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15-03-2022

§ I. La rue du Temple et le Temple

Département: Île-de-France, Arrondissement: 3e, Ville Paris - 75
Commanderie du Temple de Paris

La grande voie publique qui a pris le nom de l'ordre des Templiers commence à la place de Grève par une série de rues qui portaient encore, il y a quelques années, les noms des Coquilles, Barre-du-Bec, Saint-Avoye, noms absorbés aujourd'hui dans celui du Temple. Elle n'était pas probablement comprise dans l'enceinte de Louis VI et s'est arrêtée d'abord près de la rue de Braque, où était une porte de l'enceinte de Philippe-Auguste, ensuite à la bastille du Temple, près de la rue Meslay, dite autrefois du Rempart, ou était une porte de l'enceinte de Charles VI, démolie en 1684.

La rue des Coquilles se nommait autrefois Gentien, d'une famille célèbre qui a donné a la ville un prévôt des marchands et le savant auteur de l'Histoire de Charles VI ; elle a pris son autre nom d'une maison dont toutes les fenêtres étaient ornées de coquilles sculptées. Cette maison, détruite récemment, était située au coin de la rue de la Tixeranderie et formait, en 1519, l'hôtel du président Louvet.

La rue Barre-du-Bec tirait son nom de l'abbé du Bec, qui avait, dit-on, son tribunal ou sa barre de justice dans cette rue, au n° 19.

La rue Sainte-Avoye avait pris son nom d'un couvent fondé en 1228 en l'honneur de sainte Hedwige ou Avoye, et qui fut occupé, en 1623, par des Ursulines. Ce couvent (n° 47), aujourd'hui détruit, a servi de temple israélite sous l'Empire. Dans cette rue étaient :

1° L'hôtel de Mesmes, bâti par le connétable de Montmorency, et où il vint mourir en 1567, après la bataille de Saint-Denis. Henri II y séjourna quelquefois. Henri III y dansa aux noces du duc d'Épernon. Plus tard, il devint l'hôtel de la famille de Mesmes, de ces grands diplomates qui ont donné à la France l'Alsace et la Franche-Comté, qui ont signé les traités de Westphalie et de Nimègue. Sous l'empire on y établit l'administration des droits réunis, et, sous le gouvernement de Juillet, on l'a détruit pour ouvrir la rue Rambuteau.

2° Les hôtels de Saint-Aignan, Caumartin, la Trémoille, etc. Ces grandes demeures de l'aristocratie du XVIIe siècle sont aujourd'hui encombrées de marchandises et principalement de barils d'huile et de tonnes de sucre, car les anciennes rues Sainte-Avoye, Barre-du-Bec, des Coquilles sont les succursales du commerce d'épicerie, dont les rues de la Verrerie et des Lombards sont la métropole.

Sources : Lavallée, Théophile. Histoire de Paris, depuis le temps des gaulois jusqu'en 1850. Tome 2, pages 114 à 127. - BNF


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15-03-2022

§ 2. Enclos du Temple de Paris

Département: Île-de-France, Arrondissement: 3e, Ville Paris - 75
Commanderie du Temple de Paris

A côté du Temple était un vaste enclos qui s'étendait jusqu'aux remparts de la ville et qui, de temps immémorial, servait d'asile aux criminels, aux débiteurs, aux banqueroutiers, aux ouvriers qui travaillaient sans maîtrise. Grâce à privilège, l'enclos se couvrit de maisons, qui louées à des prix très-élevés, procuraient un revenu considérable au grand prieur, lequel y avait d'ailleurs droit de haute et basse justice.
Celles qui avoisinaient l'église formaient une suite de baraques qu'on appelait les charniers du Temple et qui servaient de marché.
En 1781, on construisit sur une partie des jardins, au levant de l'église et de la grosse tour, un bâtiment d'architecture bizarre : c'est la Rotonde du Temple, élevée sur les dessins de Pérard de Montreuil, vaste et lourde construction de forme elliptique, dont le rez-de-chaussée figure une galerie couverte percée de quarante-quatre arcades. Cette maison est habitée par des ouvriers et des petits marchands ; elle a appartenu à Santerre, qui y est mort en 1808.
L'enclos du Temple devint en 1790 propriété nationale lorsque l'église, la tour, les charniers eurent été détruits, on construisit, sur leur emplacement, en 1809, un vaste marché, formé de quatre grands hangars en charpentes, sombres, hideux, ouverts à tout vent, où campent plus de six mille marchands et où viennent s'étaler tous les débris des vanités et des misères de Paris : c'est la halle aux vieilleries et le marché très-abondant et très-utile où le peuple monte à bas prix sa toilette et son ménage.
Plusieurs rues furent alors ouvertes et qui portent des noms de l'expédition d'Egypte : Perrée, Dupetit-Thouars, Dupuis, etc. La grande porte de l'enclos, qui était située en face de la rue des Fontaines, n'a été détruite qu'en 1818.

