Hospitaliers   Anecdotes   Hospitaliers

Quelques Anecdotes
Informations
Chers visiteurs
Vous avez certainement constaté le point d'interrogation dans la barre d'adresse de votre navigateur.

Il y est écrit « Non sécurisé »

Vous pouvez naviguer sur le site sans aucune crainte. La sécurisation d'un site Internet est obligatoire dès lors qu'il y a des demandes de mots de passes ou des paiements en ligne.

Sur ce site il n'y a rien de tout ceci.

1 » 2 3 » 4 » 5 » 6 » 7 »

Anecdote n° 6
12-02-2022

Récoules, membre de Palhers

Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Peyre en Aubrac - 48
Domus Hospitalis Récoules

Membre de la Commanderie, dépendait du diocèse de Mande et de la Sénéchaussée de Nîmes. Ce membre situé au nord de Palhers (6 lieues environ) comprenait (14) :
L'église paroissiale (Saint-Jean-Baptiste) desservie par messire P. Gerbal, vicaire perpétuel et un secondaire, avec son cimetière.
Un château ou maison seigneuriale, sis à trente pas de l'église, lequel était entouré de murailles crénelées, avec ses régales.
Des pâturages et prés aux quartiers de Las Costas, Prat-Bas, Prat-Haut, Le Soubeiron, Paradis, La Conche, d'une superficie totale de 8.400 dextres.
Un jardin avec un casal près du village (33 dextres).
Un champ à Las Bories contenant plus de 4000 dextres.
Trois montagnes appelées Puech Ventous, Lou Faltré (3500 séterés), et Saint-Audiol (avec une partie du lac) d'une superficie de 123100 dextres.
En outre le Commandeur de Palhers était seigneur temporel de Labrugère (paroisse de Grandvals).
L'exercice de la justice dans ce membre était confié à :
Maitre Charles Guiot, juge général de la Commanderie.
Maitre Jean Dallo, lieutenant de juge.
Maitre Jacques Dallo, greffier.
Maitre Jean-Pierre Dallo, notaire à Nasbinals.
Pour tout salaire Maitre Jean Dallo recevait douze mitadencs de seigle (mesure de Recoules) tandis que Maitre Jacques et Jean-Pierre Dallo se contentaient d'un setier (15)
14. Au membre de Rocoules étaient rattachées les censes perçues à Saint-Urzize, Nasbinals, Bonnechare, Gramont, etc...
15. Le setier équivalait approximativement à 120 litres (119 Litre 53 d'après Porée).
Le mitadenc équivalait à la huitième partie d'un setier.

Sources : Paul Giraud. Mémoires de l'Institut historique de Provence, tome XI, pages 226 à 243, année 1934. Marseille 1934 - BNF
Anecdote n° 7
12-02-2022

Marchastel, membre de Palhers

Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Peyre en Aubrac - 48
Domus Hospitalis Marchastel

Autre membre de la Commanderie relevait du diocèse de Mende et de la Sénéchaussée de Nîmes. A Marchastel situé à 4 lieues et demie de Palhers, la Commanderie possédait seulement : l'église paroissiale (Saint-Pierre-es-Liens) desservie par messire G. Castanier, vicaire perpétuel du lieu, et son cimetière.
Le comte de Peyre, seigneur de Marchastel, y exerçait la justice.
Sources : Paul Giraud. Mémoires de l'Institut historique de Provence, tome XI, pages 226 à 243, année 1934. Marseille 1934 - BNF
Anecdote n° 8
12-02-2022

Lavillatte, membre de Palhers

Département: Ardèche, Arrondissement: Largentière, Canton: Coucouron - 07
Domus Hospitalis Lavillatte

