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Commanderie de Caignac

1. — Caignac
Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Toulouse - 31

Domus Hospitalis Caignac
Domus Hospitalis Caignac

Sur les hauts plateaux du Lauragais, à peu de distance de de la commanderie de Renneville, se trouve le petit village de Caignac, dont aujourd’hui l’humble aspect dénué de tout caractère, ne répond guère à l’importance que lui attribuent ses anciennes et intéressantes archives. Au commencement du XIIe siècle, dans le territoire appelé Caniag, s’élevait une église dont le dîmaire appartenait aux seigneurs de Laurac, sans doute ses fondateurs ; tout autour de ce sanctuaire, le territoire avait été érigé en Salvetat, c’est-à-dire en lieu de franchise. Vers 1136, Guillebert de Laurac, sa femme dame Nave et leurs fils, Guillebert, Sicart, Gausbert et Hugues, donnèrent à l’Hôpital, représenté par Raymond de la Bruguière et Izarn de Puysuiran, leurs droits sur cet honneur, en réservant pour les habitants leurs privilèges, qui consistaient « à ne rien payer à leurs seigneurs pour leur avoine, leur paille, leurs œufs, leurs fromages, leurs légumes, leurs bœufs, en un mot pour tout ce qui servait à leur subsistance, et à ne leur faire ni corvée, ni charroi; » les Hospitaliers s’engageaient de plus à être les défenseurs de cette ville. En même temps, Pierre de Goireville et sa famille cédaient à l’hôpital leur portion de droits « sur cette église, ses dîmes, son cimetière, les offrandes qui y étaient faites, toute la partie inculte et déserte du territoire, une redevance de 4 deniers tolsas, d’un setier d’avoine et d’un repas pour deux chevaliers et deux clercs sur chaque casal, les droits de justice, de forge et de four de la ville, les eaux, les herbes et les bois de Caniag. »
Exemple que s’empressèrent de suivre les autres seigneurs de cette localité, Bernard Mir de Laurac, Wilhelm-Pons de la Tour, Bernard de Belpech, Bernard de Gibel (1).
1. Pièces justificatives, n° XXXI.

Les archives mentionnent ensuite une assez longue série de donations, parmi lesquelles nous nous contenterons de citer celle que Beg de Galmont et Matfred, firent entre les mains de Bernard d’Azillan, seigneur de la maison de Caignac, le premier, « en échange d’un cheval sellé et harnaché, du prix de dix sols toisas » ; le second, « pour réparer les torts qu’il avait fait éprouver à Bernard de Puysuiran, Prieur de l’hôpital en lui enlevant 60 sols melgoriens (1147) (2), et celle que fit en 1166 le chevalier Arnaud Guillaume, de tous les vassaux qu’il possédait à Caignac, en présence de Domn. Dominique, abbé de Boulbonne et de ses frères Guillaume et Augier de Galmont (3).
2. Archives de Caignac, L. I.
3. Archives de Caignac, L. I.


Grâce à ces nombreuses libéralités, les Hospitaliers se trouvaient ainsi avoir l’entière possession de la ville et du territoire de Caignac. Mais, malgré la donation si complète qui leur avait été faite par Guillebert de Laurac, ils se trouvaient encore sous la suzeraineté de cette famille puissante qui était à la tête de tout le pays. C’est ce que nous apprend une charte concédée par Sicard de Laurac fils du précèdent et par ses propres enfants Sicard, Guillaume-Pierre, Guillabert et Hugues Bouafoz. Ils confirment la donation de 1136 et octroient au Prieur Gérald de Saint-André, l’autorisation de fortifier la ville qu’ils avaient construite, d’élever pour lui dans une partie quelconque de son alleu, une place forte complètement libre de leur juridiction et de recevoir dans leurs murs, « autant qu’ils pourront en contenir, des villains, des marchands et des clercs. » Les Hospitaliers ne doivent pas donner asile à des pillards, voleurs ou soudards (guerratores) » ; ils doivent au contraire, appeler les habitants à l’aide pour les expulser immédiatement de la ville « soit de jour, soit de nuit, » s’ils étaient parvenus à s’y introduire. Sicard de Laurac, promet aux chevaliers de Saint-Jean de les secourir de toute sa puissance, toutes les fois qu’il en sera besoin ; il leur donne de plus la juridiction sur tous les autres seigneurs habitant sur ce territoire ; car c’est au Prieur de Toulouse ou, à son défaut, au ministre de l’hôpital de Caignac que doivent s’adresser ces derniers pour contraindre leurs vassaux à leur payer leurs redevances. Si les seigneurs de Laurac sont à l’avenir en guerre avec quelqu’un, ils prennent l’engagement de ne pas livrer bataille sur ce territoire, et même de ne pas le faire traverser par leurs troupes. Ils jurent enfin solennellement sur les saints évangiles d’observer pour toujours les promesses qu’ils viennent de faire et de ne jamais enfreindre les privilèges concédés. Cette charte octroyée au mois de septembre 1171, se termine par cette formule caractéristique : « Ludovico régnante apud Francos, » qui vient nous dire que l’unité française, cette grande œuvre de notre monarchie était une notion complètement inconnue à cette époque, du moins dans nos pays (4). D’autres donations vinrent ajouter à la commanderie de Caignac des domaines, des seigneuries et des redevances dans les territoires voisins, Marquain, Lagarde, Gardouch, etc.
Il est probable que les chevaliers de l’hôpital, ne tardèrent pas à profiter des privilèges concédés par la charte de 1171 et qu’ils se mirent bientôt à l’œuvre, pour achever de construire et de fortifier leur ville de Caignac. Quoiqu’il n’en soit pas fait mention dans les archives, il est permis de supposer que l’octroi d’une charte de franchises et de commune accompagna (4) l’érection de la place, comme c’était l’usage général en pareil cas ; d’autant plus que nous trouvons Gaignac pourvu de son consulat dès les premières années du XIIIe siècle.
4. Pièces justificatives, n° XXXII.

Un document qui n’est pas daté, mais que son écriture doit faire attribuer à cette époque, nous transporte sur la place publique de Gaignac, qui, paraît-il, avait eu ses orages intestins, sa guerre civile, tout comme une grande cité. En présence de toute la population, les trois consuls jurent sur les saints Evangiles, au nom de leurs concitoyens, qu’ils vivront désormais en paix entre eux ; « Si quelqu’un contrevient à cette promesse et prend les armes, tous doivent se lever contre lui : » serment que tout le peuple répète après ses magistrats (5). Ce n’était pas seulement entre les citoyens d’une même ville, mais entre ceux de villes voisines que ce moyen de pacification, fondé sur le respect de la foi j’urée, était mis en pratique. Les archives nous ont conservé un acte du même genre, conclu entre les habitants de Gaignac et ceux de Lagarde. Les consuls des deux villes renoncent pour eux et leurs communautés à leurs luttes et jurent de vivre désormais dans la paix et l’union (1239) (6).
5. Archives Caignac, L I.
6. Archives Lagarde, L I.