La rue du Temple renfermait jadis plusieurs établissements religieux :
1° Le couvent des Filles Sainte-Elisabeth, fondé en 1614 par Marie de Médicis et dont l'église fut construite en 1630. Ces religieuses appartenaient au tiers ordre de Saint-François et se vouaient à l'éducation des jeunes filles. Les bâtiments, qui, depuis la révolution, avaient été convertis en magasins de farine, sont occupés aujourd'hui par des écoles municipales. L'église a été rendue au culte en 1809.
2° Le couvent des Franciscains de Notre-Dame-de-Nazareth, par le chancelier Séguier en 1630, et dont l'église belle et vaste renfermait les tombeaux de cette famille. Il ne reste aucune trace de ce couvent, qui occupait tout l'espace compris entre les rues Neuve-Saint-Laurent et Notre-Dame-de-Nazareth.

Le quartier du Temple est un des plus importants, des plus populeux, des plus industrieux de la capitale. La partie qui avoisine le Marais a l'aspect de ce dernier quartier ; elle est, comme lui, coupée de rues droites et belles, couverte d'anciennes et grandes maisons, où jadis demeurait la magistrature, et qui sont aujourd'hui envahies par l'industrie ; ainsi en est-il des rues des Chantiers, d'Anjou, de Vendôme, etc.
La partie qui avoisine le quartier Saint-Martin est, comme ce quartier, remplie de rues sales, humides et étroites, couverte de hautes et laides maisons, entièrement peuplées d'ouvriers ainsi en est-il des rues des Gravilliers, Phétipeaux, Transnonain, etc. La population de ce quartier peut être regardée comme le type de la population ouvrière de Paris elle a tous ses défauts et ses qualités laborieuse, gaie, spirituelle, mais insouciante, prodigue, amie du plaisir ardente, généreuse, brave, éclairée, mais mobile, présomptueuse, facile à égarer, prompte à se faire des idoles, plus prompte à les détruire ; pauvre, désintéressée, passionnée pour la gloire du pays, mais turbulente, indocile, encline au bruit et au désordre, hostile à l'autorité.
En 1792, la section des Gravilliers comptait parmi les plus révolutionnaires la rue Transnonain et les rues voisines furent le principal théâtre de l'insurrection de 1834 ; dans la révolution de février, dans les journées de juin 1848, les rues du quartier du Temple ont été hérissées de barricades et ensanglantées par des combats.
Les industries qui dominent dans le quartier du Temple sont celles des bronzes, de la bijouterie, de la tabletterie, etc., elles font à l'étranger l'honneur de Paris et de la France.

Parmi les rues qui débouchent ou qui débouchaient dans la rue du Temple, nous remarquons :
1° Rue de la Tixeranderie, l'une des plus anciennes rues de Paris, qui avait pris ce nom dans le XIIIe siècle des tisserands qui y demeuraient. C'était une des plus importantes et des mieux peuplées du vieux Paris. Elle a été récemment détruite, et son sol est occupé par la rue de Rivoli et la place de l'Hôtel-de-Ville ; avec elle ; ont disparu les rues du Coq, des Deux-Portes, des Mauvais-Garçons, qui y aboutissaient, ainsi que les hôtels célèbres qu'elle renfermait et dont voici les principaux :
1° L'hôtel de Sicile, entre les rues des Coquilles et du Coq, habité, au XIVe siècle, par les rois de Naples de la maison d'Anjou en fouillant les fondations de cet hôtel en 1682, on y a trouvé plusieurs tombeaux romains.
2° L'Hôtel de la reine Blanche, entre les rues du Coq et des Deux-Portes, habité par Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois ; il en restait quelques débris, entre autres une tourelle au coin de la rue du Coq.

