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Commanderie de Fonsorbes

Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Muret - 31

Commanderie de Fonsorbes
Commanderie de Fonsorbes

La commanderie de Fonsorbes est l’un des plus anciens établissements de l’ordre de Saint-Jean, dans nos contrées.
C’est aux temps de la première croisade qu’il nous faut remonter pour étudier sa fondation. La charte de donation, dont nous n’avons qu’une copie faite dans le courant du XIIe siècle, nous transporte tout d’abord au milieu d’une lande inculte, dans un château situé à l’embranchement des deux routes de Toulouse à Bonrepos et à la Salvetat de Sainte-Foy ; nous y voyons le Comte Sanche 1er d’Astarac et son fils Bernard, donner à Dieu, au Saint-Sépulcre et à l’hôpital de Jérusalem, représenté par Forton de Hautefage, « leur portion de l’honneur, appelé Fonsorbes, la dîme, les prémisses, en un mot tout ce qui leur appartenait dans l’église et dans la ville du lieu. »
Mais une difficulté se présentait tout d’abord pour les nouveaux possesseurs ; l’exploitation de cette vaste étendue de terrain inculte et couvert de bois exigeait, sur les lieux mêmes, la création d’une résidence où ils pussent s’établir pour la diriger. Or, avant la première croisade, les ressources de l’hôpital de Jérusalem devaient être bien peu considérables et absorbées entièrement par les œuvres charitables qui s’y pratiquaient. Aussi, quand Forton vint à Jérusalem rendre compte à Gérard, prieur de l’hôpital, de cette donation et prendre ses ordres à ce sujet, celui-ci le renvoya à Durand, son lieutenant à Saint-Gilles, qui lui répondit que l’hôpital ne pouvait rien dépenser pour l’exploitation d’un domaine aussi vaste, mais qu’il le confierait volontiers à quiconque voudrait, pour le service de Dieu, y créer un établissement.
Forton de Hautefage proposa de se charger de cette entreprise, en s’engageant à payer à l’hôpital « une rente annuelle proportionnée aux revenus que Dieu lui accorderait. »
Ainsi investi des pleins pouvoirs de ses supérieurs, l’Hospitalier revint dans le Toulousain, où le comte d’Astarac le mit en possession du fief de Fonsorbes, par un second acte passé à Simorre, en présence de Raymond, archevêque d’Auch. Après quoi, la charte nous le montre, se rendant de nouveau à Jérusalem, où il renouvela ses engagements au prieur Gérard, et où il fit écrire ce document, qui se termine par des anathèmes solennels contre ceux qui contreviendraient aux conditions énoncées (1).
1. Pièces justificatives n° XXIX.

Suivant l’usage, trop général à cette époque, la charte qui nous occupe n’est pas datée ; cherchons si nous ne pouvons suppléer au moins en partie à cette lacune. Dom Brugelle, dans sa chronique d’Auch, nous apprend qu’on ne trouve plus de traces de Sanche Ier d’Astarac à partir de 1085 ; mais je crois que, malgré l’opinion de ce savant historien, le fait dont il s’agit et par suite, la mort de Sanche, ne doivent pas être antérieurs aux dernières années du XIe siècle.
Nous voyons figurer, en effet, aux côtés du noble comte, Raymond, archevêque d’Auch. Or, dans le courant du XIe siècle, le siège archiépiscopal d’Auch ne fut occupé que par deux prélats de ce nom : le premier qui mourut en 1052, et le second qui gouverna le diocèse depuis 1096 jusqu’en 1118. C’est évidemment de ce dernier qu’il est question ici ; car pendant l’épiscopat de Raymond Ier, Gérard n’était pas encore prieur de l’hôpital de Jérusalem, qu’il devait diriger jusqu’en 1118, et Bernard d’Astarac n’eut sans doute pas figuré dans la donation si elle eût été antérieure à l’année 1066, époque où son père l’associa à son autorité. D’un autre côté, le grand âge de Sanche Ier ne permet pas de supposer qu’il ait pu vivre au-delà de l’année 1100. Il est donc à croire que ne pouvant pas prendre part à la croisade, il fit cette donation pour compenser sa non-participation à la sainte expédition.
La fréquence des voyages de Forton de Hautefage à Jérusalem semblerait nous indiquer que les faits en question ont dû se passer pendant le cours de la première croisade, alors que la Méditerranée était sillonnée de vaisseaux chrétiens et que les moyens de transports vers la Terre-Sainte étaient singulièrement facilités, c’est-à-dire vers les quatre dernières années du XIe siècle.