Autre membre, relevait du diocèse de Viviers et de la Sénéchaussée de Nîmes. Ce village, situé sur les hauts plateaux du Velay, à 11 lieues environ de Palhers, était l'un des domaines les plus importants de la Commanderie qui y possédait (16) :
L'église paroissiale (Saint-Jean-Baptiste) desservie par Messire Caire, vicaire perpétuel du lieu, et son cimetière.
Un château « bâti à trois étages : le premier au rez-de-chaussée composé de deux membres ; le second de deux chambres, une antichambre et un cabinet, et le troisième de deux membres servant de grenier à foin »
Une grange attenante au château.
Une place devant le château et l'église (25 dextres).
Une masure avec un pré « Le Fréchot » (200 dextres).
Deux jardins joignant le château (90 dextres).
Des prés à Plaisance, l'Agnelière, le Petit et le Grand Rodou et à la Sabaterie (en tout 4.400 dextres).
Des pâturages et terres d'une superficie de 2.850 dextres.
Des bois situés de l'autre côté de l'Espézeronnette, appelés La Sapette, d'Aubruc, Chapelas et La Fajolle, d'une superficie de 66.000 dextres, Lesquels bois étaient surveillés par le garde Chazet.
Le Commandeur de Palhers était en outre seigneur temporel de Villeverte et de Chanteloube (17) et percevait les censes dues par les divers possédants de biens immobiliers.
16. Au membre de La Villatte étaient rattachées les censes perçues à Villeverte, Chanteloube, Mauras, Coucouron, Langogne, Barges, Aubenas, Montpezat, Neyrac, Bamas, etc...
17. Villeverte, commune de Coucouron (Ardèche) — Chanteloube, commune de La Villatte (Ardèche).

Tous les domaines dépendant de ce membre étaient francs de tailles et de tous autres droits.
L'exercice des droits seigneuriaux à La Villatte était indivis entre le Commandeur de l'Ordre de Malte, le comte de Vogué et l'Abbé des Chambons (Ardèche). Le Commandeur de Villages faisait rendre la justice dans ce membre par :
Maitre Charles Guiot, juge général de la Commanderie.
Maitre Michel Boutevin, d'Auteirac de Mortesaigne, lieutenant du juge.
Maitre Guillaume Soulèdre, greffier.
Maitre Sauzet, notaire, procureur fiscal.

Après avoir terminé cette longue énumération, Maitre Condomi fit part aux Commissaires des réparations et améliorations apportées par le Commandeur en exercice depuis sa mise en possession. Elles peuvent se résumer ainsi :
Palhiers : dallage du sol de l'église, effectué en 1749.
Réparations diverses au château et à l'église (toiture, planchers, etc.)
Les portes et volets de ces bâtiments avaient été peints en rouge.
Des arbres fruitiers avaient été plantés dans le pré de La Barthe et des ornements du culte avaient été achetés ou remis en bon état pour le service des églises paroissiales.
Recoules, Marchastel et la Villatte
Achats et réparations d'ornements pour les églises paroissiales
Réparations diverses aux églises, châteaux, sans oublier l'enduit de peinture rouge que reçurent les portes et volets.
Ces frais d'entretien incombaient au seigneur commandeur et Maitre Condomi établit que M. de Villages n'avait pas dépensé moins de 943 livres pour les diverses réparations ou améliorations de ses cinq églises paroissiales.
Messieurs les Commissaires furent également mis au courant des différends qui divisaient les habitants de La Villatte, le curé du lieu et le Commandeur.
En effet ce dernier était en désaccord avec son vicaire et la Communauté du lieu au sujet du four communal et de la maison curiale. Le Commandeur désirait que le four fût construit, à ses frais, sur l'emplacement de l'ancienne maison curiale tombée en ruines, tandis que la Communauté se proposait de réédifier cette demeure à l'usage du curé, logé provisoirement dans le château. D'autres différends existaient avec les Communautés de Recoules et de Marchastel au sujet de la construction ou réparation des cimetières de ces villages. Les chicanes de ce genre ne faisaient jamais défaut.
Ces diverses auditions et vérifications sur pièces retinrent ces Messieurs, à Marvejols, jusqu'au 21 août 1749.
Sources : Paul Giraud. Mémoires de l'Institut historique de Provence, tome XI, pages 226 à 243, année 1934. Marseille 1934 - BNF
Anecdote n° 9
12-02-2022

Palhers, visite des lieux

Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Marvejols - 48
Commanderie de Palhers

