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Visite de la Commanderie de Palhers
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Marvejols - 48

Domus Hospitalis Palhers
Domus Hospitalis Palhers

La visite d'une commanderie de Malte en Gévaudan en 1749 et le voyage des commissaires enquêteurs

Tout le monde en Provence connaît la famille de Villages dont plusieurs membres se distinguèrent au service du roi et de la chrétienté, sur terre et sur mer. Les Villages, seigneurs de Fontarèche (Gard), étaient originaires du centre de la France (Berry) ; ils vinrent se fixer à Marseille au cours du XVe siècle et formèrent, en Provence, la branche des Villages-La-Salle.

Jean, le premier qui s'établit sur les bords de la Méditerranée, fut un des principaux collaborateurs de Jacques Cœur, célèbre armateur-négociant et grand argentier de Charles VII. Par la suite il épousa la jeune Pérette, nièce de son maître, et prouva, peu de temps après, tout l'attachement qu'il avait pour son oncle par alliance. Il n'hésita pas en effet à se compromettre et à exposer ses jours pour délivrer Jacques Cœur alors qu'il était retenu prisonnier au Couvent des Cordeliers de Beaucaire. Par la suite il devint Conseiller-Maître-d 'Hôtel du roi René et chambellan du duc de Calabre.

A Marseille, les fils de Jean de Villages, continuateurs des traditions et de l'activité paternelle, succédèrent, par héritage, à leurs parents, les châtelains de La Salle, seigneurie située dans la banlieue marseillaise (Saint-Marcel, les Caillols, Saint-Julien). Les Uns parvinrent à occuper les plus hautes charges municipales de Marseille, tandis que d'autres se distinguèrent dans les nombreux combats navals que soutinrent les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem contre les pirates musulmans qui donnaient la chasse aux navires chrétiens.

Parmi les 19 chevaliers que cette grande famille donna à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem deux devinrent Commandeurs de Palhers (Lozère) (1).
1. Palhers, Palliers, Palhiers ou Palhières.

L'Ordre religieux et militaire de Saint-Jean de Jérusalem, comme on le sait, possédait de nombreuses terres et exerçait son influence sur presque tous les pays d'Europe. Pour son administration intérieure, l'Ordre était divisé en « Langues » et l'une d'elles, la langue de Provence, étendait son territoire sur la Provence proprement dite et sur toute la France du midi. Deux Grands-Prieurés établis l'un à Saint-Gilles, l'autre à Toulouse, se partageaient ce vaste domaine et étaient le siège d'organisations administratives qui veillaient à la bonne gestion des biens de l'Ordre dans leurs circonscriptions respectives. Les Grands-Prieurés étaient superposés aux Commanderies dont quelques-unes avaient le titre de Bailliage (2).
2. Le Grand Prieuré de Saint-Gilles comprenait un bailliage (Manosque) et 53 Commanderies.

Un Chapitre Provincial siégeait auprès des Grands Prieurs et contrôlait l'administration des bailliages et commanderies, en déléguant, quand il le jugeait opportun, des Commissaires pris dans son sein, à l'effet de vérifier sur place l'état des possessions de l'Ordre, les améliorations qui avaient été réalisées et celles qu'il y avait lieu de prescrire.

La Commanderie de Palhers dépendant du Grand Prieuré de Saint-Gilles, fut administrée successivement, au XVIIIe siècle, par les frères Gaspard et Nicolas-Roch de Villages-La-Salle. Elle comprenait, outre Palhers qui en était le « Chef » les membres de Recoules d'Aubrac, Marchastel et La Villatte (3).
3. Nicolas-Roch, de Villages-La Salle, ancien capitaine des vaisseaux, fut nommé Commandeur de Palhers (avec dispense d'y résider) le 24 mai 1745 et entra en fonctions le 1er mai 1746. Le délai écoulé entre la nomination et la prise de possession est normal. En effet lorsqu'une Commanderie venait à vaquer, l'Ordre percevait Outre la dépouille, C'est-à-dire les fruits recueillis au moment du décès du Commandeur, le mortuaire, c'est-à-dire le montant des revenus échus depuis le décès du dernier titulaire jusqu'au 1er mai suivant, et ensuite le vacant, c'est-à-dire une année entière de revenus, comptée du premier mai au premier mai, après l'expiration du mortuaire. En 1749 le Commandeur de Palhers (ou Palliers) étant entré dans la quatrième année de son administration sollicita, suivant l'usage, renvoi de Commissaires afin de constater les « Améliorissements » apportés aux biens de son bénéfice.
Par commission du Chapitre du 7 mai 1749, Joseph-Claude de Gautier de Valabre, commandeur de Cavales, et Claude-Joseph de Catelan, tous deux chevaliers de l'Ordre de Malte, furent désignés pour aller visiter le Chef et les dépendances de cette Commanderie.
A ce sujet, un document assez concis, mais très intéressant est tombé sous nos yeux et nous a suggéré l'idée d'étudier et de reconstituer dans ses phases l'une de ces visites. Ce document est le mémoire justificatif des dépenses faites à l'occasion du voyage de visite et présenté, le 7 décembre 1749, à Nicolas-Roch de Villages par le secrétaire Bourrelly (4). En possession de ce mémoire nous avons examiné le fonds de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem conservé aux Archives des Bouches-du-Rhône. Nous y avons trouvé d'autres documents, notamment le procès-verbal officiel de la visite, qui nous on permis de compléter notre étude (5).
4. Fonds Coriolis, cote provisoire 5 069. (Archives des Bouches-du-Rhône) 5. Archives des Bouches-du-Rhône. — (O. M.) III, 259, 2706.