3° L'Hôtel Saint-Faron, appartenant aux abbés de Saint-Faron de Meaux.
4° Au coin de la rue du Coq était le modeste appartement habité par Scarron, ce créateur de la littérature facile, si célèbre de son temps, aujourd'hui presque oublié, c'est là qu'il épousa, en 1652, Melle d'Aubigné ; c'est là que les deux époux, malgré leur pauvreté, recevaient toutes les illustrations du XVIIe siècle, Turenne, Madame de Sévigné, Mignard, Ninon de Lenclos, le duc de Vivonne, le maréchal d'Albret, le coadjuteur de Retz ; c'est là que s'étaient rassemblés les plus ardents frondeurs et que s'étaient faits les plus piquants libelles contre Mazarin c'est là que le spirituel Cul-de-jatte mourut ; et sa jeune veuve, qui devait s'asseoir à côté de Louis XIV, presque sur le trône de France, se trouva si pauvre, qu'elle fut obligée de quitter ce chétif appartement pour se retirer dans un couvent de la rue Saint-Jacques.
La rue de la Tixeranderie a joué un grand tôle dans la bataille de juin 1848 ; c'est à l'entrée de cette rue, du côté de l'Hôtel-de-Ville, que le général Duvivier reçut une blessure mortelle.

2° Rue de la Verrerie. Elle date du XIIe siècle et tire son nom des verriers qui y étaient établis, suivant les habitudes du moyen âge, les métiers de cette époque ayant tendance à se réunir dans les mêmes lieux, à s'associer par des intérêts communs, à contracter, sous le patronage d'un saint, les liens d'une pieuse fraternité. Dans cette rue demeurait, en 1392, Jacquemin Gringonneur, qu'on croit être l'inventeur ou du moins le restaurateur de l'invention des cartes à jouer « Ce fut, dit un chroniqueur, pour l'esbattement du seigneur roy Charles VI. »
Au coin de la rue de la Poterie était l'hôtel d'Argent, où les comédiens italiens s'établirent en 1600. Aujourd'hui, la rue de la Verrerie, une des plus tumultueuses et des plus commerçantes de Paris, renferme principalement les négociants en épiceries, ou, comme l'on dit aujourd'hui, en denrées coloniales.
3° Rue Rambuteau. Cette grande et belle voie publique a été ouverte récemment pour faire communiquer la place Royale et le faubourg Saint-Antoine avec les Halles : elle part de la rue de Paradis, traverse l'ancien hôtel de Mesmes, absorbe la rue des Ménétriers, occupe la place du couvent Saint-Magloire, absorbe la rue de la Chanverrie et arrive à la pointe Saint-Eustache : elle a pris ses aises aux dépens de tout ce réseau inextricable de sales maisons qui se pressaient de la rue Sainte-Avoye aux Halles, coupant à droite et à gauche un morceau à chaque rue, mais aussi donnant de l'air et du soleil à trois quartiers. Le commerce et l'industrie se sont emparés de cette rue nouvelle, dont quelques maisons sont assez élégamment construites l'une d'elles (n° 49) a sur sa façade un buste de Jacques Cœur, élevé par les soins de la ville, avec cette inscription : A JACQUES COEUR PRUDENCE, PROBITE, DESINTERESSEMENT.

Sources : Lavallée, Théophile. Histoire de Paris, depuis le temps des gaulois jusqu'en 1850. Tome 2, pages 114 à 127. - BNF


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15-03-2022

§ 3. Enclos du Temple de Paris

Département: Île-de-France, Arrondissement: 3e, Ville Paris - 75

A côté du Temple était un vaste enclos qui s'étendait jusqu'aux remparts de la ville et qui, de temps immémorial, servait d'asile aux criminels, aux débiteurs, aux banqueroutiers, aux ouvriers qui travaillaient sans maîtrise. Grâce à privilège, l'enclos se couvrit de maisons, qui louées à des prix très-élevés, procuraient un revenu considérable au grand prieur, lequel y avait d'ailleurs droit de haute et basse justice.
Celles qui avoisinaient l'église formaient une suite de baraques qu'on appelait les charniers du Temple et qui servaient de marché.
En 1781, on construisit sur une partie des jardins, au levant de l'église et de la grosse tour, un bâtiment d'architecture bizarre : c'est la Rotonde du Temple, élevée sur les dessins de Pérard de Montreuil, vaste et lourde construction de forme elliptique, dont le rez-de-chaussée figure une galerie couverte percée de quarante-quatre arcades. Cette maison est habitée par des ouvriers et des petits marchands ; elle a appartenu à Santerre, qui y est mort en 1808.
L'enclos du Temple devint en 1790 propriété nationale lorsque l'église, la tour, les charniers eurent été détruits, on construisit, sur leur emplacement, en 1809, un vaste marché, formé de quatre grands hangars en charpentes, sombres, hideux, ouverts à tout vent, où campent plus de six mille marchands et où viennent s'étaler tous les débris des vanités et des misères de Paris : c'est la halle aux vieilleries et le marché très-abondant et très-utile où le peuple monte à bas prix sa toilette et son ménage.
Plusieurs rues furent alors ouvertes et qui portent des noms de l'expédition d'Egypte : Perrée, Dupetit-Thouars, Dupuis, etc. La grande porte de l'enclos, qui était située en face de la rue des Fontaines, n'a été détruite qu'en 1818.