— Sitôt après, les mêmes personnages, c'est-à-dire le Commandeur de Valabre, le Chevalier de Catelan, leur Secrétaire, auxquels s'était joint Maitre Condomi, commencèrent leurs enquêtes sur place.
— Ils se rendirent tout d'abord à Palhers, chef de la Commanderie, où ils furent reçus par Messire Laurens Castanier, vicaire perpétuel, qui les introduisit dans l'église paroissiale. Après avoir examiné la collection des ornements du culte et constaté la bonne tenue de l'église, ils jetèrent un coup d'œil sur le cimetière. De là ils allèrent au château et visitèrent ensuite les principales terres. Partout ils constatèrent le bon ordre et le bon entretien et furent notamment satisfaits des bornages.
— Ils se transportèrent ensuite au hameau de Brugers où messire L. Castanier les avait précédés. Celui-ci leur fit visiter la chapelle du lieu et leur signala qu'en raison de son isolement les objets et ornements des offices étaient enfermés dans un coffre et confiés à la garde d'un fermier du voisinage.
Missire Castanier, sur la demande des Commissaires, déclara être pourvu de sa cure depuis le 7 août 1745, et recevoir à ce titre une pension de 200 livres par an.
Cette inspection terminée les enquêteurs, et leur suite, regagnèrent Palhers où ils interrogèrent quelques habitants (J, Polge, A. Nègre, Ch. Pelemourgues et J. Fize) afin de connaître l'opinion des paroissiens sur la gestion du Commandeur et de ses subordonnés. Ces derniers dans leurs réponses, insérées au procès-verbal, déclarèrent n'avoir qu'à se louer de leur seigneur.
Les Commissaires retournèrent le soir même à Marvejols à cause, dirent-ils, du peu de commodités qu'offre le Chef de la Commanderie au point de vue des communications.

Le lendemain 22 août, ces Messieurs auxquels s'était joint l'abbé Bruguière, se dirigèrent vers Recoules et Marchastel ; la première de ces localités est à 5 lieues de Marvejols. Ces villages situés en pleine montagne étaient reliés aux grandes routes par des chemins ou des pistes à peine carrossables. L'abbé Bruguière et Maitre Condomi connaissant imparfaitement les lieux durent avoir recours à des guides du pays. Comme la route était longue et difficile les Commissaires décidèrent, pour leurs commodités personnelles, de faire cette randonnée en quatre étapes (deux jours) mais n'en laissèrent point trace dans leurs procès-verbal.
Le premier soir ils couchèrent, avec leur suite, à La Baume (18), dans le château du comte de Peyre, mis gracieusement à leur disposition par le prieur du lieu. En prévision de cet arrêt en plein bois, Bourrelly s'était muni, avant de quitter Marvejols, de provisions de bouche (artichauts petits pois, beurre, etc...) Le valet du prieur fut très attentionné pour ses hôtes ; il leur prêta des ustensiles de cuisine, leur fournit draps de lit et chandelles, et mérita l'étrenne de 3 livres dont le secrétaire le gratifia.
18. La Baume, commune de Prinsuejols (Lozère), — II existait au XVIIIe siècle un chemin allant de la Baume à Aubrac, lequel passait tout près du lac de Saint-Audiol (côte sud) et côtoyait la partie de forêt possédée par la Commanderie de Palhers.