Nous trouvons dans une reconnaissance faite en 1262, par un habitant du hameau de Arzelers au précepteur, François Azemar de Miramont, des détails singuliers sur la manière dont était prélevé le droit d’albergue dans cette localité. Le précepteur partait de Gaignac un jour à son choix, entre la Noël et le dimanche de la septuagésime, emmenant à sa suite « les frères, les sœurs, les donats, les employés, les clients et les chiens de l’hôpital, » pour se rendre à Arzelers ; il pouvait même inviter sur la route, les personnes, qu’il voudrait, à se joindre à lui. Les vassaux devaient fournir à manger et à boire au chevalier et à toute sa suite et lui payer le soir après le souper, et avant qu’il se levât de table, huit sols tolsas ; après quoi le précepteur devait partir incontinent avec tous ses gens, à moins qu’il ne reçût de ses vassaux l’autorisation de prolonger son séjour (15 janvier 1262) (7).
7. Archives de Caignac, L. XX

Dans un autre hameau le droit d’albergue, se réduisait à fournir un repas une fois par an à quatre chevaliers ou à quatre frères (Reconnaissance de 1279) (8). Nous voyons par-là que, dans ces contrées, le droit d’albergue s’exerçait alors sous sa forme primitive et n’avait pas encore été transformé en simple redevance pécuniaire. Si les commandeurs de Caignac percevaient ce droit de leurs vassaux, ils le devaient à leur tour au Roi. Mais comme ce dernier ne pouvait en user que très rarement dans beaucoup de localités pour lui, ses officiers, ou ses troupes et que la perception en aurait été forcément très irrégulière, les albergues dues au Roi avaient été transformées depuis longtemps en un impôt annuel, usage que les seigneurs ne tardèrent pas à introduire chez eux.
8. Archives de Caignac, L. XX

C’est ainsi qu’en 1293, le roi Philippe IV, accorda à la requête du Précepteur de Caignac, frère Ermengaud des Aiguilliers, une réduction temporaire de la rente de 32 setiers d’avoine et de 15 sols tolsas qui lui étaient dus pour l’albergue (9).
9. Archives de Caignac, L. XXIV

En 1415 Guillaume de Calmont précepteur et les consuls de Caignac, reconnaissent qu’ils doivent au roi pour l’albergue 16 setiers d’avoine et 15 sols tolsas, tout en maintenant leur droit d’être hébergés par le bailli royal d’Avignonet, quand ils viennent lui apporter cette redevance (10).
10. Archives de Caignac, L. XX.

Les archives nous apprennent que, durant la seconde moitié du XIIIe siècle, des réparations ou plutôt des augmentations furent faites à l’enceinte fortifiée de la ville de Caignac. Nous trouvons en effet un accord qui fut conclu à ce sujet entre le commandeur et les consuls : Le premier cède aux seconds, moyennant 15 francs d’or, pour la réparation qu’ils se proposaient de faire « la motte qui touche au fort de la ville » et l’emplacement de certains greniers qu’ils devaient démolir à leurs frais : il leur fournira de plus tout le bois qui leur sera nécessaire pour cette entreprise et s’engage à donner asile dans son fort, pendant tout le temps qu’elle durera, à tous les habitants et à leurs mobiliers. A ces conditions, les consuls s’engagent à faire construire, dans l’espace d’un an, les nouvelles murailles, « qui doivent avoir vingt palmes de haut ; » ils n’y feront pratiquer qu’une seule porte, qui aura deux clefs, une pour eux et l’autre pour le commandeur, La barrière, construite entre le fort du commandeur et celui des consuls, aura deux portes dont on ne se servira qu’en temps de nécessité, pour faire passer le guet. La garde des murailles se fera par les soins des deux parties ; les consuls y placeront des sentinelles, dont le nombre sera déterminé par le commandeur et ce dernier sera obligé de pourvoira la sûreté de son château et de son fort, pour la garde duquel les consuls lui fourniront un homme à chaque guet de nuit. Notons enfin une disposition assez remarquable par laquelle le commandeur était tenu de faire « son tour de guet, comme un simple habitant ou de se faire remplacer. » Ce projet de l’accord, qui devait être traduit dans la suite par quelque notaire des environs dans son latin barbare et prétentieux, est écrit en langue vulgaire et n’est pas daté. La forme de ses lettres semble le faire remonter à la deuxième partie du XIIIe siècle, ce qui est confirmé par ce fait que le commandeur traite, dans cet acte, au nom du Prieur de Saint-Gilles, ou de son lieutenant à Toulouse ; or, nous avons vu ailleurs que le Prieuré de Toulouse fut supprimé de 1250 à 1315. C’est donc dans cet intervalle que l’on doit placer la construction des dernières fortifications de Caignac (11).
11. Pièces justificatives, n° XXXII.

Ce fut sans doute à l’occasion de l’agrandissement de la ville qu’en 1299, Guillaume de Villaret, Prieur de Saint-Gilles octroya aux habitants de Caignac une charte de coutumes. Malheureusement une grande partie de ce document ayant été déchiré et le reste étant devenu presque complètement illisible, nous nous voyons forcés de nous contenter de cette simple indication de son existence (12). Nous trouvons, peu de temps après, d’autres accords faits entre les commandeurs et les consuls de Gaignac : en 1316, ces derniers promettent, au nom des habitants, de porter leur blé à moudre au moulin que le commandeur venait de faire construire.
12. Archives Caignac, L. XXI.

En 1350, le chevalier Guichard de l’Ongle autorise ses vassaux de Caignac à bâtir des fours particuliers dans leurs maisons, à la condition qu’ils ne s’en serviront que pour leur usage personnel (13).
13. Archives de Caignac, L. XXI.

Dans cette période la commanderie de Caignac avait reçu, lors de l’organisation du Prieuré de Toulouse, une partie des dépouilles de l’ordre du Temple dans la contrée : Copadel, dépendance du Temple de Toulouse, située dans le territoire de Saint-Félix de Valflour. La ville, ainsi que le château de Canens, membre important de l’ancienne commanderie de Montsaunès.
Comme nous avons pu le voir par tout ce qui précède, la juridiction de Caignac, appartenait toute entière aux commandeurs ; les actes de donation l’établissaient formellement et jamais une protestation ne s’était élevée contre cet état de de choses. Les droits du Roi à Caignac se bornaient à cette albergue, dont nous avons eu l’occasion de parler tout à l’heure et que le commandeur et les consuls venaient payer régulièrement tous les ans au bailli royal d’Avignonet. Mais vers le XVe siècle, profitant de la négligence des Hospitaliers, et peut être aussi du désir des populations de se soustraire à l’influence directe de leurs seigneurs, les officiers royaux tentèrent d’usurper la juridiction de Caignac et réussirent même à faire ratifier leurs prétentions par leurs adversaires. Car nous voyons le précepteur, G. de Calmont, reconnaître en 1415 au roi, cette juridiction, qui serait exercée en son nom par les consuls d’Avignonet. Il ne s’éleva pas pendant bien longtemps de protestation à cet égard. Mais dans le XVIe siècle un commandeur, plus vigilant ou plus puissant que ses prédécesseurs, réclama énergiquement le rétablissement de ses droits. Il obtint gain de cause ; la juridiction entière de Caignac lui fut reconnue, malgré les protestations du Procureur du Roi, et des consuls d’Avignonet, par jugement de MM. les Trésoriers de France (1532) (14) et, l’année suivante, le Parlement de Toulouse ordonnait la main levée de cette juridiction qui fut ne plus disputée désormais aux Hospitaliers (15).
14. Arch. Caignac, L. XXI.
15. Arch. Caignac, L. XXI.


Pendant ce temps, la commanderie de Caignac avait acquis une plus grande importance, par l’adjonction successive de plusieurs établissements considérables que l’ordre Saint-Jean possédait dans les environs, comme le Rival, Siuraguel et surtout Saint-Jean de Thor. Elle fut arrentée en 1580, au prix de 1,000 livres tournois : certains extraits de cet acte nous paraissent dignes d’être cités ici, à cause des détails qu’ils nous donnent sur la force et la paie d’une garnison de château féodal à cette époque : « Ils (les rentiers) s’engagent à tenir le chasteau et mayson de Caignac, soubs l’obéissance de Dieu et du Roy en tout temps de pays et de guerre ; et pour ce faire, ledict sieur commandeur sera tenu leur allouer sur leur arrentement, en temps de pays pour la solde de ung soldat, qui gardera la porte, affin que le chasteau ne soit surprins, dix livres pour chascun moys, et en temps de guerre, ce que Dieu ne veilhe, ledict commandeur allouera ausdits rentiers quatre soldats de surplus, à mesme solde de 10 livres pour moys durant ledict temps de guerre, qui seront en tout cinq soldats ; et, si lesdicts rentiers seroyent si fort pressés par par les ennemys, venant assailhir la mayson, que lesdicts cinq soldats ne porroient souffir, sera loysible ausdicts rentiers y mectre davantage, en cas de nécessité et à une extrémité, à mesme solde... Et pour les gaiges de la centinelle qui se tient le jour à la tour de la Viz, pour descouvrir, ledict sieur commandeur sera tenu payer la moytié et les habitans l’autre moytié. » (8 juin 1580) (16)
16. Archives Caignac, L. XXI.

