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Commanderie de Boncourt
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Sissonne - 02

Domus Hospitalis Boncourt
Domus Hospitalis Boncourt

Barthélemy de Vire, évêque de Laon, qui avait accueilli avec tant d'empressement les Templiers dans son diocèse, n'y reçut pas avec moins de faveur les Hospitaliers, lorsqu'ils vinrent s'établir à Boncourt. Nous en trouvons la preuve dans une charte de 1210, émanée de Milon, seigneur de Sissonne, rappelant que son aïeul, Pierre de Sissonne, et Wibourge, sa femme, avaient fait à la sainte maison de l'Hôpital de Boncourt, sancte domui Hospitalis, que dicitur Boncort, plusieurs donations qui sont renfermées, ajoute-t-il, dans la charte authentique de Monseigneur Barthélemy, évêque de Laon, d'heureuse mémoire, au temps nommé l'année de Notre-Seigneur mil cent trente-trois, ex tempore quo dicibatur annus Domini millesimus tricesimus tercius (1).

Au nombre de ces donations, se trouvait la concession faite aux Hospitaliers de prendre pour eux et leurs hommes, le bois nécessaire à leurs constructions et à leur chauffage dans une forêt que l'évêque Barthélemy nommait La Forêt, en deçà des prés, nemus citra prata appellatum.
Milon fait observer que la maison de l'Hôpital s'était désistée de ce droit, en conservant celui de mener paître ses bestiaux dans les bois de Boncourt, situés entre Sissonne et Boncourt, inter Sissonam et Bonam curtem. Elle avait également renoncé à certaines rentes et revenus, ainsi qu'à une terre avec deux maisons que Gobert, père de Milon, lui avait donnée, comme l'expliquent plus longuement des lettres de l'évêque Roger, de l'année 1195.

En considération de cette renonciation, le seigneur Milon accordait et confirmait aux frères de l'Hôpital, le droit de pâturage pour leurs bestiaux dans tous ses bois, comme sur le territoire de Sissonne, sans encourir d'amende pour tous les dommages que les animaux pourraient y causer, et avec faculté aux gardiens des troupeaux, de cueillir des verges et des bâtons pour leur service. Il leur donnait encore dix muids de bois avec la terre en dépendant, à prendre dans le Bateis de Sissonne, à la volonté des Hospitaliers de Boncourt et de frère Pierre, leur commandeur (2).
Il résulte clairement de la charte que nous venons d'analyser, que Boncourt faisait partie, au XIIe siècle, de la seigneurie de Sissonne, et que les frères de l'Hôpital vinrent s'y établir par suite des donations et des concessions faites par Pierre de Sissonne dans la charte de 1133, de l'évêque Barthélemy.

Quelques années après, c'est-à-dire en 1157, l'église de Boncourt, qui appartenait à l'abbaye de Saint-Michel de Sissonne, fut donnée à l'Hôpital par les religieux de cette abbaye, avec toutes les terres et revenus qui en dépendaient, à la charge d'une rente de six muids de froment par an, livrables à la saint André au couvent des religieux dans la vies ville de Sissonne. Cette donation fut confirmée la même année par Gauthier, évêque de Laon (3).

D'après le Livre-Vert, la maison de Boncourt possédait, au XIVe siècle, cinquante-quatre muids de terre arable, à la mesure de Laon, « c'est assavoir pour chascun muy XII jallées pour chascune à VIIxx verges en chascune jallée, et XXii piez en chascune verge et sont lesdites terres, moitié en segle, et moitié en froument. A ladite maison, appartient deux muis et demi de prez, et pourroit valoir la dite maison, XXVII muis Loniziens (de Laon), de froument et XIII muis et IIII jalées d'avoine, le mui de froument à LX solz, et le mui d'avaine à xxxx solz. »

Boncourt rapportait aux Hospitaliers en 1373, avec les rentes seigneuriales, les dîmes et terrages, 243 livres 9 sols 8 deniers. Le Commandeur était seigneur du lieu. « Audit lieu de Boncourt, auprès du clos des maisons de la religion, est le villaige où a de xxv à xxx habitans, tous hommes subjects de la religion avecque toute jurisdicion et exploitz d'icelle, justice levée et prisons. » (Visite prieurale de 1495.)
L'hôtel seigneurial était alors fort vieux, « lequel auttrefoys a eu de grans ediffices, tant pour demourancc comme pour granges, et ne se pourroit refaire qui ne coustat grans deniers ni aussy ne seroit necessaire si grans ediffices. Toutteffoys à présent y a ung corps de maison joignant à ladite esglise qui souffist pour la demourance du Commandeur. » (Visite prieurale de 1495.)