La rue du Temple renfermait jadis plusieurs établissements religieux :
1° Le couvent des Filles Sainte-Elisabeth, fondé en 1614 par Marie de Médicis et dont l'église fut construite en 1630. Ces religieuses appartenaient au tiers ordre de Saint-François et se vouaient à l'éducation des jeunes filles. Les bâtiments, qui, depuis la révolution, avaient été convertis en magasins de farine, sont occupés aujourd'hui par des écoles municipales. L'église a été rendue au culte en 1809.
2° Le couvent des Franciscains de Notre-Dame-de-Nazareth, par le chancelier Séguier en 1630, et dont l'église belle et vaste renfermait les tombeaux de cette famille. Il ne reste aucune trace de ce couvent, qui occupait tout l'espace compris entre les rues Neuve-Saint-Laurent et Notre-Dame-de-Nazareth.

Le quartier du Temple est un des plus importants, des plus populeux, des plus industrieux de la capitale. La partie qui avoisine le Marais a l'aspect de ce dernier quartier ; elle est, comme lui, coupée de rues droites et belles, couverte d'anciennes et grandes maisons, où jadis demeurait la magistrature, et qui sont aujourd'hui envahies par l'industrie ; ainsi en est-il des rues des Chantiers, d'Anjou, de Vendôme, etc.
La partie qui avoisine le quartier Saint-Martin est, comme ce quartier, remplie de rues sales, humides et étroites, couverte de hautes et laides maisons, entièrement peuplées d'ouvriers ainsi en est-il des rues des Gravilliers, Phétipeaux, Transnonain, etc. La population de ce quartier peut être regardée comme le type de la population ouvrière de Paris elle a tous ses défauts et ses qualités laborieuse, gaie, spirituelle, mais insouciante, prodigue, amie du plaisir ardente, généreuse, brave, éclairée, mais mobile, présomptueuse, facile à égarer, prompte à se faire des idoles, plus prompte à les détruire ; pauvre, désintéressée, passionnée pour la gloire du pays, mais turbulente, indocile, encline au bruit et au désordre, hostile à l'autorité.
En 1792, la section des Gravilliers comptait parmi les plus révolutionnaires la rue Transnonain et les rues voisines furent le principal théâtre de l'insurrection de 1834 ; dans la révolution de février, dans les journées de juin 1848, les rues du quartier du Temple ont été hérissées de barricades et ensanglantées par des combats.
Les industries qui dominent dans le quartier du Temple sont celles des bronzes, de la bijouterie, de la tabletterie, etc., elles font à l'étranger l'honneur de Paris et de la France.

Parmi les rues qui débouchent ou qui débouchaient dans la rue du Temple, nous remarquons :
1° Rue de la Tixeranderie, l'une des plus anciennes rues de Paris, qui avait pris ce nom dans le XIIIe siècle des tisserands qui y demeuraient. C'était une des plus importantes et des mieux peuplées du vieux Paris. Elle a été récemment détruite, et son sol est occupé par la rue de Rivoli et la place de l'Hôtel-de-Ville ; avec elle ; ont disparu les rues du Coq, des Deux-Portes, des Mauvais-Garçons, qui y aboutissaient, ainsi que les hôtels célèbres qu'elle renfermait et dont voici les principaux :
1° L'hôtel de Sicile, entre les rues des Coquilles et du Coq, habité, au XIVe siècle, par les rois de Naples de la maison d'Anjou en fouillant les fondations de cet hôtel en 1682, on y a trouvé plusieurs tombeaux romains.
2° L'Hôtel de la reine Blanche, entre les rues du Coq et des Deux-Portes, habité par Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois ; il en restait quelques débris, entre autres une tourelle au coin de la rue du Coq.