Pendant les guerres de religion, la force de ses murailles put mettre Caignac à l’abri d’un coup de main des Huguenots, qui étaient maîtres de tout le pays avoisinant et qui dévastèrent la plus grande partie de ses dépendances, ainsi que nous l’avons vu plus haut, et que nous allons le constater dans l’étude des membres de la Commanderie. Dans le dénombrement de ses possessions, fait en 1657, par le commandeur Louis de Tersac Montberaut, il est question « du chasteau de Caignac, grand et spatieux, bien basty, partie de pierres de taille, partie de tuylles, revêtu de quatre belles tours carrées et un doujon attaché a celle qui tient le degré de la mayson a... (18) »
18. Archives de Caignac, L. XXV.

2. — Rivals. — Saint-Michel de Lanès, — Saint-Jean-de-Caprescorjade.
Rival: Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Avignonet-Lauragais - 31

Domus Hospitalis Rivals
Domus Hospitalis Rivals

Saint-Michel-de-Lanès
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Castelnaudary, Commune: Saint-Michel-de-Lanès - 11

Saint-Michel-de-Lanès
Domus Hospitalis Saint-Michel-de-Lanès

A une petite distance de Caignac existait un autre établissement de l’Ordre, dont la fondation remontait à peu près à la même époque. Je veux parler de l’Hôpital de Rival, situé dans la juridiction de Saint-Michel de Lanès et à proximité de cette ville. Dans ce territoire, dont le nom n’est plus même conservé de nos jours dans le pays, s’élevait dans l’origine un simple bâtiment d’exploitation agricole. Les frères de Saint-Jean reçurent dans la suite en fief des seigneurs de Saint-Michel un local dans leur ville pour s’y construire une maison, et c’est là qu’ils firent leur résidence tant qu’exista la Commanderie. Aussi la trouve-t-on désignée depuis dans les actes tantôt sous le nom de Rival et tantôt sous celui de Saint-Michel. Une donation de peu d’importance faite à l’hôpital de Rival, en 1144, nous permet de constater son ancienneté (19).
19. Archives de Caignac, L. XXV.

Au mois de mars 1167, Bernard de Saint-Michel et dame Aiceline donnèrent à l’Ordre de Saint-Jean, à Guillaume, Prieur de Saint-Gille, avec leurs personnes, l’honnenr qu’ils possédaient dans le territoire de Saint-Jean-de-Caprescorjade (20), donation approuvée par Sicard de Laurac et dame Tiburge, sa femme, qui promirent leur protection à l’hôpital du Rival (21).
20. Archives de Rival, L. I.
21. Archives de Caprescorjade, L. I.


Devenue veuve, dame Aiceline entra dans l’Ordre de Saint-Jean, qui, pour lui témoigner sa reconnaissance des bienfaits reçus, lui confia la direction de la Commanderie. Le mardi de la première semaine de mai 1175, Yzarn de Cominian donna à l’Hôpital tous les biens et les droits qu’il possédait à Saint-Michel de Lanès et à Saint-Félix-de-Valflour (22).
22. Archives de Saint-Michel, L. I.

Dix ans plus tard, Guillaume de Castlar donna le fief qu’il avait à Saint-Michel « près de la route appelée del Bug et allant à l’Hôpital et à la recluse des Landes ; » le donateur et ses frères, « pour le repos « des âmes de leur père Guillaume, de leur mère Amalted et de tous leurs amis qui sont enterrés dans le cimetière de l’Hôpital, » jurèrent que, « loin de causer désormais des « dommages à cette maison, à ses habitants, à ses récoltes, » ils la prendraient sous leur protection et la défendraient de tout leur pouvoir (23).
23. Archives de Saint-Michel, L. I.

Les Hospitaliers ne jouissant d’aucun droit dans la ville de Saint-Michel, les archives de cette Commanderie ne nous offrent pas de documents dignes d’un grand intérêt. Notons seulement le procès que la communauté de Saint-Michel intenta en 1229 contre les chevaliers de Saint-Jean, pour les obliger à participer à toutes les dépenses de la ville comme de simples particuliers ; l’évêque de Toulouse, Foulques, qui était juge de l’affaire, la trancha en faveur de Sanche de l’Épée, Prieur de Saint-Remy, et maintint l’Ordre dans ses privilèges et exemptions (24). Les Commandeurs du Rival ne prirent aucune part à la charte des communes qu’octroyèrent à leurs vassaux, le 19 avril 1266, les seigneurs de Saint-Michel, Pons et Ycard de Saint-Michel, chevaliers, et leurs fils, Berenger, Guillaume et Gérard, damoiseaux, « pour augmenter et améliorer celles qui avaient été déjà « concédées par leurs ancêtres (25) » ; aussi ne nous y arrêterons-nous pas davantage, nous contentant d’en enregistrer la mention.
Peu de temps après l’érection du Prieuré de Toulouse, la Commanderie de Rival fut réunie à celle de Caignac et ne nous offre depuis lors aucun évènement notable à signaler dans cette étude.
24. Archives de Saint-Michel, L. VIII.
25. Archives de Saint-Michel, L. I.


3. — Viviers. — Nailloux. — Ciuraguel.
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Villefranche-de-Lauragais - 31

Domus Hospitalis Nailloux
Domus Hospitalis Nailloux

Il y a un quartier de Nailloux, qui se nomme « Souleilla de Viviers ? »
L’Hôpital de Caignac possédait en toute seigneurie, par suite d’une donation que les archives ne nous ont pas conservée, une portion du territoire de Nailloux, désignée sous le nom de Viviers ; ils y avaient construit un établissement qui avait servi de noyau à une petite localité n’existant plus du reste aujourd’hui. Les précepteurs de Caignac eurent à lutter à ce sujet contre les consuls de Nailloux, qui prétendaient avoir la juridiction du lieu de Viviers comme du reste de leur territoire. Ces contestations se terminèrent par un arbitrage qui donna pleinement raison au précepteur Guillaume du Puy, vers 1175 (1). Dans une reconnaissance consentie en 1499 par les consuls de Viviers au commandeur Gaston de Verdusan, nous apprenons que, dans cette localité, les Hospitaliers possédaient un château féodal. Mais la suite des temps ou peut-être les malheurs da la guerre fit disparaître cette demeure ; « à présent, » lisons-nous dans un dénombrement de la Commanderie de Caignac en 1657, « ne y a rien que la mémoire. »
1. Archives de Viviers, L. I.

Il y a peu d’éléments pour faire l’histoire détaillée des villages de Soucale et de Viviers. Tous deux appartenaient aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem : Viviers dépendait de la Commanderie de Caignac, tandis que Soucale appartenait à la Commanderie de Renneville. Il faut aussi remarquer que d’après le cadastre de 1676, le village de Viviers avait une église, un cimetière et un château féodal, tous disparus aujourd’hui.
Dans le voisinage de Nailloux se trouvait également une autre portion du territoire appelée Ciuraguel, au centre duquel les Hospitaliers possédaient un établissement d’exploitation agricole.

4, — Marquain. — La Garde. — Gardouch. — Copadel, etc.
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Villefranche-de-Lauragais - 31

Domus Hospitalis Gardouch
Domus Hospitalis Gardouch

L’hôpital de Caignac avait de nombreuses dépendances dans les environs, parmi lesquelles nous citerons Marquain, où le seigneur Pons de Marquain lui avait donné une certaine quantité d’oblies en 1205 (1).
1. Archives de Marquain, L. I.

La Garde, dont la seigneurie lui provenait de la libéralité de Guillelme, femme de B. Fabre (à peu près à la même époque) (2), et le fief de la Loubère, près Gardouch, donné par Raymond-Roger de Bota, en 1209 (3).
2. Archives de Lagarde, L. I.
3. Archives de Gardouch, L. I.


