Hospitaliers   Commanderies   Hospitaliers

Commanderies de l'Ordre de Malte
Informations
Chers visiteurs
Vous avez certainement constaté le point d'interrogation dans la barre d'adresse de votre navigateur.

Il y est écrit « Non sécurisé »

Vous pouvez naviguer sur le site sans aucune crainte. La sécurisation d'un site Internet est obligatoire dès lors qu'il y a des demandes de mots de passes ou des paiements en ligne.

Sur ce site il n'y a rien de tout ceci.

Retour

Commanderie de Baugy

Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Le Molay-Littry, Commune: Planquery - 14

Domus Hospitalis Baugy
Domus Hospitalis Baugy

La maison de Baugy se trouvait sur la paroisse de Planquery. C'était un des plus anciens établissements de l'Ordre du Temple, puisqu'il date de la première moitié du XIIe siècle. Il nous reste une copie de la charte qui rappelle son origine. Cette charte, datée de l'année 1148, nous montre un seigneur, du nom de Roger Bacon, faisant à Dieu et aux pauvres chevaliers du Christ, « pauperibus militibus Christi », l'aumône ou donation de Baugy, « eleemosinam de Bauge » comprenant, savoir :
La terre au-dessus du chemin conduisant de Balleroy à Planquery (2), « de Balare ad Planchere », jusqu'à la terre de Guillaume de Baugy.
2. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Trévières - 14

Toute la terre entre le bois et la rivière de « Rihous. »
Le bois de Baugy, « nemus de Balge », jusqu'au Petit-Rihous et jus- qu'à la voie de Bayeux.
La terre et la lande, « londa », depuis la voie de Roger, fils de Foucher, jusqu'à la terre de Godefroy de Castillon.
La flache, « flagam », ou la mare devant la porte de la maison du Temple, avec le bois, séparé de Rihous par un fossé.
Sept acres de terre touchant à la lande du côté de Bayeux.
Dix autres acres tenant aux précédents, et qui furent donnés pour la dédicace de l'église de Baugy.
Le fief de Quentin le Prêtre, « Quintini Sacerdotis », le moulin, le vivier et l'île qui est entre le biez et la mère eau, « inter bedum et matrem aquam » avec l'homme qui y demeurait et ceux qui lui succéderaient.
Droit d'herbage dans toute la terre du donateur ; droits de panage dans ses bois, de chauffage, etc.

La même charte mentionne que Godefroy de Malesherbes, « de Mala herba », donna aux chevaliers du Temple la maison de Raoul, fils d'Yvon ; et qu'un nommé Guillaume leur avait aussi fait don à Briquessard (3), « apud Brichersart », d'un demi-acre de terre et de la masure de Molay (4), « masuram de Moleto », quitte et exemple de foules charges et coutumes.
3. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Livry Aunay-sur-Odon - 14
4. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Trévières, Commune: Le Molay - 14


Roger Bacon complète ses libéralités envers les Templiers, en leur accordant l'église de Saon, « ecclesiam de Saon » (5), avec tous ses revenus, et en amortissant les donations à eux faites, savoir : par Jean de Manneville, « de Magna villa » de trois vergées de terre ; par Mahele, mère de Roger Bacon, d'une rente d'un setier de froment à prendre chaque année sur le moulin de Baye, « de Baaeio » ; par Hugues du Breuil, « de Brolio », d'un setier d'orge aussi de rente sur le moulin de Saon ; par Henri de Vaubadon, de deux acres de terre à Planquery et par d'autres encore, de plusieurs pièces de terre qui avaient été concédées à l'Ordre du Temple.

Les Templiers devaient jouir de tous ces biens en toute franchise, et avec exemption de tous services séculiers et de charges quelconques. Cependant lorsque les Hospitaliers entrèrent en possession de la commanderie de Baugy, un descendant de Roger Bacon, nommé Raoul Bacon, seigneur de Molay, voulut les soumettre à certaines sujétions dont étaient tenus, disait-il, envers lui, les Templiers leurs prédécesseurs.