Cependant il faut dire tout de suite que les textes dont nous avons disposé ne concordent pas toujours entre eux sur tous les points. Il n'y a pas lien de s'en étonner ; il apparaît en effet qu'à seule fin de rendre le procès-verbal officiel de visite plus administratif et conforme aux règles de l'Ordre les Commissaires ne craignirent pas de modifier quelque peu, dans leur relation, l'itinéraire réellement suivi. Au contraire. M. Bourrelly, leur secrétaire, chargé de pourvoir aux frais de déplacement et tenu de rendre un compte exact au Commandeur de Villages de ses débours dut noter au jour le jour ses dépenses et les circonstances qui les justifiaient. Et c'est pourquoi nous avons suivi dans notre exposé le mémoire de Bourrelly.
Nicolas-Roch de Villages-La-Salle qui avait succédé en 1745, comme Commandeur, à son frère Gaspard, n'assista pas à la visite à laquelle il aurait dû prendre part. Il se fit représenter par Maître Condomi, notaire à Laveyssière, tandis que les Commissaires s'adjoignaient Antoine Michel Bourrelly pour leur servir de greffier.
Ce dernier fut chargé de s'entendre avec le Commandeur de Palhers pour l'organisation du voyage, car ces sortes d'opérations étaient faites aux frais des Commanderies visitées.
A cet effet M. Bourrelly se rendit à Marseille et fut reçu par Nicolas-Roch de Villages-La-Salle qui lui remit 1200 livres à titre de provision.
C'est grâce au document justificatif de l'emploi de cet argent que nous pouvons suivre pas à pas ces divers personnages dans leur randonnée. De plus ce document nous permet de connaître quelques-uns des principaux chemins que fréquentaient les voyageurs à cette époque ; il nous renseigne également sur les moyens de transport, sur les prix demandés par les voituriers et les hôteliers.

Ce n'était pas, en effet, une mince affaire, an XVIIIe siècle, que de parcourir plus d'un millier de kilomètres. Les moyens de locomotion n'étaient pas rapides ; les routes à peu près carrossables en Provence, l'étaient beaucoup moins en Gévaudan. Aussi n'était-il pas superflu de préparer minutieusement le voyage et d'en prévoir les étapes comme le fit maître Bourrelly.
Celui-ci s'entendit avec le patron Sauvet, voiturier à Marseille, pour la location d'un véhicule (phaéton *) qui devait le transporter, en compagnie du chevalier de Catelan, de Marseille à Palhers et retour. Cette voiture traînée par deux chevaux, sous la conduite d'un cocher fourni par la maison Sauvel, fut louée à raison de 8 livres par jour de déplacement (ce prix excluait la nourriture et le logement du cocher et des chevaux).
*. Le phaéton est apparu au XVIIe siècle et a beaucoup évolué au cours des siècles suivants. Il possède deux banquettes parallèles aux essieux, seule celle du conducteur, à l'avant, confortable, souvent en rotonde, à une capote. Le siège arrière est réservé à un ou deux domestiques. Wikipedia

Le secrétaire Bourrelly quitta Marseille en cet équipage le 11 août 1749. A son passage à Notre-Dame (près Septèmes) il fut invité par les agents du Bureau des fermes à payer quelque 30 livres pour droits sur les ornements qu'il portait (objets divers confiés, sans doute par le Commandeur de Villages, pour être remis aux curés des paroisses à visiter).

Le chemin fut poursuivi, sans autre incident, jusqu'à Saint-Pons, où l'on déjeuna. On s'aperçoit tout de suite que la route choisie par Bourrelly, qui devait être l'une des meilleures et des plus sûres de l'époque est aujourd'hui beaucoup moins fréquentée que jadis.
Saint-Pons, où maints voyageurs se restaurèrent autrefois, est situé à un croisement de routes, entre les Milles et Roquefavour (6).
6. Saint-Pons, commune d'Aix (B.-du-R.), (note à la fin de l'article)

De nos jours on peut constater que toutes traces du passé n'y ont pas disparu et qu'il existe encore à cet endroit un groupe de constructions qui laisse deviner l'importance de l'ancien relais. Actuellement les automobilistes passent de préférence soit à l'est et an nord, soit à l'ouest en empruntant les routes de Marseille, Aix et Avignon ou celle de Marseille et Salon par les Pennes-Mirabeau.