La même charte contient plusieurs autres donations faites en même temps à l’Hôpital : ainsi un autre membre de la famille comtale, Arnaud d’Astarac, donne en franc-alleu la Salvetat de Sainte-Foy et, se repentant bientôt de cet excès de générosité, revient sur cette donation pour se réserver les droits d’accapte et d’agrier de ce territoire.
D’autres seigneurs des environs, entraînés par l’exemple de leurs suzerains, Raymond de Pibrac, Ither de Mazerolles, Wilhelm de Marca, Peleguy d’Argumbal, et Calvet de Saysses font cession à l’Hôpital de tous les droits qu’ils avaient sur les fiefs en question (1).
1. Archives Fonsorbes, L. I.

Quelques années plus tard, deux donations importantes vinrent accroître le domaine des Hospitaliers à Fonsorbes.
Folpier de Fajard et sa famille donnèrent à l’Hôpital de Jérusalem, à frère Gérard, hospitalier, le fief de Diosovol, portion du territoire de Fonsorbes, ainsi que toutes ses dépendances. Cette donation fut faite entre les mains d’Amélius, évêque de Toulouse, qui permit aux Hospitaliers de faire élever une église dans leur nouvelle possession ; autorisation dont ils ne durent pas profiter, car on ne retrouve pas de traces d’églises dans les environs immédiats de Fonsorbes. Ce nom poétique, imposé peut-être par le donateur en souvenir de la croisade et du cri de guerre des chevaliers gascons dans leurs expéditions d’outre-mer, disparût même complètement et se perdit dans l’appellation générale de la commanderie de Fonsorbes (2).
2. Pièces justificative n° XXX.

Au mois d’octobre de l’année 1135, l’un des seigneurs qui partageaient jadis avec les comtes d’Astarac la juridiction de Fonsorbes, Bertrand de Roquefort se dessaisit de ses droits sur cette ville en faveur de l’Hôpital, moyennant une redevance annuelle de deux sols morlans (3).
3. Archives Fonsorbes, L. I.

La maison de Saint-Jean de Toulouse ayant été fondée dans cet intervalle, la commanderie de Fonsorbes lui fut réunie et n’eut à enregistrer dans la première période de son existence que des donations successives qui rendirent en peu de temps les Hospitaliers les plus puissants seigneurs de la contrée. Ils ne partagèrent bientôt plus leur autorité sur ce territoire qu’avec Bernard d’Orbessan ; c’est ce même seigneur que les historiens nous montrent soutenant avec ses seules forces une lutte acharnée contre les milices communales de Toulouse et signant, le 15 avril 1204, avec les Capitouls, un traité de paix dans lequel il promettait de ne plus faire de rapines, comme par le passé, sur leur territoire, et de servir désormais dans leur armée avec 4 chevaliers (1). Il était seigneur haut justicier de la ville de Fonsorbes, et il est probable que la prise et la destruction de cette dernière furent un des épisodes de la guerre dont nous venons de parler. Toujours est-il qu’aussitôt après la conclusion de la paix, Bernard d’Orbessan se mit en devoir d’édifier sur le même emplacement une nouvelle ville. Les archives de la commanderie nous ont conservé la charte que ce seigneur octroya aux futurs habitants le 12 avril 1205.
1. Dom Vaissette, livre XIX.