Raoul prétendait avoir le droit, pour lui et son fils aîné, de venir en la maison de Baugy se faire saigner lorsqu'ils en avaient besoin, « en arrivant pour cela un jour devant, et séjourner le jour de leur sainniée, et eux partir landemain quand ils eussent desné. »

Il exigeait qu'on lui remit alors les clefs des offices, et qu'on lui donnât du vin en quantité suffisante pour lui et pour ses gens. Quant à la nourriture, il voulait « mengier chair en ladite maison toutes foiz que il le plaisoit, combien que les frères de l'ostel n'en meniassent. »

Mais ce qui était exorbitant, c'était le droit qu'il disait avoir de faire grâce, à son arrivée, aux frères qui pouvaient être en punition, « se il eust aucun des frères de ladite maison mis à la sellette pour aucun meffaict ; il le pooit oster et faire seoir au dois, et lui pardonner son meffaict. »

II demandait aussi d'avoir toujours dans la maison de Baugy un cheval trois lévriers et un homme que les frères devaient nourrir, avec droit de faire moudre à leur moulin le grain pour « peisson » de ses chiens, et de profiter du tiers de la pêche du vivier de Montdraine.

Enfin il voulait que « trois jours en la semaine en ladite maison, il eut un de ses varlets au disner seulement, aux despens d'icelle maison ; c'est assavoir le lundi, le mercredi et le vendredi pour veoir donner l'aumosne que les genz de ladite maison dévoient donner audiz jours, c'est assavoir le pain de trois quartiers d'orge à chascun des trois jours dessus diz. »

Les Hospitaliers refusèrent de souscrire à de pareilles exigences, et portèrent le débat pour le faire juger devant le prévôt de Paris.
Mais sans attendre sa décision, le seigneur Raoul, cédant au conseil de plusieurs de ses amis, renonça à toutes ses prétentions, et en donna acte aux Hospitaliers le 22 juillet 1322.

Un état des biens de la maison de Baugy en 1320, constate que leur revenu était alors de 80 livres 6 sols 6 deniers. Les terres, au nombre de cent acres, rapportaient 40 livres, à raison de huit sols l'acre (6).
6. Il fallait pour un acre 4 vergées, pour une vergée 40 perches, et pour une perche 22 pieds de 11 pouces.

On voit, d'après le Livre-Vert, que le domaine de Baugy fut ravagé et ruiné par les guerres du XIVe siècle. En 1373, les terres étaient incultes depuis plusieurs années ; la maison n'était plus habitée et se trouvait presque entièrement détruite. La chapelle seule restait debout et en assez bon état.

Les bâtiments de la commanderie furent rétablis vers le milieu du XVe siècle, ainsi qu'il est constaté par le rapport de la visite prieurale de 1495 ainsi conçu : « Audit lieu de Baugy, a une chappelle fondée de N. D. du Temple, chargée de troys messes la sepmaine. Auprès de ladite chappelle est la maison du Commandeur, laquelle feist faire tout de neuf frère Perrinet Clouet, ci-devant Commandeur, avec la maison du fermier qui est en bon estat.
En ladite maison a jurisdicion, moyenne et basse, et sur tous les hommes, fiefs et prévostés dépendant de ladite maison. »

La maison de la commanderie se trouvait tout le long du chemin allant de Bayeux à Thorigny, à l'angle formé par un autre chemin se dirigeant vers Balleroy. Elle se composait d'un château ou maison seigneuriale, résidence du Commandeur, au milieu d'un parc de plus de trente acres de terre. Dans la cour du château, se trouvait la chapelle qui était, au siècle dernier, dédiée à sainte Avoye.

Près du château, était la ferme ; et à dix minutes de là, il y avait un moulin, appelé le Moulin du Temple ou le Moulin du Vivier, auquel tous les vassaux de la commanderie étaient tenus de faire moudre leurs grains.
La commanderie jouissait de plusieurs dîmes à Sallen (7), à Castillon (8) et à Hottot-les-Bagues (9). La dîme de Salen avait été cédée en 1282 aux Templiers, par Roger Bacon, seigneur de Molay, en échange d'une rente de quinze livres que Guillaume Bacon, son père, leur avait constituée pour obtenir sa sépulture dans leur chapelle de Notre-Dame de Baugy, « in capella sancte Marie de Baugeio », avec l'entretien d'un chapelain qui y dirait la messe pour lui et ses parents décédés.
7. 8. 9. Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Le Molay-Littry, Commune: Sallen - 14

Le revenu de la maison de Baugy, avec ses dîmes et redevances seigneuriales, s'élevait :
En 1757, à 2,400 livres.
Et en 1783, à 3,200 livres.