L'église de Boncourt se trouvait sur le terrain et dans l'enclos de la commanderie. Elle était dédiée à saint Jean-Baptiste ; et la collation de la cure appartenait au Commandeur. Bien que l'entretien de l'église fût à la charge de l'Hôpital et des habitants, c'était presque toujours le Commandeur qui en payait tous les frais.
Dans un compte de 149S, le commandeur d'alors, Emery d'Amboise, donnait aux tonneliers de Sainte-Croix, « pour la fasson de V miliers trois quarterons de bauches pour baucher le coer de ladite esglize cinq francs douze sols. »
Il payait la même année treize francs et quatorze sols pour mettre une verrière auprès de l'autel de Notre-Dame, et « faire lambrousser le coer » par des menuisiers de Marie. En 1497, nous voyons le Commandeur faire un marché avec un peintre, « pour renduire la muraille du coer de l'esglise à chaul et à savelon, le jaunir d'occre, le quarreler et y faire ce qu'il appartenoit d'apostre, et autour du dit coer, broder le dessus de ladicte muraille, les verrines pardessus pareillement ossy les tratres et monlans faire de quelque couleur sans estre tenu les faire à l'oylle mais à la colle. »

Il avait été convenu que cet ouvrage coûterait treize francs parisis ; mais le peintre, en se mettant à l'œuvre, jugea qu'il ne pouvait exécuter pour cette somme un pareil travail. Il réclama donc un supplément de salaire ; et le Commandeur lui accorda vingt sols de plus, mais à la condition qu'il « faloit paindre les chaieres qui estoient environ l'autel et les guyndées du baulchement, » ce qui n'était pas compris dans le marché.

« Ainsi il a paint la chaiere où siet Monseigneur et celle où le curé et le diacre reposent quant on dict la messe, ossi une trésorie qui est audessus de la pecine et a faict une ymage en painture au costel de l'autel, ossy resparé le tabernacle qui porte le petit crucefy et l'entredeux du chanssel et du grant montier avec les guyndées pour lesquelles choses faire ledict eu par marchez fait V frans parisis. Somme totale : XIX francs un sols parisis (4) »

Voici ce que coûtait le luminaire de l'église le jour des grandes fêtes, extrait d'un compte de l'année 1495 : « La nuict de l'absumption N.-D., pour un cierge à mettre sur l'autel, pesant une livre, V sols III deniers tournois.
Le luminaire de Toussaint auquel a eu V cierges, pesant chascun une livre six onces, lequel s'est faict des mouches que on a à parson que on a vendu.
Le luminaire de Noël auquel a eu une torse et deux cierges pour les angelots, pour lesquels faire les censiers de Saint-Aquaire ont baillié deux livres de cyre, pour la fasson IX deniers tournois.
Le luminaire de Pasquez auquel a eu quatre cierges d'une livre chascun, et les tenebreaux de V quarterons et une torse de sept quarterons, pour lesquels faire, les censsiers de Saint-Aquaire ont baillié deux livres et demie de cyre et deux livres qu'on a achetté le pris de XI sols, et la fasson qui est montée à XXI deniers tournois. Somme totale : X sols III deniers tournois.
Le luminaire du jour de Saint-Jehan, auquel a eu V cierges pesant chascun une livre, où a eu deux livres de cyre nœufve, dont l'une est venue du mortuaire des mouches que on a à parson, et pour l'autre, V sols et demi tournois ; et pour la fasson, XV deniers tournois. Somme: V sols VI deniers tournois (5). »

Lorsque Emery d'Amboise était commandeur de Boncourt, il ne pouvait résider à sa commanderie, à cause de ses fonctions de Grand- Prieur de France qui le retenaient à Paris. Mais il s'y rendait de temps en temps. Il y vint en 1496, au mois d'avril, passer dix-neuf jours. Ses dépenses pendant ce temps, s'élevèrent à XIII francs XI sols IIII deniers.

La domesticité de la maison se composait d'un serviteur et d'une chambrière qu'on faisait filer pendant les longues soirées de l'hiver. « Pour achat de VII livres de lin pour filer la chambrière, à XVI denier parisis la livre, qui montent à IX sols IIII deniers. De quoy on a faict sept alnes (aunes) et demie de toille, de quoy on a faict une paire de draps à lict ; pour la fasson de ladicte toille, III sols parisis. » Somme totale : XII sols III deniers. (6) »

Sans entrer dans plus de détails que ne comporte le cadre de cet ouvrage, nous nous bornerons à dire que la maison de Boncourt reçut, par la suite, de notables améliorations. Elle fut presque entièrement rebâtie au XVIIe siècle, et devint une résidence des plus agréables.
Elle se composait d'un château avec avenue, entouré d'un beau parc. Près du château, il y avait deux fermes, dont dépendaient plus de 600 arpents de terre arable et 150 arpents de bois, appelés le Bois-le-Comte, le Bois-de-l'Etappe, le Bois-des-Vieilles-Vignes, le Bois-de-Sapins, nommé la Garenne, et le Bois-des-Cendrées.
Cette terre était, en 1788, d'un revenu de 9,000 livres par an.

Les membres de la commanderie de Boncourt étaient, d'après le « Livre- Vert : Les maisons et chapelles de Saint-Acquaire et de Macquigny, près de Boncourt.
La maison de l'Hôpital à Laon.
L'ancienne maison de l'Hôpital de Cerny et celles d'Aubigny, de Bruyères et de Chivy, qui paraissent en avoir été des dépendances.
Le petit domaine de Bourg-sur-Aisne.
1. La date latine doit être rectifiée ainsi : millesimus centesimus tricesimus tertius, Barthélemy de Vire était évêque de Laon en 1133 et non en 1033, comme la charte le porte par erreur.
2. Archives nationales S 4946, Supplément N° 2.
3. Cartulaire, de Saint-Michel. Histoire du diocèse de Laon par N. Lelong. Pr. N° 14, page 604.
4. Archives nationales S 5284, Comptes de la Commanderie de Concourt.
5. Archives nationales S 5284, Comptes de la Commanderie de Boncourt.
6. Archives nationales S 5284, Comptes de la Commanderie de Boncourt.