3° L'Hôtel Saint-Faron, appartenant aux abbés de Saint-Faron de Meaux.
4° Au coin de la rue du Coq était le modeste appartement habité par Scarron, ce créateur de la littérature facile, si célèbre de son temps, aujourd'hui presque oublié, c'est là qu'il épousa, en 1652, Melle d'Aubigné ; c'est là que les deux époux, malgré leur pauvreté, recevaient toutes les illustrations du XVIIe siècle, Turenne, Madame de Sévigné, Mignard, Ninon de Lenclos, le duc de Vivonne, le maréchal d'Albret, le coadjuteur de Retz ; c'est là que s'étaient rassemblés les plus ardents frondeurs et que s'étaient faits les plus piquants libelles contre Mazarin c'est là que le spirituel Cul-de-jatte mourut ; et sa jeune veuve, qui devait s'asseoir à côté de Louis XIV, presque sur le trône de France, se trouva si pauvre, qu'elle fut obligée de quitter ce chétif appartement pour se retirer dans un couvent de la rue Saint-Jacques.
La rue de la Tixeranderie a joué un grand tôle dans la bataille de juin 1848 ; c'est à l'entrée de cette rue, du côté de l'Hôtel-de-Ville, que le général Duvivier reçut une blessure mortelle.

2° Rue de la Verrerie. Elle date du XIIe siècle et tire son nom des verriers qui y étaient établis, suivant les habitudes du moyen âge, les métiers de cette époque ayant tendance à se réunir dans les mêmes lieux, à s'associer par des intérêts communs, à contracter, sous le patronage d'un saint, les liens d'une pieuse fraternité. Dans cette rue demeurait, en 1392, Jacquemin Gringonneur, qu'on croit être l'inventeur ou du moins le restaurateur de l'invention des cartes à jouer « Ce fut, dit un chroniqueur, pour l'esbattement du seigneur roy Charles VI. »
Au coin de la rue de la Poterie était l'hôtel d'Argent, où les comédiens italiens s'établirent en 1600. Aujourd'hui, la rue de la Verrerie, une des plus tumultueuses et des plus commerçantes de Paris, renferme principalement les négociants en épiceries, ou, comme l'on dit aujourd'hui, en denrées coloniales.
3° Rue Rambuteau. Cette grande et belle voie publique a été ouverte récemment pour faire communiquer la place Royale et le faubourg Saint-Antoine avec les Halles : elle part de la rue de Paradis, traverse l'ancien hôtel de Mesmes, absorbe la rue des Ménétriers, occupe la place du couvent Saint-Magloire, absorbe la rue de la Chanverrie et arrive à la pointe Saint-Eustache : elle a pris ses aises aux dépens de tout ce réseau inextricable de sales maisons qui se pressaient de la rue Sainte-Avoye aux Halles, coupant à droite et à gauche un morceau à chaque rue, mais aussi donnant de l'air et du soleil à trois quartiers. Le commerce et l'industrie se sont emparés de cette rue nouvelle, dont quelques maisons sont assez élégamment construites l'une d'elles (n° 49) a sur sa façade un buste de Jacques Cœur, élevé par les soins de la ville, avec cette inscription : A JACQUES COEUR PRUDENCE, PROBITE, DESINTERESSEMENT.
On croit que ce financier avait une maison dans le voisinage, les uns disent rue de l'Homme-Armé, les autres rue Beaubourg.
4° Rue de Braque. Il y avait là une porte de Paris, près de laquelle un bourgeois, Arnoul de Braque, fit construire une chapelle et un hospice en 1348. Marie de Médicis, en 1613, y transféra les religieux de la Merci. On sait que ces religieux aux trois vœux ordinaires de religion joignaient celui « de sacrifier leurs biens, leur liberté et leur vie pour le rachat des captifs. » Ce couvent et son église furent rebâtis au XVIIIe siècle, au coin de la rue du Chaume : ils sont aujourd'hui à demi-détruits. La grande salle du couvent a servi de théâtre pendant la révolution.