Outre son chef-lieu, la commanderie comptait plusieurs membres.
C'étaient une maison à Bayeux.
L'ancien Temple de Lingevres.
Le fief de Saon.
Le Temple de Cahagnes.
Le fief de Lion-sur-Mer.
Le fief de Semilly.
Et l'ancienne commanderie de Courval.

Bayeux
Département: Calvados, Arrondissement et Canton: Bayeux - 14

Domus Hospitalis Bayeux
Domus Hospitalis Bayeux

M. Beziers, dans son Histoire sommaire de Baveux, paraît croire qu'il y avait autrefois dans cette ville une maison religieuse de l'Ordre du Temple ; mais cette conjecture, dit M. Plaquet, n'est appuyée sur aucun document (10).
Il est vrai que les Templiers n'avaient pas à Bayeux une maison religieuse, c'est-à-dire ayant église ou chapelle, et des frères pour la desservir ; mais ils n'en possédaient pas moins dans cette ville, comme à Caen, à Coutances, à Evreux, à Rouen, etc., une maison où ils descendaient quand ils venaient en ville, et où ils se retiraient en temps de troubles et pendant les guerres, pour mettre en sûreté leurs personnes et leurs biens.
10. Essai historique sur la ville de Bayeux par F. Plaquet, page 158.

La maison des Templiers à Bayeux dépendait de leur commanderie de Baugy. Dans un état des biens et revenus de cette commanderie dressé en 1320, après que les Hospitaliers en eurent pris possession, nous lisons ce qui suit : « En la prévosté de Bayeux, pour cens, VI livres, II sols, VIIII deniers.
Item fourment III sestiers I mine, valent XXXV sols.
Item le manoir de Saint Lou (11), vaut en communes années, C (50) sols.
Item à Bayeux, une meson, à communes années, vaut IIII livres.
Item glinnes et chapons, valent XII deniers.
Somme XVI livres, XVIII sols, IX deniers. »
Département: Calvados, Arrondissement et Canton: Bayeux, Commune: Saint-Loup-Hors - 14

Les Hospitaliers, qui avaient aliéné la maison du Temple de Bayeux, la rachetèrent à la fin du XVe siècle. Nous lisons dans le rapport de la visite prieurale de 1495 : « En la cité de Baïeux, souloit anciennement avoir une maison de la commanderie, laquelle longtemps fut bailliée par ung commandeur à perpétuité, et le commandeur présent l'a rachettée, recouvrée et redifîée pour sa personne et biens en temps de nécessité. »

Pendant les guerres du XIVe siècle, cette maison avait servi de refuge au commandeur de Baugy qui, pour sa sûreté personnelle, avait dû quitter son chef-lieu. Elle était située sur la paroisse de Saint-Sauveur, dans la rue des Chanoines, près de la porte Arborée.
On en retirait :
En 1757, 84 livres.
Et en 1783, 130 livres de loyer.

La commanderie avait, dans la ville de Bayeux et dans sa banlieue, un certain nombre de cens et de rentes foncières sur des maisons et héritages, et notamment sur la maison des Trois-Rois, rue Saint-Jean, laquelle était chargée d'une rente de 40 sols, avec service de prévôté, foi, hommage et relief parle tenancier.

Lingèvres
Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Tilly-sur-Seulles - 14

Domus Hospitalis Lingèvres
Domus Hospitalis Lingèvres

Les Templiers avaient à Lingèvres une maison qui était le chef-lieu de la seigneurie du lieu. Lorsque les Hospitaliers prirent possession de cette maison, elle se trouvait en si mauvais état, qu'une reconstruction devenait nécessaire. Voulant cependant en éviter les frais, le commandeur de Baugy, qui était alors le frère Josse de Provins, en aliéna le fonds pour être tenu en fief de la commanderie. Nous avons trouvé ses lettres, datées du 28 octobre 1389, par lesquelles il déclarait avoir baillé pour le profit de la religion, à Guillaume Louvel de Lingèvres, le clos du Temple, situé à « Linguevre », avec les masures sus étant, tenant à la rue Boulart, au canon annuel de trente sols tournois et un chapon, mais à la charge de réédifier dans le dit clos la maison en dedans cinq ans ; d'y faire sa résidence, porter foi et hommage, et obéissance de cour avec service de prévôté, quand le cas l'exigerait.

Les cens et rentes de la seigneurie de Lingèvres que le Commandeur s'était réservés, dépassaient 250 boisseaux de froment, orge et avoine. Elles étaient dues en partie par l'abbaye d'Aulnay, et les granges dimeresses de Carquagny et de Langrune.