Le lendemain matin, sous la conduite de guides, l'on repartit pour Recoules où les voyageurs furent reçus par messire Pierre Gerbal, curé. Comme à Palhers ils visitèrent dans ses détails l'église paroissiale et se firent montrer les ornements servant à la célébration des offices ; ensuite ils se rendirent au cimetière ; de là au château et dans les terres qui en dépendaient. Ils constatèrent que les consuls du lieu n'avaient point fait achever le mur de clôture du cimetière. Avant de quitter Recoules ils reçurent les dépositions de plusieurs habitants du village afin de connaître leurs doléances au cas où ils auraient à en formuler. Ces derniers, tout au contraire, déclarèrent se trouver très satisfaits de l'administration seigneuriale.
Messire Pierre Gerbal déclara qu'il avait été pourvu de sa cure en 1738 et qu'il recevait, du Commandeur de Palhers, la congrue de 200 livres par an.
Dans l'après-midi les visiteurs se transportèrent à Marchastel où ils furent accueillis par Messire Guillaume Castanier, vicaire de la paroisse. Ils furent introduits dans l'Eglise, puis conduits au cimetière où ils constatèrent que des réparations nécessaires au mur d'enceintes n'avaient pas été achevées. Ils n'eurent pas d'autre visite à accomplir à Marchastel où l'Ordre ne possédait pas de terres.
Conformément au règlement des visites deux habitants du pays furent interrogés par la Commission et Messire Castanier déclara qu'il avait été pourvu de sa cure en 1732 et qu'il percevait, à ce titre, une pension annuelle de 200 livres.
Sur le chemin de retour la petite troupe s'arrêta chez Fournier, hôtelier de Rieutord (19) chez qui elle dîna et passa la nuit. Ce lendemain matin elle se remit en route et arriva à destination à Marvejols dans la journée (24 août).
19. Rieutord, commune de Marchastel (Lozère)

Après ces deux journées de pérégrinations dans de rudes contrées les visiteurs éprouvaient le besoin d'un légitime repos ; ils s'arrêtèrent à Marvejols jusqu'au 27 août. Cependant la visite des possessions de la Commanderie n'était pas achevée : il restait encore à voir le membre de La Villatte, dans le Velay à quelques il lieues de Palhers.
Pour couvrir ce trajet le Commandeur de Valabre — toujours misanthrope — manifesta le désir de voyager seul, avec son valet. Maitres de Catelan, Bourrrelly, et Maitre Condomi quittèrent Marvejols le 28 août dans l'après-midi, passèrent par Mende où ils couchèrent (20), déjeunèrent le 29 à l'Habitarelle (21) et arrivèrent le soir à Langogne où ils descendirent à l'auberge de M. Champagne.
20. A Mende ils couchèrent chez M. Montioulous
21. L'Habitarelle, faubourg de Châteauneuf du Randon (Lozère).


Le 31 août la Commission se trouvant de nouveau au complet repartit pour La Villatte (1 lieue et demie) où elle fut accueillie par Messire Christophe Caire, curé de la paroisse. Comme partout les Commissaires se firent montrer l'église, le cimetière, puis le château et les quelques domaines accessibles. Comme dans les autres membres ils reçurent les dépositions de plusieurs habitants du pays. Ces derniers dans leurs réponses ne firent point allusion au différend qu'ils avaient contre leur Commandeur et se déclarèrent contents et satisfaits de leur chef et curé.
Messire Caire déclara qu'il avait été pourvu de sa cure en 1729 et qu'il percevait la pension habituelle de 200 livres.
La visite sur les lieux était terminée et les Commissaires purent le même jour rentrer à Langogne.
Restait à accomplir dans les formes régulières, le dernier acte de l'opération.
Le lendemain en effet Maitre Condomi, procureur de Nicolas-Roch de Villages, qui a assisté à tous ces déplacements, déclare, après avoir prêté serment sur les Saints-Evangiles, « que tout ce qu'il nous a dit, fait voir et observer contient vérité et que c'est tous les domaines de laditte Commanderie, n'ayant rien obmis, ny caché, ne sachant pas que ledit sieur Commandeur aist rien laissé uzurper, ny même alienné de laditte Commanderie pendant sa jouissance, mais qu'au contraire il en fait prendre un grand soin. »
Il fournit ensuite une déclaration des ressources et charges de la Commanderie.
Aux termes du procès-verbal Maitre Condomi exposa « que laditte Commanderie étoit affermée à sieur Louis-Joseph Bruguière et à Maitre Guillaume Bruguière, son fils, solidairement » pour 5 années (1746-1751) au prix de 8 100 livres l'an. Le bail devant arriver bientôt à expiration fut renouvelé par anticipation, aux mêmes fermiers, pour la période de 1751-1756. Le taux du loyer subit une sensible augmentation et fut porté à 9.900 livres, augmentation provoquée par les améliorations que le Commandeur de Villages avait apportées à la Commanderie.