L'ancien Hôpital de Remigny
Département: Aisne, Arrondissement: Saint-Quentin, Canton: Montescourt-Lizerolles - 02

Domus Hospitalis Remigny
Domus Hospitalis Remigny

Pour augmenter les revenus de la commanderie, les Hospitaliers y réunirent, au XVe siècle, une autre commanderie, appelée le Temple de Thony, possédée alors par celle de Puisieux-sous-Laon.
Ils y ajoutèrent encore plus tard les biens de l'ancienne commanderie du Temple de Seraincourt, dont dépendaient le domaine de Chaumontaigne, la terre de Mainbressy, la maison de Montcornet et celle de Simonet.
Ces adjonctions successives firent de la commanderie de Boncourt un des plus riches établissements du Grand-Prieuré de France.

Saint-Acquaire
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Boncourt - 02

Domus Hospitalis Saint-Acquaire
Domus Hospitalis Saint-Acquaire

Cette maison, située au territoire de Boncourt, à un quart de lieue du chef-lieu de la commanderie, devait probablement son origine aux mêmes circonstances qui avaient amené la fondation de celle de Boncourt, dont elle était une dépendance. Le Livre-Vert nous apprend qu'elle possédait, en 1373, seize muids de terre ou cent vingt-huit arpents, à la mesure de Laon, d'un revenu annuel de xxxiiii livres et seize muids de bois, dont on coupait huit jalées par an, à vi francs la jalée ; ce qui faisait XL.VIII francs.

Elle avait encore d'autres revenus, des cens et des droits de terrage à Monlouez (1), à Ligney (2), à Saint-Quentin (3), à Montigny (4), à Bucy-de-Lez-Pierrepont (5), à Neufchastel-sur-Aigne (6), à Guignoncourt, à Condé, à Variscourt, à Bertricourt, à Saint- Etienne (7), etc. : Un moulin en la ville de Cheme (8), loué quatre muids et neuf jalées de seigle; la dîme d'Arancy (9), accencéé chascun an à un tonneau de vin, valant L.vi sols parisis.
En la vieze ville de Sissonne (10), sur le couvent des religieux de Saint-Michel, II muids et II jalées de seigle, et II muids et demi d'avoine, valant, année commune, xi livres x sols parisiss.
La totalité du revenu de la maison de Saint-Acquaire était alors de 137 livres 8 sols parisis.
En 1788, on comptait à Saint-Acquaire un bois de 219 arpents et 473 arpents de terre à labour, répartis en trois fermes, louées 7.480 livres.
1. La Basse-Montloué, sur la rivière d'Hurtaut, au nord-est de Saint-Acquaire.
2. Peut-être Logney-les-Chaumont: Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Signy-l'Abbaye - 08
3. Saint-Quentin-le-Petit: Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Signy-l'Abbaye - 08
4. Montigny-la-Cour: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Sissonne, Commune: Nizy-le-Comte
5. Bucy-lès-Pierrepont: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Chivres-en-Laonnois - 02
6. Neufchâtel: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Evergnicourt, Commune : Neufchâtel-sur-Aisne - 02
7. Ces cinq communes sont du canton de Neufchâtel.
8. Peut-être Chassemy: Département: Aisne, Arrondissement: Soissons, Canton: Vailly-sur-Aisne - 02
9. Arrancy: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Aulnois-sous-Laon - 02
10. Sissonne: Département: Aisne, Arrondissement et Canton: Laon - 02


Il y avait à Saint-Acquaire une chapelle que le Commandeur faisait desservir par le curé de Boncourt, qui y disait la messe un jour de la semaine.

Macquigny
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Boncourt, Commune: La Selve - 02

Domus Hospitalis Macquigny
Domus Hospitalis Macquigny

Cette maison était, comme celle de Saint-Acquaire, une dépendance de Boncourt, dans la paroisse duquel elle se trouvait autrefois. Elle avait aussi sa chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste. Les terres qui dépendaient de ce domaine étaient de 298 arpents. Le tout était affermé, en 1788, 600 livres ; et le fermier, par son bail, était chargé de l'acquit des messes de la chapelle.