Saon
Département: Calvados, Arrondissement: Bayeux, Canton: Blay - 14

Domus Hospitalis Saon
Domus Hospitalis Saon

C'était un fief composé de plusieurs tènements, chargés envers la commanderie de cens et redevances seigneuriales reprises dans la déclaration de 1320, comme il suit: « Pour cens en argent, VI livres, XIVsols.
Item froment, IX sestiers valent IV livres, II sols.
Item orge, V sestiers I mine, XXXVI sols, VII deniers.
Item avaine, V sestiers, XXV sols.
Item XL gelines et chapons, X sols.
Item pour la dysme de Saon, LX livres.
Somme LXXIIII livres. XV sols. VIII deniers. »

Les dîmes au XIV siècle formaient souvent le principal revenu des commanderies. Celle de Saon était plus des trois quarts de ce que produisait le fief chaque année.
Le commandeur de Baugy avait le patronage de l'église de Saon, était collateur de la cure, et jouissait dans cette église de tous les droits honorifiques.

Cahagnes
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Amayé-sur-Seulles - 14

Domus Hospitalis Cahagnes
Domus Hospitalis Cahagnes

A Cahagnes, il y a dans ce village un hameau, nommé le Temple. C'était d'abord un fief qui appartenait aux Templiers, et sur les terres duquel s'élevèrent des maisons, dont chacune devait à l'Ordre un cens annuel de trois quartonniers de froment, mesure de Briquessard, avec le quart d'une poule de rente foncière.

La maison seigneuriale était bâtie dans un enclos de 55 acres de terre, compris entre la rivière, la seigneurie d'Aubigny, et un ruisseau coulant de la Millère vers la Caillerie.
La maison disparut sous les Hospitaliers et ne fut point rebâtie. Les terres furent données à cens, et il n'y eut plus de domaine non fieffé.
Il y avait à Jurques (14) plusieurs pièces de terre qui dépendaient du fief de Cahagnes.
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Aunay-sur-Odon- 14

Lion-sur-Mer
Département: Calvados, Arrondissement: Caen, Canton: Hermanville-sur-Mer - 14

Domus Hospitalis Lion-sur-Mer
Domus Hospitalis Lion-sur-Mer

A Lion-sur-Mer, le fief que les Templiers possédaient à Lion leur avait été donné par Thomas de Cognères ou Coignères, de « Cosneriis » au commencement du XIIIe siècle. Il se composait de la terre que Guillaume, père du donateur, avait acquise par voie d'échange, en Angleterre, des seigneurs Hugues et Pierre de Castillon, et d'un tènement provenant de Guillaume de Agerue, ainsi qu'il résulte des lettres confirmatives de cette donation émanées de Thomas de Hunin, de l'année 1209.

Au XIIIe siècle, un seigneur de Lion, Raoul de Mènent, « de Meullento », voulut contester aux Templiers divers droits et privilèges dont ils jouissaient à Lion-sur-Mer, « apud Leonem supra mare. » Mais il ne tarda pas à reconnaître, ainsi que l'attestent ses lettres du mois de mai 1262, que les terres tenues par les hommes du Temple n'étaient pas de son fief, qu'il n'y avait aucun droit de justice, et qu'il ne pouvait s'opposer à ce que les Templiers y plantassent des fourches patibulaires.
Les terres du fief du Temple à Lion se trouvaient situées le long de la route de Caen. Elles n'étaient plus que de 14 vergées au siècle dernier.

Semilly
Département: Manche, Arrondissement et Cantons: Saint-Lô - 50

Domus Hospitalis Semilly
Domus Hospitalis Semilly

Le fief de Semilly est une des plus anciennes possessions du Temple en Normandie. Il formait jadis un domaine fieffé, se composant de cens et de rentes foncières sur les maisons et héritages de ce village. Les Templiers en étaient déjà en possession vers le milieu du XIIIe siècle, ainsi qu'il résulte d'une charte de Philippe (1), évêque de Bayeux, qui paraît avoir été rédigée vers l'année 1150, par laquelle ce prélat déclare que, devant lui, Guillaume de Semilly a donné aux pauvres chevaliers du Temple, « pauperibus militibus de Templo » le fief que Toutain de Rufey, « de Rufeio », tenait de lui à Semilly, « apud Similliacum »

Deux arrière-fiefs relevaient du fief de Semilly, tous deux situés dans la paroisse de la Barre : l'un, appelé la Longue-Maison, sur le chemin de Saint-Lô à Bayeux, l'autre, qu'on nommait le Blanc-Pignon, au chemin conduisant à l'église.
1. Philippe fut évêque de Bayeux de 1142 à 1164.