Le revenu annuel se décomposait comme suit :
Location de la Commanderie : 8 100 livres.
A déduire pour les cas fortuits : 500 livres.
Reste en brut : 7 600 livres.
Diverses charges acquittées par les fermiers : 2 729 livres.
Total brut des revenus : 10 329 livres.
Les charges de la Commanderie consistaient en : charges ordinaires de l'Ordre (responsion (22), taxe des vaisseaux, capitation, caisse commune et archivage, etc.) : 1 222 livres.
Pensions aux curés, huile, etc. : 974 livres.
Gages aux Officiers, pensions aux Pères Chartreux (payés en grains) : 245 livres.
Salaire du garde forestier de La Vidatte : 48 livres.
Pension au Chevalier d'Aurel : 206 livres.
Pension au frère Véran : 33 livres.
Pension au chevalier de Vidages-Villeneuve : 598 livres.
Total des charges : 3 327 livres.
Ce qui laisse apparaître un revenu net de : 7001 livres.
22. Responsion : redevance annuelle de chaque chevalier de Malte pour la défense de la Terre Sainte.

Ainsi fut accomplie, sans fâcheux incidents, la visite de la Commanderie de Palhers, confiée au Commandeur de Valabre et au Chevalier de Catelan.
Aussitôt après chacun songea à rentrer chez soi. La dislocation se fit à Langogne.
Maitre Condomi, ayant reçu de Maitre Bourrelly 83 livres d'honoraires et indemnités retourna à ses affaires.
Maitre de Valabre, toujours épris de solitude, toucha 81 livres de frais de route et tira de son côté.
Maitres de Catelan et Bourrelly quittèrent Langogne dans l'après-midi du 2 Septembre 1749. Ils prirent la route de Pradelles, puis bifurquèrent sur Peyrebeilles (23) mais ils ne s'arrêtèrent point â l'auberge qui devait, trois quarts de siècle plus tard, après sa reconstruction, devenir un repaire d'assassins et acquérir ainsi la plus sinistre renommée. Cette route qui comportait un trajet assez long à travers les belles forêts de Bauzon et de Mazan fut parcourue en plein jour, sous la conduite de Maitre Mestre. Ce dernier retournait à Aubenas d'où il était venu tout spécialement pour apporter aux Commissaires quelques reconnaissances reçues par Maitre Blachère notaire à Aubenas.
En phaéton, nos voyageurs traversèrent Lanarce, puis côtoyèrent la vallée de l'Ardèche, après avoir franchi le col de La Chavade. Le terminus de cette étape fut Mayres où l'on dîna et coucha. Ce coquet petit village, construit sur les bords de l'Ardèche, au pied des forêts, garde encore de nos jours les restes du vieux château des Montlaur.
De là Maitres de Catelan et Bourrelly regagnèrent directement Saint-Gilles et Marseille par Aubenas (déjeuner), Villeneuve de Berg (coucher), Viviers (déjeuner en ville, coucher au Bourg), Bagnol (déjeuner), Connaux (coucher), Remoulins (déjeuner) et Nîmes, (coucher).
23. Peyrebeilles, commune de La Narce (Ardèche)
Voyez L'Auberge de Peyrebeille par P. Bouchardon.