Aussitôt après le repas l'on se remit en route pour aller dîner et coucher à Salon-de-Provence. Le lendemain, 12 août, Bourrelly, toujours seul, quitta Salon et affronta les routes de la Crau. Il déjeuna à Saint-Martin-de-Crau (7) et arriva à Arles le même soir. Dans cette ville, siège effectif du Grand-Prieuré de Saint-Gilles le secrétaire Bourrelly se rendit auprès de l'Archivaire de l'Ordre (8) pour retirer les registres terriers de la Commanderie et la commission qui ordonnait la visite. Pour en disposer, il acquitta divers droits (au nom du Commandeur de Villages) se montant à 7 livres 4 sous. L'un des Commissaires, le Commandeur de Valabre, devant se joindre à lui à Arles, Bourrelly traita avec le voiturier Bourges pour la location d'une chaise de poste. L'affaire fut conclue au prix de 7 livres 10 sous par jour de déplacement et M. de Valabre prit possession du véhicule. Avant de quitter Arles le secrétaire prit la précaution de se munir de quelques provisions de bouche pour lesquelles il dépensa 6 livres 14 sous et emporta un saucisson, un pain de sucre, une bouteille d'eau-de-vie et une bouteille de limon.
7. Saint-Martin de Crau, arrondissement d'Arles (B.-du-R)
8. Raybaud (Jean-Antoine) était secrétaire du Grand Prieuré de Saint-Gilles en 1749.


Ainsi équipés les deux personnages, suivis du laquais du Commandeur, partirent le 13 août pour Saint-Gilles. Pour s'y rendre ils traversèrent, sur des barques, le Rhône à Fourques où M. Bourrelly dût payer divers droits de douane s'élevant à 2 livres 8 sous. A Fourques, où ils restèrent peu de temps M. Bourrelly loua, à l'intention du valet du chevalier de Catelan, une monture, à raison de 20 sous par journée de déplacement. Dans la matinée ils arrivèrent à Saint-Gilles où ils devaient rencontrer le chevalier de Catelan. Bourrelly commença par déjeuner, puis prit contact dans le courant de l'après-midi avec le deuxième Commissaire. Le soir il offrit un repas à ces messieurs, auxquels s'était joint le frère de M. de Catelan.
Le lendemain (14 août), tous ensembles, ils se mirent en route pour Nîmes. Le Commandeur de Valabre était en chaise de poste tandis que le chevalier de Catelan partageait le phaéton avec le secrétaire Bourrelly. Ils arrivèrent à Nîmes pour déjeuner.
Ils repartirent dans l'après-midi et s'engagèrent dans la vallée du Gardon d'Anduze. Ce soir-là ils couchèrent à Lédignan (Gard).

A leur arrivée, M. Bourrelly eut l'occasion de se procurer, pour le prix de 1 livre 10 sous, une paire de perdreaux dont il pensait régaler Messieurs les Commissaires à l'occasion de la fête de l'Assomption. Son attention n'eut pas tout le succès qu'il espérait, car le lendemain 15 août, le Commandeur de Valabre se plaignit, en cours de route, de se sentir incommodé et l'on dut même faire une halte non prévue à Anduze. Cependant le malaise du voyageur ne dut pas être très grave puisque l'on put repartir aussitôt après la messe. L'indisposition alléguée servit, je crois, de prétexte au Commandeur de Valable pour fuir une compagnie qui l'importunait, car à partir de ce moment-là, et pendant tout le reste du trajet, il chevaucha seul, escorté de son valet, ce qui ne l'empêcha pas d'être toujours exact aux rendez-vous.

A Anduze le Commandeur de Valabre ayant manifesté l'intention d'abandonner la chaise de poste, M. Bourrelly en avait profité, avant de la renvoyer à Arles, pour remplacer les deux chevaux de son phaéton, qui ne lui donnaient pas entière satisfaction, par les mulets de la chaise.
L'étape ainsi interrompue amena MM. de Catelan et Bourrelly à Saint-Jean du Gard où ils déjeunèrent. Ils atteignirent le même jour Castanier (9) où ils passèrent la nuit.
9. Castanier, village situé sur la route de Saint-Jean du Gard à Le Pompidou.
Le lendemain 16 août, ils traversèrent Florac (déjeuner) et couchèrent à Langlade (10) pour arriver le 17 à Marvejols en passant par Mende (déjeuner).
10. Langlade, commune de Brenoux (Lozère)

C'est à Marvejols que le Commandeur de Valabre les rejoignit. Tous ensemble ils descendirent à l'hôtel Rouanet et reçurent dès le lendemain la visite de Maitre Condomi, procureur de Nicolas-Roch de Villages, Commandeur de Palhers.

Au cours de cette présentation Maitre Condomi remit aux Commissaires, au nom de Nicolas-Roch de Villages, les lettres de commission qui avaient été confiées au secrétaire Bourrelly lors de son passage à Arles. L'on ne se dispensait pas, comme il apparaît, d'un formalisme assez minutieux.