Il commence par énumérer les censes légères auxquelles seront tenus ses vassaux de Fonsorbes ; il leur concède à chacun, moyennant une faible redevance, la possession de toutes les terres qu’ils défricheront. Il s’engage ensuite à faire entourer au plutôt la nouvelle ville d’un mur d’enceinte avec son chemin de ronde et ses fossés ; les frères de l’Hôpital et les autres chevaliers de Fonsorbes devant se charger de faire élever les fortifications sur leurs portions de terrain, les habitants devront pourvoir dans la suite à l’entretien et aux réparations des murailles et des fossés.
Le fondateur promet de ne pas s’opposer au départ de ceux qui, ayant établi leur résidence dans la nouvelle ville voudraient s’en retirer plus tard et même de les faire transporter, eux et leur mobilier « jusqu’à Toulouse ou ailleurs, à une distance de 3 lieues de Fonsorbes. »
Après avoir promulgué son code de justice civile et criminelle, le seigneur Bernard déclare que les simples amendes seront recueillies par 4 probes hommes de la localité, qui dépenseront ces sommes au commun profit des habitants (1).
1. Archives de Fonsorbes, L. IV.

La ville construite, il ne pouvait manquer de s’élever bientôt des compétitions d’autorité entre son fondateur et ses puissants voisins, les chevaliers de Saint-Jean.
Nous trouvons, en effet, en l’année 1208, des discussions engagées entre Bernard d’Orbessan et Pierre Baravi, Prieur de Toulouse, au sujet de la juridiction de Fonsorbes, se terminer par une composition à l’amiable.
Après avoir examiné les titres des deux parties, les arbitres décidèrent que les Hospitaliers posséderaient en toute propriété les emplacements qu’ils occupaient à Fonsorbes (propersam et locares), l’église, les dîmes, les prémisses dans le fort et dans la ville et devaient partager avec leur compétiteur les droits de leude, de boucherie, de garde des portes et de justice, excepté pour le cas d’homicide où tout revenait au seigneur d’Orbessan (2).
2. Archives de Fonsorbes, L. I.

Grâce à cette sentence, la bonne harmonie ne tarda pas à se rétablir entre les deux rivaux et nous voyons en 1229 Pierre d’Orbessan, fils de Bernard, sur le point de partir pour Rome donner, dans le cas où il viendrait à mourir en voyage, « à Dieu, à la Vierge Marie, à frère Sanche de l’Épée, Prieur de Toulouse, et à frère Guillaume de Barège, précepteur de Fonsorbes, » tous les droits qu’il avait encore sur cette ville ou son territoire (3).
3. Archives de Fonsorbes, L. I.

Ces disputes terminées, l’Hôpital eut à en soutenir encore de très vives avec une autre famille puissante des environs.
Raymond de Villemur et ses frères Arnaud-Raymond et Raymond de Rabastens voulaient enlever à frère Guillaume de Serre, précepteur de Fonsorbes et de Gavarni, par des moyens souvent peu pacifiques, une portion du territoire de la commanderie sur laquelle ils prétendaient avoir des droits. Pour obtenir la paix, le Précepteur, qui n’avait pas alors des ressources suffisantes pour continuer la lutte, se résigna à transiger avec ses redoutables adversaires, qui renoncèrent à leurs prétentions moyennant 800 sols tolsas (juin 1255) (1).
1. Archives de Fonsorbes, L. I.

Après avoir assuré par ces accords et divers achats leur autorité contre toute compétition, les chevaliers de Saint-Jean en usèrent, peu de temps après, pour le bien de leurs vassaux.
La charte de privilèges, octroyée par Bernard d’Orbessan en 1205, assurait plutôt le bien-être matériel des habitants de Fonsorbes que leurs franchises municipales.
Aussi n’est-il pas étonnant qu’au bout d’un demi-siècle ces derniers aient senti le besoin d’obtenir des modifications dans le régime sous lequel ils vivaient et aient voulu profiter de la facilité avec laquelle les seigneurs, tant laïques qu’ecclésiastiques, et en particulier les chevaliers du Temple et de Saint-Jean accédaient, durant la seconde moitié du XIIIe siècle, aux aspirations de leurs vassaux vers les libertés communales.