6° Rue des Vieilles-Audriettes. Elle tire son nom d'un couvent de religieuses hospitalières dont le fondateur s'appelait Audry. Au coin de la rue du Temple était une échelle patibulaire de cinquante pieds de haut, élevée par le grand prieur du Temple pour les criminels de sa juridiction ses débris ont subsisté jusqu'en 1789.
6° Rue Chapon. Dans cette rue était un couvent de Carmélites, fondé en 1617, et qui occupait l'espace compris entre les rues Chapon, Montmorency et Transnonain. Ce couvent ayant été détruit en 1790, plusieurs maisons furent construites sur son emplacement : dans l'une des maisons de la rue Transnonain (1), un amateur de théâtre, nommé Doyen, fit construire une salle de spectacle, où la plupart des acteurs célèbres du XIXe siècle ont débuté. A la mort de Doyen, cette salle fut démolie, et à sa place on bâtit une maison qui devint horriblement célèbre le 14 avril 1834 par le massacre de quatorze de ses habitants.
1. On a fait récemment disparaitre le vieux nom de cette rue fameuse qui n'est plus, aujourd'hui, que la continuation de la rue Beaubourg.
7° Rue Portefoin Portefin, ainsi appelée d'un bourgeois qui l'habitait au XIVe siècle. A l'extrémité de cette rue se trouvaient l'église et l'hospice des Enfants-Rouges, fondé par François Ie et sa sœur Marguerite de Valois, « pour les pauvres petits enfants orphelins qui ont été et seront d'ores en avant trouvés dans l'Hôtel-Dieu. » On les appela d'abord Enfants-Dieu et plus tard Enfants-Rouges, à cause de la couleur de leurs vêtements. Cet hospice fut supprimé en 1772 et réuni au grand hospice des Enfants-Trouvés. On donna les bâtiments aux Pères de la Doctrine chrétienne, qui les occupèrent jusqu'en 1790. Ils furent vendus en 1797, et sur leur emplacement on a ouvert une rue.
Le ministre Machault et le constituant Duport ont demeuré rue des Enfants-Rouges. Au coin de la rue d'Anjou était l'hôtel du maréchal de Tallard, qui existe encore.
8° Rue des Fontaines. Dans cette rue se trouve la prison, autrefois le couvent des fondé en 1620, pour les filles débauchées, par un bourgeois Robert de Montry, et par une grande dame, la marquise de Meignelay. Il formait trois divisions : celle des filles débauchées qu'on y renfermait de gré ou de force ; celle des filles repenties ; celle des religieuses de Saint-Michel, qui gouvernaient les unes et les autres. En 1793, cette maison devint une prison politique pour les suspects, et qui eut le privilège de ne fournir aucun de ses hôtes pour l'échafaud. C'est là que furent renfermés l'abbé Barthélémy, le poète Champfort, le ministre Fleurieu, le général Lanoue, les acteurs du Théâtre-Français, etc. En 1795, on en fit ce qu'elle est encore, une maison de détention pour les femmes condamnées. L'église, qui datait de 1680, a été détruite.
9° Rue Meslay. Elle s'appelait d'abord rue du Rempart, et, à son extrémité, près de la rue Saint-Martin, était une butte où il y avait trois moulins. C'est dans cette rue que se trouvait l'hôtel du commandant de la garde de Paris : en 1788, une troupe de jeunes gens, ayant brulé devant cet hôtel l'effigie du ministre Brienne, fut assaillie par les soldats et en partie massacrée.
10° Rue de Vendôme, ouverte en 1696 sur les terrains de l'ordre de Malte, lorsque Philippe de Vendôme en était grand prieur. Dans cette rue était l'hôtel du général Friant, l'un des volontaires parisiens de 1792 ; c'est aujourd'hui la mairie du sixième arrondissement.