Messieurs les Commissaires après avoir pris officiellement connaissance de leur mission qui devait se dérouler en quatre phases (contrôle sur pièces, visite des lieux, énumération des revenus et rédaction du procès-verbal) se retirèrent un instant pour faire prêter serment sur les Saints-Evangiles, à leur secrétaire. Sitôt après, ils prièrent Maitre Condomi de bien vouloir faire l'énumération des biens meubles et immeubles dépendant de la Commanderie de Palhers. Ce dernier se rendit à leurs désirs et rappela que la Commanderie, devenue vacante par le décès de Gaspard de Villages-La-Salle avait été confiée à Nicolas-Roch de Villages, frère du défunt, par bulle du 24 mai 1745. Située partie dans le Gévaudan et partie dans le Velay, elle comprenait d'abord son chef, Palhers (Lozère, 685 m, d'altitude) à trois quarts de lieue de Marvejols, relevant pour le culte du diocèse de Mende et pour la juridiction de la Sénéchaussée de Nîmes. L'Ordre de Malte possédait dans cette localité (11) :
L'église paroissiale (Saints Gervais et Protais) desservie par messire L. Castanier, vicaire perpétuel, et son cimetière.
Le château avec une aire à fouler.
Un jardin avec des terres (56 dextres).
Un bois appelé La Bartlie ou la Garenne de 7S0 dextres.
Deux prés appelés Le Pichot et le Grand Pré (1075 dextres).
L'église paroissiale du hameau de Brugers, desservie par le vicaire de Palhers (12).
11. Au membre de Palhers étaient rattachées les censes perçues a Marvejols, Chirac, Montrodat, Champilaux, Sinières-Planes, Félines, Gimels, Gibert, Ras, Berlières, Goudar, les Hermets, Chausserans, Froissant, Muret, Alteyraç, Mouriés, Valcrose et Uzanges.
12. Le vicaire perpétuel de Palhers était tenu de célébrer la messe alternativement un dimanche à Palhers, un dimanche à Brugers.


Le Commandeur, en qualité de seigneur temporel de Palhers, exerçait en outre la justice sur les villages de Sécheiroux et de Félines, A Sinieres-Planes il partageait ce droit avec le comte de Peyre (13).
13. Secheiroux, commune de Palhers (Lozère).
Félines, commune de Saint-Bonnet de Chirac (Lozère).
Sinières-Planes, commune de Saint-Laurens de Muret (Lozère).

Tous ces domaines relevaient directement de la Commanderie et étaient francs de tailles et autres droits.

Le Commandeur de Villages en tant que seigneur spirituel et temporel de Palhers faisait exercer ses droits et remplir ses obligations d'une part par le vicaire perpétuel qu'il entretenait, d'autre part par les juges qu'il désignait.
En 1749 les Officiers de la justice seigneuriale étaient :
Maitre Charles Guiot, avocat de Marvejols, juge général de la Commanderie.
Louis-Joseph Bruguière, viguier.
Maitre Guiral, greffier.
Maitre Condomi, procureur fiscal.

Récoules d'Aubrac
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Peyre en Aubrac - 48

Domus Hospitalis Récoules
Domus Hospitalis Récoules

Membre de la Commanderie, dépendait du diocèse de Mande et de la Sénéchaussée de Nîmes. Ce membre situé au nord de Palhers (6 lieues environ) comprenait (14) :
L'église paroissiale (Saint-Jean-Baptiste) desservie par messire P. Gerbal, vicaire perpétuel et un secondaire, avec son cimetière.
Un château ou maison seigneuriale, sis à trente pas de l'église, lequel était entouré de murailles crénelées, avec ses régales.
Des pâturages et prés aux quartiers de Las Costas, Prat-Bas, Prat-Haut, Le Soubeiron, Paradis, La Conche, d'une superficie totale de 8.400 dextres.
Un jardin avec un casal près du village (33 dextres).
Un champ à Las Bories contenant plus de 4000 dextres.
Trois montagnes appelées Puech Ventous, Lou Faltré (3500 séterés), et Saint-Audiol (avec une partie du lac) d'une superficie de 123100 dextres.
En outre le Commandeur de Palhers était seigneur temporel de Labrugère (paroisse de Grandvals).
L'exercice de la justice dans ce membre était confié à :
Maitre Charles Guiot, juge général de la Commanderie.
Maitre Jean Dallo, lieutenant de juge.
Maitre Jacques Dallo, greffier.
Maitre Jean-Pierre Dallo, notaire à Nasbinals.
Pour tout salaire Maitre Jean Dallo recevait douze mitadencs de seigle (mesure de Recoules) tandis que Maitre Jacques et Jean-Pierre Dallo se contentaient d'un setier (15)
14. Au membre de Rocoules étaient rattachées les censes perçues à Saint-Urzize, Nasbinals, Bonnechare, Gramont, etc...
15. Le setier équivalait approximativement à 120 litres (119 Litre 53 d'après Porée).
Le mitadenc équivalait à la huitième partie d'un setier.


Marchastel
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Peyre en Aubrac - 48

Domus Hospitalis Marchastel
Domus Hospitalis Marchastel

Autre membre de la Commanderie relevait du diocèse de Mende et de la Sénéchaussée de Nîmes. A Marchastel situé à 4 lieues et demie de Palhers, la Commanderie possédait seulement : l'église paroissiale (Saint-Pierre-es-Liens) desservie par messire G. Castanier, vicaire perpétuel du lieu, et son cimetière.
Le comte de Peyre, seigneur de Marchastel, y exerçait la justice.