Courval
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau, Commune: Vassy - 14

Domus Hospitalis Courval
Domus Hospitalis Courval

L'ancienne commanderie du Temple de Courval, qu'on désigna ensuite sous le nom de l'Hôpital de Courval, après que les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem en eurent pris possession.

Il ne nous reste aucun titre qui permette de remonter à l'origine de cet établissement. Il paraîtrait que les archives de Courval auraient été détruites pendant les guerres du XVe siècle. On lit dans le Livre-Vert, au sujet de cette commanderie : « La commanderie de Courval, jadis du Temple, en laquelle a chappelle, et n'y a nulle autre maison appartenant. De laquelle maison est commandeur le frère Raoul Porée, frère sergent de l'aage de LX ans, et est ladicte maison arse et destruite et les appartenances d'icelle par les guerres qui ont esté au païs depuis l'an XLVI (1346), et sont encores et pour les mortalitez qui ont esté audict païs en l'an XLVIII (1348), après en suivant, et souloitestre ladicte maison de grant revenue qui, pour lesdites guerres et mortalilez, est toute destruite et inhabitable, et ne vault à présent (en 1373), en toutes choses, pas plus hault de XL livres. »

L'état ruineux où se trouvait cette commanderie se prolongea encore pendant la première moitié du XVe siècle ; ce qui engagea l'Ordre à la supprimer et à en réunir les biens à la commanderie de Baugy.

La maison de Courval, avec sa chapelle dédiée à Notre-Dame du Temple, était située dans la paroisse de Vassy, sur le chemin de Vire. Il en dépendait une centaine d'acres de terre en labour et prairie.

Le Commandeur jouissait du tiers des dîmes de Vassy ; et dans son domaine de Courval, il avait toute juridiction ainsi que dans les fiefs qui en relevaient. Ces fiefs, situés dans diverses paroisses, se formaient généralement de petits domaines. C'étaient des métairies, des maisons ou des terres chargées souvent de rentes foncières envers la commanderie.

Voici un relevé de ces fiefs d'après un terrier de 1775.
Paroisse de Vassy
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau, Commune: Vassy - 14
Le fief d'Aligny sur lequel la maison de Jean du Rosel, écuyer, seigneur de l'Aulnay, se trouvait construite.
Le fief de la Bardelière, sur le chemin de Pont-de-Sollier, appartenant à Charles du Rosel, écuyer, seigneur de Saint-Germain du Crioult.
Le fief de la Tailière, sur le grand chemin de Vire à Ponté-coulant.
Le fief du Vivier, touchant à la rivière.
Le fief des Vallées, tenant à la rivière de Tortillon.
Le fief de la Faverie, près du village de Vassy.
Le fief des Champs, sous les bois.
Le fief du Pré-Cantel, au terroir de la Carrière.
Le fief des Noues-Gavais, tenant à la rivière des Vallées.
Le fief du Champ-de-l'Hôpital, au chemin allant de Vassy au Bois-Robert.
Le fief de la Haute et Basse-Herterie, au chemin de la Mare.
Le fief du Clos-Olivier.
Le fief du Clos-Rouget, au grand chemin de Vire à Pontecoulant.

Paroisse de Périgny
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau - 14
Le fief de la Haie-Boutard, au chemin de Condé.

Paroisse de Saint-Germain-du-Crioult
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau - 14
Le fief de la Forge, au terroir de Solliers.

Paroisse Le Tourneur
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau - 14
Le fief de l'Archandière, touchant au chemin allant de Vire à la Croix au Houx et à celui de la Vastelière.

Paroisse de Clecy
Département: Calvados, Arrondissement: Caen, Canton: Le Hom - 14
Le fief de Castillon.

Paroisse de Culey-le-Patry
Département: Calvados, Arrondissement: Caen, Canton: Le Hom - 14
Le fief de la Vigne.
Le fief de la Cavelière.
Le fief du Pont-à-la-Mousse.
Le fief aux Fères, aux Vallées-Helbout.

