison à M. Guilmot contre Canquelain ; car Buzelin, auquel on peut s’en rapporter en toute sécurité pour les faits contemporains, met Saint-Samson au nombre des hôpitaux qui, de son temps, étaient ouverts aux malheureux (64).

Depuis sa fermeture, la maison de Saint-Samson, rebâtie à neuf et louée à des particuliers, était retombée dans la catégorie des habitations d’ordinaires et ne s’en distinguait que par une chapelle alignée au cordon des maisons voisines (65). On y disait la messe tous les dimanches, usage qui subsista jusqu’à la révolution ; le P. Ignace nous apprend qu’on y faisait aussi le catéchisme l’après-dîner des dimanches et des fêtes (66).

A la révolution, l’hôpital de Saint-Samson fut confisqué par l’Etat comme appartenant à l’ordre de Malte. On le vendit en 1795 ; peu de temps après, il fut remplacé par des maisons particulières (67).

L’ordre de Malte possédait, à Douai, dans la rue du Ganteleu, une autre propriété à usage de ferme qui fut confisquée à la même époque, et sur laquelle on trouve des renseignements dans le P. Ignace (68).
Sources : M. DANCOISNE (Abbé). Mémoires de la Société centrale d’agriculture, sciences et arts du département du Nord. Tome IX. 1866-1867. Douai 1868. BNF