Mentionnons en outre la condamine de la Salle qui appartenait à l’hôpital dès l’année 1177 (4).
4. Archives de Salles.

Le fief de Copadel situé sur l’Hers, dans le dîmaire de Saint-Félix (Saint-Félix-Lauragais), de Valflour, avait été donné au Temple de Toulouse par Roger de Saint-Amadour, en 1259.
Jean Chrestiani de Milbars y avait ajouté, en 1283, ses droits sur le dîmaire de Saint-Félix.
Comme nous l’avons dit plus haut, lorsque l’Ordre de Saint-Jean eût pris possession des dépouilles des Templiers, le fief de Copadel et ses dépendances furent réunis à la commanderie de Caignac.


5. — Thor-Boulbonne
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Cintegabelle - 31

Domus Hospitalis Boulbonne
Domus Hospitalis Boulbonne

Thor, ne se trouve sur aucune carte
Dans la plaine formée par les alluvions de l’Hers et de l’Ariège, qui l’enserrent et vont se réunir à son extrémité, s’élevait jadis un modeste établissement de l’Ordre de Saint-Jean, non loin de la célèbre abbaye cistercienne de Boulbonne. L’acte de fondation n’existe pas dans les archives, mais, grâce à certaines indications recueillies dans des documents postérieurs, nous pouvons reconstituer en partie l’histoire de son origine.
Sous la suzeraineté des comtes de Foix, plusieurs grands seigneurs, qu’un acte désigne, en se servant du nom du plus connu d’entre eux, viri Jordaneuses, Jourdain de l’Isle, Izarn de Verfeil, Othon et Augier de Calmont, possédaient dans ce territoire une immense étendue de pacages et de bois. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, ils accordèrent aux Hospitaliers la liberté pleine et entière de faire paître leurs troupeaux, de couper du bois, de défricher les forêts dans toute l’étendue de la bolbone et d’y construire des maisons et une ville.
Les Hospitaliers s’empressèrent de créer sur les lieux un établissement d’exploitation qui prit le nom de Boulbonne comme sa puissante voisine, l’abbaye ; ils se proposaient sans doute de profiter du dernier privilège qui leur avait été concédé ; et de fonder une ville pour y attirer les vassaux dont ils avaient besoin. Mais les circonstances vinrent leur faciliter la besogne et leur épargner les difficultés et les dépenses d’une telle entreprise. Excités par l’exemple de libéralité qui venait de leur être donné, deux frères, chevaliers de Saverdun, Guillaume et Arnaud de Villemur, donnèrent à Guillaume Raymond, Prieur de l’Hôpital de Toulouse, et à Bernard de Gavaldan, précepteur de celui de Boulbonne, un petit village qui leur appartenait au lieu nommé le Thor ; ils fournirent pour garants de cette donation Raymond-Roger, comte de Foix, Arnaud de Marquefave, Sicred de Léran, Pierre de Durban, Pons d’Adhémar, Raymond de Pech-Auriol, Pierre de Galdin, et tous les autres chevaliers de la ville et des faubourgs de Saverdun (milites et barriani Saverdini). Les seigneurs de Villemur mettaient pour seule condition « que les Hospitaliers ne céderaient de maisons sises au Thor à aucun des chevaliers de Saverdun ni à leurs hommes. » Cet acte, qui eut pour témoin Raymond, abbé de Saint-Sernin, fut passé au mois de février 1192 (1193) (1)
1. Pièces justificatives.

Au commencement du siècle suivant, d’importantes donations accrurent la prospérité de l’hôpital de Boulbonne ou du Thor, nom que la commanderie porta depuis lors indifféremment.
En 1211, cet établissement reçut de Vidal de Montaigut, la forteresse de Camarade que ce dernier avait reçu en 1186 du seigneur Arnaud de Lisle (1).
1. Archives de Camarade.
Mais le comte de Foix éleva dans la suite des réclamations sur la validité de cette donation et revendiqua pour lui la possession de cette place dont l’importance était très considérable. A la suite de longues discussions à ce sujet, l’abbé de Saint-Sernin et Martin de Saint-Gilles, précepteur de l’hôpital de Narbonne, furent choisis comme arbitre par le Grand-Prieur Guillaume de Villaret et par Roger Bernard, comte de Foix (le jour des calendes de juin 1271 (3). Nous ignorons quelles furent les satisfactions données à l’Ordre de Saint-Jean, mais le château de Camarade fut adjugé au comte et figure dans la suite parmi les seize châtellenies du pays de Foix.
2. Archives de Toulouse, L. XXV.
3. Archives de Boulbonne, L. I.


Bernard de Durfort et son frère Pons d’Adhémar, donnèrent à Bernard de Durban, précepteur de Boulbonne, la moitié de la ville et du château de Bonnac, ainsi que de la seignerie qu’ils avaient sur tout ce territoire (août 1212) (4). Cette ville dut être échangée dans la suite par les hospitaliers contre quelque autre possession, car elle ne figure plus parmi les dépendances de Boulbonne ; nous la voyons plus tard entre les mains des rois de France qui la revendirent dans le XIVe siècle à la famille de ses anciens seigneurs. Comme nous le verrons tout à l’heure, de l’hôpital de Boulbonne dépendait encore Saverdun, Saint-Quirc, Aignes, Cintegabelle.
4. Archives de Boulbonne, L. I.

Pendant le XIIIe siècle, la tranquillité des hospitaliers fut plus d’une fois troublée : ils eurent à soutenir, non plus seulement des luttes litigieuses au moyen d’arguments plus ou moins spécieux ou de bribes d’anciennes chartes, mais une guerre véritable. Quoique séparés par toute la longueur de la plaine, l’abbaye et l’hôpital de Boulbonne étaient encore trop rapprochés, leurs possessions et leurs droits étaient trop confondus, pour que la paix, fut longtemps possible. Aussi voyons-nous arriver le précepteur devant l’official toulousain, pour exposer les griefs qu’il avait contre les moines ; il nous les montre armés de bâtons et même d’épées, détruisant les cabanes des vachers de l’hôpital, blessant les frères, dévastant les moissons, s’associant avec des seigneurs du voisinage, pour venir piller les bâtiments agricoles et enfin cherchant à empêcher par tous les moyens les hospitaliers de jouir des privilèges concédés par les nobles seigneurs Jourdains dans le siècle précédent. La dernière partie de ce document, cité par M. Roschach dans son étude intitulée Foix et Comminges, a disparu et avec elle la sentence du juge, qui dut entendre des plaintes analogues de la part des Cisterciens et qui réussit, sans doute, à faire cesser entre les deux établissements une guerre dont nous ne retrouvons plus de traces dans les siècles suivants (5).
5. Archives de Boulbonne, L. I.
Après la réunion du comté de Toulouse à la couronne, les commissaires royaux le parcoururent en entier avec la mission de réformer les abus et de faire cesser les usurpations d’autorité qui auraient pu se produire. Nous les trouvons faisant leur enquête au sujet des droits de justice du lieu de Boulbonne. Tous les témoins ayant été unanimes à affirmer que ce droit appartenait aux hospitaliers, la possession leur en fut confirmée par les commissaires (6). Mais, soit que les habitants de cette localité fussent d’une vertu exceptionnelle, soit peut-être plutôt à cause de leur petit nombre, ce droit ne devait pas ajouter beaucoup aux revenus de la Commanderie. Nous pouvons tirer cette conclusion d’un document assez intéressant, conservé par exception dans les archives : c’est le compte des recettes faites pendant plusieurs années consécutives par le tribunal de Saint-Jean de Boulbonne ; nous y voyons que, sur sept années, six ne fournissent aucune cause, et par suite, aucune amende et que la modique somme de 18 sols toisas constitue la recette de 1284 ; les appointements des juges se montaient chaque année à 30 sols de la monnaie qui avait cours, somme considérable en égard au peu d’affaires qu’ils avaient à juger (7).
6. Archives de Boulbonne, L. I.
7. Archives de Boulbonne, L. I.