Paroisse de Saint-Cornier
Département: Orne, Arrondissement: Argentan, Canton: Domfront - 61
Le fief de l'Ebaudière, au chemin de l'église de Saint-Cornier à la Haize-Huard.
Le fief des Voilettes.
Le fief des Planchettes, au chemin de Béziers.
Le fief de la Gaudinière.
Le fief des Moulins de Roullon.

Paroisse de Tinchebray
Département: Orne, Arrondissement: Argentan, Canton: Domfront - 61
Le fief des Bertheries.
Le fief de la Fucherie.

Paroisse de Fresnes
Département: Orne, Arrondissement: Argentan, Canton: Domfront - 61
Le fief de la Templerie.

Paroisse de Caligny
Département: Orne, Arrondissement: Argentan, Canton: Domfront - 61
Le fief de l'Hôpital au terroir de ce nom.
Le fief du Pont de Caligny.

Paroisse de Beaumesnil
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau - 14
Le fief aux Guérins, au terroir de la Grande-Mare.
Le fief de la Petite-Mare.
Le fief de la Goujonnière.
Le fief du Grand-Clos.
Le fief de la Forge.
Le fief de la Porte du Bourg.
Le fief aux Perrards.
Le fief de Langotière.
Le fief aux Guilbert.
Le fief de la Vergée, au lieu dit La Lande.
Le fief de la Gallerie.

Paroisses de Rully, Bernières, Chenedollé, etc.
Département: Calvados, Arrondissement: Vire, Canton: Condé-sur-Noireau - 14
Le fief de Monfroux.

Paroisse de Saint-Maur-des-Bois et Boisyvon
Département: Manche, Arrondissement: Avranches, Canton: Villedieu-les-Poêles-Rouffigny - 50
Le fief du Bourgrenier.

Le revenu de la commanderie de Courval et de ses dépendances était :
En 1495, de 98 livres, 15 sols.
En 1590, de 500 livres.
En 1666, de 800 livres.
En 1702, de 1,000 livres.
En 1757, de 1,300 livres.
En 1783, de 1,980 livres.

Le revenu général de la commanderie de Baugy, y compris Courval, était :
En 1495, de 258 livres.
En 1583, de 750 livres.
En 1697, de 2,450 livres.
En 1757, de 4,000 livres.
Et en 1783, de 9,597 livres.

Commandeurs de Baugy
1315. Frère Guillaume de la Clergerie.
1320. Frère Guillaume de Paris.
1326. Frère Jacques de Provins.
1329. Frère Jean de Maisoncelles.
1333. Frère Guillaume de Pontoise.
1368. Frère Jean Fouché.
1372. Frère Raoul Porée, servant d'armes.
1376. Frère Richard Julienne.
1379. Frère Michel de Quesnoy.
1389. Frère Josse de Provins.
1410. Frère Pierre de Provins.
1412. Frère Albert de Cort.
1432. Frère Jean Lebœuf.
1434. Frère Jean de Croix, alias Crouy.
1439. Frère Girard Christophe.
1458. Frère Jehan Perrin.
1462. Frère Guillaume Poissonnier.
1466. Frère Pierre Clouet.
1492. Le chevalier Gilles de la Marche.
1518. Le chevalier Thibault d'Ambrines.
1541. Frère Michel Leclerc.
1544. Le chevalier Clément de Bouville.
1545. Le chevalier Clément de la Hère.
1548. Frère Jehan Picard.
1561. Frère Jacques Cardon.
1569. Frère Martin Desmoulins.
1584. Frère Jacques le Jay.
1596. Frère Pierre Lemaire.
1615. Frère Jean de la Roche.
1636. Frère Jean Gasteau.
1637. Le chevalier Barthélemy de Gastines.
1666. Le chevalier François de Gastines.
1690. Le chevalier Alexandre-François de llaudessens des Clozeaux, agent général à Malte.
1701. Frère Antoine Bataille.
1708. Frère François Ancelot.
1732. Frère Jean Lemoine.
1747. Le chevalier Antoine Lefebvre de la Poterie.
1759. Frère Antoine Boscheron, docteur en Sorbonne, prieur de Saint-Jean-en-l'Ile-lez-Corbeil.
1783. Frère Nicolas-Pierre Crespel, servant d'armes.