Notes
1. Nous avons fait, dans cette notice, des emprunts nombreux et considérables au savant Mémoire de M. Guilmot sur les deux maisons du Temple de Douai : nous le citons d’après la belle copie autographe qui appartient à M. Dancoisne, d’Hénin-Liétard. Le Mémoire de M. Guilmot a été reproduit en partie par M. Dubois-Druelle, Douai Pittoresque, 49-58.
2. Ipérius, Chronic, page 627.
— Malbrancq, De Morinis.
3. Guilmot, Mémoire, page 1.
4. In loco nuper aqua et arundine circumcincto, nunc satis amoeno. Archives Municipales, pièce cotée M, apud Guilmot, note 1.
— Plouvain, Souvenirs, page 478.
5. Guilmot, page 3.
6. Archives Municipales, Testament en chirographe, avril 1273. Guilmot, page 3.
— Voir sur le site de Wikipédia : chirographe
7. Archives Municipales. Layette 237. (Pilate-prévost, Table chronologique, n° 1291.)
8. Guilmot, page 6.
9. Archives Municipales, Reg. K, fol. 1.
— Guilmot, page 6 et 7.
10. Archives Municipales, Reg. aux bans et édits, fol. 35, apud Guilmot.
11. P. Polit. Fondai, des couvents de Ste-Croix, etc., page 21. Voir plus bas Dominicains.
12. Gramaye, Duacum, page 207.
13. Archives de l’Hôpital-Général Comptes de l’Hôpital des Trouvés. 1309-1335, apud Guilmot, page 7.
14. Depuis un temps immémorial, dit un Mémoire de Saint-Amé contre les frères de l’Hôpital Saint-Samson, en date du 7 décembre 1236. (Archives Département. Fonds de Saint-Amé, original en latin.) Cette hypothèse de l’ancienneté de l’hôpital peut seule expliquer les prétentions opposées des deux parties dans le procès dont nous parlerons plus bas, prétentions constatées par les pièces originales.
15. Voir, au Supplément n° 11, une notice détaillée sur l’archevêque Garin. L’abbé Canquelain, en parlant de cette fondation, dit qu’elle fut faite par Guillaume, archevêque de Thessalonique : il est probable que l’original ne désignait le donateur que par la première lettre de son nom G., (ainsi qu’on le voit souvent dans les actes de cette époque), et que, dans une copie récente, on aura substitué arbitrairement à l’initiale le nom de Guillaume.
16. L’hôpital de Saint-Samson de Constantinople, situé non loin de l’église Sainte-Sophie, avait pour fondateur un saint personnage du nom de Samson, aussi distingué par sa vertu que par sa naissance. Rien n’indique qu’il ait été évêque, comme le suppose Buzelin, Gallo-Flandre, page 441.
Il est difficile de déterminer l’époque à laquelle il vécut : quoiqu’il en soit, il parait que Justinien augmenta la fondation.
Les croisés, à leur arrivée à Constantinople, s’emparèrent de l’hôpital de Saint-Samson, et substituèrent des latins aux grecs qui le desservaient. Une lettre d’Innocent III, (lib. XIII, cap. 17), confirme la donation faite par Henri, empereur de Constantinople, d’un château au précepteur et aux frères de l’hôpital Saint-Samson de cette ville. Le chroniqueur Jacques de Vitry, Histoire Occident, cap. XXIX, met cette maison au nombre des établissements « agréables à Dieu, non moins qu’utiles aux voyageurs et aux malades, » que renfermait la ville impériale. Nous ne voyous pas qu’elle ait fondé en France d’autre colonie que la nôtre. On peut consulter, touchant Saint-Samson de Constantinople, le bel ouvrage de Ducange, Constantin. Christiana, in-folio, 1680, page 164, qui sert de supplément à la Byzantine.
17. Mémoire du chapitre Saint-Amé, déjà cité.
— Plouvain ne détermine pas la date de la donation Garin ; il hésite entre la fin du 12e siècle et le commencement du 13e, Guilmot lui assigne la date de 1224. Elle est antérieure de quelques années ; un titre conservé au siècle dernier dans les Archives de la Commanderie de Saint-Samson, (peut-être l’acte original de donation), lui assigne la date précise de juin 1218. Canquelain, page 1557,
18. Même Mémoire. L’abbé Canquelain ajoute ; « On voit encore aujourd’hui le pont de pierre au moyen duquel on communiquait de l’hôpital de Saint-Samson avec cette maison que le chapitre avait achetée et réunie audit hôpital, qu’on croit être le jardin de la maison qu’occupe M. de Chantraine. » Ibid., page 1556.
19. C’est le Mémoire que nous avons plusieurs fois mentionné.
20. Archives département. Fonds de Saint-Amé.
— Guilmot, page 8.
21. Archives départementales, ibidem Voir une traduction ancienne de cette sentence dans les Notes historiques sur les hôpitaux de Douai, par M. Brassart, page 352-353.
22. Plusieurs actes de cette époque parlent de l’hôpital de Saint-Samson. Ainsi Guillaume de Groy, par son testament de mars 1269, donnait 20 sous parisis aux malades de Saint-Samson, Guilmot, Mémoires, page 8 ; le chanoine Li Blas, dans sa donation de 1557 aux Trinitaires, leur substituait les frères de Saint-Samson, dans le cas où ils auraient quitté la ville ou cessé de mener une vie régulière. Archives départementales, Fonds des Trin. Voir, sur la donation Li Blas, Trinitaires.
23. Canquelain, page 1558.
24. Canquelain, page 1558. Chose singulière : M. Guilmot, dans son Mémoire, parle longuement de la maison de Saint-Samson, il y montre les Templiers à l’époque du procès qui aboutit à la suppression de l’ordre, et il ne se préoccupe aucunement de savoir à quelle époque et de quelle manière les Templiers y furent substitués aux frères de Constantinople.
25. Canquelain, Ibid.
— Il est cité par M. Brassart, Ibid., page 209-210.
26. Canquelain, Ibid.
27. Cantu, Histoire Univers., traduction française, 2e édit., tome XII, page 174.