Le troisième jour des kalendes (calendes) de juin (29 mai) de l’année 1279, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Guillaume de Villaret, avait réuni, au château de Fronton, son chapitre provincial, lorsque, devant l’assemblée des chevaliers de l’Hôpital, se présenta une députation des habitants de Fonsorbes qui, « fléchissant les genoux et joignant les mains », supplient le Grand-Prieur de leur octroyer « une charte de commune, sous laquelle ils puissent vivre tranquilles et apprendre ce qu’il leur faut faire. »
Guillaume de Villaret prenant en considération leur requête, demande aux députés s’ils veulent s’en rapporter à lui pour le choix de la constitution qui va leur être octroyée. Sur leur réponse affirmative, il leur concède des coutumes analogues à celles qu’il vient d’octroyer à la petite ville d’Aigne (membre dépendant de la commanderie de Thor-Bolbonne), et promet de leur en faire délivrer au plus tôt une charte authentique revêtue de son sceau (1).
1. Archives de Fonsorbes, L. I.

Aignes

Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Villefranche-de-Lauragais - 31

Domus Hospitalis Aignes
Domus Hospitalis Aignes

Les informations historiques, remontent au XIIIe siècle où il est question de saint Bauzille d’Aignes ; les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, possesseurs de ce territoire, encouragèrent les gens à s’installer au village.

En effet, quelques jours après, le 17e jour des kalendes (calendes) de juillet (14 juin) de cette même année, dans la maison de l’hôpital Saint-Jean de Toulouse, le Grand-Prieur de Villaret, entouré de son chapitre provincial, promulguait la charte de commune, octroyée aux habitants de Fonsorbes. Après avoir aboli les droits d’albergue, de taille, de queste (1) et d’emprunt forcé, le Grand-Prieur énumère les libertés qu’il leur accorde et parmi lesquelles je signalerai les suivantes : Ils pourront marier librement leurs filles partout où ils voudront et n’auront pas d’empêchements pour faire entrer leurs fils dans la cléricature.
1. En Provence, le droit de queste est un impôt levé par le comte, dérivant de l’aide due par le vassal, similaire dans son principe et son exécution à la taille ou au fouage.
Il existait aussi un droit de queste dans le Sud-Ouest de la France.


La prison préventive est abolie, sauf les cas de meurtres, de blessures mortelles, etc. Les testaments faits en présence de témoins dignes de foi, par devant l’assemblée des consuls ou, à leur défaut, un frère de l’hôpital, seront valables, « quand même ils ne seraient pas fait suivant la solennité des lois, » et les actes passés par le notaire-greffier de la ville auront la même valeur que des actes publics.
Un accusé ne sera pas tenu de prouver son innocence au moyen du duel judiciaire et son refus de se battre ne prouvera pas sa culpabilité.
Après quoi, le Prieur règle l’administration de la ville : tous les ans, le Précepteur, assisté de quelques probes hommes de Fonsorbes, choisira quatre consuls catholiques, qui après avoir juré de gouverner la ville avec fidélité et de n’accepter ni présents ni services à cause de leur charge, recevront le serment d’obéissance et d’assistance de leurs administrés ; ils auront à veiller à l’entretien des voies publiques, des fontaines et des ponts, et, avec l’aide et le contrôle de quatre personnes élues directement par le peuple, à répartir entre les habitants les dépenses nécessaires à cet effet.
La charte contient ensuite le code de justice, la composition du tribunal, où figurent, sous la présidence du Précepteur ou de son juge, les quatre consuls de Fonsorbes.
Ne dédaignant pas d’entrer dans tous les détails elle fixe les prix que le chapelain pourra réclamer pour les mariages et les enterrements.
Le Prieur termine en confirmant aux habitants la donation faite jadis par Bernard d’Orbessam, de toutes les terres qu’ils défricheront, sous la redevance de la dîme, des premisses et de l’agrier, et en concédant à la ville quatre nouveaux arpents de terre, pour servir de pâturage communal (1).
1. Archives de Fonsorbes, L. I.