Commandeurs de Courval
1355. Frère Helin Beloy.
1358. Frère Jean Fouques.
1374. Frère Raoul Porée.
1394. Frère Guillaume de Saint-Evroult.
1438. Frère Jehan de Croix.
1468. Le chevalier Pierre de Malleville.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)


Baugy

Origine Templière
Diocèse ancien : Bayeux
Département : Calvados
Arrondissement : Bayeux
Canton : Balleroy
Commune : Planquery
Propriété privée

La fondation
Ce sont des dons consentis à l'Ordre du Temple par Roger Bacon, seigneur du « Molay » (Ce terme a un sens juridique précis au XIIe siècle : Il qualifie des terres qui échappent à toute juridiction civile et à toute charges ou impôts) et ses vassaux, qui fondèrent en 1148 ou 1149, la commanderie de Baugy ; même si, comme le laisse entendre l'acte de donation, une maison de l'Ordre possédant chapelle existait déjà sur le site.
Ces dons sont abondants, divers et confèrent à l'établissement son assise foncière.
Roger Bacon donne aux Templiers « aumône » de Baugy, composée de plusieurs pièces de terres et de bois situées entre les villages de Balleroy et de Planquery. Il leur donne en outre un moulin et une partie du vivier.
Guillaume, son frère, leur abandonne une terre à « Brichesart » (aujourd'hui : Briquessard), une « masure » au Molay avec des droits de passage pour leurs porcs et, surtout, l'église de Saon avec ses revenus.
Les vassaux de ces deux seigneurs, suivent leur exemple et cèdent au Temple qui, trois vergées de terre, comme Jean de Magnavilla qui, un setier d'orge sur le moulin de Saon, comme Hugues de Brolio, etc...

Quelques donations furent encore faites au début du XIIIe siècle, dont celle de Luce d'Aunay, dame de Balleroy, qui ajouta 40 acres aux terres du domaine.
Les libéralités de la noblesse envers les Templiers de Baugy avaient toutefois cessé avant 1250.

L'inventaire dressé lors de l'arrestation révèle le caractère agro-pastoral de l'exploitation templière. L'année 1307, les Templiers de Baugy ont cultivé une superficie de 77 acres.
Quant à la part de l'élevage, elle est alors considérable puisque :
26 chevaux.
30 bovins.
280 moutons.
108 porcs sont dénombrés à cette occasion, sur les terres de la Commanderie.
Sources : Michel Miguet, Les Templiers et Hospitaliers en Normandie. Edition du CTHS, 1995.


Templiers de Baugy

Histoire de Balleroy, et de son Canton. Livre Troisème.
Depuis la fondation de la Commanderie de Baugy, jusqu'à l'abolition de l'ordre des Templiers, en 1313.
L'ordre des Templiers était le premier des ordres militaires religieux. Il commença, en 1118, à Jérusalem, et eut pour fondateur huit gentilshommes. Beaudouin II, roi de la ville sainte, les logea près du temple de Salomon, d'où leur vint le nom de Templiers. Ils ajoutèrent aux vœux ordinaires de religion, celui de consacrer leur vie à la défense des pèlerins de la Terre-Sainte et du Saint-Sépulcre, ce qui en fit un ordre militaire.

Après la ruine du royaume de Jérusalem, l'ordre des Templiers se répandit dans tous les états de l'Europe, et s'accrut extraordinairement. Les exploits de ces religieux et les services qu'ils rendirent aux chrétiens d'Europe et d'Asie, leur attirèrent, à juste titre, les éloges des princes, avec des richesses immenses.
Ils avaient aussi de belles possessions, en Normandie, et surtout cinq commanderies, dans le grand baillage de Caen, celle de Baugy, de Noismer, de Bretteville-le-Rabet, de Courval, et de Louvagny.

La commanderie de Baugy était située dans la paroisse de Planquery. Elle fut fondée, en 1148, par Roger Bacon, du nom, chevalier et châtelain du Molay, seigneur du Breuil, de Saon, de Blay, de Couvains, de Planquery, de Baynes, de Blâgny, de la Quièze de Martragny, de Septvents et de Saint-Contest. Plusieurs seigneurs se réunirent pour sa fondation, et aumônèrent des terres pour la doter.

Dans le même siècle, Roger Bacon, IIe du nom, fut aussi le bienfaiteur de la commanderie de Baugy. En 1247, il fit présent aux Templiers d'une portion du bois de Baugy, et, en 1281, il leur donna la cure et les dîmes de Saon.