Laon
Département: Aisne, Arrondissement et Canton: Laon - 02

Domus Hospitalis Laon
Domus Hospitalis Laon

Il y avait dans cette ville, en 1264, une maison que les Hospitaliers avaient donnée à cens depuis plus de vingt ans, à un nommé Robert Petit, et à Helvide, sa femme. Ce n'était pas la seule que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem possédassent à Laon ; car nous trouvons des lettres du bailli de Vermandois, du mois d'août 1289, par lesquelles frère Nicole de Rue, commandeur de la maison de l'Hôpital de Boncourt, achetait alors de Jean de Noyon, demeurant à Laon, et de Cezile, sa femme, au prix de 200 livres parisis, « une maison et ses appartenances, franche et quitte de toutes servitudes, de toutes redevances et obligations, sauves les goûtes, ainsi comme elles ont alé, séant en la rue qu'on dist la viez court le Roi à Laon, entre la maison de l'Hospital d'une part, et la maison qui fut Evroul Robaille d'autre part, et par derrière jusques à la rue deseur les murs par où on va de Saint Jehan Labié seur les murs au charbon. »

La maison de l'Hôpital de Laon était louée en 1373, 10 livres parisis. « En la ville de Loon, une maison qui est bailliée à un surgien (chirurgien), à sa vie, au pris chascun an de x livres parisis (Livre-Vert). »
Au XVe siècle, cette maison servait de refuge au Commandeur pendant les guerres qui ravageaient le pays. Nous la trouvons louée en 1788, 380 livres.
Elle était située dans la rue dite des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Cerny
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Aulnois-sous-Laon - 02

Domus Hospitalis Cerny
Domus Hospitalis Cerny

M. Melleville, dans son histoire de la ville de Laon, prétend que les Hospitaliers étaient établis à Cerny-en-Laonnais, avant qu'ils fussent à Boncourt et à Laon ; ce qui nous paraît assez probable pour Laon, mais beaucoup moins pour Boncourt. Toutefois, il faut reconnaître que la maison de Cerny était très-ancienne ; car elle est mentionnée dans une charte de 1143, émanée de Louis VII, roi de France, par laquelle ce monarque confirme toutes les possessions que les Hospitaliers avaient dans son royaume, et spécialement celles des frères de l'Hôpital, demeurant à Cerny, apud villam que Cemiacum vocatur. Il veut qu'ils jouissent librement et sans aucun trouble, de tous les biens qu'ils pouvaient posséder ou pourraient posséder par la suite. Il déclare en outre que, si un de ses sujets guidé par l'Esprit-Saint, venait à entrer dans leur confraternité, il pourrait, en y entrant, donner à l'Ordre la moitié de ses biens sous les cens dus au Roi (2).

Cette fixation de la quotité de biens dont on pouvait disposer envers les Hospitaliers, montre la sagesse du Roi qui craignait que ses sujets n'allassent jusqu'à leur donner tout ce qu'ils possédaient. Malgré cela, il ne paraît pas qu'on tînt rigoureusement à l'exécution de cette prescription. Les successeurs de Louis VII ne la rappelèrent jamais ; et, dans les réceptions des donnés de l'Hôpital comme du Temple, la coutume était encore, au XIIIe siècle, de faire l'abandon de tous ses biens à ces Ordres le jour qu'on y était admis.

Il dépendait de la maison de Cerny 160 arpents de terre et une chapelle, en laquelle, au siècle dernier, le curé du village disait la messe un jour par semaine. Il recevait pour cela une somme annuelle de 28 livres.

Dans la même paroisse de Cerny, l'Hôpital possédait un autre domaine, appelé la Ferme de La Bovelle (2), avec 90 arpents de terre en labour, prés et bois. Il avait encore au-dessus de La Bovelle, sur le ruisseau d'Ailles (3), un moulin à eau, qu'on nommait Moulin de Midesse, arec maison et terres en dépendant.

Des lettres de Gauthier, évêque de Laon, de l'année 1172, nous apprennent que le moulin de Midesse, molendinum de Muidessa, et un autre, nommé le moulin d'Ailles, de Aila, avaient été en partie donnés aux Hospitaliers par un sieur Alexandre, chanoine de Saint-Jean-du-Bourg, lequel avait ensuite ajouté à sa donation une terre entre la vigne Valeham et le Fayel-Renault, avec le tiers d'une ouche située au-dessous de cette vigne, à la charge de lui livrer, chaque année, en sa maison de Cerni, dix-sept muids de grains de trescens, mais avec faculté de racheter cette rente en payant au donateur ou à ses héritiers, dix livres monnaie de Chalons, par chaque muid de grains (5).

Au XIVe siècle, il ne restait plus de ces moulins que celui de Midesse. Ce moulin et la ferme de La Bovelle étaient affermés, en 1357, au prix de 23 muids de grains par an, à la mesure de Ponl-d'Arcis (six setiers pour un muid). Les fermiers, qui étaient Jacquet et Noël de Boncourt, devaient bien labourer, binoquier et verrier les terres. Dans cette location, étaient compris « le pré de Buling ; le pré à la Say ; le pré Eletté ; le grand Courtil ; la vigne et le profit de toutes les nois de Gerny et de la moitié des fèves, à charge par les preneurs qu'ils lumineront la lampe du moustier autant tout leur temps durant, sans pouvoir estrangier la putie qui istera des terres que tout ne soit au profit de ladite maison ; et s'il passe un frère peu conduit, ils le recevront bénignement pour un respaz et le menront à la plus prochaine maison. »