Lavillatte
Département: Ardèche, Arrondissement: Largentière, Canton: Coucouron - 07

Domus Hospitalis Lavillatte
Domus Hospitalis Lavillatte

Autre membre, relevait du diocèse de Viviers et de la Sénéchaussée de Nîmes. Ce village, situé sur les hauts plateaux du Velay, à 11 lieues environ de Palhers, était l'un des domaines les plus importants de la Commanderie qui y possédait (16) : L'église paroissiale (Saint-Jean-Baptiste) desservie par Messire Caire, vicaire perpétuel du lieu, et son cimetière.
Un château « bâti à trois étages : le premier au rez-de-chaussée composé de deux membres ; le second de deux chambres, une antichambre et un cabinet, et le troisième de deux membres servant de grenier à foin »
Une grange attenante au château.
Une place devant le château et l'église (25 dextres).
Une masure avec un pré « Le Fréchot » (200 dextres).
Deux jardins joignant le château (90 dextres).
Des prés à Plaisance, l'Agnelière, le Petit et le Grand Rodou et à la Sabaterie (en tout 4.400 dextres).
Des pâturages et terres d'une superficie de 2.850 dextres.
Des bois situés de l'autre côté de l'Espézeronnette, appelés La Sapette, d'Aubruc, Chapelas et La Fajolle, d'une superficie de 66.000 dextres, Lesquels bois étaient surveillés par le garde Chazet.
Le Commandeur de Palhers était en outre seigneur temporel de Villeverte et de Chanteloube (17) et percevait les censes dues par les divers possédants de biens immobiliers.
16. Au membre de La Villatte étaient rattachées les censes perçues à Villeverte, Chanteloube, Mauras, Coucouron, Langogne, Barges, Aubenas, Montpezat, Neyrac, Bamas, etc...
17. Villeverte, commune de Coucouron (Ardèche) — Chanteloube, commune de La Villatte (Ardèche).

Tous les domaines dépendant de ce membre étaient francs de tailles et de tous autres droits.
L'exercice des droits seigneuriaux à La Villatte était indivis entre le Commandeur de l'Ordre de Malte, le comte de Vogué et l'Abbé des Chambons (Ardèche). Le Commandeur de Villages faisait rendre la justice dans ce membre par :
Maitre Charles Guiot, juge général de la Commanderie.
Maitre Michel Boutevin, d'Auteirac de Mortesaigne, lieutenant du juge.
Maitre Guillaume Soulèdre, greffier.
Maitre Sauzet, notaire, procureur fiscal.

Après avoir terminé cette longue énumération, Maitre Condomi fit part aux Commissaires des réparations et améliorations apportées par le Commandeur en exercice depuis sa mise en possession. Elles peuvent se résumer ainsi :
Palhiers : dallage du sol de l'église, effectué en 1749.
Réparations diverses au château et à l'église (toiture, planchers, etc.)
Les portes et volets de ces bâtiments avaient été peints en rouge.
Des arbres fruitiers avaient été plantés dans le pré de La Barthe et des ornements du culte avaient été achetés ou remis en bon état pour le service des églises paroissiales.
Recoules, Marchastel et la Villatte
Achats et réparations d'ornements pour les églises paroissiales
Réparations diverses aux églises, châteaux, sans oublier l'enduit de peinture rouge que reçurent les portes et volets.
Ces frais d'entretien incombaient au seigneur commandeur et Maitre Condomi établit que M. de Villages n'avait pas dépensé moins de 943 livres pour les diverses réparations ou améliorations de ses cinq églises paroissiales.

Messieurs les Commissaires furent également mis au courant des différends qui divisaient les habitants de La Villatte, le curé du lieu et le Commandeur.
En effet ce dernier était en désaccord avec son vicaire et la Communauté du lieu au sujet du four communal et de la maison curiale. Le Commandeur désirait que le four fût construit, à ses frais, sur l'emplacement de l'ancienne maison curiale tombée en ruines, tandis que la Communauté se proposait de réédifier cette demeure à l'usage du curé, logé provisoirement dans le château. D'autres différends existaient avec les Communautés de Recoules et de Marchastel au sujet de la construction ou réparation des cimetières de ces villages. Les chicanes de ce genre ne faisaient jamais défaut.
Ces diverses auditions et vérifications sur pièces retinrent ces Messieurs, à Marvejols, jusqu'au 21 août 1749.