Pendant le 13e siècle, on remarque une vénération profonde et la confiance la plus entière de la part des Bas-Normands, dans les chevaliers du Temple.
On faisait pour eux, et pour les églises qui leur appartenaient, des quêtes annuelles, dans, chaque diocèse.
En 1258, les Templiers de Baugy eurent une contestation, avec les religieux du Plessis-Grimoult, pour des droits de dîmes, à Planquery ; mais, elle fut terminée, à l'amiable. C'est tout ce que nous savons, sur ces religieux, jusqu'à leur arrestation, en 1307.

Le 13 octobre 1307, les Templiers furent emprisonnés, dans toute l'étendue de la France. Jean De Verrot, Bailli de Caen, se transporta, le 6 octobre 1307, à la Commanderie de Baugy ; et, en présence du Commandeur et de ses frères d'armes, il fit faire l'inventaire du mobilier de cette maison, dont il laissa la garde à cinq sergents du roi. Le 13 du même mois, les Templiers furent mis en arrestation.
La Commanderie de Baugy était comme une grosse ferme, ayant surtout un bétail considérable ; mais, au reste, aucun luxe, aucun ameublement marquant.
La chapelle n'avait qu'un calice et un seul ornement ; quant aux caves, on ne trouva ni cidre ni bière, mais seize tonneaux et demi de vin.
Arrêtés le 15 octobre, ces chevaliers furent conduits à Caen, en prison, et, ce ne fut que le 28 qu'on entama une procédure contre eux.
D'abord, on donna lecture aux accusés des lettres patentes du prince et de celles du chef de l'inquisition, qui constituaient le tribunal.
On posa ensuite les chefs d'accusation, dont voici le précis :
1° Tous les profès, en entrant dans l'ordre, sont tenus de renier J.-C., et de cracher sur la croix.
2° Le profès est déshabillé et embrassé d'une manière sale, par celui qui le reçoit, et, on lui permet d'en agir de même avec ses frères ; parce que les statuts de l'ordre autorisent de telles indécences.
3° A chaque réception, on ceint le profès d'une corde, qui à toucher une idole que le grand-maître et les chefs de l'ordre adorent, dans les chapitres provinciaux.
4° Les prêtres de l'ordre ne consacrent point, en disant la messe.

Après cette lecture, on demanda aux accusés le serment de dire la vérité, sur chacun de ces articles. Dans l'interrogatoire, ils déclarèrent les quatre chefs d'accusation faux et calomnieux. Après leur dénégation formelle et unanime, les juges conférèrent, et, après quelques moments de relâche donnés aux accusés, on arrêta de procéder à un nouvel interrogatoire. Un nouveau serment fut demandé et prêté, et les Templiers persistèrent toujours dans leur dénégation. Alors, on prit un troisième parti, ce fut de les interroger isolément. Ils comparurent tous successivement, au nombre de treize, venant des cinq commanderies. Ceux de Baugy étaient au nombre de trois : Guillaume Le Raure, Aubin Langlois et Raoul de Pérouse. Ils avouèrent tous les crimes de l'ordre, sur les deux premiers chefs d'accusation en repoussant les autres inculpations.
Cependant, un concile générai fut tenu, à Vienne, en 1311. Cette assemblée de l'église universelle fut en partie convoquée, pour abolir l'ordre des Templiers. On y sévit contre cet institut, prodigieusement dégradé : on en détruisit les fondements, on n'en laissa aucun vestige. A l'égard de leurs personnes, ceux qu'on jugea innocents, furent entretenus sur les biens de l'ordre, on pardonna à ceux qui avaient confessé leurs crimes, et l'on traita, avec la dernière rigueur, ceux qui, après l'aveu s'étaient rétractés. Ils furent brûlés, à Paris, en protestant, au milieu des flammes, de leur innocence et de celle de leur ordre.

Le concile de Vienne donna leurs biens aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Guillaume Bacon. Seigneur du Molay, confirma, en cette même année, la donation, faite par le concile général, et renonça à toutes les prétentions qu'il pourrait avoir sur les biens des Templiers de Baugy.
Sources : Barette, Jean. Histoire de Balleroy et de son canton, page 24 à 35. Condé-sur-Noireau 1843 - BNF

Retour

Top

 

 

Licence Creative Commons
Les Templiers et Les Croisades de Jack Bocar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une oeuvre à http://www.templiers.net/.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.templiers.net/.