Dans les premières années du XVe siècle, cette Commanderie avec ses nombreuses dépendances, fut réunie à celle de Caignac. La période des guerres religieuses fut particulièrement désastreuse pour ces contrées où les protestants possédaient plusieurs places, Saverdun, Mazères, Calmont, etc. La petite ville de Saint-Jean du Thor disparut dans cette période ; sa fin tragique nous est racontée en quelques mots dans le passage suivant du dénombrement de la Commanderie de Caignac en 1657 : « — Auquel lieu (Saint-Jehan del Thor) entiennement y avait une esglise qui fust ruynée et mise à sac par les prétendus religionnaires réformés dont la ville de Mazères estoit infestée, l’est encore en partie ; en laquelle esglise, le sieur Commandeur estoit tenu de faire faire le service divin ; et à rayson et deffault de ceste esglise et despuis sa ruync, le dict service se faict aux paroissiens du dict dixmaire, par le curé de l’esglise de Saint-Sernin de Calmont, auquel le dict sieur Commandeur, suyvant la trasse de ses ancêtres fait de paution la somme de 60 livres, sans obligation pourtant (8). »

La destruction de la ville dut accompagner celle de son église ; aujourd’hui il ne reste plus de cet ancien établissement de l’ordre de l’Hôpital, qu’un simple hameau.
7. Archives de Boulbonne, L. III.
8. Archives de Caignac, L. XXV.



6. — Aignes. — Cintegabelle.
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Conton: Villefranche-de-Lauragais - 31

Domus Hospitalis Cintegabelle
Domus Hospitalis Cintegabelle

Au mois d’août 1230, Raymond de Baulan et dame Sausse, sa femme, donnaient à Bernard Amiel, précepteur de Saint-Jean del Thor, leurs droits sur le dîmaire et le territoire de Saint-Beauzille d’Aignes (de Anhias), situés entre les ruisseaux de Panarac et de Redelhe, et le fleuve de l’Ers, sur le Villar, sur les dimaires de Saint-Jean de Canet et de Sainte-Marie de Tramesaygues (de inter ambas aquas). Les donateurs recevaient 70 sols tols, et se réservaient en outre une rente annuelle d’une douzaine de fromages, payables entre la fête de Saint-Pierre-aux-Liens et la Toussaint (1).
L’année suivante, Sicard de Noville et dame Titburge, sa femme, cédèrent leurs droits sur la précédente donation (2). Les précepteurs du Thor, pour tirer partie de ce nouveau territoire, y construisirent un établissement et y plantèrent des vignes, en y installant un garde pour leurs récoltes, avec l’autorisation des consuls de Cintegabelle, qui avaient la juridiction sur le territoire d’Aignes. Telle fut l’origine de cette ville dont les Hospitaliers entreprirent la fondation en 1242 ; telle est, du moins, la date de la charte de privilèges qu’octroya à cette occasion le Prieur de Toulouse, Guillaume de Barèges, avec le concours du précepteur de Boulbonne. Il y promettait à tout homme qui viendrait fixer sa résidence dans la ville d’Aignes, un emplacement pour sa maison, un jardin, une aire et une cétêrée de terre pour vigne, le tout sous la redevance de 12 deniers par an ; il assurait aussi à toute femme la maison et le jardin pour lesquelles elle devra payer 6 derniers ; les terres défrichées par les habitants leur appartiendront, moyennant l’agrier, les dîmes et les prémices. Cette charte fut promulguée au mois de mai de l’année 1242, en présence de Sicard de Miramont, de Bernard Jourdain, chevalier, de Bernard de Marencs, etc. (3).
Mais, comme on peut le voir, ce n’était pas une charte de communes que venait d’octroyer le Prieur de l’Hôpital. Les habitants attirés dans la ville d’Aignes adressèrent en 1276 à Guillaume de Villaret une requête à l’effet d’en obtenir une constitution communale. Leurs vœux furent exaucés. Malheureusement, les archives ne nous ont pas conservé ce document ; mais la charte de la commune de Fonsorbes, qui fut calquée sur le modèle de celle d’Aignes, comme nous l’avons vu plus haut, nous permet de combler cette lacune.
1. Archives d’Aignes, L. I.
2. Archives d’Aignes, L. I.
3. Archives d’Aigues, L. II.


Aignes
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Auterive - 31

Domus Hospitalis Aignes
Domus Hospitalis Aignes

La prospérité de la nouvelle ville excita la jalousie et réveilla les prétentions des consuls de Cintegabelle. Ils cherchèrent à prouver que la juridiction d’Aignes leur appartenait en entier, que le précepteur Bernard de Miramont en avait extorqué la concession « à l’amitié que professait pour lui le sénéchal Eustache de Beaumarchais. » Après un long procès, il fut reconnu que la basse justice de cette ville appartenait au roi et qu’elle devait être exercée par indivis en son nom par les consuls de Cintegabelle et ceux d’Aignes. Ceux-ci protestèrent contre cette sentence et les deux parties résolurent de remettre l’affaire à l’arbitrage du sénéchal de Toulouse. Cet officier « siégeant dans la salle basse du Palais neuf de Toulouse, » rendit sa sentence, qui supprimait en fait l’existence de la commune d’Aignes, tout en conservant ses privilèges. Ainsi il décida que sur les huit consuls de Cintegabelle, Aignes en fournirait un et quatre conseillers ; deux gardes résideraient dans cette ville ; les habitants devaient adresser leurs plaintes au lieutenant du bailli ou au notaire du tribunal, et soumettre tous leurs procès au jugement des consuls de Cintegabelle ; participant aux dépenses d’intérêt commun, ils étaient déchargés de celles qui regardaient seulement Cintegabelle, comme les réparations de son église ou la construction d’un pont sur l’Ariège ; douze d’entre eux étaient appelés à la répartition des tailles et des impôts. Le sénéchal leur reconnaît enfin la faculté de ne pas aller s’approvisionner au marché de Cintegabelle, les droits de four, de forges, et, en un mot, toutes les libertés dont jouissaient les habitants de cette dernière ville, « réservant toutefois l’honneur du roi et de son sénéchal. » Les consuls des deux villes s’engageaient à tenir ce traité « sous l’obligation des biens de leurs communautés respectives. » (Le lundi après la fête de saint Barnabé, 1314) (4).
4. Archives d’Aignes, L. V.

Les archives ne nous mentionnent plus après cela qu’un procès intenté par les habitants d’Aignes contre le commandeur Gérard de Massas, qui fut condamné par le Parlement de Toulouse à leur reconstruire une église de 17 cannes de long, sur 5 de large et 5 de haut, à 4 travées, et terminée par un chœur à 6 retombées d’arc (1523) (5).
5. Archives d’Aignes, L. V.

Si les Hospitaliers n’avaient pas de résidence seigneuriale dans la ville du Thor, ils possédaient un véritable château féodal, dans l’enceinte de Cintegabelle, et c’est là sans doute que les commandeurs séjournaient quand les guerres contre les infidèles ne les retenaient pas au-delà des mers. Nous en trouvons la description dans le procès-verbal d’une des dernières visites de la Commanderie de Gaignac : « Cintegabelle. — Tient et possède le commandeur de Gaignac au lieu de Cintegabelle, un chasteau basty de bonnes et épaisses murailles de briques, à 5 estages, avec un puits au milieu de la bassecour. Au 2e estage est une grande sale avec deux chambres de plein pied et au bout d’ycelles une antichambre avec l’entrée de basse-fosse pour y enfermer les criminels... »
Le procès-verbal mentionne aussi le modeste armement du château, « l’arquebuse et les six vieux mousquets, » que la rouille dévorait tout à son aise, pendant que le temps faisait tomber les tours et les murailles désormais désertes et abandonnées.