Le 7 Septembre ils arrivèrent à Saint-Gilles et y passèrent la journée en compagnie du neveu de Maitre de Catelan et du Commandeur de Valabre qui avait reparu. Le Chevalier de Catelan étant rendu à destination, Maitre Bourrelly et le Commandeur, qui semble avoir évité la compagnie du chevalier plutôt que celle du secrétaire, partirent ensemble le lendemain matin pour Fourques où ils déjeunèrent. Au cours de cette halte, le secrétaire Bourrelly rendit à son propriétaire le cheval qu'il avait loué, quelques temps auparavant, pour le valet du Chevalier. A Arles le Commandeur de Valabre récupéra le montant de ses débours et s'arrêta.
Le 10 Septembre dans la matinée, soit après une absence de 31 jours, Maitre Bourrelly et son phaéton étaient de retour à Marseille.
Cette visite coûta plus de 1200 livres au Commandeur de Villages, sans compter les quelque autres 200 livres qu'il remboursa à Maitre Bourrelly pour diverses réparations ordonnées et payées au cours du voyage.
Les constatations de l'enquête furent tout en faveur du Commandeur de Villages et les Commissaires déclarèrent dans leur procès-verbal, déposé au Grand Prieuré le 10 Novembre suivant, « que laditte Commanderie est en très bon estat, les-dit ameilliorissement être bons et valables et comme tels devoir rester, à la charge par ledit sieur Commandeur de continuer les poursuites contre le curé de La Villatte pour le faire déloger du château, et contre les Consuls de Recoulle et Marchastel pour les articles les concernent énoncés dans notre procès-verbal. »
L'assemblée du Chapitre Provincial de Saint-Gilles (le sort des billets observé) commit le bailli de Belmont et le chevalier de Grilles pour procéder à l'ouverture et à la vérification du rapport, opérations qui furent effectuées dès le lendemain. Ces chevaliers confirmèrent les conclusions des Commissaires et ainsi se clôtura officiellement la visite des améliorissements de la Commanderie de Palhers.
Le procédé d'administration, dont la visite de Palhers nous fournit un exemple, présentait d'incontestables avantages. Il comportait un contrôle effectif. L'on peut dire qu'il assura, en France, la prospérité matérielle de l'Ordre de Malte jusqu'à la Révolution.

Pour compléter cette petite étude nous relevons ci-après les prix pratiqués dans les auberges et le long des chemins :
1. Repas (maître) à Saint-Pons : 1 livre 12 sous.
1. Repas et coucher à Salmon : 1 livre 17 sous.
3. Repas (2 maitres et 1 valet) et un cheval mis à l'écurie à Saint-Jean-du-Grad : 4 livres 4 sous.
3. Repas ibidem : 4 livres 10 sous.
3. Repas ibidem : 6 livres 6 sous.
3. Repas ibidem : 4 livres 17 sous.
3. Repas (2 maitres et 1 valet) et un cheval mis à l'écurie à Viviers : 5 livres 14 sous.
3. Repas (2 maitres et 1 valet) et un cheval mis à l'écurie à Nîmes : 6 livres.
Au guide qui montra le chemin de Marvejols à la Baume : 2 livres.
Au guide qui conduisit ses Messieurs de la Baume à Recoules : 1 livres 10 sous.
Au guide qui conduisit ses Messieurs de Recoules à Marchastel, et de là à Rieutord : 2 livres 18 sous.
1. Phaéton à deux chevaux et son cocher (nourriture et logement à la charge du loueur), par jour : 7 livres 10 sous.
1. Chaise de poste à deux mulets et son conducteur (nourriture et logement à la charge du loueur) par jour : 7 livres 10 sous.
1. Cheval sellé (nourriture et logement à la charge du locataire) par jour : 1 livres.

Les pourboires, fort en honneur, comptaient pour une part appréciable dans la dépense. C'est ainsi que Maitre Bourrelly remit : à chacun des valets qui accompagnèrent Maitres et Commissaires : 1 louis d'or = 48 livres.
Au cocher du phaéton : 15 livres.
Au conducteur de la chaise de poste : 3 livres
Au valet du prieur de La Baume, lorsqu'ils couchèrent au château de Peyre : 3 livres.
Au valet d'écurie de Saint Gilles : 3 sous.
Au batelier de Fourques : 1 livre 12 sous.
Maitres et les chevaliers de Malte savaient se conduire en voyage.
Paul GIRAUD - Sous-Archiviste aux Archives des Bouches du Rhône.
Sources : Paul Giraud. Mémoires de l'Institut historique de Provence, tome XI, pages 226 à 243, année 1934. Marseille 1934 - BNF
Anecdote n° 10
16-02-2022

Commanderie de Civray

Département: Vienne, Arrondissement: Montmorillon, Canton: Civray - 86
Commanderie de Civray
Moules à enseigne de pèlerinage et médailles (XIVe siècle)