Sources : Lavallée, Théophile. Histoire de Paris, depuis le temps des gaulois jusqu'en 1850. Tome 2, pages 114 à 127. - BNF


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15-03-2022

§ 4. Enclos du Temple de Paris

Département: Île-de-France, Arrondissement: 3e, Ville Paris - 75

§ II. Le boulevard et le faubourg du Temple
Le boulevard du Temple est la promenade la plus populaire de Paris : la foule des ouvriers et des marchands de tous les quartiers voisins s'y entasse tous les soirs devant ses théâtres, ses cafés, ses cabarets, ses fruitières en plein vent. Cependant, quelque fréquenté, quelque animé que paraisse ce boulevard, il n'a plus l'aspect franchement gai, naïvement joyeux qu'il avait jadis, quand on y voyait d'un côte, outre les théâtres de la Gaité, de l'Ambigu-Comique, des Funambules, Saqui, le café-spectacle du Bosquet, le restaurant du Cadran-Bleu, les farces jouées sur des tréteaux par Bobèche et Galimafrée, les figures de cire de Curtius, des escamoteurs, des paillasses, des phénomènes vivants et d'un autre côté, le Jardin Turc, le Jardin des Princes, les Montagnes lilliputiennes et autres lieux de plaisir chéris des bourgeois du quartier. La civilisation, en répandant jusque dans les classes ouvrières les goûts puérils d'un luxe mensonger, à ôté aux quartiers populeux de Paris leur aspect modeste, pauvre et grossier, pour leur donner un faux air de distinction, une triste régularité et les apparences charlatanesques d'une splendeur sous laquelle se cachent le vice et la misère.
On y trouve :
1° Le Théâtre-Lyrique, fondé en 1847 sur l'emplacement d'un bel hôtel qui avait été bâti et habité par le malheureux Foulon.
3° Le Cirque-Olympique, fondé par les frères Franconi en 1780 dans le faubourg du Temple, transféré en 1802 dans le jardin des Capucines, en 1806 rue Mont-Thabor, en 1816 dans le faubourg du Temple, en 1827 sur le boulevard du Temple.
3° Le théâtre des Folies-Dramatiques, fondé en 1830 sur l'emplacement de l'Ambigu-Comique.
4° Le théâtre de la Gaité, fondé en 1770 par Nicolet, sous le nom de Salle des grands danseurs ; Taconnet, comme acteur et auteur, lui donna la vogue ; quant au public qui le fréquentait, voici ce qu'en dit l'Almanach des spectacles de 1791 « Ce spectacle est d'un genre tout à fait étranger aux autres ; on y allait autrefois pour y jouir d'une liberté qu'on ne trouvait nulle part ailleurs : on y chantait, on y riait, on y faisait une connaissance, et quelquefois plus encore, sans que personne y trouvât à redire ; chacun y était aussi libre que dans sa chambre à coucher. » Il prit le nom de théâtre de la Gaité en 1792, fut reconstruit en 1808, incendié en 1835, et aujourd'hui continue à attirer la foule.
8° Le théâtre des Délassements-Comiques, fondé en 1774 sous le nom de théâtre des Associés, et qui devint en 1815 le théâtre des danseurs de corde de madame Saqui ; depuis 1830, on y joue des drames et des vaudevilles. On y trouvait encore le théâtre des Elèves, fondé en 1778, brûlé en 1798, reconstruit sous le nom de Panorama dramatique en 1831, et aujourd'hui détruit.

Une des maisons de ce boulevard, aujourd'hui reconstruite, et qui portait alors le n° 50 est affreusement célèbre : c'est de là que, le 28 juillet 1835 est partie la mitraillade de Fieschi.
Le faubourg du Temple a été ouvert sur l'ancien clos de Malevart. Ce n'était encore qu'un chemin à travers champs au XVIe siècle. On commença à y bâtir sous Louis XIII, et sous Louis XV ses cabarets étaient le rendez-vous du peuple. L'un d'eux, nommé Courtille (jardin), obtint une grande célébrité : c'est là que fut arrêté Cartouche en 1721. Sur son emplacement est une caserne d'infanterie, et son nom a été transporté à la grande rue de Belleville, dont nous allons parler. Plus loin était le cabaret de Ramponeau, qui eut, en 1760, une telle vogue, que les grands seigneurs et les grandes dames allaient le visiter. En face de la Courtille était le jardin des Marronniers, qui attira la foule jusque dans les premières années de la restauration : il est aujourd'hui détruit, comme tous ces grands jardins de fêtes publiques tant aimés de nos pères, et avec tant de raison. Aujourd'hui le faubourg du Temple est, comme la rue de même nom, peuplé d'ouvriers, mais appartenant à des industries moins heureuses, plus tristes, plus pauvres, moins éclairées. Il a été l'un des théâtres les plus sanglants de la bataille de juin toute la rue, surtout aux abords du canal Saint-Martin, était hérissée de barricades.
De toutes les rues qui aboutissent dans le faubourg du Temple, nous ne remarquerons que la rue Bichat, qui mène à l'hôpital Saint-Louis. Cet hôpital fondé par Henri IV en 1607, pour les maladies contagieuses, était, avant 1789, le plus beau de Paris : néanmoins, on n'y comptait alors que 300 lits et souvent 6 a 700 malades. Il renferme aujourd'hui 825 lits.