7. — Saint-Quirc. — Saverdun. — Salles.
Département: Ariège, Arrondissement et Canton: Pamiers - 09

Domus Hospitalis Saint-Quirc
Domus Hospitalis Saint-Quirc

Nous ne trouvons, ni pour l’une, ni pour l’antre de ces dépendances de l’Hôpital du Thor, l’acte de donation. Peut-être la première fut-elle acquise à l’Ordre en échange de la ville de Bonnac, dont, ainsi que nous l’avons fait remarquer plus haut, nous ne retrouvons plus la mention dans les archives. Toujours est-il que, sans qu’il en ait été question auparavant, nous trouvons au commencement du XIVe siècle cette place au pouvoir des commandeurs de Boulbonne. Nous voyons, en effet, le 12 du mois d’août 1308, frère G. du Castel se présenter au nom de Pierre du Tournel, précepteur de Boulbonne, devant le tribunal des consuls de Saverdun et les sommer de forcer certains de ses vassaux, résidant dans cette dernière ville, à comparaître pour un procès devant le juge de Saint-Quirc, d’après une ordonnance faite à ce sujet par le sénéchal de Foix. Les consuls répondent à cette demande, « qu’après avoir pris conseil auprès des anciens de leur ville, et avoir compulsé les vieux actes, » ils ont découvert que Saint-Quirc faisait jadis partie de la juridiction de Saverdun, et que par suite les habitants de cette dernière place ne devaient pas être justiciables du tribunal des Hospitaliers, qui était illégalement institué (1). » Le précepteur ne dût pas se tenir pour battu et s’adressa sans doute, comme il l’annonçait dans sa requête, à une autorité supérieure, car la suite des archives nous montre ses successeurs jouissant du droit de justice haute, moyenne et basse dans le lieu de Saint-Quirc, malgré les prétentions des consuls de Saverdun et leurs recherches historiques.
1. Archives de Saint-Quirc, L. I.


Saverdun
Département: Ariège, Arrondissement et Canton: Pamiers - 09

Domus Hospitalis Saverdun
Domus Hospitalis Saverdun

Les consuls ne furent pas les seuls contre qui les précepteurs de Boulbonne eurent à lutter à Saverdun. Les Hospitaliers possédaient dans cette ville qui, sous le rapport spirituel, formait un Prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Sernin, le faubourg de Lestang. Les dissensions ne tardèrent pas à se produire entre ces deux puissances ecclésiastiques, mises ainsi en présence.
En 1244, nous assistons à des débats animés entre Bernard, abbé de Saint-Sernin, et Arnaud Ruphin, Prieur de Sainte-Marie de Saverdun, d’un côté, et de l’autre, Guillaume de Barèges, Prieur de Toulouse, et Bertrand de Fraxine, précepteur du Thor ; les premiers accusaient les seconds d’avoir construit indûment une chapelle dans le dîmaire de Sainte-Marie de Saverdun, et d’avoir permis aux paroissiens du Prieur d’y assister aux offices divins célébrés par le chapelain du Thor. Pour terminer les débats, les deux parties en remirent le jugement à Arnaud de Campagnan, moine et sacristain de Saint-Antonin de Pamiers, dont nous ne connaissons pas la sentence (2).
2. Archives de Bolbonne, L. I.

Toute cette contrée relevait de la suzeraineté des comtes de Foix ; dans l’aveu fait en 1263 de ses possessions au roi de France, le comte Roger reconnaît « qu’il a la suzeraineté de la maison de Bolbonne, de l’hôpital de Saint-Jehan del Thor, de la ville de Bonnac, de la citadelle de Saverdun, de la ville et de la maison de Saint-Quirc. » Le maintien de ses droits fit entrer un de ses descendants en lutte avec les Hospitaliers du Thor. Le précepteur, Jean du Plantier, avait négligé de s’acquitter de l’hommage qu’il devait à son suzerain pour la ville de Saint-Quirc. Aussitôt, ce dernier donna contre le délinquant les ordres les plus sévères à Aubain de Foix « seigneur de Ramet et de Fornels, et sénéchal du comté ; » celui-ci écrivit en conséquence à son lieutenant, Bertrand de Lordat, châtelain de Saverdun, pour lui enjoindre de se transporter en personne dans la ville de Saint-Quirc, de la mettre sous le séquestre comtal et d’y placer en son nom une troupe suffisante pour la garder de jour et de nuit, jusqu’à nouvel ordre (3).
3. Archives de Saint-Quirc, L I.

Le frère Jean du Plantier termina l’affaire en se mettant en règle avec son suzerain et fit cesser ainsi les mesures de rigueur dont il avait été l’objet.
Réunie en même temps que la commanderie de Boulbonne à celle de Gaignac, la ville de Saint-Quirc devint un des membres importants de cette riche circonscription de l’Ordre.
En 1511, nous voyons les sindics de cette ville s’adresser au sénéchal pour se plaindre de ce que le commandeur Gaston de Verdusan, « qui retirait de sa commanderie 545 escus d’or, plus 250 setiers de blé et qui ne payait plus que 100 escus de responcion au trésor de l’Ordre, » refusait de réparer l’église de Saint-Quirc, qui menaçait ruine (4).
4. Archives de Saint-Quirc, L. I.

La résidence que les commandeurs de Caignac possédaient à Saint-Quirc, avait le plus féodal aspect. Ecoutons en effet les deux consuls de cette petite ville, venir prêter leur serment au commandeur, Arthur de Glandevèz-Pépin, en 1599 : — « Il (le commandeur) a un beau chasteau de briques, avec de belles escuries à la basse-cour d’icelluy ; dans lequel ledict seigneur a ses prisons et carces auquel chasteau les habitants sont tenus venir faire garde en temps de guerre la nuit tant seulement... »
Le commandeur répondit à ses vassaux, en leur promettant de maintenir leurs privilèges, de les défendre, « de les tous retirer, où besoin seroit, dans ledict chasteau de Saint-Quirc, pour leur assurence, avec leurs personnes, leurs biens ; et les bassaulx de icelluy chasteau garder, comme dict est (1) »
1. Archives de Saint-Quirc, L. I.

Les procès-verbaux des visites de la commanderie pendant le XVIIIe siècle, parlent encore du « beau chasteau de Saint-Quirc, » mais aussi des réparations que les commandeurs sont obligés d’y faire sans cesse, pour en retarder la ruine. Aujourd’hui il ne reste plus de ces fières murailles que quelques débris insignifiants.

De la maison de Saint-Quirc, dépendait encore Salles, petite paroisse située dans le voisinage, au sujet de laquelle nous trouvons une transaction conclue entre les Hospitaliers et Aymeric de Bressolles, abbé de Calers, qui avait quelques droits sur ce territoire (1309) (2). Les désastres de la guerre durent se faire sentir d’une manière lamentable dans cette dépendance de la commanderie ; l’église dût être détruite et les habitants dispersés. C’est ce que nous pouvons conclure d’une transaction passée le 22 avril 1620 dans le château de Cintegabelle entre François de Saint-Jean, seigneur de Belbèze, « économe établi par le roy en l’abbaye de Calers » et Jacques de Chasteauneuf-Monléger, Commandeur de Caignac, au sujet de la paroisse de Saint-Barthélemy de Salles. (3)
2. Archives de Saint-Quirc, L. I.
3. Archives de Bolbonne, L. I.


Le vicaire perpétuel de Saint-Quirc, sera tenu d’administrer les sacrements à tous les habitants de Salles et il recevra pour cela une pension de 4 setiers de blé (4).
4. Archives Saint-Quirc, L. I.