La reconnaissance des habitants de Fonsorbes pour leurs seigneurs fut de courte durée, et cette modeste institution communale se vit, peu de temps après sa fondation, troublée par des orages qui faillirent en compromettre l’existence.
Une plainte, portée par les Hospitaliers au tribunal du juge de Rivière, nous apprend que le dimanche avant la fête de l’Annonciation, en l’année 1308, les consuls de Fonsorbes, après avoir organisé une troupe armée sur la place publique, s’étaient rués à l’assaut de la maison Saint-Jean, qu’ils envahirent aux cris de : « A feu ! à feu ! meurent les meurtriers ! » Ils s’emparèrent de la personne du précepteur, frère Bernard de Saint-Amans ; après l’avoir accablé d’injures et de mauvais traitements, avoir mis en pièces son manteau d’Hospitalier ils le traînèrent ignominieusement enchaîner à travers les rues et les places de Fonsorbes et l’enfermèrent dans la maison d’un des consuls, où il resta prisonnier pendant deux jours. La répression de cette émeute ne se fit pas attendre ; les consuls eurent beau en appeler d’une juridiction à une autre, la ville de Fonsorbes fut condamnée à payer 1,400 livres tournois d’amende au trésor royal, et 50 livres de dommages au précepteur de Saint-Amans, et fut privée à perpétuité de son consulat et de ses privilèges. Cette sentence fut prononcée dans la ville de Sainte-Foy, le 5 janvier 1311 (2).
2. Archives de Fonsorbes, L. I.

Au bout d’un laps de temps plus ou moins long, les habitants de Fonsorbes, ayant sans doute prouvé leur repentir et donné des gages de leur ferme propos de se conduire moins insurrectionnellement à l’avenir, durent obtenir la rémission d’une partie de la peine prononcée contre eux et le rétablissement de leurs coutumes.
Nous retrouvons, en effet, vers la fin du XVe siècle, cette ville administrée par ses quatre consuls, et c’est encore par leurs discussions avec les commandeurs que nous pouvons constater le rétablissement de la magistrature municipale ; mais, instruits par l’expérience du passé, ils n’employèrent plus que des moyens légaux et pacifiques.
Le 22 septembre 1483, dans l’église paroissiale de Fonsorbes, le bailli, les consuls et les prud’hommes de la localité se présentaient devant le commandeur Bernard de Montlezun, et lui exposaient que le four banal ne pouvait leur servir à cause de la distance où il se trouvait de la ville ; « prenant en considération le bien-être de ses vassaux, » le chevalier leur accorda l’autorisation de construire des fours particuliers, chacun dans sa maison, à la condition de payer annuellement pour chaque feu (pro quolibet lari sive foco) 3 pugnerées (2) de blé passé à deux cribles (1).
1. Archives de Fonsorbes, L. I bis.
2. Le cahier du Toulousain

Cette concession n’empêcha pas le même commandeur d’avoir à transiger de nouveau, quelques années plus tard, avec les prétentions sans cesse renaissantes de ses vassaux de Fonsorbes, sur les droits de dîmes et de fournage (1506) (2).
2. Archives de Fonsorbes, L. I bis.