« Outre ils menront pour l'Hospital tous les ans, les escarchons et L barillées d'amendement à III chevaux es vignes de La Bovelle, le marrieu qui faudra es pressouers de Moissi et de Chivy (6) et les foinz du pré Morel et de Courseu, du petit pré de lez l'eau et de » Croisel à La Bovelle. »
A leur entrée en jouissance, les fermiers avaient reçu du Commandeur « 3 chevaux, au prix de XL escus ; VI gorriaux, II selles, II cullieres, II daussieres, III paires d'avantrais en forreles, III brides estoffées de cuir, IIII paires de trais à charrue, le tout au prix de VI escus ; une charrette ferrée pour IIII escus ; II chars de tonne nuefe, II arriéres de fust neufs, II bujois neufs, IIII couvriaux montez en estat, II luberaux de fust en estat, I char bastart en estat pour moisonner, au prix de XXI escus, etc. (7) »

En 1373, la maison de Cerny avec La Bovelle et le moulin de Midesse, cens et rentes seigneuriales, rapportait 60 livres 10 sols 10 deniers.
Ce revenu était porté, en 1788, à 3,000 livres.
2. Archives Nationales. S 494G, Suppl. n° 5.
3. La Bovelle: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne, Commune: Cerny-en-Laonnois - 02 ; Carte de Cassini.
4. Ailles: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne - 02
5. Archives nationales S 4946, Supplément, n° 6.
6. Moussy et Chivy: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne - 02
7. Archives nationales MM 28 f° 61.


Aubigny
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne, Commune: Aubigny-en-Laonnois - 02

Domus Hospitalis Aubigny
Domus Hospitalis Aubigny

C'était un domaine de peu d'importance, qui ne comprenait, d'après le Livre-Vert, qu'une maison, cinq jalées de vigne, sept jalées de bois et deux jalées de pré ; le tout accensé, en 1373, 18 francs et quatre queues de vin, valant, année commune, 12 livres 16 sols.
En 1788, le revenu d'Aubigny était de 270 livres.
La maison d'Aubigny était située dans le village au lieu-dit rue Haute, tenant au chemin conduisant à Mauregny-en-Haye.
Elle n'existait plus au siècle dernier.

Bruyères
Département: Aisne, Arrondissement et Canton: Laon, Commune: Bruyères-et-Montbérault - 02

Domus Hospitalis Bruyères
Domus Hospitalis Bruyères

Les Hospitaliers possédaient à Bruyères, entre Cerny et Laon, une maison et des vignes qu'ils affermaient, en 1373, 28 livres 4 sols. Mais, à la fin du XVe siècle, ils exploitaient eux-mêmes ces vignes et en faisaient du vin pour leur consommation. Nous avons trouvé un compte de leurs vendanges pour l'année 1495.
Elles avaient commencé le 9 septembre, le lendemain de la fête de Notre-Dame.
En voici les détails qui nous ont paru assez curieux :
« Pour la dépense ce dit jour en char, 3 solz 6 deniers ; en achat de 4 frommages durs, 3 sols.
— Pour achat d'une livre de chandailles, 12 deniers.
— Et furent 8 personnes a coper le rosin et un hottiers ; pour chascun desdits coppeurs, 7 deniers ; et pour chascun bottier, 2 solz. Somme: 11 sols 3 deniers tournois.
Le lendemain qui était un jeudi, même dépense.
Le vendredi pour œfs, bure, tartes et Hans, 5 sols ; pour 7 coppeurs et 4 hottiers, 10 sols 6 deniers tournois.
Le samedi furent pressellés les vins blans, et a été de coustume fait la despence des préselleurs pour achat de poisson et morue 3 sols 9 deniers tournois ; et en tarte et flans, 2 sols 6 deniers tournois. Somme : 6 sols.
Le dimanche on fit les rommerées ; pour achat de char ledit jour, 4 sols.
Le lundi, pour le desjeuner des préselleurs, du receveur, comme de ceulx qui avoient aydié à ce faire ; en achat de char, 3 sols.
Pour le louage des cuvez où on a fait ladite vendange, 8 sols.
Pour achat de 8 setiers de vin pour retreir et faire boulir les vins, fin à ce que on les charie, pris au vigneron, pour ce, 12 sols 6 deniers tournois.
Le produit de la vendange de bruyères a été de 5 demi tonneaux, 8 demie de queues telles qu'elles, et deux tiers de tonneaul avec une aultre presse, laquelle fut treffort diminuée au charieu, à cause d'une demie qui estait rompue où y eut un grant dommage. (1) »
La maison de bruyères, dont il ne restait presque plus de vignes au siècle dernier, parce qu'on les avait converties en labour, rapportait, en 1788, 260 livres.
1. Archives nationales S 5184, Comptes de Boncourt.

Chivy
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne, Commune: Vendresse-Beaulne - 02

Domus Hospitalis Chivy
Domus Hospitalis Chivy

On ne sait que peu de chose sur cette maison que le Livre-Vert nous donne comme ayant été un membre de la commanderie de Boncourt au XIVe siècle.
Elle nous parait avoir été une dépendance de la maison de Cerny qui se trouvait près de là. La maison de Chivy n'avait que quelques jalées de vigne et de prairie. On y trouvait deux pressoirs d'après le Livre-Vert ; et comme à Bruyères, on y faisait, en 1373, la vendange pour le compte du Commandeur.
Son revenu était alors évalué à 34 livres 42 sols.
Cette maison n'est plus mentionnée au XVe siècle. Après sa suppression, les terres qui en dépendaient, auront été réunies sans doute au domaine de la commanderie.