8. — La Cavalerie de Pamiers ou la Nougarède.
Département: Ariège, Arrondissement et Canton: Pamiers - 09

Domus Hospitalis La Cavalerie
Domus Hospitalis La Cavalerie

Dom Vaissette prétend que le sixième jour des calendes de de novembre de l’année 1136, le comte Roger de Foix et dame Chimène sa femme, fondèrent à la Nougarède le premier établissement des Templiers dans le pays. L’étude sur le Temple de Toulouse et celui de Laramet nous a donné la preuve de l’inexactitude de cette assertion. Quoiqu’il en soit, dans la charte de donation figurant parmi les preuves de l’histoire du Languedoc (1), et dont les archives de la commanderie n’ont conservé qu’une copie inscrite dans un autre document, nous lisons que le noble couple donna, entre les mains d’Amélius, évêque de Toulouse, à Dieu et à la sainte milice du Temple, représentée par les chevaliers Arnaud de Bédous et Raymond de Gaurc, leur fief de la Nougarède, en franc-alleu. Ce territoire, « placé sous la sauvegarde divine et limité par des croix suivant l’usage, » s’étendait de la forêt de Silva corta, jusqu’à l’Ariège et devait porter désormais, d’après la volonté du donateur, le nom de Villedieu. Le comte Roger ajoutait à cette donation des privilèges, qui témoignent de toute sa sympathie ; ainsi il leur accordait le pâturage pour leurs troupeaux dans tous ses bois et exemptait eux et leurs vassaux des droits de leude, de péage et d’usage dans toute l’étendue de sa terre. Cette importante donation avait pour témoins un grand nombre de puissants seigneurs du pays, qui voulurent s’y associer en apposant leurs sceaux à la suite de ceux du comte et de la comtesse de Foix : c’étaient Roger de Durban, Guillaume d’Asnave son fils, Arnaud de Vcrniole, Pons de Gramont, Bernard Athon d’Estrobal et Bérenger de Brugal (2).
1. Dom Vaissctte, tome 3, Pr.
2. Pièces justificatives, n° XXXVL.


Peut-être, à côté des sentiments de piété qui avaient poussé le comte Roger II à se montrer aussi généreux envers les chevaliers du Temple, pourrait-on découvrir d’autres motifs d’un ordre purement humain. L’histoire de cette période est remplie par les luttes des princes de la maison de Foix, contre les abbés de Saiut-Antonin de Frédélas. Ce même Roger II, avait dû restituer en 1111 à ce monastère, les biens et les droits usurpés par lui ou par ses prédécesseurs (3) ; malgré cela le premier soin que dût prendre son fils Roger-Bernard, en lui succédant, fût de restituer de nouveau à l’église de Saint-Antonin le village de Frédélas, le château de Pamiers et les autres biens de l’abbaye dont son père s’était emparé (4). Cette réconciliation, cette fois sincère, amena bientôt après le paréage conclu entre les abbés et les comtes et fut l’origine de la ville de Pamiers formée du château de ce nom, du village de Frédélas et de deux autres villages voisins. Ne serait-il pas permis de supposer que, dans le temps de ses discussions avec l’abbaye, Roger II eût formé le projet de lui opposer, presque à sa porte, un établissement religieux destiné à lui servir de rival ; cette hypothèse s’appuie surtout sur le désir qu’exprime le comte dans cette charte, de voir fonder par les Templiers sur le fief de la Nougarède une ville, dont il prend même le soin de désigner le nom par avance. La réconciliation du comte Roger-Bernard avec l’abbaye ayant amené la fondation de la ville de Pamiers, dont la garde lui fut confiée, il n’eut aucun intérêt à poursuivre la réalisation des désirs de son père au sujet de la Villedieu, qui resta toujours à l’état de projet ; et le simple établissement que les Templiers eussent bien voulu voir transformé en une ville florissante, continua à porter le nom de la Nougarède, remplacé plus tard par celui de La Cavalerie-de-Pamiers.
Les archives nous font du reste complètement défaut pour toute la période où la Nougarède fut sous l’autorité du Temple.
3. Dom Vaissette, Liv. XVI
4. Dom Vaissette, Liv. XVIII.


Nous devons par suite nous borner à mentionner la fin lugubre de cet établissement. Son commandeur, Jehan de la Cassagne, après s’être fait inscrire parmi les défenseurs de son Ordre, fut arrêté à son tour ; soumis à la torture, il avoua tous les crimes qu’on lui imputait et fut brûlé avec quatre de ses compagnons sur la place de la Cité à Carcassonne (20 juin 1311) (5).
5. Dupuy, Histoire de la condamnation des Templiers.

Après la suppression de l’Ordre du Temple, la Nougarède fut adjugée aux Hospitaliers, qui la conservèrent tout d’abord en commanderie. Cette dernière n’eut jamais du reste un grand développement. Le seul document de quelque intérêt que nous trouvons dans ses archives est le récit de débats survenus entre le commandeur et l’autorité civile de Pamiers. Le premier s’appuyant sur la charte de 1136 et sur les privilèges qui y étaient concédés par le comte de Foix, prétendait avoir la seigneurie entière de tout le territoire de la Nougarède ; le Prévôt de Pamiers lui fit inhibition d’exercer la haute justice dans ce lieu qui faisait partie des dépendances immédiates de la cité. Le chevalier adressa alors ses réclamations au Saint-Siège et obtint en effet des lettres apostoliques confirmant les privilèges de l’Ordre et ceux de sa maison en particulier ; il les fit publier aussitôt « sur l’échafaud (al cadafal) » de l’église du Camp à Pamiers. C’était la guerre ouverte et déclarée qui menaçait de durer de longues années, lorsque les parties résolurent de terminer leur différend à l’amiable. Le document en question nous introduit dans l’église des Frères Mineurs de Pamiers ; aux pieds du maître-autel siège le « Révérend Père en Dieu, Mgr l’Evêque de Pamiers ; » devant lui se présentent d’un côté « noble Sire Mgr Guillaume de Morilhon, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean et commandeur de Notre-Dame de la Cavalerie ou de la Nougarède, et, de l’autre, savants et discrets personnages, Messire Jean de Roquefort, juge mage du comté de Foix, Maître B. de Serre, Prévôt de Pamiers, et Maître B. dels Baratz, procureur des consuls de la ville. » La fin du parchemin ayant disparu nous ne pouvons savoir quelle sentence prononça l’Evêque, (mai 1461) (6).
6. Archives de Pamiers, L I.
Le peu d’importance de cette commanderie en amena la suppression à la fin du XVe siècle, et l’adjonction à celle de Caignac. Depuis cette époque nous ne trouvons dans ses archives aucun fait digne de remarque.

9. — Canens
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Carbonne - 31

Domus Hospitalis Canens
Domus Hospitalis Canens

Le 27° jour du mois de juin de l’an de l’Incarnation 1156, le chevalier Arramond d’Aspet, accompagné de ses deux fils Arnaud-Arramond et Roger, se rendait au Temple de Montsaunès qu’il avait déjà comblé de ses faveurs. Là, en présence de tous les Templiers de la maison, il fit donation à Dieu, à Notre-Dame de Montsaunès, à Guillaume de Verdun, Commandeur du château, de la ville et des habitants de Canens, de son territoire, de la seigneurie haute, moyenne et basse, « comme il l’avait dans les autres châteaux » ainsi que de l’église, des dîmes et des prémisses. « Si quelqu’un veut contrevenir à ce don qu’il soit maudit de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de Madame Sainte-Marie, des neufs Ordres des Anges, des quatre Evangélistes, des douze Apôtres, de tous les Martyrs, de toutes les Vierges, de tous les Conteste sœurs et de toute la cour céleste (1). »
1. Pièces justificatives, n° XXXVII.

Après la suppression de l’Ordre du Temple, la ville de Canens et ses dépendances furent détachées de la commanderie de Montsaunès pour être réunie à celle de Caignac dont sa position géographique la faisait dépendre plus naturellement. Nous voyons dans la suite ce membre donné successivement à plusieurs religieux, son éloignement du chef-lieu de la commanderie nécessitant cette mesure. Mais cette habitude de distribuer à des chevaliers certains membres des commanderies n’était qu’une simple tolérance et le Grand-Maître Aymeri d’Amboise interdit même complètement cet abus. Le membre de Canens était alors possédé par Théobald de Verdusan qui en avait été pourvu par un de ses parents, commandeur de Gaignac. Ce dernier ferma en sa faveur les yeux sur cette imfraction aux règlements ; mais il n’en fut pas de même avec son successeur, Géraud de Massas, qui, ne pouvant persuader au chevalier de Verdusan de restituer de plein gré le membre de Canens, porta l’affaire devant le Grand-Conseil de l’Ordre (1513). Une bulle du Grand-Maître Fabrice de Garette obligea Théobald de Verdusan à renoncer au membre de Canens et chargea Jean Salomon, Commandeur de Montsaunès et B. de Golard, Commandeur d’Argenteins de le faire restituer à son légitime propriétaire (10 juillet 1514) (2).
2. Archives de Canens, L. I.