Visite des lieux
— Sitôt après, les mêmes personnages, c'est-à-dire le Commandeur de Valabre, le Chevalier de Catelan, leur Secrétaire, auxquels s'était joint Maitre Condomi, commencèrent leurs enquêtes sur place.
— Ils se rendirent tout d'abord à Palhers, chef de la Commanderie, où ils furent reçus par Messire Laurens Castanier, vicaire perpétuel, qui les introduisit dans l'église paroissiale. Après avoir examiné la collection des ornements du culte et constaté la bonne tenue de l'église, ils jetèrent un coup d'œil sur le cimetière. De là ils allèrent au château et visitèrent ensuite les principales terres. Partout ils constatèrent le bon ordre et le bon entretien et furent notamment satisfaits des bornages.
— Ils se transportèrent ensuite au hameau de Brugers où messire L. Castanier les avait précédés. Celui-ci leur fit visiter la chapelle du lieu et leur signala qu'en raison de son isolement les objets et ornements des offices étaient enfermés dans un coffre et confiés à la garde d'un fermier du voisinage.
Missire Castanier, sur la demande des Commissaires, déclara être pourvu de sa cure depuis le 7 août 1745, et recevoir à ce titre une pension de 200 livres par an.
Cette inspection terminée les enquêteurs, et leur suite, regagnèrent Palhers où ils interrogèrent quelques habitants (J, Polge, A. Nègre, Ch. Pelemourgues et J. Fize) afin de connaître l'opinion des paroissiens sur la gestion du Commandeur et de ses subordonnés. Ces derniers dans leurs réponses, insérées au procès-verbal, déclarèrent n'avoir qu'à se louer de leur seigneur.
Les Commissaires retournèrent le soir même à Marvejols à cause, dirent-ils, du peu de commodités qu'offre le Chef de la Commanderie au point de vue des communications.

Le lendemain 22 août, ces Messieurs auxquels s'était joint l'abbé Bruguière, se dirigèrent vers Recoules et Marchastel ; la première de ces localités est à 5 lieues de Marvejols. Ces villages situés en pleine montagne étaient reliés aux grandes routes par des chemins ou des pistes à peine carrossables. L'abbé Bruguière et Maitre Condomi connaissant imparfaitement les lieux durent avoir recours à des guides du pays. Comme la route était longue et difficile les Commissaires décidèrent, pour leurs commodités personnelles, de faire cette randonnée en quatre étapes (deux jours) mais n'en laissèrent point trace dans leurs procès-verbal.
Le premier soir ils couchèrent, avec leur suite, à La Baume (18), dans le château du comte de Peyre, mis gracieusement à leur disposition par le prieur du lieu. En prévision de cet arrêt en plein bois, Bourrelly s'était muni, avant de quitter Marvejols, de provisions de bouche (artichauts petits pois, beurre, etc...) Le valet du prieur fut très attentionné pour ses hôtes ; il leur prêta des ustensiles de cuisine, leur fournit draps de lit et chandelles, et mérita l'étrenne de 3 livres dont le secrétaire le gratifia.
18. La Baume, commune de Prinsuejols (Lozère), — II existait au XVIIIe siècle un chemin allant de la Baume à Aubrac, lequel passait tout près du lac de Saint-Audiol (côte sud) et côtoyait la partie de forêt possédée par la Commanderie de Palhers.

Le lendemain matin, sous la conduite de guides, l'on repartit pour Recoules où les voyageurs furent reçus par messire Pierre Gerbal, curé. Comme à Palhers ils visitèrent dans ses détails l'église paroissiale et se firent montrer les ornements servant à la célébration des offices ; ensuite ils se rendirent au cimetière ; de là au château et dans les terres qui en dépendaient. Ils constatèrent que les consuls du lieu n'avaient point fait achever le mur de clôture du cimetière. Avant de quitter Recoules ils reçurent les dépositions de plusieurs habitants du village afin de connaître leurs doléances au cas où ils auraient à en formuler. Ces derniers, tout au contraire, déclarèrent se trouver très satisfaits de l'administration seigneuriale.
Messire Pierre Gerbal déclara qu'il avait été pourvu de sa cure en 1738 et qu'il recevait, du Commandeur de Palhers, la congrue de 200 livres par an.
Dans l'après-midi les visiteurs se transportèrent à Marchastel où ils furent accueillis par Messire Guillaume Castanier, vicaire de la paroisse. Ils furent introduits dans l'Eglise, puis conduits au cimetière où ils constatèrent que des réparations nécessaires au mur d'enceintes n'avaient pas été achevées. Ils n'eurent pas d'autre visite à accomplir à Marchastel où l'Ordre ne possédait pas de terres.
Conformément au règlement des visites deux habitants du pays furent interrogés par la Commission et Messire Castanier déclara qu'il avait été pourvu de sa cure en 1732 et qu'il percevait, à ce titre, une pension annuelle de 200 livres.

Sur le chemin de retour la petite troupe s'arrêta chez Fournier, hôtelier de Rieutord (19) chez qui elle dîna et passa la nuit. Ce lendemain matin elle se remit en route et arriva à destination à Marvejols dans la journée (24 août).
19. Rieutord, commune de Marchastel (Lozère)

Après ces deux journées de pérégrinations dans de rudes contrées les visiteurs éprouvaient le besoin d'un légitime repos ; ils s'arrêtèrent à Marvejols jusqu'au 27 août. Cependant la visite des possessions de la Commanderie n'était pas achevée : il restait encore à voir le membre de La Villatte, dans le Velay à quelques il lieues de Palhers.