— « Une chose digne d’attention, dit M. Michelet, c’est que, dans les interrogatoires qui ont été publiés, les dénégations sont presque toujours identiques comme si elles étaient dictées par un formulaire commun, et que, au contraire, les aveux sont tous différents, variés de circonstances spéciales, souvent très-naïves, qui leur donnent un caractère particulier de véracité. Le contraire devrait avoir lieu si les aveux avaient été dictés ou arrachés par la torture ; ils seraient à peu près semblables, et la diversité se retrouverait plutôt dans les dénégations. » Michelet, Procès des Templiers, Préface, tome II, page VII-VIII.
28. Malier, Histoire critique du Gnosticisme, tome III, page 340.
29. Hélyot, Histoire des ordres monastiques, édit. Migne, tome III, page 616417.
— Société d’Agriculture. — 2e série I. IX. 43
30. Frère d’Enguerrand de Marigny et de Philippe, d’abord évêque de Cambrai, puis archevêque de Sens, Jean de Marigny devint, dans la suite, évêque de Beauvais et archevêque de Rouen. Guilmot, Mémoire, not.
31. Nous croyons devoir substituer le mot lectorem à celui de rectorem, donné par le texte que nous traduisons.
32. Le P. Wauthier, désigné seulement par l’initiale W. dans la Relation à laquelle nous empruntons ces détails, nous est connu comme ayant pris part au concordat passé entre le couvent des Dominicains et le chapitre de Saint-Pierre. P, Petit, fondât des Couvents de Ste-Croix, etc., page 20.
33. Il fut évêque d’Arras de 1319 à 1327 ; ce qui nous permet de fixer approximativement l’époque où cette Relation a été écrite, supposé qu’on puisse la considérer comme authentique.
34. Guilmot, Mémoire, page 10.
35. Ainsi on a fait observer que Mulet, prévôt de Béthune, s’appelait Jacques et non Jean, comme le porte la Relation. Voir au Supplément n° 12, le texte latin de la relation du P. Wauthier.
36. Plouvain, Souvenirs, page 480. Remarquons que ces renseignements donnés par Plouvain, qui n’indique pas ses sources, ne concordent pas avec ceux donnés par M. Guilmot. Le procès des Templiers n’ayant commencé qne le 20 octobre 1309, d’après les documents cités par M. Guilmot, il est impossible qu’ils aient été mis en liberté dans le mois de mai de cette année.
37. Guilmot, page 11.
38. Michelet, Procès des Templiers, tome I, page 60.
39. Responderunt quod nolunt, sed quilibet pro se in propria persona vult corpore et ceranima ordinem defendere ; prout traditus fuit eis et per sedem apostolicam confirmatus. Ibid., page 131.
40. Il mourut misérablement : les partisans de l’ordre virent dans l’accident qui termina ses jours une punition des aveux par lesquels il s’était soustrait au supplice.
41. Collect. Concil., Paris, 1671, tome X, page 2, col. 1564.
42. Kervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, tome II, page 160.
43. Archives Municipales, apud Guilmot.
44. Guilmot, Mémoires, page 11.
— On trouve aux Archives départementales des pièces qui constatent la transmission aux frères de Saint-Jean de Jérusalem des biens des Templiers de Flandre. Cfer Kervyn de Lettenhove, Ibid., note.
45. Un autre Guillaume Caoursin, né à Douai, devint vice-chancelier de l’ordre : il fut dispensé de ses vœux et se maria ; il mourut en 1501. Il avait rempli plusieurs missions en Italie et composé différents ouvrages, dont le plus remarquable est une Relation du siège de Rhodes en 1480. (Voir sur ce Guillaume Caoursin, buzelin, Gallo-Flandrin, page 548 ; Didot, Biographie générale, tome VIII, etc.).
— M. Duthilloeul, Douai ancien et nouveau, page 157, parait avoir confondu ces deux personnages : rien, à notre connaissance, ne prouve que celui qui mourut en 1455 soit né à Douai, ni qu’il ait été un habile diplomate.
— Sur ce tombeau, voir Plouvain, Souvenirs, page 480, M. Brassart, Notes sur les Hôpitaux, etc., page 212, Guide de l’Etranger a
Douai, page 43.
46. M. Guilmot, Etat ecclésiastique, page 36, dit que cette maison et les biens qui en dépendaient furent réunis à la Commanderie de Piéton : nous ne savons où il a puisé cette indication qu’il ne nous a pas été possible de contrôler et à laquelle il ne fait pas allusion dans son Mémoire.
47. Archives Municipales, Layette 227.
— Pilate-Prevost, Table Chronologique, n° 1880.
48. Guilmot, Mémoire, page 15-17.
49. M. Guilmot, Etat ecclésiastique, dit qu’elle avait été rebâtie en 1229.
50. P. Ignace, Mémoires, tome IV, page 230-231.
51. Guilmot, Mémoires, page 17.
— Plouvain, Souvenirs, page 481.
52. Guilmot, Mémoires, ibidem
53. Duthilloeul, Douai ancien et moderne, page 157.
— Nouveau Guide de l’Etranger dans Douai, page 122-124.
— M. Dubois Druelle, Douai pittoresque. Voir, en particulier, les planches X, XI et XI bis.
54. Duthilloeul, ibidem
55. Guilmot, Mémoire, page 18.
56. Plouvain, Souvenirs, page 345.
57. Guilmot, Mémoire, page 20-21.
58. Archives Municipales, liasse 237.
59. Guilmot, Mémoire, page 20-21.
60. Canquelain, page 1560.
61. Archives municipales. Des copies défectueuses portent lumière, rotie, choses anciennement fondées.
62. M. Brassart, Notes, etc. Pièces justificatives, page 353-354.
63. Six et Plouvain, Collections d’Arrêts, tome I, page 665.
— Guilmot, Mémoires, page 21.
64. Buzelin, Gallo-Flandre, page 441.
— Cfer P. Martin l’Hermite, page 672, not.
65. Guilmot, ibidem.
66. P. Ignace, ibidem, page 243.
67. Plouvain, Souvenirs, page 481.
68. Ce passage du P. Ignace est reproduit dans Duthilloeul, Douai ancien et moderne, page 31.

Sources : M. DANCOISNE (Abbé). Mémoires de la Société centrale d’agriculture, sciences et arts du département du Nord. Tome IX. 1866-1867. Douai 1868. BNF

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