10. — Saint-Girons. — Audinat. — Sallan.
Département: Ariège, Arrondissement et Canton: Saint-Girons - 09

Domus Hospitalis Saint-Girons
Domus Hospitalis Saint-Girons

Il y a un Audinac Haut, Milieu et Bas, commune de Montjoie-en-Couserans, au-dessus de Saint-Giron 09
Les archives nous faisant complètement défaut pour ses différentes possessions de l’Ordre dans la partie montagneuse de l’Ariège, nous ne pouvons que les mentionner ici ; elles devaient constituer primitivement une petite commanderie réunie dans la suite à cause de son peu d’importance à celle de Gaignac. Notre-Dame de Sallan, qui en dépendait et qui même lui avait donné son nom, était une chapelle bâtie dans les régions les plus abruptes des Pyrénées.
Du Bourg, Antoine. Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Toulouse 1883 BNF

1° Liste des Commandeurs de Gaignac.
-------1136. Raymond de la Bruguière.
1140-1152. Bernard d’Azillan.
-------1153. Raymond de Boville.
-------1166 Raymond Petit.
-------1171. Géraud de Saint-André.
-------1172. Bernard de Gavaldan.
-------1173. Hugues de Sordizia.
1175-1176. Gausfred.
1178-1182. Raymond Matfred.
-------1192. Pierre Soubiran.
-------1201. Boson.
1202-1204. Raymond de Rieux.
-------1205. Guillaume Raymond.
1209-1213. Pons.
1213-1214. Guillaume de Lordat.
1215-1223. Pons (2e fois).
1223- 1224. Athon de Vacquiers.
1224- 1225. Guillaume de Boyer.
1225- 1226. Géraud de Miraraont.
1228-1230. Amiel de Pailhès.
1231-1232. Roger de Saint-Mézard.
1235-1236. Pierre d’Arren.
-------1237. Sanche de l’Epée.
-------1238. Guillaume de Saint-Romain.
-------1239. Pierre de Cayrane.
1252-1255. Sicarf de Miramont.
1256-1258. Bertrand de Fau.
1258-1262. Sicard de Miramont (2e fois).
1262-1263. Azemar de Miramont.
-------1264. Guillaume-de Las Tours.
-------1266. Guillaume de Saint Jean.
-------1267. Fabre de Virac.
1269-1272. Albert de Rosset.
1274-1276. Guillaume du Puy.
1277- 1278. Galhart de Caritat.
1278- 1279. Géraud de Colomb.
1280-1284. Bernard de Savignac.
-------1285. Arnaud de La Mastra.
1286-1238. Ravmond de Saint-Just.
1291-1295. Ermengaud des Aguilhiers.
-------1299. Arnaud de Montlaur.
1301-1306. Bernard de Villars.
1307-1308. Elie de Montdragon.
1309-1310. Raymond de Valmale.
1311-1312. Bertrand de Jocon.
1313- 1314. Pierre de Cavlus.
1314- 1315. Pons de Castelnau.
1315- 1316. Guillaume de Chavadon.
1316- 1317. Raymond de Carbuscio.
1317- 1318. Raymond des Alpes (de Alpbus).
-------1332. Reginald de Mirepoix.
1323-1330. Guillaume de Relhane.
1331-1339. Stulte de Ruthène.
1345-1358. Guichard de l’Ongle.
1359-1361. Pons de Rafaud.
-------1370. Guibert de Buzens.
1380-1391. Bernard de Belpech.
1393-1396. Bertrand Claustra, Receveur du Grand-Prieuré.
1397-1398. Aymeric de Montlaur.
1399-1400. Elzias de Rossac.
-------1437. Pierre de Raffin.
1457-1475. Guillaume de Calmont.
1489-1494. Jean de Roquelaure Saint-Aubin.
1494-1495. Bernard de Montlezun.
1497-1508. Gaston de Verdusan.
1513-1534. Géraud de Massas, Receveur du Grand-Prieuré.
1541-1545. Philippe du Broc.
1560-1561. Balthazar de Coulans.
-------1570. Philippe de Vir-Toulanès
-------1580. François de Moreton-Chabrillant.
1599-1607. Arthur de Glandevez Pépin.
1611-1617. Jean de Rodulphe Beauvoir, Receveur du Grand-Prieuré.
1618-1628. Georges de Castellane d’Alluys.
1629-1634. Jacques de Chasteauneuf-Montléger.
1635-1657. Louis de Tersac-Montberaut.
1669-1670. Gabriel de Grilhet-Cazillac.
1695-1696. Gaspard de Blacas Carros.
-------1726. Joseph de Forbin d’Oppède.
1736-1743. Jean-Antoined’Hautpoul.
1753-1765. Josepb-Gabriel de Thomas de Gignac.
1783-1789. N. d’Eaulx.

2° Liste des Commandeurs du Rival ou de Saint-Michel-de-Lanès.
1170-1175. Dame Aiceline.
-------1175. Pons de Cominian.
1176-1191. Bernard de Barcian.
1192-1195. Pierre de Marcin.
1212-1221. Pons de Barcian.
-------1223. Arnald Dominique.
1225-1226. Etienne.
-------1234. Raymond.
1236-1239. Dominique.
-------1243. Jacob.
-------1279. Arnaud de Gariduet.
1281-1282. Pierre de Mataron.
-------1284. Marquis d’Escornebœuf.
-------1236. Géraud d’André.
-------1288. Hugues de Vaseon.
-------1295. Pierre de Belet.
-------1238. Bernard de Vintro
-------1307. Bernard Fabre.
1308-1315. Raymond de Roqueblave.
1323-1324. Guincard de l’Ongle.

3° Liste des Commandeurs du membre de Viviers.
1270. Hugues de Electo
1288. Arnaud de Barri.

4° Liste des Commandeurs du membre de Siuraguel.
1489-1497. Jean de Montussac.

5° Liste des Commandeurs de Thor-Boulonne
-------1193. Bernard de Gavaldan.
-------1205. Guillaume Raymond.
-------1212. Bernard de Durban.
-------1230. Bernard-Amiel de Pailhès.
1242-1244. Bertrand de Fraxines.
1248-1258. Sicard de Miramont.
-------1272. Bernard d’Aure.
-------1276. Albert de Rousset.
1277-1279. Pierre de Tournel.
1230-1295. Bernard de Miramont.
1305-1308. Pierre de Tournel (2e fois)
-------1309. Guillaume Chaste.
-------1315. Pierre de Clermont.
-------1316. Bertrand de Pérelhe.
-------1320. Antoine de Chavanon, Prieur de Navarre.
-------1323. Roymond de Valmale.
-------1370. Roger d’Hautpoul.
-------1398. Jean du Plantier.

6° Ciste des Commandeurs de la Cavalerie de Pamiers ou La Nougarède.
-------1136. Arnaud de Bédous.
-------1260. Arnaud Dozira.
1271-1290. Pierre de Cazes.
-------1307. Jean de la Cassagne.
1409-1410, Bertrand d’Azémar.
1410-1411. Georges de Marmaran.
1467-1468. Guillaume de Morilhon.

7° Liste des Commandeurs partiels du membre de Caens.
1491-1495. Pierre de Mois, prêtre.
-------1498. Raymond Gélade.
1508-1514. Théobald de Verdusan.

8° Liste des Commandeurs du membre de Sallan.
1324-1325. Raymond de Sacquet.
-------1388. Jean Mauria.
-------1399. Raymond de Hoamar.
-------1421. Adhémar du Mas.
Du Bourg, Antoine. Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Toulouse 1883 BNF

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