Le R. P. de la Croix donne lecture d'une note archéologique relative à des moules à enseignes et à médailles de pèlerinages trouvés il y a quelques mois à Civray dans des terrains portant au cadastre le nom de Temple. C'est sur ces terrains que s'élevait autrefois un établissement de Templiers qui fut remplacé par une commanderie de Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Sur ces moules en parfait état de conservation sont représentés:
1° — Un Saint Jean-Baptiste et un Agnus Dei, l'un ayant servi d'enseigne et l'autre de médaille ; 2° un autre saint jusqu'ici indéterminé, mais destiné à une enseigne, et une croix pattée utilisée sans doute comme médaille. Ces moules, d'un grand intérêt, seraient, d'après le R. P., du XIVe siècle et auraient appartenu a cette commanderie.

Une circonstance fortuite m'a mis, il y a quelques mois, en possession de deux moules à Enseignes et à Médailles de pèlerinages, trouvés à Civray (Vienne), dans l'emplacement d'une commanderie, qui s'appelle aujourd'hui le Temple, et qu'occupaient, au XIIe siècle, des Templiers ; au XIVe siècle, des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1).
1. — Il y avait à Civray une maison de Templiers, domus Templi apud sivoicum, 1184 (Fontenceau, tome XVIII, page 555), qui devint une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem... (Dictionnaire topographique de la Vienne, Redet)

L'intérêt que présentent ces objets m'engage à en donner la description et à ajouter quelques observations.
Ces deux moules, en pierre calcaire lithographique, contiennent chacun deux sujets assez grossièrement gravés en creux. Leurs contreparties, destinées à donner une épaisseur convenable aux objets fondus, n'ont pas été retrouvées ; mais, à l'examen des moules, il semblerait qu'elles auraient été planes ou ne possédaient qu'un simple évidement d'une minime profondeur, et que cet évidement aurait uniquement suivi, non les détails des sujets, mais leurs contours.

Moule n° 1
Image
Moule n° 1


Après avoir décrit les deux moules et les sujets qui y sont gravés, examinons ce que peuvent représenter les sujets qui s'y voient.
2° — A quelle époque on pourrait les classer.
3° — Enfin, où ils ont dû être confectionnés.

Le moule n° 1 contient deux sujets représentant des personnages, et à la forme d'un parallélogramme irrégulier déformé sur trois de ses côtés ; sa hauteur est de 87 millimètres ; sa largeur, de 77 millimètres, et son épaisseur, de 88 millimètres. Le principal sujet représente un personnage debout, nimbé, vêtu d'une tunique, le bras droit plié au coude vers la gauche et paraissant montrer l'animal qui est sur l'autre bras ; le bras gauche écarté du corps, et le bas des jambes apparent. On voit aussi à côté du bras droit un petit motif fort mat gravé qui pourrait peut-être figurer tige avec des fleurs. Malgré l'incorrection du dessin et de la gravure, l'animal figuré sur les bras et l'épaule gauche du saint semblerait être un agneau.
— Ce personnage occupe le centre d'une ornementation circulaire à doubles traits qui forme encadrement. La partie laissée libre entre les deux traits est remplié par des jambages graves de droite sur gauche, et le trait extérieur est meublé de petites perles. Quatre annelets y sont également annexés et paraissent avoir été destinés à fixer l'objet sur de l'étoffe ou sur du bois. Quant à la grande cannelure qui vient aboutir au bas de cette sorte de cordelière décorative formant cadre, elle n'est autre chose que la coulée par laquelle le métal en fusion entrait dans le moule. Pour ce qui est des quatre traits un peu longs et épais qui rompent le rang de perles circulaires, ils ne sont, ce semble, que les évents destinés à recevoir les bulles d'air que produisait nécessairement le métal en fusion au moment de son introduction dans le moule....