Bourg-sur-Aisne
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne, Commune: Bourg-et-Comin - 02

Domus Hospitalis Bourg-sur-Aisne
Domus Hospitalis Bourg-sur-Aisne

Cette maison qui n'était pas plus importante que celle de Chivy, était située à Bourg dans la rue descendant vers la rivière. Elle comprenait une douzaine de jalées de terre, une grande partie des cens et de la dîme de Bourg avec les trois septièmes du four banal du lieu.
En 1374, Guillaume de Munte, alors commandeur de Boncourt, prit avec les habitants de Bourg un arrangement au sujet de ce four qui leur appartenait en commun. Par ses lettres du 10 juin 1374, le Commandeur leur céda tous les droits qu'il y avait, moyennant une rente annuelle de 70 sols parisis.
Cette cession fut acceptée par les principaux habitants de Bourg, dont la liste des noms peut offrir quelque intérêt pour cette localité. Voici cette liste:
Huard Parigaut l'aîné, Parigaut le jeune, Jehan Cochon, Jehan le Taure, Colard Mauvaise bête, Guillaume Gavou père, Bertaut Gile, cordelier, Gerart le Charpentier, Colart de la Rivière, Girault le Champenois, Adam Bocquel, Thomas de Thamoville, Jehan Meuset, Wiet Meuset, Jehan Harlet, Corduin le Maçon, Adam Paquier, Jehan Renart, Jehan Michiel, Renier le Bourgeois, Paquier Mournifisset, Durant le Parmentier, Jehan le Tonnelier, Jehan de la Fontaine, Jehan Lavette, Jehan Cholet, Thomas Johennet, Hartemer, Johanni Douche, Jehan le Pelletier et Jehan Porin (1).
La maison de Bourg existait encore en 1788 ; elle était alors affermée 240 livres.
1. Archives nationales MM 29 f° 115.

Rumigny
Département: Ardennes, Arrondissement: Charleville-Mézières, Canton: Maubert-Fontaine - 08

Domus Hospitalis Rumigny
Domus Hospitalis Rumigny

La maison de Rumigny, qu'on nommait vulgairement l'Hôpital de Rumigny, comprenait une douzaine de muids ou environ de terre au XIVe siècle, lorsque le commandeur de Boncourt, Guillaume de Munie, l'afferma en 1373, au prix de 32 florins d'or francs par an.
Les guerres du XVe siècle lui causèrent tant de dommages, que ce revenu était descendu, en 1495, à 6 livres seulement.
Emery d'Amboise, Grand-Prieur de France, rétablit alors la maison et la chapelle qui avaient été détruites.
D'après le Livre- Vert, l'Hôpital de Rumigny possédait des portions de dîme à Estrebay et à Laval (1), et des cens ou droits seigneuriaux à Hennappes, à Chaulnes, etc.
En 1788, le revenu de Rumigny était de 700 livres.
1. Laval : Département: Ardennes, Arrondissement: Charleville-Mézières, Canton: Rocroi, Commune: Laval-Morency - 08

Thony (Le Temple)
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne - 02

Domus Hospitalis Thony
Domus Hospitalis Thony

Thony, entre Craonne et Pontavert, au lieu dit Le Temple sur la carte de Cassini.
C'était sous les Templiers une des quatre commanderies que ceux-ci possédaient dans le Laonnais. Il en est fait mention dans la charte ci-devant relatée de Barthélemy de Vire, évêque de Laon, de l'année 1148, portant confirmation de toutes les donations faites jusqu'alors dans son diocèse, à l'Ordre du Temple. Réuni ensuite par les Hospitaliers à la commanderie de Puisieux-sous-Laon, Thony en fut séparé, au XVe siècle, comme nous l'avons déjà dit, pour faire partie de la commanderie de Boncourt.

L'enquête faite en 1319 sur les biens laissés dans le Laonnais par les Templiers, porte que la maison de Thony comptait 160 journaux de terre, de plus ou moins bonne qualité, lesquels rapportaient 30 livres par an ; 16 journaux de pré, d'un revenu de 8 livres ; la dîme de Thony, valant 20 livres ; celle de Sainte-Croix, de Sancta Cruce (1), 100 sols ; les moulins de Ponto (2) et de Haloy (3), 25 livres ; le rouage de Roucy, de Rouciaco (4), 100 sols. Le revenu de Thony, avec le produit de quelques bois et vignes, s'élevait à 171 livres 3 sols 3 deniers.

La chapelle du Temple de Thony coûtait, pour sa desservance, 10 livres par an. A la même époque, il restait dans la maison deux femmes, anciennes données ou consœurs du Temple, nommées Hermengarde, dite la Prégate, et Ode de Lierval. On leur accordait pour se nourrir, à chacune d'elles, 10 sols tournois par semaine ; et pour leur vêtement et leur entretien, chaque année, 75 sols.