Pour couvrir ce trajet le Commandeur de Valabre — toujours misanthrope — manifesta le désir de voyager seul, avec son valet. Maitres de Catelan, Bourrrelly, et Maitre Condomi quittèrent Marvejols le 28 août dans l'après-midi, passèrent par Mende où ils couchèrent (20), déjeunèrent le 29 à l'Habitarelle (21) et arrivèrent le soir à Langogne où ils descendirent à l'auberge de M. Champagne.
20. A Mende ils couchèrent chez M. Montioulous
21. L'Habitarelle, faubourg de Châteauneuf du Randon (Lozère).


Le 31 août la Commission se trouvant de nouveau au complet repartit pour La Villatte (1 lieue et demie) où elle fut accueillie par Messire Christophe Caire, curé de la paroisse. Comme partout les Commissaires se firent montrer l'église, le cimetière, puis le château et les quelques domaines accessibles. Comme dans les autres membres ils reçurent les dépositions de plusieurs habitants du pays. Ces derniers dans leurs réponses ne firent point allusion au différend qu'ils avaient contre leur Commandeur et se déclarèrent contents et satisfaits de leur chef et curé.
Messire Caire déclara qu'il avait été pourvu de sa cure en 1729 et qu'il percevait la pension habituelle de 200 livres.

La visite sur les lieux était terminée et les Commissaires purent le même jour rentrer à Langogne.
Restait à accomplir dans les formes régulières, le dernier acte de l'opération.
Le lendemain en effet Maitre Condomi, procureur de Nicolas-Roch de Villages, qui a assisté à tous ces déplacements, déclare, après avoir prêté serment sur les Saints-Evangiles, « que tout ce qu'il nous a dit, fait voir et observer contient vérité et que c'est tous les domaines de laditte Commanderie, n'ayant rien obmis, ny caché, ne sachant pas que ledit sieur Commandeur aist rien laissé uzurper, ny même alienné de laditte Commanderie pendant sa jouissance, mais qu'au contraire il en fait prendre un grand soin. »
Il fournit ensuite une déclaration des ressources et charges de la Commanderie.
Aux termes du procès-verbal Maitre Condomi exposa « que laditte Commanderie étoit affermée à sieur Louis-Joseph Bruguière et à Maitre Guillaume Bruguière, son fils, solidairement » pour 5 années (1746-1751) au prix de 8 100 livres l'an. Le bail devant arriver bientôt à expiration fut renouvelé par anticipation, aux mêmes fermiers, pour la période de 1751-1756. Le taux du loyer subit une sensible augmentation et fut porté à 9.900 livres, augmentation provoquée par les améliorations que le Commandeur de Villages avait apportées à la Commanderie.

Le revenu annuel se décomposait comme suit :
Location de la Commanderie : 8 100 livres.
A déduire pour les cas fortuits : 500 livres.
Reste en brut : 7 600 livres.
Diverses charges acquittées par les fermiers : 2 729 livres.
Total brut des revenus : 10 329 livres.

Les charges de la Commanderie consistaient en : charges ordinaires de l'Ordre (responsion (22), taxe des vaisseaux, capitation, caisse commune et archivage, etc.) : 1 222 livres.
Pensions aux curés, huile, etc. : 974 livres.
Gages aux Officiers, pensions aux Pères Chartreux (payés en grains) : 245 livres.
Salaire du garde forestier de La Vidatte : 48 livres.
Pension au Chevalier d'Aurel : 206 livres.
Pension au frère Véran : 33 livres.
Pension au chevalier de Vidages-Villeneuve : 598 livres.
Total des charges : 3 327 livres.
Ce qui laisse apparaître un revenu net de : 7001 livres.
22. Responsion : redevance annuelle de chaque chevalier de Malte pour la défense de la Terre Sainte.

Ainsi fut accomplie, sans fâcheux incidents, la visite de la Commanderie de Palhers, confiée au Commandeur de Valabre et au Chevalier de Catelan.
Aussitôt après chacun songea à rentrer chez soi. La dislocation se fit à Langogne.
Maitre Condomi, ayant reçu de Maitre Bourrelly 83 livres d'honoraires et indemnités retourna à ses affaires.
Maitre de Valabre, toujours épris de solitude, toucha 81 livres de frais de route et tira de son côté.
Maitres de Catelan et Bourrelly quittèrent Langogne dans l'après-midi du 2 Septembre 1749. Ils prirent la route de Pradelles, puis bifurquèrent sur Peyrebeilles (23) mais ils ne s'arrêtèrent point â l'auberge qui devait, trois quarts de siècle plus tard, après sa reconstruction, devenir un repaire d'assassins et acquérir ainsi la plus sinistre renommée. Cette route qui comportait un trajet assez long à travers les belles forêts de Bauzon et de Mazan fut parcourue en plein jour, sous la conduite de Maitre Mestre. Ce dernier retournait à Aubenas d'où il était venu tout spécialement pour apporter aux Commissaires quelques reconnaissances reçues par Maitre Blachère notaire à Aubenas.
En phaéton, nos voyageurs traversèrent Lanarce, puis côtoyèrent la vallée de l'Ardèche, après avoir franchi le col de La Chavade. Le terminus de cette étape fut Mayres où l'on dîna et coucha. Ce coquet petit village, construit sur les bords de l'Ardèche, au pied des forêts, garde encore de nos jours les restes du vieux château des Montlaur.