Veut-on savoir comment se faisait la police d’une petite ville au moyen-âge ?
Ecoutons les cries et ordonnances du seigneur de Fonsorbes, prononcés le 16e jour du moys de novembre de l’an 1545, à la place publique de Fonsorbes, par Dominique Saubaterre, lieutenant du juge de Saint-Clar :
« Par mandement du seigneur du présent lieu de Fonsorbes et en suyvant les ordonnances du Roy Saint-Loys et arrestz de la court souveraine du Parlement de Thoulouse, est faicte inhibition et deffence à loutz les habitans du dict lieu, de quelque estat ou condition qu’ilz soyent, maistres ou serviteurs, demeurant au dict lieu, mariez ou non mariez, de ne aller aux tabernes ou cabarets pour manger ou boyre, et aux taberniers ou cabaretiers de ne iceulx recepvoir en leurs maysons et tabernes, sur peine ausdicts taberniers ou cabaretiers de 6 livres pour chascune fois et ausdicts habitans de 2 livres. Et ce pour esviter plusieurs escandales et inconveniens à la république, blasphèmes contre l’honneur de Dieu, la Vierge Marie, saincts et sainctes du Paradis, malladies pour rayson de gormandise et de des bauchements provenant d’icelle, qui est cause que plusieurs prodigues, jureurs, blasphémateurs deviennent pouvres et indigens ; que les deniers qui follement sont despendus ausdictes tabernes soyent pour la deppense de leurs maysons, pour la nourriture et entretainement d’eulx et de leurs familles
(1). »
1. Archives de Fonsorbes, L. V.

Si la lecture de ces naïves ordonnances peut exciter quelques sourires, en présence du nombre effrayant qu’ont atteint de nos jours ces établissements que le chevalier du XVIe siècle proscrivait si rigoureusement de la ville de Fonsorbes, et de la contagion des maladies morales qui en sont la conséquence, on est bien forcé d’avouer que ces mesures, que les taverniers avaient peut-être le droit de trouver oppressives, étaient, en définitive, une sauvegarde pour le bonheur et la prospérité des habitants.

Pendant toute cette période, la commanderie de Fonsorbes avait subi plusieurs modifications successives. Dans les premières années du XIIIe siècle, elle fut distraite de la maison de Toulouse pour être réunie à celle de Gavarni. Mais en
1257, le Précepteur de Toulouse la réclama de nouveau devant le chapitre provincial. Une enquête fut ordonnée; les délégués Guillaume L’Ecrivain, précepteur de Montpellier, et Pierre de Villeneuve, vice-prieur de Toulouse, se transportèrent à Fonsorbes, où ils furent assaillis par les plaintes de tous les frères de la maison, contre le commandeur de Gavarni : les étables étaient vides, ainsi que le garde-manger, le mobilier avait disparu, « et tous les frères, sauf le chapelain et le portier, étaient nus et mal vêtus, à ce point que le signe de la croix apparaissait à peine sur leurs vêtements, ce qui était à grand déshonneur pour l’Ordre (2). »
2. Archives de Gavarni, L. I.

Aussi, malgré les réclamations du précepteur de Gavarni, le chapitre provincial adjuge a-t-il Fonsorbes à son compétiteur (1). Lors de la création du Grand-Prieuré de Toulouse et du remaniement des circonscriptions administratives de l’Ordre qui en fut la suite, Fonsorbes fut érigé en commanderie séparée.
Vers 1520 il fut réuni au domaine direct des Grands-Prieurs de Toulouse ; état qu’il ne conserva pas longtemps, car nous avons déjà vu comment en 1539, le Grand-Prieur Pierre de Grasse céda à Philippe du Broc, commandeur de Renneville, Fonsorbes, et en reçut en échange Léguevin (2).

Gavarnie

Liste des Commandeurs de Fonsorbes
1096 Forton de Hautefage.
1135. Bernard de Puysuiran.
1157. Arnaud de Puysuiran.
1169. Eschafred.
1205. Pons le Chapelain.
1229-1233. Guillaume de Barege.
Vers cette époque réunion, de Fonsorbes à Gavarnie puis à Toulouse, de 1257 jusqu’en 1330.
1260-1267. Dominique de Caniac.
1274. Raymond du Bourg.
1275. Bernard de Roux.
1279. Raymond du Faur.
1308-1312. Bernard de Saint Amans.
1316. Bernard de Gironde.
1331-1338. Arnaud de Serre.
1388-1390. Bertrand Claustra : Receveur du Grand-Prieuré.
1474-1519. Bernard de Montlezun.
Sources : Du Bourg, Antoine. Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France. BNF

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