Moule n° 2
Image
Moule n° 2


Le moule n° 2, beaucoup plus petit que le précédent, possède également deux sujets, mais a subi de regrettables mutilations. Il n'a plus que 55 millimètres de hauteur, 41 millimètres de largeur et 15 millimètres d'épaisseur. Le principal sujet, qui est entier, représente un Agneau ou Agnus Dei marchant de droite à gauche la tête retournée, coupé par une croix latine à longue tige, dont les trois bras supérieurs semblent pattés. Sur ses flancs existent des traits assez mal gravés qui paraissent représenter deux petites croix.
Le tout se trouve enchâssé dans un anneau composé d'un simple cercle garni de perles à l'extérieur. Au haut du cercle se voit un annelet, et au bas une coulée.
Le second sujet représente une croix ancrée à quatre branches égales (il n'en reste que deux), entourée d'un cercle composé d'un seul trait ; de petites ciselures reliaient deux par deux et en courbes opposées à celle du cercle formant cadre, les extrémités des bras de la croix.
Ces deux sujets étant de petites dimensions paraissent n'avoir été que des médailles ou souvenirs pieux, mais non des enseignes de pèlerinages. Si, comme cela parait probable, la partie brisée du moule avait comporté la ciselure d'un annelet semblable à celui qui surmonte l'Agnus-Dei, ces deux médailles auraient pu être suspendues.

Après avoir décrit les deux moules et les sujets qui y sont gravés, examinons:
1° — Ce que peuvent représenter les sujets qui s'y voient.
2° — A quelle époque on pourrait les classer.
3° — Enfin, où ils ont dû être confectionnés.

1°. — Il semblerait que le personnage debout, nimbé, sur le bras et l'épaule gauche duquel se voit une sorte d'agneau ou de mouton, serait saint Jean-Baptiste. Ce qui porterait à le croire, c'est que d'une part le personnage paraissant nimbé représente par-là même un saint, et possède l'agneau ou le mouton, l'un des attributs de saint Jean-Baptiste ; d'autre part, le moule a été trouvé dans une Commanderie occupée d'abord par des Templiers, puis par les Hospitaliers de
Saint-Jean de Jérusalem, dont saint Jean Baptiste était le patron.
— Nous ne pouvons également méconnaître que cet autre sujet, représentant un Agnus Dei, puisse rentrer, par l'agneau lui-même, parmi les attributs représentés sur les objets ayant trait au culte de saint Jean-Baptiste. Il serait de même possible, croyons-nous, de voir un saint Eloi dans le personnage debout, mitré, revêtu de l'aube et de la chasuble, bénissant de la main droite et tenant de la gauche un marteau. Ce saint était évêque, et c'est dans l'attitude d'évêque debout et tenant à la main un marteau, qu'il est le plus souvent représenté (1).
Quant à la petite croix pattée, elle rentre dans les souvenirs communs à tous les pèlerinages.
1. Père Cahier. Caractéristique des Saints.

2° — Pour ce qui est de l'époque à laquelle ces moules auraient été confectionnés, nous croyons qu'il serait difficile de la placer ailleurs que dans le XIVe siècle. En effet, ces moules ont été trouvés dans une Commanderie qui n'a été habitée par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qu'au XIVe siècle ; de plus, ils représentent des personnages dont les emblèmes sont ceux de saint Jean-Baptiste, patron de ces mêmes Hospitaliers enfin, la chasuble dont est revêtu un des personnages a la forme usitée à cette époque.
3° — Quant à l'usage de ces moules, il parait très probable que celui (n° 1) qui contient, comme nous le pensons, un saint Jean-Baptiste et un saint Eloi, aurait servi à des enseignes de pèlerinages, si l'on en juge du moins par les annelets qui les entourent. Il semblerait au contraire que celui (n° 2) sur lequel sont gravés un Agnus Dei et une croix ancrée était destiné à fondre des médailles de pèlerinages, que l'on pouvait suspendre ou attacher à un morceau d'étoffe ou de bois.
Sources: R. P. De la Croix, S. J. Bulletins de la Société des antiquaires de l'Ouest, page 301. Tome V. Poitiers 1892. - BNF

1 » 2 3 » 4 » 5 » 6 » 7 »

Top

 

 

Licence Creative Commons
Les Templiers et Les Croisades de Jack Bocar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une oeuvre à http://www.templiers.net/.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.templiers.net/.