De là Maitres de Catelan et Bourrelly regagnèrent directement Saint-Gilles et Marseille par Aubenas (déjeuner), Villeneuve de Berg (coucher), Viviers (déjeuner en ville, coucher au Bourg), Bagnol (déjeuner), Connaux (coucher), Remoulins (déjeuner) et Nîmes, (coucher).
23. Peyrebeilles, commune de La Narce (Ardèche)
Voyez L'Auberge de Peyrebeille par P. Bouchardon.


Le 7 Septembre ils arrivèrent à Saint-Gilles et y passèrent la journée en compagnie du neveu de Maitre de Catelan et du Commandeur de Valabre qui avait reparu. Le Chevalier de Catelan étant rendu à destination, Maitre Bourrelly et le Commandeur, qui semble avoir évité la compagnie du chevalier plutôt que celle du secrétaire, partirent ensemble le lendemain matin pour Fourques où ils déjeunèrent. Au cours de cette halte, le secrétaire Bourrelly rendit à son propriétaire le cheval qu'il avait loué, quelques temps auparavant, pour le valet du Chevalier. A Arles le Commandeur de Valabre récupéra le montant de ses débours et s'arrêta.
Le 10 Septembre dans la matinée, soit après une absence de 31 jours, Maitre Bourrelly et son phaéton étaient de retour à Marseille.
Cette visite coûta plus de 1200 livres au Commandeur de Villages, sans compter les quelque autres 200 livres qu'il remboursa à Maitre Bourrelly pour diverses réparations ordonnées et payées au cours du voyage.

Les constatations de l'enquête furent tout en faveur du Commandeur de Villages et les Commissaires déclarèrent dans leur procès-verbal, déposé au Grand Prieuré le 10 Novembre suivant, « que laditte Commanderie est en très bon estat, les-dit ameilliorissement être bons et valables et comme tels devoir rester, à la charge par ledit sieur Commandeur de continuer les poursuites contre le curé de La Villatte pour le faire déloger du château, et contre les Consuls de Recoulle et Marchastel pour les articles les concernent énoncés dans notre procès-verbal. »
L'assemblée du Chapitre Provincial de Saint-Gilles (le sort des billets observé) commit le bailli de Belmont et le chevalier de Grilles pour procéder à l'ouverture et à la vérification du rapport, opérations qui furent effectuées dès le lendemain. Ces chevaliers confirmèrent les conclusions des Commissaires et ainsi se clôtura officiellement la visite des améliorissements de la Commanderie de Palhers.

Le procédé d'administration, dont la visite de Palhers nous fournit un exemple, présentait d'incontestables avantages. Il comportait un contrôle effectif. L'on peut dire qu'il assura, en France, la prospérité matérielle de l'Ordre de Malte jusqu'à la Révolution.

Pour compléter cette petite étude nous relevons ci-après les prix pratiqués dans les auberges et le long des chemins :
1. Repas (maître) à Saint-Pons : 1 livre 12 sous.
1. Repas et coucher à Salmon : 1 livre 17 sous.
3. Repas (2 maitres et 1 valet) et un cheval mis à l'écurie à Saint-Jean-du-Grad : 4 livres 4 sous.
3. Repas ibidem : 4 livres 10 sous.
3. Repas ibidem : 6 livres 6 sous.
3. Repas ibidem : 4 livres 17 sous.
3. Repas (2 maitres et 1 valet) et un cheval mis à l'écurie à Viviers : 5 livres 14 sous.
3. Repas (2 maitres et 1 valet) et un cheval mis à l'écurie à Nîmes : 6 livres.
Au guide qui montra le chemin de Marvejols à la Baume : 2 livres.
Au guide qui conduisit ses Messieurs de la Baume à Recoules : 1 livres 10 sous.
Au guide qui conduisit ses Messieurs de Recoules à Marchastel, et de là à Rieutord : 2 livres 18 sous.
1. Phaéton à deux chevaux et son cocher (nourriture et logement à la charge du loueur), par jour : 7 livres 10 sous.
1. Chaise de poste à deux mulets et son conducteur (nourriture et logement à la charge du loueur) par jour : 7 livres 10 sous.
1. Cheval sellé (nourriture et logement à la charge du locataire) par jour : 1 livres.

Les pourboires, fort en honneur, comptaient pour une part appréciable dans la dépense. C'est ainsi que Maitre Bourrelly remit : à chacun des valets qui accompagnèrent Maitres et Commissaires : 1 louis d'or = 48 livres.
Au cocher du phaéton : 15 livres.
Au conducteur de la chaise de poste : 3 livres
Au valet du prieur de La Baume, lorsqu'ils couchèrent au château de Peyre : 3 livres.
Au valet d'écurie de Saint Gilles : 3 sous.
Au batelier de Fourques : 1 livre 12 sous.
Maitres et les chevaliers de Malte savaient se conduire en voyage.
Paul GIRAUD - Sous-Archiviste aux Archives des Bouches du Rhône.
Sources : Paul Giraud. Mémoires de l'Institut historique de Provence, tome XI, pages 226 à 243, année 1934. Marseille 1934 - BNF

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