La maison de Thony avec sa chapelle, existait encore au commencement du XVIIe siècle ; car nous trouvons dans un terrier de 1600, qu'elle formait deux corps de ferme, réunissant ensemble une exploitation de 307 arpents de terre, en une masse ; tenant au bois du comte de Roucy, aboutissant d'un côté au chemin de Corbeny ; et de l'autre, au bois de l'Hôtel-Dieu de Laon.

Il existait encore un autre domaine à Roucy, situé sous le château, qu'on appelait la Templirielle de Boncourt, qui tombait en ruines en 1609, et dont les terres, au nombre de 130 arpents, étaient situées près du chemin de Roucy à Pontavert.

La Templirielle et la maison de Thony ayant été supprimées, les terres qui en dépendaient, furent réunies au domaine de la commanderie.
1. Sainte-Croix : Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Craonne - 02
2. Peut-être Pontavert qu'on a nommé parfois Pont.
3. Roucy: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Neufchâtel-sur-Aisne - 02


Seraincourt
Département: Ardennes, Arrondissement et Canton: Rethel - 08

Domus Hospitalis Seraincourt
Domus Hospitalis Seraincourt

Le Livre-Vert nous apprend que Seraincourt était une ancienne commanderie du Temple, dans le diocèse de Reims. La date de sa fondation n'est pas connue. Cette maison n'est mentionnée que dans des titres de la seconde moitié du XIIIe siècle.
Le commandeur de Boncourt avait toute justice et seigneurie dans sa terre de Seraincourt, dont le domaine se composait, au siècle dernier, d'un château, avec basse-cour et ferme, qui comptait près de 450 arpents de terre en labour et prairie, et 149 arpents de bois.
L'église et le presbytère étaient bâtis sur le terrain de la commanderie. Le patronage et la collation de la cure appartenait au Commandeur, qui avait un droit de terrage d'un quartel de froment et d'un quartel d'avoine sur chaque arpent de terre du territoire de Seraincourt, et dont le nombre d'arpents ainsi chargés, s'élevait à 1,600.
Le revenu de la terre de Seraincourt était, en 1788, de 3,600 livres.
Plusieurs membres dépendaient autrefois de la commanderie de Seraincourt :
Le domaine de chaumontagne.
La terre et seigneurie de Mainbressy.
Le domaine de Montcornet.
Et la maison du Temple de Simonet.

Chaumontagne
Département: Ardennes, Arrondissement et Canton: Rethel, Commune: Seraincourt - 08

Domus Hospitalis chaumontagne
Domus Hospitalis chaumontagne

C'était un domaine considérable qui faisait suite à celui de Seraincourt, et qui avait dû, dès l'origine, en faire partie. Il se composait de deux fermes, dans l'une desquelles il y avait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, et où il se disait encore, au siècle dernier, une messe par semaine.
Les terres qui dépendaient des deux fermes étaient de 756 arpents en labour, et 180 arpents de bois, dont une partie située sur le territoire de Foret.
Le tout produisait, en 1788, un revenu de 6,450 livres.

Mainbressy (Le Temple)
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Signy-l'Abbaye, Commune: Rocquigny - 08

Domus Hospitalis Mainbressy
Domus Hospitalis Mainbressy

La terre et seigneurie de Mainbressy appartenait, au XIIIe siècle, à un nommé Robert de Mainbressy, de Mainbreciaco, fils de Gobert, écuyer.
Ce seigneur, par ses lettres du mois de décembre 1269, données sous le sceau de l'official de Reims, déclara que, mû de dévotion et d'une profonde affection pour l'Ordre de la chevalerie du Temple d'Outremer, il avait fait don à la maison du Temple de Seraincourt de tout ce qu'il avait « es viles, et ès terrouers de Mambrecies-le-Grant et de Mambrecies-le-Petit, en terres, maisons, cens, rentes, prés, bois, eaux, moulins, justice et seigneurie (1). »

Il n'y avait pas longtemps que les Templiers étaient en possession de la terre de Mainbressy, lorsque Ernould, seigneur de Rocquigny, village voisin, voulut leur imposer diverses charges et leur contester certains droits ; mais une sentence arbitrale, du mois de juin 1277, vint mettre fin à ce débat, en déclarant que Ernould n'avait pas le droit, comme il le prétendait, de pêcher au biez du moulin de Mainbressy-le-Petit, ni de faire moudre son grain au moulin du Temple ; que, d'un autre côté, le choix du mayeur de Mainbressy-le-Grand était à la nomination des Templiers, sans qu'il fût besoin de son avis préalable ; et que, pour son manoir, il était tenu de leur payer une laonisine de rente par an (2).

Nous avons trouvé un bail, fait le 14 mai 1355, de la maison de Mainbressy, membre alors de la baillie de Seraincourt, à frère Jehan de Bon-Œil, moyennant 34 livres tournois de rente, monnaie courante, « et pour ce qu'il n'y a aucunes vignes appartenant à ladicte maison, le Commandeur sera tenu de baillier et délivrer audit frère Jehan, chascun an, trois muys de tel vin, comme il croistra es vignes de la baillie de Seraincourt. (3) »
La maison de Mainbressy n'existait plus au XVIIe siècle. Les terres et la seigneurie furent réunies au domaine de la commanderie. Il y avait 200 arpents en labour et prairie qui étaient affermés, en 1788, 1,600 livres.
1. Archives nationales S 4947, Supplément, n° 2.
2. Archives nationales S 4947, Supplément, n° 1.
3. Archives nationales S 4947, MM 28 f° 13 v°.