A la barrière du faubourg du Temple commence une longue et montueuse rue, qui est la voie principale de la commune de Belleville, commune très-populeuse qui ne compte pas moins de 36,000 habitants. Cette rue s'appelle, dans sa partie inférieure, la Courtille. C'est là que le peuple va chercher ses plaisirs dans des salles nues, puantes, hideuses, où le vin frelaté n'est pas même égayé par l'ombre d'une charmille, où la danse ignoble se cache du grand air et du soleil, et n'a pour horizon que des murs peints et enfumés, où les regards ne peuvent s'arrêter que sur des rues fétides et boueuses, de laides maisons meublées de milliers de tables, une foule souvent immonde et brutale, quelquefois criminelle ; c'est là le théâtre des plus honteuses orgies du carnaval ; c'est là que, dans ces jours de joie bestiale se donne un spectacle à faire douter de notre civilisation, de l'avenir de notre pays, de la dignité humaine.
O les frais ombrages, les riants gazons, les gais refrains, les joyeuses parties de la vieille Courtille, qu'êtes-vous devenus !
Sources : Lavallée, Théophile. Histoire de Paris, depuis le temps des gaulois jusqu'en 1850. Tome 2, pages 114 à 127. - BNF


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25-03-2022

Fouilles à l'Hospitalet

Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pompidou - 48
Domus Hospitalis Hospitalet

Les habitants de Lajo ayant acheté, par souscription, le terrain où coule la fontaine dite de Saint-Roch, des travaux importants y ont été faits. Ce terrain était rocailleux et marécageux ; il a été nivelé et assaini par des drainages. De plus, la fontaine qui sourd verticalement, a été isolée de toutes les eaux environnantes, et sera désormais à l'abri du mélange avec l'eau du ruisseau. Un monument assez grandiose remplacera l'ancien et portera une statue en fonte de saint Roch.

Les fouilles faites ont fait reconnaître exactement l'emplacement et les dimensions de l'ancien Hospitalet. Les grandes lignes de son histoire nous sont désormais connues.

Voici son origine : Hugues de Thoras et Hélye de Chanaleilles fondèrent, en 1198, une maladrerie ou hospitalet, à frais communs, sur les limites de leurs terres, la dotèrent et y affectèrent une chapelle pour la desservir. (Poplimont : La France héraldique).

D'après les fondations retrouvées, cet hôpital comprenait deux bâtiments distincts et séparés par le chemin de St-Alban à Thoras.

Le premier bâtiment mesurait 20 mètres de long sur 8 de large et était orienté vers l'ouest ; la petite chapelle formait angle et mesurait 8 mètres de long sur 4 de large, Nous savons qu'en cet endroit précis était la chapelle, parce qu'une croix commémorative y avait été dressée par ordre de l'Hôtel Dieu du Puy, devenu possesseur de l'Hospitalet au moment de sa ruine.

Le second bâtiment, séparé seulement du premier par la largeur du chemin, avait à peu près les mêmes dimensions, et était orienté au midi ; un mur le coupait en deux parties égales.

L'hôpital et la chapelle étaient dédiés à saint Jacques et avaient été confiés aux religieux Templiers. La famille de Chanaleilles comptait du reste plusieurs Templiers parmi ses membres, entre autres Guillaume frère d'Hélye le fondateur de l'Hospitalet.

Les Templiers furent condamnés à disparaître en 1314, leurs biens furent confisqués et l'Hospitalet fut attribué à l'Hôtel-Dieu du Puy, qui en continua le service.

C'est à cette époque qu'il faut placer le passage de saint Roch (vers 1320). On nous demande des preuves, les voici : D'abord, la tradition a noté admirablement le parcours du Saint, du Puy à l'Hospitalet, et sur les anciennes voies qui reliaient le Velay au Gévaudan, nous trouvons ces noms bien indicateurs : le Chemin de
Saint Roch, le Pont de Saint-Roch, le Gué de Saint-Roch, etc. Quoi qu'on en dise, la tradition possède et l'argument a plus de valeur que ne lui en donne la critique moderne ; ce serait à elle de démontrer le contraire-

Mais l'histoire corrobore parfaitement la tradition : Saint Roch avait fait son voyage en Italie par la Provence et en avait visité les sanctuaires ; il quitta son disciple Gothard au nord de l'Italie et revint en France par la vallée de Rhône. Le sanctuaire de Fourvière, puis celui de Notre-Dame du Puy, lui traçaient son chemin de Montpellier.

Le Lyon, il devait nécessairement venir visiter la vierge du mont. Anis au Puy, lieu de pèlerinage le plus célèbre de cette époque et aussi le plus ancien des pèlerinages de France.

L'Hôtel Dieu du Puy avait pour succursales l'hospice de Saugues et l'Hospitalet de la Margeride : ces deux étapes, saint Roch du Velay en Gévaudan le mettaient sur la route de Montpellier. Ce n'est donc pas sans raison que l'on croit au passage de saint Roch à l'Hospitalet.
Sources : A. MOURGUES. Chroniques et mélanges. Société d'agriculture, industrie, sciences et arts du département de la Lozère, tome II, page 34. Mende 1909. - BNF

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