Montcornet
Département: Aisne, Arrondissement: Vervins, Canton: Rozoy-sur-Serre - 02

Domus Hospitalis Montcornet
Domus Hospitalis Montcornet

Cette maison fut l'objet d'un échange en 1398, entre le commandeur de Boncourt et un sieur Jehan Petit de Seraincourt, par lequel le Commandeur céda sa maison de Montcornet pour une rente d'un muid de blé de mouture que lui abandonna le dit Petit sur le moulin et le terrage de Dolignon, (1) appartenant à la commanderie.

Il paraîtrait que cet échange ne fut pas ratifié par le conseil de l'Ordre ; car cette maison fit retour à la commanderie.
Elle était louée en 1783, avec 40 arpents de terre, 280 livres par an.
1. Dolignon : Département: Aisne, Arrondissement: Vervins, Canton: Rozoy-sur-Serre - 02

Simonelle (Le Temple)
Département: Ardennes, Arrondissement et Canton: Charleville-Mézières, Commune: Damouzy - 08

Domus Hospitalis Simonelle
Domus Hospitalis Simonelle

La maison du Temple de Simonet (Simonelle) était située à une lieue environ de Charleville, sur la droite de la route de Mézières à Givet (1). Elle avait une chapelle dédiée à saint Etienne, et un moulin à eau, dont les habitants de Damouzy, village voisin, étaient baniers.
Le moulin et la chapelle furent brûlés au commencement du XVIe siècle, lors du siège de Mézières, mais on les rétablit plus tard.
Le chevalier Ferry de Conty, commandeur de Boncourt, donna, le 6 juin 1524, en arrentement pour 99 ans, la maison de Simonet avec les terres en dépendant, à un nommé Pierre du Buis, marchand à Mézières, pour 34 livres par an, mais à la charge et sous la condition qu'il réédifierait dans les premières années de son entrée en jouissance la maison avec la chapelle et le moulin.

Le Temple de Simonet (Simonelle), avec les 130 arpents de terre qu'il comportait, était loué, en 1788, 800 livres.
La commanderie possédait encore plusieurs moulins au siècle dernier, situés dans divers villages :
Le moulin de Mainbresson, près de Mainbressy, affermé 220 livres.
Le moulin d'Urcel (2), loué avec 25 arpents de terre, 360 livres.
1. Voir la carte de Cassini, où l'on trouve une maison du Temple située près de Damouzy.
2. Urcel: Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Anizy-le-Château - 02


Et le moulin de Verneuil-sur-Aisne, affermé 510 livres.
Le revenu général de la commanderie de Boncourt était :
En 1495, de 512 livres 19 sols.
En 1583, de 6,000 livres.
En 1650, de 12,000 livres.
En 1744, de 22,000 livres.
En 1774, de 38,000 livres.
Et en 1788, de 52,319 livres.

Commandeurs de Boncourt
1210. Frère Pierre, trésorier de l'Hôpital.
1289. Frère Nicole de Riu, alias de Rue.
1344. Frère Jacques de Hautavesnes.
1354. Frère Remi de Vaitez.
1357. Frère Gérard de Vaitez.
1371. Le chevalier Guillaume de Munte.
1385. Le chevalier Toussaint de Berneville.
1410. Frère Jehan Petit.
1457. Le chevalier Jehan de Bourbon.
1476. Le chevalier Emery d'Amboise.
1509. Le chevalier Ferry de Conty.
1554. Le chevalier Jehan de Gaillarbois.
1581. Le chevalier Thomas de Myée dit Guespré.
1593. Le chevalier André de Soissons dit Potier.
1603. Le chevalier Guillaume de Meaux Boishoudran.
1622. Le chevalier François du Mancel Saint-Léger.
1646. Le chevalier Augustin d'Amour.
1654. Le chevalier Philippe de Meaux, bailli de Rocourt.
1675. Le chevalier François-Maximilien Dabos de Binauville.
1696. Le chevalier Jacques de Bonneville.
1718. Le chevalier Charles Sevin de Baudeville, Grand-Prieur de Champagne.
1729. Le chevalier Jean-Jacques de Mesmes, bailli, Grand-croix, ambassadeur de l'Ordre à la cour de France.
1744. Le chevalier Joseph de la Val de Montmorency, bailli, Grand-croix. 1751. Le chevalier De Vauquelin.
1761. Le chevalier Constantin-Louis d'Estourmel, grand Hospitalier à Malte.
1766. Le chevalier de Saint-Simon.
1789. Le chevalier De Calan.

Commandeurs de Thony
1356. Frère Gérard de Vaitez.
1374. Frère Jehan Cassinel.
1380. Frère Gilles Lelievre.
1387. Frère Jehan Lefebvre.

Commandeurs de Seraincourt
1349. Frère Jacques de Hautavesnes.
1335. Frère Guillaume de Chaconin.
1389. Frère Jehan Petit.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Commanderie de Boncourt, archives de l'Aisne.

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